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Alîs de Télieux, — nonne du monastère de Saint-Pierre de Lyon , qui s'échappa de son couvent au commencement du seizième siècle, mena mauvaise vie et mourut misérablement. Son âme revint après sa mort. Cette histoire a été écrite par Adrien de Montalembert, aumônier de François Ier l.
Alkalalaï, — cri d'allégresse des Kamtschadales ; ils le répètent trois fois à la fête des balais , en l'honneur de leurs trois grands dieux, Filiat-Chout-Chi, le père; Touïia, son fils, et Gaëtch, son petit-fils. La fête des balais consiste, chez ces peuples sales, à balayer avec du bouleau le foyer de leurs cabanes.
Aliette , — voy. Etteila.
Alléluia, — mot hébreu qui signifie louange à Dieu. Les bonnes gens disent encore dans plusieurs provinces qu'on fait pleurer la sainte Vierge lorsqu'on chante alléluia pendant le carême3.— Il y avait à Chartres une singulière coutume. A l'époque où l'on cesse léchant, l'ai— leluia était personnifié et représenté par une toupie qu'un enfant de chœur jetait au milieu de l'église et poussait dans la sacristie avec un fouet. Cela s'appelait Y Alléluia fouetté. — On appelle trèfle de l'alleluia une plante qui donne, vers le temps de Pâques, une petite fleur blanche étoilée. Elle passe pour un spécifique contre les philtres. Voy. Alkalalaï.
Allix. — Voici un de ces traits qui accusent l'ignorance et la légèreté des anciens juges de parlement. — Allix , mathématicien, mécanicien et musicien , vivait à Aix en Provence , vers le milieu du dix-septième siècle ; il fit un squelette qui , par un mécanisme caché , jouait de la guitare. Bonnet, dans son Histoire de la Musique, page 82, rapporte l'histoire tragique de ce pauvre savant. Il mettait au cou de son squelette une guitare accordée à l'unisson d'une autre qu'il tenait lui-même dans ses mains, et plaçait les doigts de l'automate sur le manche ; puis , par un temps calme et serein, les fenêtres et la porte étant ouvertes, il s'installait dans un coin de la chambre et jouait sur sa guitare des passages que le squelette répétait sur la sienne. II y a lieu de croire que l'instrument résonnait à la manière des harpes éoliennes, et que le mécanisme qui faisait mouvoir les doigts du squelette n'était pour rien dans la production des sons. (Nous citons M. Fétis5 sans l'approu-
1 La merveilleuse Histoire de l'esprit qui depuis naguère s'est apparu au monastère des religieuses deSaint- Pierre de Lyon, etc., par Ad. de Montalembert. Puris, 1528, petit in-4" gothique. Voyez dans les Légendes infernales Alis de Télieux.
2 ïliiers, Traité des superstitions.
3 Biographie universelle des musiciens.
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ver , et nous le renvoyons aux automates musiciens de Vaucanson, qui n'étaient pas des harpes éoliennes).— Quoi qu'il en soit , poursuit le biographe, ce concert étrange causa de la rumeur parmi la population superstitieuse de la ville d'Aix ; Allix fut accusé de magie, et le Parlement fit instruire son procès. Jugé par la chambre de la Tournelle , il ne put faire comprendre que l'effet merveilleux de son automate n'était que la résolution d'un problème mécanique. L'arrêt du Parlement le condamna à être pendu et brûlé en place publique, avec le squelette complice de ses sortilèges ; la sentence fut exécutée en 1664. »
Almanach. — Nos ancêtres du Nord traçaient le cours des lunes pour toute l'année sur un petit morceau de bois carré qu'ils appelaient al-mon-agt (observation de toutes les lunes) : telles sont, selon quelques auteurs, l'origine des almanachs et l'étymologie de leur nom. D'autres se réclament des Arabes, chez qui al-manack veut dire le mémorial. — Les Chinois passent pour les plus anciens faiseurs d'almanachs. Nous n'avons que douze constellations ; ils en ont vingt-huit. Toutefois leurs almanachs ressemblent à ceux de Matthieu Laensbergh par les prédictions et les secrets dont ils sont farcis1. Bayle raconte l'anecdote suivante, pour faire voir qu'il se rencontre des hasards puérils qui éblouissent les petits esprits sur la vanité de l'astrologie. Marcellus , professeur de rhétorique au collège de Lisieux, avait composé en latin l'éloge du maréchal de Gassion, mort d'un coup de mousquet au siège de Lens. Il était près de la réciter en public, quand on représenta au recteur de l'Université que le maréchal était mort dans la religion prétendue réformée , et que son oraison funèbre ne pouvait être prononcée dans une université catholique. Le recteur convoqua une assemblée où il fut résolu, à la pluralité des voix , que l'observation était juste. Marcellus ne put donc prononcer son panégyrique ; et les partisans de l'astrologie triomphèrent en faisant remarquer à tout le monde que, dans l'Almanach de Pierre Larrivey pour cette même année 1 648 , entre autres prédictions , il se trouvait écrit en gros caractères : LATIN PERDU !
Almanach du Diable, —contenant des prédictions très-curieuses pour les années 1737 et 1738, aux enfers, in-24. Cette plaisanterie contre les jansénistes était l'ouvrage d'un
1 L'Almanach de Matthieu Laensbergh commença à paraître en 1636. Mais avant lui on avait déjà des annuaires de même nature. Fischer a découvert à Mayence, en 1804, un almanach imprimé pour 1457, tout à fait à la naissance de l'imprimerie.