‹ Dictionnaire infernalChapitre 220 sur 368 · KAM · texte numérisé non relu

KAM

Xaaîïft. — Ce lieu célèbre à La Mecque , dans l'enceinte du temple, est, dit-on, la maison d'Abraham, bâtie par lui, selon les croyances musulmanes. Le seuil est un bloc de pierre qui a été, disent les Arabes, la statue de Saturne, autrefois élevée sur la Kaaba même, et renversée par un prodige ainsi que toutes les autres idoles du lieu , au moment de la naissance de Mahomet. — La Kaaba est un petit édifice d'une quinzaine de pieds. Les musulmans l'appellent la maison carrée et la maison de Dieu ; dans le Koran, elle est désignée comme le lieu le plus saint de la terre : aussi les bons musulmans se tournentils toujours dans leurs prières vers la Kaaba, et il faut être peu dévot pour n'en pas faire au moins une fois en sa vie le pèlerinage. On y révère la fameuse pierre noire qui servait d'écha fa ud à Abraham lorsqu'il maçonnait la maison carrée. On conte qu'elle se haussait et se baissait d'elle-même, selon les désirs du patriarche. Elle lui avait été apportée par I l'ange Gabriel; et on ajoute que cette pierre, se voyant abandonnée après qu'on n'eut plus besoin d'elle, se mit à pleurer; Abraham la consola en lui promettant qu'elle serait extrêmement vénérée des musulmans ; et il la plaça en effet près de la porte , où elle est baisée par tous les pèlerins.

Kaoher, — vieux magicien qui, dans l'histoire fabuleuse des anciens rois de Cachemire, transforma le lac qui occupait ce beau pays en un vallon délicieux, et donna aux eaux une issue miraculeuse en coupant une montagne nommée Baraboulé.

K.af, — montagne prodigieuse qui entoure l'horizon de tous côtés, à ce que disent les musulmans. La terre se trouve au milieu de cette montagne, ajoutent-ils, comme le doigt au milieu de l'anneau. Elle a pour fondement la pierre Sakhrat, dont le moindre fragment opère les plus grands miracles. C'est cette pierre, faite d'une seule émeraude , qui excite les tremblements de terre , en s'agitant selon que Dieu le lui ordonne. Pour arriver à la montagne de Cafa , il faut traverser de vastes régions ténébreuses, ce qu'on ne peut faire que sous la conduite d'un être supérieur. C'est, dit-on, la demeure des génies. Il est souvent parlé de cette montagne dans les contes orientaux. Voy. Sakhrat.

Kaha , — maléfice employé aux îles Marquises. Les habitants attribuent au Kaha la plupart de leurs maladies. Voici comment il se pratique : « Quelque sorcier aura attrapé de votre salive, et puis il vous a lié du terrible Kaha ou maléfice du pays, en enveloppant celte salive dans un morceau de feuille d'arbre et la conservant en sa puissance. ïl tient là votre âme et votre vie enchaînées. A ce mal voici le remède : ceux qui ont eu le pouvoir de vous jeter le charme ont aussi le pouvoir de vous l'ôter, moyennant quelque présent. Le sorcier vient donc se coucher près de vous; il voit ou il entend le génie du mal ou de la maladie quand il entre en vous et quand il sort , car il paraît que ces génies se promènent souvent; et il l'attrape comme au vol, ou bien il le saisit en vous frottant le bras, et il l'enferme à son tour dans une feuille , ou il peut le détruire »

Kaldmraords , — nom du premier homme qui sortit de la jambe de devant d'un taureau , selon la doctrine des mages ; il fut tué par les Dives; mais il ressuscitera le jour du jugement. On invoque son âme chez les Guèbres. Voy. Bouxdschksgh.

Xalpa-Tarou , -- arbre fabuleux sur lequel les Indiens d'autrefois cueillaient tout ce qu'ils pouvaient désirer.

Kamlat, — opération magique en usage chez les Tartares de Sibérie, et qui consiste à évoquer le diable au moyen d'un tambour magique ayant la forme d'un tamis, ou plutôt d'un tambour de basque. Le sorcier qui fait le Kamlat marmotte quelques mots tartares , court de côté et d'autre, s'assied, se relève, fait d'épouvantables grimaces et d'horribles contorsions, roulant les yeux, les fermant, et gesticulant comme un insensé. Au bout d'un quart d'heure, il fait croire que par ses conjurations il évoque le diable , qui vient toujours du côté de l'Occident, en forme d'ours, pour lui révéler ce qu'il doit répondre ; il fait entendre qu'il est quelquefois maltraité cruellement par le démon, et tourmenté jusque dans le sommeil. Pour en convaincre ses auditeurs, il feint de s'éveiller en sursaut en criant comme un possédé.

1 L-ltrcs du P. Mathias Graea sur les îles Marquise?, lettre (>'■.

KÂT —

Kamosch et Kemosch . — VOlJ. ClIAMOS.

Karra-Kalf , — le plus haut degré de la magie en Islande. Dans les temps modernes, lorsqu'on pratiquait le karra-kalf , le diable paraissait sous la forme d'un veau nouvellement né et non encore nettoyé par sa mère. Celui qui désirait d'être initié parmi les magiciens était obligé de nettoyer le veau avec sa langue; et, par ce moyen , il parvenait à la connaissance des plus grands mystères.

Katakhanès. — C'est le nom que les habitants de l'île de Candie donnent à leurs vampires. En aucune contrée du Levant la croyance aux vampires ou katakhanès n'est aussi générale que dans cette île , où l'on croit aussi aux démons des montagnes , de l'air et des eaux. Voici un récit fait il n'y a pas longtemps à un voyageur anglais, M. Pashley, qui le rapporte comme il lui a été raconté. Nous l'empruntons à la Revue britannique (mars 4 837) : — « Un jour le village de Kalikrati, dans le district de Sfakia, fut visité par un katakhanès ; les habitants s'efforcèrent de découvrir qui il était et d'où il venait. Ce katakhanès tuait non-seulement les enfants, mais encore les adultes , et il étendait ses ravages jusqu'aux villages des environs. Il avait été enterré dans l'église de Saint- George à Kahkrati , et une arche avait été construite au-dessus de sa tombe. Un berger, gardant ses moutons et ses chèvres auprès de l'église, fut surpris par une averse, et vint se réfugier sous l'arche du tombeau. Après avoir ôté ses armes pour prendre du repos , il les posa en croix à côté de la pierre qui lui tenait lieu d'oreiller. — ha nuit vint. Le katakhanès, sentant alors le besoin de sortir pour faire du mal aux hommes, dit au berger : « Compère, lève-toi de là, car j'ai des affaires qui m'obligent de sortir. » Le berger ne répondit ni la première fois, ni la seconde, ni la troisième ; il supposa que le katakhanès était l'auteur de tous les meurtres commis dans la contrée. En conséquence, la quatrième fois qu'il lui adressa la parole, le berger dit : -— « Je ne me lèverai point de là, compère, car je crains que tu ne vailles pas grand'chose , et tu pourrais me faire du mal ; mais s'il faut que je me lève, jure par ton linceul que tu ne me toucheras pas, et alors je me lèverai. » Le katakhanès ne prononça pas d'abord les paroles qu'on lui demandait ; mais le berger persistant à ne point se lever, il finit par faire le serment exigé. Sur cela le berger se leva et ôta ses armes du tombeau; le katakhanès sortit aussitôt, et après avoir salué le bêfgipr, il lui dit: « Compère, il ne faut pas que tu

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