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in-fol. En les parcourant on admire un savant chrétien; on ne trouve jamais rien qui ait pu le charger de sorcellerie. Il dit formellement au contraire : « Tous ces contes de » démons qu'on voit rôder dans les airs, et de » qui on tire le secret des choses futures, sont » des absurdités que la saine raison n'admet- » tra jamais *. » — C'est qu'on a mis sous son nom des livres de secrets merveilleux, auxquels il n'a jamais eu plus de part qu'à l'invention du gros canon et du pistolet que lui attribue Matthieu de Luna. — Mayer dit qu'il reçut des disciples de saint Dominique le secret de la pierre philosophale, et qu'il le communiqua à saint Thomas d'Aquin; qu'il possédait une pierre marquée naturellement d'un serpent, et douée de cette vertu admirable, que si on la mettait dans un lieu que les serpents fréquentassent, elle les attirait tous; qu'il employa, pendant trente ans, toute sa science de magicien et d'astrologue à faire, de métauxbien choisis, et sous l'inspection des astres, un automate doué de la parole, qui lui servait d'oracle et résolvait toutes les questions qu'on lui proposait : c'est ce qu'on appelle ïandroïde d'Albert-le-Grand; que cet automate fut anéanti par saint Thomas d'Aquin, qui le brisa à coups de bâton, dansl'idée que c'était un ouvrage ou un agent du diable. On sent que tous cespetitsfaitssontdes contes. On a donné aussi à Virgile, au pape Sylvestre II, à Roger Bacon, de pareils androïdes. Vaucanson a montré que c'était un pur ouvrage de mécanique. — Une des plus célèbres sorcelleries d'Albert-le-Grand eut lieu à Cologne. Il donnait un banquet, dans son cloître, à Guillaume II, comte de Hollande et roi des Romains ; c'était dans le cœur de l'hiver, et la salle du festin présenta, à la grande surprise de la cour, la riante parure du printemps; mais, ajoute-t-on, les fleurs se flétrirent à la fin du repas. A une époque où l'on ne connaissait point les serres chaudes, l'élégante prévenance du bon et savant religieux dut surprendre. — Ce qu'il appelait lui-même ses opérations magiques n'étaient ainsi que de la magie blanche. — Finissons en disant que son nom d'Albert-le-Grand n'est pas un nom acquis par la gloire, mais la simple traduction de son nom de famille, Albert de Groot. — On lui attribue donc le livre intitulé : tes Admirables secrets d'Albert-le-Grand, contenant plusieurs traités sur les vertus des herbes, des pierres prérieuses et des animaux, etc., augmentés d'un abrégé curieux de la physionomie et d'un préservatif contre la peste, les
1 De Somn. cl vig., lib. m, tract. 1, cap. 8.
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fièvres malignes; les poi.ons et l'infection de l'ait-, tirés et traduits des anciens manuscrits de l'auteur qui n'avaient pasencore paru, etc., in- 18, in-24, in-'12. Excepté du bon sens, on trouve de tout dans ce fatras, jusqu'à un traité des fientes, qui « quoique viles et mé- » prisables sont cependant en estime, si on » s'en sert aux usages prescrits. » Le récollecteur de ces secrets débute par une façon de prière; après quoi il donne la pensée du prince des philosophes, lequel pense que l'homme est ce qu'il y a de meilleur dans le monde, attendu la grande sympathie qu'on découvre entre lui et les signes du ciel, qui est au-dessus de nous et, par conséquent, nous est .supérieur. — Le livre Ier traite principalement, et de la manière la plus inconvenante, de l'influence des planètes sur la naissance des enfants, du merveilleux effet des cheveux de la femme, des monstres, de la façon de connaître si une femme énceinte porte un garçon ou une fille, du venin que les vieilles femmes portent dans les yeux, surtout si elles y ont de la chassie, etc.; toutes ces rêveries grossières sont fastidieuses, absurdes et fort sales. — On voit, dans le livre II, les vertus de certaines pierres, de certains animaux, et les merveilles du monde, des planètes et des astres. — Le livre Kl présente l'excellent traité des fientes, de singulières idées sur les urines, les punaises, les vieux souliers et la pourriture; des secrets pour amollir le fer, pour manier les métaux, pour dorer l'étain et pour nettoyer la batterie de cuisine. — Enfin, le livre IV est un traité de physiognomonie , avec des remarques savantes, des observations sur les jours heureux et malheureux, des'préservatifs contre la fièvre, des purgatifs, des recettes.de cataplasmes et autres choses de même nature. Nous rapporterons en leur lieu ce qu'il y a de curieux dans ces extravagances ; et le lecteur trouvera, comme nous, étonnant qu'on vende chaque année par milliers d'exemplaires les secrets d'Albert-lc-Grand aux pauvres habitants des campagnes. — - Le solide Trésor du Petit Albert, ou secrets merveilleux de la magie naturelle et cabalistique, traduit exactement sur l'original latin intitulé : « Alberti Parvi Lucii liber demirabilibus naturœarcanis, «enrichi de figures mystérieuses, et la manière de les faire (ce sont des ligures de talismans)» Lyon, chez les héritiers de Beringos fratres, à l'enseigne d'Agrippa. In-4 8, 631 G (année cabalistique). — Albert-le-Grand est également étranger à cet autre recueil d'absurdités, plus dangereux que le premier, quoiqu'on n'y trouve pas, comme les paysans se l'imagi-