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Xiabadîe (Jean) , — fanatique du dix-septième siècle, né en 1610 à Bourg sur la Dordogne. Il se crut uq nouveau Jean-Baptiste envoyé pour annoncer la seconde venue du Messie, et s'imagina qu'il avait des révélations. Il assurait que Jésus-Christ lui avait déclaré qu'il l'envoyait sur la terre comme son prophète ; il poussa bientôt la suffisance jusqu'à se dire revêtu de la divinité et participant *du nom et de la substance de notre Seigneur. Mais il joignit à l'ambition d'un sectaire le goût des plaisirs; il faisait servir à ses odieux projets le masque de la religion, et il ne fut qu'un détestable hypocrite. Il mourut en 1674. Voici quelques-unes de ses productions : Le Hérauld du grand roi Jésus, Amsterdam, 1667, in -\ 2. Le Véritable exorcisme ou l'unique moyen de chasser le diable du monde chrétien] le Chant royal du roi Jésus-Christ. Ces ouvrages sont condamnés.
Labour, — pays de Gasgogne dont les habitants s'adonnaient au commerce du diable, et entreprenaient de longs voyages. Pendant que les nommes étaient absents, Delancre dit que les femmes devenaient sorcières. Henri iy envoya en 16: 9 ledit Pierre Delancre, conseiller au parlement de Bordeaux, pour purger le pays de ses sorciers , qui, instruits de son arrivée , s'enfuirent en Espagne. Il en fit toutefois brûler quelques-uns.
Labourant — VOy. PlERRE LABOURANT.
Lac. — Grégoire de Tours rapporte que dans le Gévaudan il y avait une montagne appelée Hélanie, au pied de laquelle était un grand hic; à certaines époques de l'année, les villageois s'y rendaient de toutes parts pour y faire des festins, offrir des sacrifices, et jeter dans le lac, pendant trois jours, une infinité d'offrandes de toute espèce. Quand ce temps était expiré, selon la tradition que rapporte Grégoire de Tours, un orage mêlé d'éclairs et de tonnerre s'élevait ; il était suivi d'un déluge d'eau et de pierres. Ces scènes durèrent jusqu'à la fin du quatrième siècle. Cent ans avant l'ère chrétienne, il y avait aussi à Toulouse un lac célèbre consacré au dieu du jour, et dans lequel les Tectosagcs jetaient en offrandes de l'or, de l'argent en profusion, tant en lingots et monnayé que mis en œuvre et façonné. — On lit dans la Vie de saint Sulpice, évèque de Bourges, qu'il y
avait de son temps dans le Ferry un lac de mauvaise renommée, qu'on appelait le lac des Démons. Voy. Pilate, Hehbidilla . etc.
Lacaille (Denyse de). En 1612, la ville de Béarnais fut le théâtre d'un exorcisme sur lequel on n'a écrit que des facéties sans autorité. La possédée était une vieille nommée Denyse de Lacaille. Nous donnons la pièce suivante en résumé; nous ne la croyons pas trèssérieuse : — Extrait de la sentence donnée contre les démons qui soîit sortis du corps de Denyse de Lacaille. — « Nous, étant dûment informés que plusieurs démons et malins esprits vexaient et tourmentaient une certaine femme, nommée Denyse de Lacaille, de la Landelle, nous avons donné à Laurent Lepot toute puissance de conjurer lesdits malins esprits. Ledit Lepot, ayant pris la charge, a fait plusieurs exorcismes et conjurations, desquels plusieurs démons sont sortis, comme le procès-verbal le démontre. Voyant que, de jour en jour, plusieurs diables se présentaient; comme il est certain qu'un certain démon , nommé Lissi , a dit posséder ladite Denyse , nous commandons, voulons, mandons, ordonnons audit Lissi de descendre aux enfers, sortir hors du corps de ladite Denyse, sans jamais y rentrer; et, pour obvier à la revenue des autres démons , nous commandons , voulons , mandons et ordonnons que Belzébuth, Satan, Motelu et Briffault , les quatre chefs, et aussi les quatre légions qui sont sous leur puissance, et tous les autres, tant ceux qui sont de Pair, de l'eau, du feu, de la terre et autres lieux, qui ont encore quelque puissance de ladite Denyse de Lacaille , comparent maintenant et sans délai , qu'ils aient à parler les uns après les autres, à dire leurs noms de façon qu'on les puisse entendre, pour les faire mettre par écrit. — Et à défaut de comparoir, nous les mettons et les jetons en la puissance de l'enfer, pour être tourmentés davantage que de coutume; et faute de nous obéir, après les avoir appelés par trois fois, commandons, voulons, mandons que chacun d'eux reçoive les peines imposées ci-dessus, défendant au même Lissi, et à tous ceux qui auraient possédé le corps de ladite Denyse de Lacaille, d'entrer jamais dans aucun corps, tant de créatures raisonnables que d'autres. — Suivant quoi ledit Lissi, malin esprit, prêt à sortir, a signé ces présentes.
