‹ Dictionnaire infernalChapitre 18 sur 368 · ALP · texte numérisé non relu

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certain Quesnel, joyeux quincaillier de Dijon, aii'ublé du nom que le fameux appelant a tant attristé. Elle est devenue rare, attendu qu'elle fut supprimée pour quelques prédictions trop hardies. Nous ne la citons qu'à cause de son titre. Les jansénistes y répondirent par un lourd et stupide pamphlet dirigé contre les jésuites et supprimé également. Il était intitulé : Almanach de Dieu, dédié à M. Carré de Mont-

geron, pour l'année 1738, in-24, au ciel

Almoganenses , — nom que les Espagnols donnent à certains peuples inconnus qui, par le vol et le chant des oiseaux, par la rencontre des bètes sauvages et par divers autres moyens, devinaient tout ce qui devait arriver. « Ils conservent avec soin, dit Laurent Yalla, des livres qui traitent de cette espèce de science, où ils trouvent des règles pour toutes sortes de pronostics. Leurs devins sont divisés en deux classes : l'une de chefs ou de maîtres, et l'autre de disciples et d'aspirants. » — On leur attribue aussi l'art d'indiquer nonseulement par où ont passé les chevaux et les autres bètes de somme égarées, mais encore le chemin qu'auront pris une ou plusieurs personnes ; ce qui est très-utile pour la poursuite des voleurs. Les écrivains qui parlent des Almoganenses ne disent ni dans quelle province ni dans quel temps ont vécu ces utiles devins.

Almuchéfi . — VOlJ. B.VCON.

Almulus (Salomon), — auteur d'une explication des songes en hébreu. In-8°. Amsterdam, 1642.

Alocer, — puissant démon, grand-duc aux enfers; il se montre vêtu en chevalier, monté sur un cheval énorme ; sa figure rappelle les traits du lion ; il a le teint enflammé, les yeux ardents; il parle avec gravité; il enseigne les secrets de l'astronomie et des arts libéraux ; il domine trente-six légions.

Alogricus. — VOlJ. ALRUY.

Alomancie , — divination par le sel , dont les procédés sont peu connus. C'est en vertu de l'alomancie , qu'on suppose qu'une salière renversée est d'un mauvais présage.

Alopécie, — sorte de charme par lequel on fascine ceux à qui l'on veut nuire. Quelques auteurs donnent le nom d'alopécie à l'art de nouer l'aiguillette, l'oy. Ligati :hi;s.

Alouette, — Voij. C.\ss<>.

Alphitomaucie , — divination par le pain d'orge ; cette divination importante est. trèsancienne. Nos pères, lorsqu'ils voulaient dans plusieurs accusés reconnaître le coupable et obtenir de lui l'aveu de son crime, faisaient manger à chacun des prévenus un rude mor-

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ceau de pain d'orge. Celui qui l'avalait sans peine était innocent ; le criminel se trahissait par une indigestion K C'est même de cet usage, employé dans les épreuves du jugement de Dieu , qu'est venue l'imprécation populaire : — Je veux , si je vous trompe , que ce morceau de pain m'étrangle ! — Voici comment se pratique cette divination, qui, selon les doctes, n'est d'un effet certain que pour découvrir ce qu'un homme a de caché dans le cœur. On prend de la pure farine d'orge ; on la pétrit avec du lait et du sel ; on n'y met pas de levain ; on enveloppe ce pain compacte dans un papier gras, on le fait cuire sous la cendre ; ensuite on le frotte de feuilles de verveine et on le fait manger à celui par qui on se croit trompé, et qui ne digère pas si la présomption est fondée. — Il y avait, près de Lavinium, un bois sacré où l'on pratiquait l'alphitomancie. Des prêtres nourrissaient dans une caverne un serpent, selon quelques-uns ; un dragon , selon d'autres. À certains jours on envoyait des jeunes filles lui porter à manger; elles avaient les yeux bandés et allaient à la grotte, tenant à la main un gâteau fait par elles avec du miel et de la farine d'orge. « Le diable , dit Delrio , les conduisait leur droit chemin. Celle dont le serpent refusait de manger le gâteau n'était pas sans reproche. »

