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teur. M. Frédéric Soulié a prodigué, dans les Mémoires du Diable, beaucoup de talent à faire un livre immoral, qui aurait pu être fort singulier et fort piquant, si l'auteur avait respecté ce que respectent tous les cœurs honnêtes. Voy. Démons.
Diable de mer- — « Grand bruit parmi les matelots ; on a crié tout d'un coup : Voilà le diable, il faut lavoir. Aussitôt tout s'est réveillé, tout a pris les armes. On né voyait que piques, harpons et mousquets ; j'ai couru moimême pour voir le diable, et j'ai vu un grand poisson qui ressemble à une raie, hors qu'il a deux cornes comme un taureau. Il a fait quelques caracoles, toujours accompagné d'un poisson blanc qui , de temps en temps , va à la petite guerre, et vient se remettre sous le diable. Entre ses deux cornes, il porte un petit poisson gris , qu'on appelle le pilote du diable , parce qu'il le conduit, et le pique quand il voit du poisson ; et alors le diable part comme un trait. Je vous conte tout ce que je viens de voir1. »
Diamant. — La superstition lui attribuait des vertus merveilleuses contre le poison , la peste, les terreurs paniques, les insomnies, les prestiges et les enchantements. Il calmait la colère et entretenait l'union entre les époux, ce qui lui avait fait donner le nom de pierre de réconciliation. II avait en outre cette propriété talismanque de rendre invincible celui qui le portait, pourvu que sous la planète de Mars, la figure de ce dieu , ou celle d'Hercule surmontant l'hydre, y fut gravée. On a été jusqu'à prétendre que les diamants en engendraient d'autres; et Ruérus parle sérieusement d'une princesse de Luxembourg qui en avait d'héréditaires, qui en produisaient d'autres en certains temps 2.
Diambiliche, — nom du diable dans l'île de Madagascar. Il y est plus révéré que les dieux mêmes : les prêtres lui offrent les prémices de tous les sacrifices.
Didier, — imposteur bordelais du sixième siècle, qui parut vers ce temps-là dans la ville de Tours. Il se vantait de communiquer avec saint Pierre et saint Paul ; il assurait même qu'il était plus puissant que saint Martin , et se disait égal aux apôtres. Ayant su gagner le peuple, on lui amenait de tous côtés des malades à guérir; et voici, par exemple, comment il traitait les paralytiques. Il faisait étendre le malade à terre, puis lui faisait tirer les membres si fort que quelquefois il en mou-
1 L'abbé de Choisy, Relation de l'ambassade de Siam.
2 Incrédulité et mécréancc du sortilège, etc., traité 7,
rait ; s'il guérissait, c'était un miracle. Didier n'était pourtant qu'un magicien et sorcier, comme dit Pierre Delancre ; car si quelqu'un disait du mal de lui en secret, il le lui reprochait lorsqu'il le voyait; ce qu'il ne pouvait savoir que par le moyen du démon qui lui allait révéler tout ce qui se passait. Pour mieux tromper le public, il avait un capuchon et une robe de poil de chèvre. Il était sobre devant le monde, mais lorsqu'il était en particulier, il mangeait tellement qu'un homme n'aurait pu supporter la viande qu'il avalait. Enfin ses fourberies ayant été découvertes, il fut arrêté et chassé de la ville de Tours ; et on n'entendit plus parler de lui.
Didron, — ■ savant archéologue qui a publié une curieuse Histoire du diable.
Didyme, — VOlJ. POSSÉOÉES DE FLANDRE.
Diémats. — Petites images chargées de caractères que les guerriers de l'île de Java portent comme des talismans, et avec lesquelles ils se croient invulnérables : persuasion qui ajoute à leur intrépidité.
Digby, — fou et imposteur, connu sous le nom du Docteur Sympathique. Il avait le secret d'une poudre sympathique avec laquelle il guérissait les malades sans les voir, et donnait la fièvre aux arbres. Cette poudre composées de rognures d'ongles, d'urine ou de cheveux du malade , et placée dans un arbre , communiquait, disait-il, la maladie à l'arbre *'.
Dindarte (Marie), — jeune sorcière de dixsept ans, qui confessa avoir été souvent au sabbat. Quand elle se trouvait seule et que les voisines étaient déjà parties ou absentes, le diable lui donnait un onguent dont elle se frottait, et sur-le-champ elle se transportait par les airs. Elle voyageait ainsi la nuit du 27 septembre 1609 ; on l'aperçut et on la prit le lendemain. Elle confessa aussi avoir mené des enfants au sabbat, lesquels se trouvèrent marqués de la marque du diable 2 . Voy. Sarbat.
Dindons. — On a dit long-temps que les dindons nous ont été apportés des Indes par les pères jésuites ; c'est pourtant une erreur. Les poules dTude furent apportées en Grèce l'an du monde 3559, comme le prouvent les mar- .bres d'Arundel , et elles se naturalisèrent en Béotie. Aristote a même décrit YHistoire physique et morale des dindons ; les Grecs les appelaient méléagrides, parce qu'ils avaient été introduits dans leur pays par le roi Méléagre. Is étaient fréquents chez les Romains ; mais eur race, par la suite, devint plus rare en Eu-
1 Charlatans célèbres, de M. Gouriet, t. Ier, p. 263.
2 Delancre, Tableau de l'inconstance desdémons, etc., iv. iv, p. 117.