‹ Dictionnaire infernalChapitre 16 sur 368 · ALC · texte numérisé non relu

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Alborack, — VOIJ. BûRACK.

Albumazar, -— astrologue du neuvième siècle, né dans le Khorassan, connu par son traité astrologique intitulé Milliers d'années , où il affirme que le monde n'a pu être créé que quand les sept planètes se sont trouvées en conjonction dans le premier degré du Bélier, et que la fin du monde aura lieu quand ces sept planètes (qui sont aujourd'hui au nombre de douze) se rassembleront dans le dernier degré des Poissons. On a traduit en latin et imprimé d'Albumazar le Tractatus florum aslrologiœ ; in-i°, Augsbourg, 1488. On peut voir dans Casiri, Biblioth. arab. hispan., tome Ier, p. 351 , le catalogue de ses ouvrages.

Albunée , — Voyez SlBYLLES.

Alchabitius, — V01JCZ ABDEL-AZYS.

Alchimie. — L'alchimie ou chimie par excellence, qui s'appelle aussi philosophie hermétique, est cette partie éminente de la chimie qui s'occupe de l'art de transmuer les métaux. Son résultat, en expectative, est la pierre philosophale. Voyez Pierre philosophais.

Alchindus , — que Wiérus 1 met au nombre des magiciens , mais que Delrio 2 se contente de ranger parmi les écrivains superstitieux, était un médecin arabe du onzième siècle, qui employait comme remède des paroles charmées et des combinaisons de chiffres. Les démonologues l'ont déclaré suppôt du diable à cause de son livre intitulé : Théorie des arts magiques, qu'ils n'ont point lu; car Jean Pic de la Mirandole dit qu'il ne connaît que trois hommes qui se soient occupés de la magie naturelle'et permise : Alchindus, Roger Bacon et Guillaume de Paris. Alchindus était simplement un peu physicien dans des temps d'ignorance. — A son nom arabe, Alcendi, qu'on a latinisé, quelques-uns ajoutent le prénom de Jacques. Mais on croit qu'il était mahométan. — On lui reproche d'avoir écrit des absurdités. Par exemple, il croit expliquer les songes en disant qu'ils sont l'ouvrage des esprits élémentaires qui se montrent à nous dans le sommeil et nous repré^ sentent diverses actions fantastiques, comme des acteurs qui jouent la comédie devant le public.

Alcoran, — l'oyez KoRAN.

Alcyon. — Une vieille opinion , qui subsiste encore chez les habitants des côtes, c'est que l'alcyon ou martin-pècheur est une gi-

1 De Prœstigiis, lib. It, cap. 3.

2 Disquisit. Magicœ, lib. i, cap. 3.

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remette naturelle, et que, suspendu par le bec, il désigne le côté d'où vient le vent en tournant sa poitrine vers ce point de l'horizon. Ce qui a mis cette croyance en crédit parmi le peuple, c'est l'observation qu'on a faite que l'alcyon semble étudier les vents et les deviner lorsqu'il établit son nid sur les flots, vers le solstice d'hiver. Mais cette prudence estelle dans l'alcyon une prévoyance qui lui soit particulière ? N'est-ce pas simplement un instinct de la nature qui veille à la conservation de cette espèce ? « Bien des choses arrivent , dit Brown , parce que le premier moteur l'a ainsi arrêté , et la nature les exécute par des voies qui nous sont inconnues. » — C'est encore une ancienne coutume de conserver les alcyons dans des coffres, avec l'idée qu'ils préservent des vers les étoffes de laine. On n'eut peut-être pas d'autre but en les pendant au plafond des chambres. « Je crois même, ajoute Brown, qu'en les suspendant par le bec on n'a pas suivi la méthode des anciens, qui les suspendaient par le dos , afin que le bec marquât les vents. Car c'est ainsi queKirker a décrit l'hirondelle de mer. » Disons aussi qu'autrefois, en conservant cet oiseau, on croyait que ses plumes se renouvelaient comme s'il eût été vivant , et c'est ce qu'Albert-le-Grand espéra inutilement dans ses expériences1. — Outre les dons de prédire le vent et de chasser les vers, on attribue encore à l'alcyon la précieuse qualité d'enrichir son possesseur, d'entretenir l'union dans les familles et de communiquer la beauté aux femmes qui portent ses plumes. Les Tartares et les Ostiaks ont une très-grande vénération pour cet oiseau. Ils recherchent ses plumes avec empressement, les jettent dans un grand vase d'eau, gardent avec soin celles qui surnagent, persuadés qu'il suffit de toucher quelqu'un avec ces plumes pour s'en faire aimer. Quand un Ostiak est assez heureux pour posséder un alcyon, il en conserve le bec, les pattes et la peau, qu'il met dans une bourse, et, tant qu'il porte ce trésor, il se croit à l'abri de tout malheur 2. C'est pour lui un talisman, comme les fétiches des nègres.