Alphonse x, — roi de Castille et de Léon , surnommé l'Astronome et le Philosophe, mort en 1284. On lui doit les Tables Alphonsines. C'est lui qui disait que, si Dieu l'avait appelé à son conseil au moment de la création , il eût pu lui donner de bons avis. Ce prince extravagant croyait à l'astrologie. Ayant fait tirer l'horoscope à ses enfants, il apprit que le cadet serait plus heureux que l'aîné, et le nomma son successeur au trône. Mais malgré la sagesse de cet homme , qui se jugeait capable de donner des conseils au créateur, l'aîné- tua son frère cadet, mit son père dans une étroite prison et s'empara de la couronne; toutes choses que sa science ne lui avait pas révélées.

Alpiel , — ange ou démon qui , selon le Talmud, préside aux arbres fruitiers.

Alrinach, — démon de l'Occident, que les démonographes font présider aux tempêtes, aux tremblements de terre , aux pluies , à la grêle, etc. C'est lui qui submerge les navires. Lorsqu'il se rend visible , il parait sous les traits et les habits d'une femme.

Alrunes , — démons succubes ou sorcières, qui fuient mères des Huns. Elles prenaient

1 Delrio disqnisit, magie, lib. iv, cap. 2, qiuest. 7-

tontes sortes de formes, mais ne pouvaient changer de sexe. — Voy. aussi Mandragores.

Alruy (David), — magicien juif , cité par Benjamin de Tudèle ; il se disait de la race de David ; et se vantait d'être le messie destiné à ramener les Juifs dans Jérusalem. Le roi de Perse le fit mettre en prison, mais il s'échappa en se rendant invisible. Il ne daigna se remontrer qu'en arrivant aux bords de la mer. Alors il étendit son écharpe sur l'eau , planta ses pieds dessus et passa la mer d'une légèreté incroyable, sans que ceux qu'on envoya avec des bateaux à sa poursuite le pussent arrêter. — Cela le mit en vogue comme grand magicien ; mais enfin Scheick-Aladin , prince turc et sujet du roi de Perse, fil tant à force d'argent avec le beau-père du magicien qu'il fut poignardé dans son lit. C'est toujours la fin de telles gens, et les Juifs n'en ont pas meilleur marché que les autres magiciens , quelque fort que leur persuadent leurs talmudistes qu'ils sont obéis de l'esprit malin. Car c'est encore un secret du Talmud des Juifs qu'il n'est rien de difficile aux sages , maîtres et savants en leurs lois , que les esprits d'enfer et célestes leur cèdent, et que Dieu même (ô blasphème !) ne leur peut résister * » — Ce magicien est appelé encore

dans de vieux récits Alogricus. Voy. Corbeau.

Altangatufun , — idole des Kalmoucks, qui avait le corps et la tête d'un serpent , avec quatre pieds de lézards. Celui qui porte avec adoration son image est invulnérable dans les combats. Pour en faire l'épreuve, un khan fit suspendre cette idole attachée à un livre , et l'exposa aux coups des plus habiles archers ; leurs traits ne purent atteindre le livre, qu'ils percèrent au contraire dès que l'idole en fut détachée. C'est là une légende de Cosaques.

Alvéromancie , — VOIJ. ALEUROMANCIE.

Amadeus, — visionnaire qui crut connaître par révélation deux psaumes d'Adam : le premier en transport de joie à la création de la femme, le second en triste dialogue avec Eve après leur chute 2.

Amaïmon, — VOIJ. AMOYMON.

Amalaric, — roi d'Espagne, qui épousa la princesse Clotilde, sœur du roi des Francs Childebert. La pieuse reine, n'approuvant pas les excès de son mari, tombé dans l'a nanisme, le barbare lui fit crever les yeux. Clotilde envoya à son frère un mouchoir teint de son sang, et Childebert marcha aussitôt

1 Leloyer, Discours des spectres, liv. iv, ch. 4. ? Ces deux psaumes sont imprimés dans le Codex pseudepigraphus veteris ïestamenti de Fabricius,

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