Belzébuth paraissant, Lissi s'est retiré au bras droit; lequel Belzébuth a signé ; pareillement Belzébuth s'étant retiré, Satan apparut, et a signé pour sa légion, se retirant au bras gauche; Molelu, paraissant, a signé pour toute la sienne, s'étant retiré à l'oreille droite ; incontinent, Briffault est comparu, et a signé ces présentes. — Signé Lïssi; Belzébuth; Satan; Motelu; Briffault.
» Le signe et la marque de ces cinq démons sont appposés à l'original du procès-verbal.
» Beauvais, le 12 décembre 1612. »
Lachanoptères , — animaux imaginaires que Lucien place dans le globe de la lune. C'étaient de grands oiseaux couverts d'herbes au lieu de plumes.
Lachus , — génie céleste , dont les Basilidiens gravaient le nom sur leurs pierres d'aimant magique; ce talisman préservait des enchantements.
Laci ( Jean ), — auteur d'un ouvrage intitulé Avertissements prophétiques, publié en 1708, un vol. in-8°; il parut différents ouvrages de cette sorte à l'occasion des prétendus prophètes des Cévennes.
Laensbergh ( Mathieu ), — Liégeois célèbre qui passe parmi le peuple pour le plus grand mathématicien , astrologue et prophète des temps modernes. Ses prédictions trouvent encore, dans les campagnes, de bonnes gens qui se feraient scrupule d'en douter, et qui, quand son almanach prédit de la pluie pour un jour de beau temps, se contentent de dire : « Il pleut ailleurs. » Le premier almanach de Mathieu Laensbcrgh a paru en 4 636.
Lafin ( Jacques ), — sorcier qui fut accusé d'envoûtement ; on dit même qu'on trouva sur lui des images de cire qu'il faisait parler t.
I.aica. — Nom de fées chez les Péruviens. Les laicas étaient ordinairement bienfaisantes, au lieu que la plupart des autres magiciennes mettaient leur plaisir à faire du mal.
Lamia, — reine de Libye, qui fendait le ventre des femmes grosses pour dévorer leurs fruits. Elle a donné son nom aux lamies.
Garnies, — démons qu'on trouve dans les déserts sous des figures de femmes, ayant des têtes de dragon au bout des pieds. Elles hantent aussi les cimetières, y déterrent les cadavres, les mangent, et ne laissent des morts que les ossements. — A la suite d'une longue guerre , on aperçut dans la Syrie , pendant plusieurs nuits, des troupes de lamies qui dévoraient les cadavres des soldats inhumés à
1 M. Garinet, Hist. de la magie en France, p. 173.
fleur de terre. On s'avisa de leur donner la chasse , et quelques jeunes gens en tuèrent plusieurs à coups d'arquebuse; il se trouva , le lendemain, que ces lamies n'étaient plus que des loups et des hyènes. — Il se rencontre des lamies, très-agiles à la course, dans l'ancienne Libye ; leur voix est un sifflement de serpent. Quelle que soit la demeure des lamies, il est certain, dit Leloyer, qu'il en existe, puisque cette croyance était en vigueur chez les anciens. Le philosophe Ménippe fut épris d'une lamie. Elle l'attirait à elle ; heureusement qu'il fut averti de s'en défier, sans quoi il eût été dévoré. Semblables aux sorcières, ajoute Leloyer i, ces démons sont très-* friands du sang des petits enfants, -^f&us les démonomanes ne sont pas d'accord sur la forme des lamies; Torquemada , dans son Hexameron , dit qu'elles ont une figure de femme et des pieds de cheval ; qu'on les nomme aussi chevesches, à cause du cri et de la friandise de ces oiseaux pour la chair fraîche. Ce sont des espèces de sirènes selon les uns; d'autres les comparent aux gholes de l'Arabie. — On a dit bien des bizarreries sur ces femmes singulières. Quelques-uns prétendent qu'elles ne voient qu'à travers une lunette 2. Wierus parle beaucoup de ces monstres, dans le troisième livre de son ouvrage sur les Prestiges. Il a même consacré aux Lamies un ouvrage particulier 3.
tamotte le Vayer ( FRANÇOIS ), — littérateur, né à Paris en 4 588, et mort en 4 672. C'était, selon Naudé, le Plutarque de la France, ressemblant aux anciens par ses opinions et ses mœurs. Il a laissé des Opuscules sur le Sommeil et les Songes, in-8°, Pans, 4 643.
Iiampadomancie , — divination dans laquelle on observait la forme, la couleur et les divers mouvements de la lumière d'une lampe, afin d'en tirer des présages pour l'avenir.
lampe merveilleuse. — Il y avait à Paris, du temps de saint Louis, un rabbin fameux, nommé Jéchiel, grand faiseur de prodiges, et si habile à fasciner les yeux par les illusions de la magie ou de la physique, que les Juifs le regardaient comme un de leurs saints, et les Parisiens comme un sorcier. La nuit, quand tout le monde était couché, il travaillait, à la clarté d'une lampe merveilleuse, qui répandait dans sa chambre une lumière aussi pure que celle du jour. Il n'y mettait point d'huile ;
1 Hist. des spectres ou Apparit. des esprits, liv. m p. 199.
2 Naudé, Apol. pour les grands personnages, etc . chap. 8.
3 J. Wieri de Lumiis liber. In-4° ; Bâle, 1577.