Al don, — voy. Graxson.

Alectorienne (Pierre), — VOlJ. COQ.

Alectryomancie OU Alectromancie, — divination par le moyen du coq, usitée chez les anciens. Voici quelle était leur méthode : — On traçait sur le sable un cercle que l'on divisait en vingt-quatre espaces égaux. On écrivait

1 Brown, Erreurs populaires, liv. m, ch. 10.

2 M. Salgues, Des Erreurs et des préjugés, t. III, p. 374.

I — ALE dans chacun de ces espaces une lettre de l'alphabet ; on mettait sur chaque lettre un grain d'orge ou de blé ; on plaçait ensuite, au milieu du cercle, un coq dressé à ce manège ; on observait sur quelles lettres il enlevait le grain; on en suivait l'ordre; et ces lettres rassemblées formaient un mot qui donnait la solution de ce que l'on cherchait à savoir. Des devins, parmi lesquels on cite Jamblique, voulant connaître le successeur de l'empereur Valens, employèrent l'alectryomancie ; le coq tira les lettres théod.... Valens, instruit de cette particularité , fit mourir plusieurs des curieux qui s'en étaient occupés , et se défit même, s'il faut en croire Zonaras, de tous les hommes considérables dont le nom commençait par les lettres fatales. Mais, malgré ses efforts , son sceptre passa à Théodose-Ie- Grand. — Cette prédiction a été faite après coup. Ammien-Marcellin raconte la chose autrement. II dit que sous l'empire de Valens on comptait, parmi ceux qui s'occupaient de magie, beaucoup de gens de qualité et quelques philosophes. Curieux de savoir quel serait le sort de l'empereur régnant, ils s'assemblèrent pendant la nuit dans une des maisons affectées à leurs cérémonies ; ils commencèrent par dresser un trépied de racines et de rameaux de laurier qu'ils consacrèrent par d'horribles imprécations ; sur ce trépied ils placèrent un bassin formé de différents métaux, et ils rangèrent autour, à distances égales, toutes les lettres de l'alphabet. Alors le sorcier le plus savant de la compagnie s'avança, enveloppé d'un long voile, la tête rasée, tenant à la main des feuilles de verveine, et faisant à grands cris d'effroyables invocations qu'il accompagnait de convulsions. Ensuite, s'arrêtant tout à coup devant le bassin magique, il y resta immobile, tenant un anneau suspendu par un fil. C'était de la dactylomancie. A peine il achevait de prononcer les paroles du sortilège, qu'on vit le trépied s'ébranler, l'anneau se remuer, et frapper tantôt une lettre, tantôt une autre. A mesure que ces lettres étaient ainsi frappées, elles allaient s'arranger d'ellesmêmes, à coté l'une de l'autre, sur une table où elles composèrent des vers héroïques qui étonnèrent toute l'assemblée. — Valens, informé de cette opération , et n'aimant pas qu'on interrogeât les enfers sur sa destinée, punit les grands et les philosophes qui avaient assisté à cet acte de sorcellerie : il étendit même la proscription sur tous les philosophes et tous les sorciers de Rome. Il en péril une multitude ; et les grands , dégoûtés d'un art qui les exposait à des supplices, abandonnèrent la magie à la populace et aux vieilles ,

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qui ne la firent plus servir qu'à de petites intrigues et à des maléfices subalternes. — Voy. Coq, Mariage, etc.

