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les femmes du pays regardaient comme un préservatif contre toute fascination et sortilège. Aussi le diable ne le put emporter, mais le laissa près de la porte. Elle assura aussi qu'en revenant un jour du sabbat, elle vit le diable en forme d'homme noir avec six cornes sur la tête, une queue au derrière, deux visages, etc. ; qu'ayant été présentée à lui, elle en reçut une grosse poignée d'or; qu'il la lit renoncer à son Créateur, à la Sainte-Vierge , à tous les saints et à tons ses parents1.
Gratidîa , — devineresse qui trompa Pompée , comme le rapporte Horace : car lui ayant demandé l'issue de la guerre de Pharsale, elle l'assura qu'il serait victorieux; néanmoins il fut vaincu 2.
Gratoulet, — insigne sorcier qui apprenait le secret d'embarrer ou nouer l'aiguillette , et qui s'était vendu à Belzébuth. Il donna des leçons de sorcellerie à Pierre Aupetit, condamné en 1598.
Greatrakes (Valentïn) , — empirique qui fit du bruit en Angleterre dans le dix-septième siècle; il était né en Irlande en 4628. On ignore la date de sa mort. Il remplit de brillants emplois, mais il avait la tête dérangée ; en 4 663, il lui sembla entendrè une voix lui dire qu'il avait le don de guérir les écrouelles ; il voulut en user et se crut même appelé à traiter toutes les maladies : ce qui lui attira une grande célébrité. Cependant une sentence de la cour de l'évèque de Lismore lui défendit de guérir. Sa méthode consistait à appliquer les mains sur la partie malade et à faire de légères frictions de haut en bas. 11 touchait même les possédés , qui tombaient dans des convulsions aussitôt qu'ils le voyaient ou l'entendaient parier. Plusieurs écrivains se moquèrent de lui. Saint- Évremont écrivit contre la crédulité qu'on lui accordait. Mais Greatrakes a eu des défenseurs, et Deleuze, dans son Histoire du magnétisme animal, l'a présenté sous un jour qui fait voir que c'était un magnétiseur.
Grégoire VII (saint) , l'un des plus grands papes , sauva l'Europe au onzième siècle. Comme il fit de grandes choses pour l'unité , il eut des ennemis dans tous les hérétiques, et en dernier lieu dans les protestants, qui l'accusèrent de magie et même de commerce avec le diable. Leurs mensonges furentstupidement répétés par les catholiques. Ce saint pape vient d'être vengé ; car l'histoire qui lui rend
1 Delancre, Tabl. de l'inconstance des démons, etc.. liv. iv, p, 132.
2 Delancre, Tabl. de l'inconstance des démons, etc., Uv. 11, p. 53.
justice enfin est écrite par un prolestant (Voigt).
Grêle. — Chez les Romains, lorsqu'une nuée paraissait disposée à se résoudre en grêle, on immolait des agneaux, ou par quelque incision à un doigt on en faisait sortir du sang, dont la vapeur, montant jusqu'à la nuée, l'écariait ou la dissipait entièrement : ce que Sénèque réfute comme une folie1.
Grenier (Jean), — loup-garou qui florissait vers l'an 1600. Accusé d'avoir mangé des enfants par Jeanne Garibaut, et par d'autres, quoiqu'il eût à peine quinze ans , il avoua qu'il était fils d'un prêtre noir (prêtre du sabbat) qui portait une peau de loup % et qui lui avait appris le métier. On ne sait ce que devint ce jeune homme. — Voy. Poirier et Pierre Labourant.
Grenouille. — Onn'ignore pas cet admirable secret des paysans, que la grenouille des buissons, coupée et mise sur les reins, fait tellement uriner que les hydropiques en sont guéris — Voy. Messie des Juifs, Tremblements DE TERRE , CtC.
Griffon. — Brown3 assure qu'il y a des griffons, c'est-à-dire des animaux mixtes, qui par-devant ressemblent à l'aigle et par derrière au lion, avec des oreilles droites, quatre pieds et une large queue.
Grigri, — Démon familier que l'on voit chez les Américains, et surtout dans les forêts du Canada et de la Guinée ''.
Grillandus (Paul), — Castillan, auteur d'un traité des maléfices (De maleficiis) , publié à Lyon en 4 555, d'un traité des Sortilèges, des Lamies , de la Torture , etc. , Lyon , 4 536 , et de quelques autres ouvrages de ce genre. Il conte quelque part qu'un avocat ayant été noué par un puissant maléfice, que nul art de médecine ne pouvait secourir, eut recours à un magicien qui lui fit prendre , avant de dormir, une certaine potion, et lui dit de ne s'effrayer de rien. A onze heures et demie de la nuit survint un violent orage accompagné d'éclairs; il crut d'abord que la maison lui tombait sur le dos ; il entendit bientôt de grands cris , des gémissements , et vit dans sa chambre une multitude de personnes qui se meurtrissaient à coups de poing et à coups de pied, et se déchiraient avec les ongles et les dents; il reconnut une certaine femme d'un village voisin, qui avait la répu-
1 Lebrun, t. p 376.
7 M. Jules Garinet, Histoire de la magie en France,
:! Essai sur les erreurs, etc., t. Ier, p. 294. f' Wieru.s, de Pracstig., p. U'J,
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tation de sorcière et qu'il soupçonnait de lui avoir donné son mal ; elle se plaignait plus que tous et s'était elle-même déchiré la face et arraché les cheveux. Ce mystère dura jusqu'à minuit; après quoi le maître sorcier entra; tout disparut; il déclara au malade qu'il était guéri : ce qui fut vrai1.
