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t'en ailles; reste assis là; j'ai des affaires dont il est nécessaire que je m'occupe , mais je reviendrai dans une heure et je te dirai quelque chose. » Le berger donc l'attendit, le katakhanès s'en alla à environ dix milles de là , où vivaient deux jeunes époux nouvellement mariés; il les égorgea tous deux. A son retour, le berger s'aperçut que les mains du vampire étaient souillées de sang, et qu'il rapportait un foie dans lequel il soufflait, comme font les bouchers, pour le faire paraître plus grand. « Asseyons-nous, compère, lui dit le katakhanès , et mangeons le foie que j'apporte.» Mais le berger fit semblant de manger; il n'avalait que le pain et laissait tomber les morceaux de foie sur ses genoux. — Or, quand le moment de se séparer fut venu , le katakhanès dit au berger : « Compère , ce que tu as vu, il ne faut point en parler, car, si tu le fais, mes vingt ongles se fixeront dans ta figure et dans celles de tes enfants. » — Malgré cela, le berger ne perdit point de temps; il alla sur-le-champ tout déclarer à des prêtres et à d'autres personnes; et on se rendit au tombeau, dans lequel on trouva le corps du katakhanès précisément dans l'état où il était quand on l'avait enterré ; tout le monde fut convaincu que c'était lui qui était cause des maux qui pesaient sur le pays. On rassembla une grande quantité de bois que l'on jeta dans la tombe , et on brûla le cadavre. Le berger n'était pas présent ; mais quand le katakhanès fut à moitié consumé, il arriva pour voir la fin de la cérémonie, et alors le vampire lança un crachat; c'était une goutte de sang qui tomba sur le pied du berger; ce pied se dessécha comme s'il eût été consumé par le feu. Quand on vit cela, on fouilla avec soin dans les cendres , et on y trouva encore l'ongle du petit doigt du katakhanès ; on le réduisit en poussière. — Telle est la terrible histoire du vampire de Kalikatri. C'est sans doute au goût qu'on suppose à ces êtres malfaisants pour le foie humain qu'il faut attribuer cette exclamation que Tavernier attribue à une femme candiote : « J'aimerais mieux manger le foie de mon enfant ! » Voy. Vampires.
Kaybora, — esprit des forêts, à l'existence duquel croient encore les Américains ; ils disent que cet esprit enlève les enfants , les cache dans les creux des arbres et les y nourrit K
Kelby, — esprit qu'une superstition écossaise suppose habiter les rivières sous différentes formes, mais plus fréquemment sous
1 Voyage a'i Bivsil, par le père Keuwied, t. II, c. 12,
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celle du cheval. Il est regardé comme malfaisant et porte quelquefois une torche. On attribue aussi à ses regards un pouvoir de fascination.
Kélen et Nysrock, — démons que les démonographes font présider aux débauches, aux danses, aux orgies.
Renne, — pierre fabuleuse qui se forme dans l'œil d'un cerf, et à laquelle on attribue des vertus contre les venins.
Képhalonomancie, — divination qui se pratiquait en faisant diverses cérémonies sur la tète cuite d'un âne. Elle était familière aux Germains. Les Lombards y substituèrent une tête de chèvre. Delrio soupçonne que ce genre de divination, en usage chez les juifs infidèles, donna lieu à l'imputation qui leur fut faite d'adorer un àne. Les anciens la pratiquaient en mettant sur des charbons allumés la tête d'un âne, en récitant des prières superstitieuses, en prononçant les noms de ceux qu'on soupçonnait d'un crime , et en observant le moment où les mâchoires se rapprochaient avec un léger craquement. Le nom prononcé en cet instant désignait le coupable. — Le diable arrivait aussi quelquefois sans se montrer pour répondre aux questions qu'on avait à lui faire.
Xhumano-Goo , — sorte d'épreuve en usage au Japon. On appelle goo un petit papier rempli de caractères magiques, de figures de corbeau et d'autres oiseaux. On prétend que ce papier est un préservatif assuré contre la puissance des esprits malins, et les Japonais ont soin d'en acheter pour les exposer à l'entrée de leurs maisons; mais parmi ces goos ceux qui ont la plus grande vertu viennent d'un certain endroit nommé Kuhmano; ce qui fait qu'on les appelle Kuhmanogoos. — Lorsque quelqu'un est accusé d'un crime et qu'il n'y a pas de preuves suffisantes pour le condamner, on le force à boire une certaine quantité d'eau dans laquelle on met un morceau de khumano-goo. Si l'accusé est innocent, cette boisson ne produit sur lui aucun effet; mais s'il était coupable, il se sent attaqué de coliques qui le forcent à avouer. Voy. aussi Goo.
Kijoun, — nom d'une idole que les Israélites honorèrent dans le désert, et qui paraît avoir été le soleil. Le prophète Amos en parle au chap. V.
Kiones , — idoles communes en Grèce , qui ne consistaient qu'en pierres oblongues en forme de colonnes , d'où vient leur nom.
Kobal, — démon perfide qui mord en riant, directeur général des farces de l'enfer, qui
3 — KUT doivent être peu joyeuses; patron des comédiens.
Xoran , — Voy. MAORIDATH.
Kougbas, — démons ou esprits malfaisants, redoutés des Aléotes, insulaires voisins du Kamtschatka. Ils attribuent leur état d'asservissement et leur détresse à la supériorité des koughos russes sur les leurs; ils s'imaginent aussi que les étrangers, qui paraissent curieux de voir leurs cérémonies, n'ont d'autre intention que d'insulter à leurs koughas, et de les engager à retirer leur protection au gens du pays.
Kratim ou Katmir. — C'est le nom qu'on donne au chien des sept Dormants. Voy. Dormants.
Kublmann (Quirinus) , — l'un des visionnaires du dix-septième siècle, né à Breslau en '1651. Il était doué d'un esprit vif; étant tombé malade à l'âge de huit ans, il éprouva un dérangement dans ses organes, et crut avoir des visions. Une fois il s'imagina voir le diable escorté d'une foule de démons subalternes ; un autre jour, il se persuada que Dieu lui avait apparu : dès ce moment, il ne cessa de voir à côté de lui une auréole éclatante de lumière. Il parcourut le nord escorté d'une très-mauvaise réputation ; il escroquait de l'argent à ceux qui lui montraient quelque confiance, pour l'employer, disait -il, à l'avancement du royaume de Dieu. Il fut chassé de Hollande au commencement de l'année I 675 ; il voulut se lier avec Antoinette Bourguignon , qui rejeta ses avances. Il fut arrêté en Russie pour des prédictions séditieuses, et brûlé à Moscou le 3 octobre 1689. Il a publié à Lubeck un Traité de la sagesse infuse d'Adam et de Salomon l; on lui doit une quarantaine d'opuscules qui n'ont d'autre mérite que leur rareté.
Kupay, — nom que les Péruviens donnaient au diable. Quand ils prononçaient son nom , ils crachaient par terre en signe d'exécration. On l'écrit aussi Cupai, et c'est encore le nom que les Floridiens donnent au souverain de l'enfer.
Kutuktus. — Les Tartares-Kalkas croient que leur souverain pontife, le kutuktus, est immortel; et, dans le dernier siècle, leurs fakirs firent déterrer et jeter à la voirie le corps d'un savant qui dans ses écrits avait paru en douter.
1 De Sapientia infusa Adamea Salomoneaque. — Arcanum microcosmicum ; Paris, 1681. — Prodromus quinquennii mirabilis. In-8° ; Leyde, 1674. On n'a qu'un volume de cet ouvrage, qui devaiten avoir trois et contenir cent mille inventions curieuses, etc