‹ Dictionnaire infernalChapitre 13 sur 368 · AIM · texte numérisé non relu

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sont plus dangereuses et plus difficiles à guérir, ce qui est détruit par l'expérience; les incisions faites par des chirurgiens avec des instruments aimant 's ne causent aucun mauvais effet. Rangez dans la même classe l'opinion qui fait de l'aimant un poison, parce que des auteurs le placent dans le catalogue des poisons. Gardas de Huerta, médecin d'un vice-roi espagnol, rapporte au contraire que les rois de Ceylan avaient coutume de se faire servir dans des plats de pierre d'aimant, s'imaginant par là conserver leur vigueur. — • On ne peut attribuer qu'à la vertu magnétique ce que dit iEtius, que, si un goutteux tient quelque temps dan? sa main une pierre d'aimant, il ne se sent plus de douleur, ou que du moins il éprouve un soulagement. C'est à la même vertu qu'il faut rapporter ce qu'assure Marcellus Empiricus , que l'aimant guérit les maux de tête. Ces effets merveilleux ne sont qu'une extension gratuite de sa vertu attractive, dont tout le monde convient. Les hommes, s'étant aperçus de cette force secrète qui attire les corps magnétiques, lui ont donné encore une attraction d'un ordre différent, la vertu de tirer la douleur de toutes les parties du corps; c'est ce qui a fait ériger l'aimant en philtre. — On dit aussi que l'aimant resserre les nœuds de l'amitié paternelle et de l'union conjugale , en même temps qu'il est très-propre aux opérations magiques. Les basilidiens en faisaient des talismans pour chasser les démons. — Les fables qui regardent les vertus de cette pierre sont en grand nombre. Dioscoride assure qu'elle est pour les voleurs un utile auxiliaire; quand ils veulent piller un logis, dit-il, ils allument du feu aux quatre coins et y jettent des morceaux d'aimant. La fumée qui en résulte est si incommode que ceux qui habitent la maison sont forcés de l'abandonner. Malgré l'absurdité de cette fable, mille ans après Dioscoride, elle a été adoptée par les écrivains qui ont compilé les prétendus secrets merveilleux d'Albert-le-Grand. — Mais on ne trouvera plus d'aimant comparable à celui de Laurent Guasius. Cardan affirme que toutes les blessures faites avec des armes frottées de cet aimant ne causaient aucune douleur. — Encore une fable ; je ne sais quel écrivain assez grave a dit que l'aimant fermenté dans du sel produisait et formait le petit poisson appelé rémore , lequel possède la vertu d'attirer l'or du puits le plus profond. L'auteur de celle recette savait qu'on ne pourrait jamais le réfuter par l'expérience 1 ; et c'est bien dans

1 Brown, au lieu cité.

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ces sortes de choses qu'il ne faut croire que les faits éprouvés.

Aimar, — VOIJ. BAGUETTE.

Ajournement. — On croyait assez généralement autrefois que si quelque opprimé, au moment de mourir, prenait Dieu pour juge, et s'il ajournait son oppresseur au tribunal suprême, il se faisait toujours une manifestation du gouvernement temporel de la Providence. Nous ne parlons de l'ajournement du grand-maître des Templiers qui cita le pape et le roi de France que pour remarquer que cet ajournement a été inventé après coup. Voy. Templiers. Mais le roi d'Aragon Ferdinand IV fut ajourné par deux gentilshommes injustement condamnés, et mourut au bout de trente jours. — Énéas Sylvius raconte que François 1er, duc de Bretagne, ayant fait assassiner son frère (en 1450) , ce prince, en mourant, ajourna son meurtrier devant Dieu, et que le duc expira au jour fixé. — On avait autrefois grande confiance en ces ajournements, et les dernières paroles des mourants étaient redoutées. On cite même une foule d'exemples qui feraient croire qu'un condamné peut toujours, à sa dernière heure, en appeler ainsi d'un juge inique; si ce n'était qu'une idée, dans les temps barbares elle pouvait être salutaire. Mais n'était-ce qu'une idée? Delancre dit qu'un innocent peut ajourner son juge, mais que l'ajournement d'un coupable est sans effet. Comme les sorciers ajournaient leurs condamnateurs, il raconte, d'après Paul Jove, que Gonzalve de Cordoue ayant condamné à mort un soldat sorcier, ce soldat s'écria qu'il mourait injustement, et qu'il ajournait Gonzalve à comparaître devant le tribunal de Dieu. « Va, va, lui dit Gonzalve , hâte-toi d'aller et fais instruire le procès : mon frère Alphonse , qui est dans le ciel, comparaîtra pour moi. » — L'ajournement ne lui fut pas fatal.