Grimaldi. — Sous le règne de Louis-le- Débonnaire, il y eut dans tonte l'Europe une maladie épidémique qui s'étendit sur les troupeaux. Le bruit se répandit dans le peuple que Grimaldi, duc de Bénévent, ennemi de Charlemagne , avait occasionné ce dégât en faisant répandre de tous côtés une poudre meurtrière par ses affidés. On arrêta un grand nombre de malheureux, soupçonnés de ce crime; la crainte et la torture leur firent confesser qu'ils avaient en effet répandu cette poudre qui faisait mourir les troupeaux. Saint Agobard, archevêque de Lyon, prit leur défense et démontra que nulle poudre n'avait la vertu d'infecter l'air ; et qu'en supposant même que tous les habitants de Bénévent, hommes, femmes , jeunes gens, vieillards et enfants, se fussent dispersés dans toute l'Europe, chacun' suivi de trois chariots de cette poudre, ils n'auraient jamais pu causer le mal qu'on leur attribuait 2.
Grimoire. — Tout le monde sait qu'on fait venir le diable en lisant le Grimoire ; mais il faut avoir soin , dès qu'il paraît, de lui jeter quelque chose à la tête, une savate, une souris , un chiffon ; autrement on risque d'avoir le cou tordu. — Le terrible petit volume connu sous le nom de Grimoire, autrefois tenu secret, était brûlé très-justement dès qu'il était saisi. Nous donnerons ici quelques notes sur les trois Grimoires les plus connus. — Grimoire ( sic ) du pape Honorius , avec un recueil des plus rares secrets; sous la rubrique de Rome, 1 670, in-16 orné de figures et de cercles. Les cinquante premières pages ne contiennent que des conjurations ; voyez Conjurations et Évocations. Dans le Recueil des plus rares secrets, on trouve celui qui force trois demoiselles à venir danser le soir dans une chambre. Il faut que tout soit lavé dans celte chambre; qu'on n'y remarque rien d'accroché ni de pendu , qu'on mette sur la table une nappe blanche, trois pains de froment, trois sièges , trois verres d'eau ; on récite ensuite une certaine formule de conjuration, et les trois personnes qu'on veut voir viennent, so mettent
1 Dellncre, Tabl. de l'inconstance des démons, etc., p. 356.
a M. Salgués, Des erreurs et des préjugés, t. Ier, p. 298,
à table et dansent , mais au coup de minuit tout disparaît. — On trouve dans le même livre beaucoup de bêtises de ce genre , que nous rapportons en leur lieu. — Grimorium verum, vel probatissimœ Salomonis claviculœ rabbini hebraici , in quitus tum naturalia tum supematuralia sécréta , licet abditissima, impromptu apparent, modo operator pernecessaria et contenta faciat ; sciât tamen oportet dœmonum potentia dumtaxat peragantur : traduit de l'hébreu, par Plaingière, avec un recueil de secrets curieux. A Memphis , chez Alibeck l'Égyptien, 4 517, in— 4 6 ( sic omnia ) , et sur le revers du titre : Les véritables clavicules de Salomon, à Memphis, chez Alibeck l'Égyptien, 1517. — Le grand Grimoire avec la grande clavicule de Salomon, et la magie noire ou les forces infernales du grand Agrippa , pour découvrir les trésors cachés et se faire obéir à tous les esprits ; suivis de tous les arts magiques , in-1 8 , sans date ni nom de lieu. — Ces deux grimoires contiennent, comme l'autre, des secrets que nous donnons ici aux divers articles qu'ils concernent — Voici une anecdote sur le grimoire : — Un petit seigneur de village venait d'emprunter à son berger le livre du grimoire, avec lequel celui-ci se vantait de forcer le diable à paraître. Le seigneur, curieux de voir le diable, se retira dans sa chambre et se mit à lire les paroles qui obligent l'esprit de ténèbres à se montrer. Au moment où il prononçait, avec agitation, ces syllabes puissantes, la porte, qui était mal fermée, s'ouvre brusquement : le diable parait , armé de ses longues cornes et tout couvert de poils noirs... Le curieux seigneur perd connaissance et tombe mourant de peur sur le carreau, en faisant le signe de la croix. — Il resta longtemps sans que personne vînt le relever. Enfin il rouvrit les yeux et se retrouva avec surprise dans sa chambre. Il visita les meubles , pour voir s'il n'y avait rien de dégradé : un grand miroir qui était sur une chaise se trouvait brisé, c'était l'œuvre du diable. Malheureusement pour la beauté du conte, on vint dire un instant après à ce pauvre seigneur que son bouc s'était échappé , et qu'on l'avait repris devant la porte de cette même pièce où il avait si bien représenté le diable. Il avait vu dans le miroir un bouc semblable à lui et avait brisé la glace en voulant combattre son ombre 1 .
Grisgris , — nom de certains fétiches chez les Mores d'Afrique, qui les regardent comme des puissances subalternes. Ce sont de petits
1 Histoire des fantôaics et des dénions, p. 214.