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DIO

rope, et on les montrait comme des bêtes curieuses au commencement du seizième siècle. Les premiers qu'on vit en France y furent apportés par Jacques Cœur, en 1450. Améric Vespuce ne les fit connaître que cinquantequatre ans après. On en attribua ensuite l'importation aux jésuites, parce qu'ils en envoyèrent beaucoup en Europe f.

Binscops, — sorcière et sibylle du pays de Clèves, dont parle Bodin en son quatrième livre. Elle ensorcelait et maléficiait tous ceux vers qui elle étendait la main. On la brûla ; et quand sa main sorcière et endiablée fut bien cuite, tous ceux qu'elle avait frappés de quelque mal revinrent en sanîé.

Dioctétien. — N'étant encore que dans les grades inférieurs de l'armée, il réglait un jour ses comptes avec une cabaretière de Tongres, dans la Gaule Belgique. Gomme cette femme, qui était druidesse, lui reprochait d'être avare : « Je serai plus généreux , lui dit-il en riant , quand je serai empereur. — Tu le seras, répliqua la druidesse , quand tu auras tué un sanglier. » Dioclétien, étonné, sentit l'ambition s'éveiller dans son âme, et chercha sérieusement à presser l'accomplissement de cette prédiction, qui nous a été conservée par Vopiscus. Il se livra particulièrement à la chasse du sanglier. Cependant il vit plusieurs princes arriver au trône sans qu'on songeât à l'y élever; et il disait sans cesse : « Je tue bien les sangliers; mais les autres en ont le profit. » Il avait été consul, et il occupait des fonctions importantes. Quand Numérien eut été tué par son beau-père, Arrius Aper, toute les espérances de Dioclétien se réveillèrent : l'armée le porta au trône. Le premier usage qu'il fit de son pouvoir fut de tuer lui-même, de son épée, le perfide Aper, dont le nom est celui du sanglier, en s'écriant qu'il venait enfin de tuer le sanglier fatal . — On sait que Dioclétien fut ensuite un des plus grands persécuteurs de l'Église.

Biocres, — VOIJ. CHAPELLE DU DAMNÉ.

Diodore de Catane, — sorcier et magicien, dont le peuple de Catane garda long-temps le souvenir. C'était le plus grand magicien de son temps; il fascinait tellement les personnes qu'elles se persuadaient être changées en bêtes; il faisait voir en un instant, aux curieux, ce qui se passait dans les pays les plus éloignés. Comme on l'eût arrêté en qualité de magicien , il voulut se faire passer pour faiseur de miracles. Il se fit donc transporter, par le diable, de Catane à Constantinople, et de Con-

1 M. Saignes, Des Erreurs et des préjugés, t, III, p, 37,

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