Alès (Alexandre), — ami de Mélanchthon, né en 1500 à Edimbourg. Il raconte que dans sa jeunesse , étant monté sur le sommet d'une très-haute montagne, il fit un faux pas et roula dans un précipice. Comme il était près de s'y engloutir, il se sentit transporter en un autre lieu, sans savoir par qui ni comment, et se retrouva sain et sauf, exempt de contusions et de blessures. Quelques-uns attribuèrent ce prodige aux amulettes qu'il portait au cou, selon l'usage des enfants de ce temps-là. Pour lui, il l'attribue à la foi et aux prières de ses parents, qui n'étaient pas hérétiques.

Alessandro Alessandri, — en latin AUxan-

der ab Alexandro, — jurisconsulte napolitain, mort en 1523. Il a publié un recueil rare de dissertations sur les choses merveilleuses *. Il y parle de prodiges arrivés récemment en Italie, de songes vérifiés, d'apparitions et de fantômes qu'il dit avoir vus lui-même. Par la suite, il a fondu ces dissertations dans son livre Genialium dierum , où il raconte toutes sortes de faits prodigieux. Nous en citerons un qui lui est personnel. — Il dit qu'il fit un soir la partie d'aller coucher, avec quelques amis, dans une maison de Rome que des fantômes et des démons hantaient depuis longtemps. Au milieu de la nuit, comme ils étaient rassemblés dans la même chambre avec plusieurs lumières, ils virent paraître un grand spectre, qui les épouvanta par sa voix terrible et par le bruit qu'il faisait en sautant sur les meubles et en cassant les vases de nuit. Un des intrépides de la compagnie s'avança plusieurs fois avec de la lumière au-devant du fantôme ; mais, à mesure qu'il s'en approchait, l'apparition s'éloignait; elle disparut entièrement après avoir tout dérangé clans la maison. — Peu de temps après, le même spectre rentra par les fentes de la porte. Ceux qui le virent se mirent à crier. Alessandro, qui venait de se jeter sur un lit, ne l'aperçut point d'abord, parce que le fantôme s'était glissé sous la couchette ; mais bientôt il vit un grand bras noir qui s'allongea sur la table, éteignit les lumières et renversa les livres avec tout ce qui s'y trouvait. L'obscurité rendit l'effroi plus violent encore. Les amis d'Alessandro hurlèrent. Pendant qu'on apportait des flambeaux, il remarqua que le fantôme ouvrit la porte et s'échappa sans être vu des

' Alcxandri jurisperiti neapolitani , Dissortatioiics quatuor tic rebus admirabilibus. etc. Itomc, sans date , ln-4°.

domestiques, n'ayant fait du reste le moindre mal à personne1. Était-ce une hallucination de jeunes gens ivres ou une espièglerie ?

Aleuromancie, — divination qui se prati- quait avec de la farine. On mettait des billets roulés dans un tas de farine; on les remuait neuf fois confusément. On partageait ensuite la masse aux différents curieux , et chacun se faisait un thème selon les billets qui lui étaient échus. Chez les païens, Apollon était appelé Aleuromantis, parce qu'il présidait à cette divination. Il en reste quelques vestiges dans certaines localités , où l'on emploie le son au lieu de farine. C'est une amélioration.

Alexander ab Alexandro , — VOiJ. ALESsaisdro.

Alexandre-le- Grand , — roi de Macédoine, etc. Il a été le sujet de légendes prodigieuses chez les Orientaux, qui ont sur lui des contes immenses. Ils l'appellent Iskender. Les démonographes disent qu'Arisiole lui enseigna la magie ; les cabalistes lui attribuent un livre sur les propriétés des éléments ; les rabbins écrivent qu'il eut un songe qui l'empêcha de maltraiter les Juifs lorsqu'il voulut entrer en conquérant dans Jérusalem. — La figure d'Alexandre-le-Grand , gravée en manière de talisman sous certaines influences , passait autrefois pour un excellent préservatif. Dans la famille des Macriens, qui usurpèrent l'empire du temps de Valérien, les hommes portaient toujours sur eux la figure d'Alexandre; les femmes en ornaient leurs coiffures, leurs bracelets, leurs anneaux. Trebellius Pollio dit que cette figure est d'un grand secours dans toutes les circonstances de la vie, si on la porte en or ou en argent. Le peuple d'Antioche pratiquait cette superstition, que saint Jean-Chrysostome eut beaucoup de peine à détruire. — Fo?/., dans les légendes, la légende d'Alexandre-le-Grand.

