‹ Dictionnaire infernalChapitre 179 sur 368 · GON — S · texte numérisé non relu

GON — S

bué, dans les différents âges, une puissance surnaturelle.

Goétie, — art d'évoquer les esprits malfaisants, pendant la nuit obscure, dans des cavernes souterraines à la proximité des tombeaux et des ossements des morts , avec sacrifice de victimes noires, herbes magiques, lamentations, gémissements, et offrande de jeunes enfants dans les entrailles desquels on cherchait l'avenir. Voy. Théurgie.

Goguis, — démons de forme humaine qui accompagnent les pèlerins du Japon dans leurs voyages, les font entrer dans une balance et les contraignent de dire leurs péchés. Si les pèlerins taisent une de leurs fautes dans cet examen , les diables font pencher la balance de sorte qu'ils ne peuvent éviter de tomber dans un précipice où ils se rompent tous les membres ¥.

Goitres. — Les Arabes prétendent guérir cette infirmité avec des amulettes. Le docteur Abernethy, que l'on consultait sur la manière de dissiper un goître, répondit : « Je crois que le meilleur topique serait de siffler... »

Gomory, — fort et puissant duc des enfers ; il apparaît sous la forme d'une femme , une couronne ducale sur la tête , et monté sur un chameau; il répond sur le présent, le passé et l'avenir ; il fait découvrir les trésors cachés; il commande à vingt-six légions2.

Gonderic, — roi des Vandales qui fut, à l'exemple de Geyseric et de Bucer, éventré par le diable , et dont l'âme , selon les chroniqueurs, fut conduite en enfer5.

Gonîn. — Les Français d'autrefois donnaient le nom de maître-gonin à leurs petits sorciers, charmeurs, escamoteurs et faiseurs de tours de passe-passe 4.

Gontran. — Helinand conte qu'un soldat nommé Gontran, de la suite de Henry, archevêque de Reims , s'étant endormi en pleine campagne, après le dîner, comme il dormait la bouche ouverte, ceux qui l'accompagnaient, et qui étaient éveillés , virent sortir de sa bouche une bête blanche semblable à une petite belette, qui s'en alla droit à un ruisseau assez près de là. Un homme d'armes la voyant monter et descendre le bord du ruisseau pour trouver un passage, tira son épée et en fit un petit pont sur lequel elle passa et courut plus loin. — Peu après on la vit re-

1 Leloyer, Histoire des spectres ou appar. des esprits, ch. 11, p*. 336.

1 Wicrus, In Pseudomon. dœmonum.

3 Dclancrc, Tubl. de l'inconstance des démons, etc., p. 5.

* Bodin, TVmonomunic, p. 1 18.

h — GRA venir, et le même homme d'armes lui fil de nouveau un pont de son épée. La bête passa une seconde fois et s'en retourna à la bouche du dormeur, où elle rentra. 11 se réveilla alors; et comme on lui demandait s'il n'avait point rêvé pendant son sommeil, il répondit qu'il se trouvait fatigué et pesant, ayant fait une longue course et passé deux fois sur un pont de fer. Mais ce qui est plus merveilleux, c'est qu'il alla par le chemin qu'avait suivi la belette; qu'il bêcha au pied d'une petite colline et qu'il déterra un trésor que son âme avait vu en songe.... — Le diable, dit Wierus , se sert souvent de ces machinations pour tromper les hommes et leur faire croire que l ame est corporelle et meurt avec le corps; car beaucoup de gens ont cru que cette bête blanche était l'âme de ce soldat, tandis que c'était une imposture du diable....

Goo , — épreuve par le moyen de pilules n de papier que les jammabos, fakirs du Japon , font avaler aux personnes soupçonnées d'un vol ou de quelque autre délit. Ce papier est rempli de caractères magiques et de représentations d'oiseaux noirs; le Jammabosy met ordinairement son cachet. Le peuple est persuadé que si celui qui prend cette pilule est coupable, il ne peut la digérer et souffre cruellement jusqu'à ce qu'il confesse son crime. Voy. Khumano-Goo.

Gorson, — l'un des principaux démons, roi de l'Occident ; il est visible le matin à neuf heures J.

Gouffres , — On en a souvent fait des objets d'effroi. Sur une montagne voisine de Villefranche, on trouve trois gouffres ou étangs considérables qui sont toujours le théâtre des orages ; les habitants du pays croient que le diable est au fond, et qu'il ne faut qu'y jeter une pierre pour qu'il s'élève aussitôt une tempête.

Goul , — espèce de larves ou sorcièresvampires qui répondent aux empuses des anciens. C'est la même chose que ghok.

Gouleho , — génie de la mort chez les habitants des Ûes des Amis*. II gouverne une sorte de royaume sombre où se rendent les âmes.

Graa, — sorte d'immortelle (plante) que les Islandais employaient autrefois à la magie et pour écarter les sorciers.

Grains bénits. — On se sert encore dans les campagnes (et cette coutume est désapprouvée par l'Église comme superstitieuse) de certains grains bénits qui ont la propriété de délivrer les possédés par l'attouchement, d e-

1 Wierus, Psoudom. dsem., p. 931.

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