‹ Dictionnaire infernalChapitre 15 sur 368 · ALB · texte numérisé non relu

ALB

nent, les moyens d'évoquer le diable. On y voit la manière de nouer et de dénouer l'aiguillette, la composition de divers philtres, l'art de savoir en songe qui on épousera, des secrets pour faire danser, pour multiplier les pigeons, pour gagner au jeu, pour rétablir le vin gâté, pour faire des talismans cabalistiques, découvrir les trésors, se servir de la main de gloire, composer l'eau ardente et le feu grégeois, la jarretière et le bâton du voyageur, l'anneau d'invisibilité, la poudre de sympathie, l'or artificiel, et enfin des remèdes contre les maladies et des gardes pour les troupeaux.

Albert d'Alby, — VO\J . CARTOMANCIE.

Albert de Saint- Jacques, — moine du

dix-septième siècle , qui publia un livre intitulé : Lumière aux vivants par Vexpêrience des morts, ou diverses apparitions des âmes du purgatoire de notre siècle. In-8°, Lyon,

Albigeois , — espèce de manichéens trèsperfides, dont l'hérésie éclata dans le Languedoc, et eut pour centre Albi. Ils admettaient deux principes, disant que Dieu avait produit de lui-même Lucifer, qui était ainsi son fils aine; que Lucifer, fils de Dieu, s'était révolté contre lui; qu'il avait entraîné dans sa rébellion une partie des anges ; qu'il s'était vu alors chassé du ciel avec les complices de son crime ; qu'il avait, dans son exil, créé ce monde que nous habitons, où il régnait et où tout allait mal. Ils ajoutaient que Dieu, pour rétablir Tordre, avait produit un second fils, qui était Jésus-Christ. Ce singulier dogme se présentait avec des variétés , suivant les différentes sectes. Presque toutes niaient la résurrection de la chair, l'enfer et le purgatoire, disant que nos âmes n'étaient que des démons logés dans nos corps en châtiment de leurs crimes. — Les albigeois avaient pris, dès la fin du douzième siècle, une telle consistance, et de si odieux excès marquaient leur passage, que, les remontrances et les prédications étant vaines, il fallut faire contre eux une croisade, dont Simon de Montfort fut le héros. On a dénaturé et faussé par les plus insignes mensonges l'histoire de cette guerre sainte ; on a oublié que, si les albigeois eussent triomphé, l'Europe retombait dans la barbarie. Il est vrai que leurs défenseurs sont les protestants, héritiers d'un très-grand nombre de leurs erreurs.

Albigérius. — Les démonographes disent que les possédés, par le moyen du diable, tombent quelquefois dans des extases pendant lesquelles leur âme voyage loin du corps et

ALB — l'ait a son retour dos révolutions de choses secrètes. C'est uinsi, comme dit Leloyer, que les corybantes devinaient et prophétisaient. Saint Augustin parle d'un Carthaginois, nommé Albigérius, qui savait par ce moyen tout ce qui se faisait hors de chez lui. Chose plus étrange, ajoute-t-il, cet Albigérius, à la suite de ses extases, révélait souvent ce qu'un autre songeait dans le plus secret de sa pensée. Étaitce du magnétisme? Saint Augustin cite un autre frénétique qui, dans une grande fièvre, étant possédé du mauvais esprit, sans extase, mais bien éveillé, rapportait fidèlement tout ce qui se faisait loin de lui. Lorsque le prêtre qui le soignait était à six lieues de la maison, le diable, qui parlait par la bouche du malade, disait aux personnes présentes en quel lieu était le prêtée à l'heure qu'il parlait et ce qu'il faisait, etc. Ces choses-là sont surprenantes. Mais l'âme immortelle , selon la remarque d'Aristote, peut quelquefois voyager sans le corps1.

Albinos, — nom que les Portugais ont donné à des hommes d'une blancheur extrême, qui sont ordinairement enfants de nègres. Les noirs les regardent comme des monstres, et les savants ne savent à quoi attribuer cette blancheur. Les albinos sont pâles comme des spectres ; leurs yeux, faibles et languissants pendant le jour, sont brillants à la clarté de la lune. Les noirs, qui donnent aux démons la peau blanche, regardent les albinos comme des enfants du démon. Us croient qu'ils peuvent les combattre aisément pendant le jour; mais que la nuit les albinos sont les plus forts et se vengent. Dans le royaume de Loango, les albinos passent pour des démons champêtres et obtiennent quelque considération à ce titre. — Vossius dit qu'il y a dans la Guinée des peuplades d'albinos. Mais comment ces peuplades subsisteraientelles, s'il est vrai que ces infortunés ne se reproduisent point? Il parait que les anciens connaissaient les albinos. « On assure , dit Pline, qu'il existe en Albanie des individus qui naissent avec des cheveux blancs, des yeux de perdrix , et ne voient clair que pendant la nuit. » Il ne dit pas que ce soit une nation, mais quelques sujets affectés d'une maladie particulière. « Plusieurs animaux ont aussi leurs albinos, ajoute M. Salgues; les naturalistes ont observé des corbeaux blancs, des merles blancs, des taupes blanches; leurs yeux sont rouges, leur peau est plus pâle et leur organisation plus faible 3.

1 Leloyer, Hist. et dise, des spectres, liv. iv.

2 Des Erreurs et des préjugés, etc., t. Irt, p. 479.

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