Alexandre de Faphlagonie , — imposteur, né au deuxième siècle, en Paphlagonie, dans le bourg d'Abonotique. Ses parents, qui étaient pauvres, n'ayant pu lui donner aucune éducation, il profita, pour se pousser dans le monde, de quelques dons qu'il tenait de la nature. Il avait le teint blanc, l'œil vif, la voix claire , la taille belle , peu de barbe et peu de cheveux , mais un air gracieux et doux. Se sentant des dispositions pour le charlatanisme médical , il s'attacha , presque enfant, à une sorte de magicien qui débitait des secrets et des philtres pour produire l'affection ou la haine, découvrir les trésors, obtenir les suc-

1 Genialium dierum, lib. v, cap. 23.

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cessions, perdre ses ennemis, et autres résultats de ce genre. Cet homme ayant reconnu dans Alexandre un esprit adroit, une mémoire vive et beaucoup d'effronterie, l'initia aux ruses de son métier.— Après la mort du vieux jongleur, Alexandre se lia avec un certain Coconas, dont les récits font un chroniqueur byzantin et un homme aussi malin qu'audacieux. Ils parcoururent ensemble divers pays, étudiant l'art de faire des dupes. Ils rencontrèrent une vieille femme riche, que leurs prétendus secrets charmèrent, et qui les fit voyager à ses dépens depuis la Bithynie jusqu'en Macédoine. — Arrivés en ce pays, ils remarquèrent qu'on y élevait de grands serpents si familiers qu'ils jouaient avec les enfants sans leur faire de mal ; ils en achetèrent un des plus beaux pour les scènes qu'ils se proposaient de jouer. Ils avaient conçu un projet hardi. L'embarras était de décider quel lieu serait leur théâtre. Coconas préférait Calcédoine, ville de Paphlagonie, à cause du concours de diverses nations qui l'environnaient. Alexandre aima mieux son pays, Abonotique, parce que les esprits y étaient plus grossiers. — Son avis ayant prévalu, les deux fourbes cachèrent des lames de cuivre dans un vieux temple d'Apollon qu'on démolissait , et ils avaient écrit dessus qu'Esculape et son père viendraient bientôt s'établir dans la ville. Ces lames ayant été trouvées , le bruit s'en répandit aussitôt dans les provinces ; les habitants d'Abonotique se hâtèrent de décerner un temple à ces dieux, et ils en creusèrent les fondements. — Coconas mourut alors de la morsure d'une vipère. Alexandre se hâta de le remplacer et, se déclarant prophète avant de se rendre au lieu de sa naissance, il se montra avec une longue chevelure bien peignée, une robe de pourpre rayée de blanc ; il tenait dans sa main une faux, comme on en donne une à Persée, dont il prétendait descendre du côté de sa mère ; il publiait un oracle qui le disait fils de Podalyre , lequel , à la manière des dieux du paganisme , avait épousé sa mère en secret ; il faisait débiter en même temps une prédiction d'une sibylle qui portait que, des bords du Pont-Euxin , il viendrait un libérateur d'Ausonie. — Dès qu'il se crut convenablement annoncé , il parut dans Abonotique, où il se vit accueilli comme un dieu. Pour soutenir son personnage , il mâchait la racine d'une certaine herbe qui le faisait écumer, ce que le peuple attribuait à l'enthousiasme surhumain dont il était possédé. — Il avait préparé en secret une tête habilement fabriquée, dont les traits représentaient la face d'un homme, avec une bouche qui s'ou-