AkhRiiu, — ville de la moyenne Thcbaïde, qui avait autrefois le renom d'être la demeure des plus grands magiciens Paul Lucas parle, dans son second voyage 2 , du serpent merveilleux d'Akhmin, que les musulmans honorent comme un ange et que les chrétiens croient être le démon Asmodée. Voy. Hamdi.

Akiba, — rabbin du premier siècle de notre ère, qui, de simple berger, poussé par l'espoir d'obtenir la marn d'une jeune fille dont il était épris, devint un savant renommé. Les juifs disent qu'il fut instruit par les esprits élémentaires, qu'il savait conjurer, et qu'il

1 D'Herbdot, Bibliothèque orientale.

2 Liv. v, t. II, p. 83.

A.LB — eut, dans ses jours d'éclat, jusqu'à quatrevingt mille disciples... On croit qu'il est auteur du Jetzirah ou livre de la création, attribué par les uns à Abraham, et par d'autres à Adam même. Voy. Abraham.

Alain de l'Isle (ÏNSULENSIS), — religieux

bernardin, évèque d'Auxerre au douzième siècle, auteur de l' Explication des prophéties de Merlin [Explanationes in prophetias Mer- Uni Angli; Francfort, 1608, in-8°). Il composa ce commentaire en 1170, à l'occasion du grand bruit que faisaient alors lesdites prophéties. Un autre Alain ou Alanus, qui vivait dans le même siècle, a laissé pour les alchimistes un livre intitulé : Dicta de lapide philosophico, in-8°; Leyde, 1600.

Alary (François), — songe-creux, qui a fait imprimer à Rouen, en 1701 la Prophétie du comte Bombaste, chevalier de la Rose- Croix, neveu de Paracelse, publiée en l'année 1609, sur la naissance de Louis-le-Grand. »

Alastor, — démon sévère, exécuteur suprême des sentences du monarque infernal. Il fait les fonctions de Némésis. Zoroaslre l'appelle le bourreau; Origène dit que c'est le même qu'Azazel; d'autres le confondent avec l'ange exterminateur. Les anciens appelaient les génies malfaisants Alastores, et Plutarque dit que Cicéron, par haine contre Auguste, avait eu le projet de se tuer auprès du foyer de ce prince pour devenir son alastor.

Albert-le-Grand, — Albert-le-Teutonique, Albert de Cologne, Albert de Ratisbonne, Albertus Grolus, car on le désigne sous tous ces noms (le véritable était Albert de Groot), savant et pieux dominicain, mis à tort au nombre des magiciens par les démonographes, fut, dit-on, le plus curieux de tous les hommes. Il naquit dans la Souabe , à Lawigen sur le Danube, en 1205. D'un esprit fort grossier dans son jeune âge, il devint, àlasuite d'une vision qu'il eut de la sainte Vierge, qu'il servait tendrement et qui lui ouvrit les yeux de l'esprit, l'un des plus grands docteurs de son siècle. Il fut le maître de saint Thomas d'Aquin. Vieux, il retomba dans la médiocrité, comme s'il dût être évident que son mérite et sa science étendue n'étaient qu'un don miraculeux et temporaire. — D'anciens écrivains ont dit, après avoir remarqué la dureté naturelle de sa conception, que d'âne il avait été transmué en philosophe; puis, ajoutent-ils, de philosophe il redevint âne. — Albert-le-Grand fut évoque de Ratisbonne et mourut saintement à Cologne, âgé de quatre-vingt-sept ans. Ses ouvrages n'ont été publiés qu'en 1651; ils forment M vol.

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