‹ Dictionnaire infernalChapitre 224 sur 368 · LAP · texte numérisé non relu

LAP

gues qui parlaient chacune soixante-dix mille idiomes différents.

Langue primitive. — On a cru autrefois que si on abandonnait les enfants à l'instruction de la nature ils apprendraient d'euxmêmes la langue primitive, c'est-à-dire celle que parlait Adam, que l'on croit être l'hébreu. Mais malheureusement l'expérience a prouvé que cette assertion n'était qu'une erreur populaire l. Les enfants élevés par des chèvres parlent l'idiome des boucs , et il est impossible d'établir que le langage n'a pas été révélé.

Languet, — curé de Saint-Sulpice, qui avait un talent tout particulier pour l'expulsion de certains esprits malins; quand on lui amenait une de ces prétendues possédées qui ont donné matière à tant de scandales, il accourait avec un grand bénitier plein d'eau commune, qu'il lui versait sur la tète, en disant : « Je t'adjure de te rendre tout à l'heure à la Salpêtrière, sans quoi je t'y ferai conduire à l'instant. » La possédée ne reparaissait plus.

Lanthila, — nom que les habitants des Moluques donnent à un être supérieur qui commande à tous les Nétos ou génies malfaisants.

Lapalud , — voy. PALUD.

Lapons. — Les Lapons se distinguent un peu des autres peuples. La hauteur des plus grands n'excède pas un mètre et demi ; ils ont la tête grosse, le visage plat, le nez écrasé, les yeux petits , la bouche large , une barbe épaisse qui leur pend sur l'estomac. Leur habit d'hiver est une peau de renne, taillée comme un sac, descendant sur les genoux, et rehaussée sur les hanches avec une ceinture ornée de plaques d'argent; ce qui a donné lieu à plusieurs historiens de dire qu'il y avait des hommes vers le nord velus comme des bêtes , et qui ne se servaient point d'autres habits que ceux que la nature leur avait donnés. — On dit qu'il y a chez eux une école de magie, où les pères envoient leurs enfants, persuadés que la magie leur est nécessaire pour éviter les embûches de leurs ennemis , qui sont eux-mêmes grands magiciens. Ils font passer les démons familiers dont ils se servent en héritage à leurs enfants, afin qu'ils les emploient à surmonter les démons des autres familles qui leur sont contraires. — Ils se servent souvent du tambour pour les opérations de leur magie. Quand ilsontenvie d'apprendre ce qui se passe en pays étranger, un d'entre eux bat ce tambour, mettant dessus, à l'endroit où l'image du soleil est dessinée , des

1 Thomas Brown, Essais sur les erreurs, t. II, ch. 23, p. 95.

Page 1