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GRA

teindre les incendies et les embrasements, de garantir du tonnerre, d'apaiser les tempêtes, de guérir la peste, la fièvre, la paralysie, de délivrer des scrupules, des inquiétudes d'esprit , -des tentations contre la foi , du désespoir, des magiciens et des sorciers1.

Grains de blé , — divination du jour de Noël. Dans plusieurs provinces du Nord, on fait, le jour de Noël, une cérémonie qui ne doit pas manquer d'apprendre au juste combien on aura de peine à vivre dans le courant de l'année. Les paysans surtout pratiquent cette divination. On se rassemble auprès d'un grand feu , on fait rougir une plaque de fer ronde, et, lorsqu'elle est brûlante, on y place douze grains do blé sur douze points marqués à la craie, auxquels on a donné les noms des douze mois de l'année. Chaque grain qui brûle annonce disette et cherté dans le mois qu'il désigne; et si tous les grains disparaissent/, c'est le signe assuré d'une année de misères. Triste divination !

Graisse des sorciers. — On assure que le

diable se sert de graisse humaine pour ses maléfices. Les sorcières se frottent de cetle graisse pour aller au sabbat par la cheminée ; mais celles de France croient qu'en se mettant un balai entre les jambes, elles sont transportées sans graisse ni onguents. Celles d'Italie ont toujours un bouc à la porte pour les transporter.

Gralon , — VOIJ. Is.

Grandier (Urbain). — L'histoire d'Urbain Grandier est encore une de ces tristes intrigues dont nous n'avions pas eu jusqu'ici la clef. La relation des possessions où il fut impliqué a été entreprise par plusieurs écrivains, presque tous ignorants ou malintentionnés, surtout le calviniste Saint-André, dont Y Histoire des diables de Loudun a trompé beaucoup de monde. Heureusement aujourd'hui nous avons d'autres guides. On a publié en \ 829, du bon et pieux père Surin, un livre jusque-là resté inédit2, et qui nous permettra d'être plus véridique. Un couvent d'Ursulines avait été établi à Loudun en 4 626. Sept ans après, il y éclata de sinistres symptômes. Il y avait eu de grands procès entre deux chanoines de la collégiale de Sainte- Croix de Loudun. L'un était M. Mignon, homme sage et vertueux, et l'autre Urbain Grandier, homme lettré, spirituel, caustique et plus dissipé que ne comportait sa condition , comme disent les écrits du temps. Il se répandait dans le monde, n'affectait pas des mœurs fort rigou-

1 Lebrun, Hist. des superstitions, t. Ier, p. 397.

2 Triomphe de l'Amour divin sur les puissances de l'enfer. Avignon, Seguin aîné, 1839. 1 vol, in-12.

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