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vrait et se fermait par un fil caché. Avec cette tête et le serpent apprivoisé qu'il avait acheté en Macédoine, et qu'il cachait soigneusement, il prépara un grand prodige. Il se transporta de nuit à l'endroit où l'on creusait les fondements du temple, et cacha, dans une fontaine voisine, un œuf d'oie où il avait enfermé un petit serpent qui venait de naître. Le lendemain matin il se rendit sur la place publique, l'air agité, tenant sa faux à la main et couvert seulement d'une écharpe dorée ; il monta sur un autel élevé, et s'écria que ce lieu était honoré de la présence d'un dieu. A ces mots, le peuple accouru pour l'entendre commença à faire des prières, tandis que l'imposteur prononçait des mots en langue phénicienne , ce qui servait à redoubler l'étonnement général. — Il courut ensuite vers le lieu où il avait caché son œuf, et, entrant dans l'eau, il commença à chanter les louanges d'Apollon et d'Esculape et à inviter ce dernier à se montrer aux mortels ; puis, enfonçant une coupe dans la fontaine, il en retira l'œuf mystérieux; le prenant dans sa main , il s'écria : « Peuples , voici votre dieu ! » Toute la foule attentive poussa des cris de joie en voyant Alexandre casser l'œuf et en tirer un petit serpent, qui s'entortilla dans ses doigts. Chacun se répandit en bénédictions, les uns demandant au dieu la santé , les autres les honneurs ou des richesses. — Enhardi par ce succès, Alexandre fait annoncer le lendemain que le dieu qu'ils avaient vu si petit la veille avait repris sa grandeur naturelle. Il se plaça sur un lit , après s'être revêtu de ses habits prophétiques, et, tenant dans son sein le serpent qu'il avait apporté de Macédoine , il le laissa voir entortillé autour de son cou et traînant une longue queue ; mais il en cachait la tête sous son aisselle , et faisait paraître à la place la tète postiche à figure humaine qu'il avait préparée. Le lieu de la scène 'était faiblement éclairé ; on entrait par une porte et on sortait par une autre, sans qu'il fût possible de s'arrêter long-temps. Ce spectacle dura quelques jours ; il se renouvelait toutes les fois qu'il arrivait quelques étrangers. On fit des images du dieu en cuivre et en argent. — Le prophète, voyant les esprits préparés, annonça que le dieu rendrait des oracles , et qu'on eût a lui écrire des billets cachetés. Alors, s'enfermant dans le sanctuaire du temple qu'on venait de bâtir, il faisait appeler ceux qui avaient donné des billets , et les leur rendait sans qu'ils parussent avoir été ouverts, mais accompagnés de la réponse du dieu. Ces billets avaient été lus avec tant d'adresse qu'il était impossible de s'apercevoir qu'on

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eût rompu le cachet. Des espions et des émissaires informaient le prophète de tout ce qu'ils pouvaient apprendre, et l'aidaient à rendre ses réponses , qui d'ailleurs étaient toujours obscures ou ambiguës, suivant la prudente coutume^des oracles. On apportait des victimes pour le dieu et des présents pour le prophète.— Voulant nourrir l'admiration par une nouvelle supercherie, Alexandre annonce un jour qu'Esculape répondrait en personne aux questions qu'on lui ferait : cela s'appelait des réponses de la propre bouche du dieu. On opérait cette fraude par le moyen de quelques artères de grues qui aboutissaient d'un côté à la tête du dragon postiche, et de l'autre à la bouche d'un homme caché dans une chambre voisine. — Les réponses se rendaient en prose ou en vers, mais toujours dans un style si vague qu'elles prédisaient également le revers ou le succès. Ainsi l'empereur Marc-Aurèle , faisant la guerre aux Germains, lui demanda un oracle. On dit môme qu'en 474 il fit venir Alexandre à Rome, le regardant comme le dispensateur de l'immortalité. L'oracle sollicité disait qu'il fallait , après des cérémonies prescrites, jeter deux lions vivants dans le Danube, et qu'ainsi l'on aurait l'assurance d'une paix prochaine, précédée d'une victoire éclatante. On exécuta la prescription. Mais les deux lions traversèrent le fleuve à la nage ; les barbares les tuèrent et mirent ensuite l'armée de l'empereur en déroute : à quoi le prophète répliqua qu'il avait annoncé la victoire, mais qu'il n'avait pas désigné le vainqueur. — Une autre fois un illustre personnage fit demander au dieu quel précepteur il devait donner à son fils. Il lui fut répondu : — Pythagore et Homère. L'enfant mourut quelque temps après.

— L'oracle annonçait la chose , dit le père , en donnant au pauvre enfant deux précepteurs morts depuis long-temps. S'il eût vécu, on l'eût instruit avec les ouvrages de Pythagore et d'Homère, et l'oracle aurait encore eu raison.

— Quelquefois le prophète dédaignait d'ouvrir les billets lorsqu'il se croyait instruit de la demande par ses agents ; il s'exposait à de singulières erreurs. Un jour il donna un remède pour le mal de côté en réponse à une lettre qui lui demandait quelle était véritablement la patrie d'Homère. — On ne démasqua point cet imposteur, que l'accueil de Marc- Aurèle avait entouré de vénération. Il avait prédit qu'il mourrait à cent cinquante ans, d'un coup de foudre , comme Esculape : il mourut dans sa soixante-dixième année, d'un ulcère à la jambe ; ce qui n'empêcha pas qu'après sa mort il eut, comme un demi-dieu, des statues et des sacrifices.

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Alexandre de Tralles , — médecin né à Tralles, dans l'Asie-Mineure, au sixième siècle. On dit qu'il était très savant; ses ouvrages prouvent au moins qu'il était très-crédule. Il conseillait à ses malades les amulettes et les paroles charmées. Il assure, dans sa médecine pratique1, que la figure d'Hercule étouffant le lion de la forêt de Némée , gravée sur une pierre et enchâssée dans un anneau, est un excellent remède contre la colique. Il prétend aussi qu'on guérit parfaitement la goutte , la pierre et les fièvres par des philactères et des charmes. Cela montre au moins qu'il ne savait pas les guérir autrement.

Alexandre m , — roi d'Écosse , qui épousa en 4 285 Yolette, fille du comte de Dreux. Le soir de la solennité du mariage, on vit entrer à la fin du bal, dans la salle où la cour était rassemblée, un spectre décharné qui se mit à danser. Les gambades du spectre troublèrent les assistants : les fêtes furent suspendues; et des habiles déclarèrent que cette apparition annonçait la mort prochaine du Roi. En effet, la même année, dans une partie de chasse , Alexandre, montant un cheval mal dressé, fut jeté hors de selle, et mourut de la chute 2.

Alexandre VI, — élu pape en \ 492 ; pontife qui a été jugé souvent avec beaucoup d'exagération. Quelques sots écrivains afïirmentqu'ilavaitàsesordres un démon familier3 qui passa ensuite au service de César Borgia.

Alfader , — dieu très-important dans la théogonie Scandinave. Avant de créer le ciel et la terre, il était prince des géants. Lésâmes des bons doivent vivre avec lui dans Simle ou Wingolff ; mais les méchants passent à Hélan, de là à Niflheim , la région des nuages inférieurs au neuvième monde. L'Edda lui donne divers noms : Nikar (le sourcilleux), Svidrer (l'exterminateur), Svider (l'incendiaire), Oske (celui qui choisit les morts), etc. — Le nom d' Alfader a été donné aussi à Odin.

Alfares, — génies Scandinaves. Les bons sont appelés lios ou lumineux , les méchants docks ou noirs.

Alfridarie , — espèce de science qui tient de l'astrologie et qui attribue successivement quelque influence sur la vie aux diverses planètes, chacune régnant à son tour un certain nombre d'années. Voy. Planètes.

Algol, — des astrologues arabes ont donné ce nom au diable.

1 Liv. x, ch. l,r.

7 Hector de Boëce, in Annalibus Scot.

1 Curiosités de la littérature, trad. de l'anglais par Bertin, t. h*\ p, 51.

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