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pliquer aux hommes. La voix grosse et forte annonce un homme robuste; la voix faible, un homme timide. La voix claire et sonnanle dénote quelquefois un menteur; la voix habituellement tremblante indique souvent un naturel soupçonneux. L'effronté et l'insolent ont la voix haute. La voix rude est un signe de grossièreté. La voix douce et pleine, agréable à l'oreille, annonce un heureux naturel. — Un homme raisonnable se met tout autrement qu'un fat; une femme pieuse autrement qu'une coquette. La propreté et la négligence, la simplicité et la magnificence , le bon et le mauvais goût, la présomption et la décence, la modestie et la fausse honte : voilà autant de choses qu'on distingue à l'habillement seul. La couleur, la coupe, la façon, l'assortiment d'un habit , tout cela est expressif encore et nous caractérise. Le sage est simple et uni dans son extérieur; la simplicité lui est naturelle. On reconnaît bientôt un homme qui s'est paré dans l'intention de plaire, celui qui ne cherche qu'à briller, et celui qui se néglige soit pour insulter à la décence, soit pour se singulariser. — Il y aurait aussi des remarques à faire sur le choix et l'arrangement des meubles , dit Lavater. Souvent d'après ces bagatelles on peut juger l'esprit et le caractère du propriétaire ; mais on ne doit pas tout dire. Voy. Physiognomonie.
Mineurs (Démons). — II y a de malins esprits qui, sous la forme de chèvres, vont tourmenter les mineurs; on dit qu'ils apparaissent souvent aux mines métalliques et battent ceux qui tirent les métaux. Cependant ces démons ne sont pas tous mauvais , puisqu'il y en a qui au contraire aident les ouvriers. Olaiïs Magnus dit que ces derniers se laissent voir sous la forme de nains, grands* d'un demi-mètre ; qu'ils aident à scier les pierres, à creuser la terre ; mais que malgré cela ils ont toujours une tendance au mal, et que les malheureux mineurs sont souvent victimes de leurs mauvais traitements. — Au reste on a distingué six sortes d'esprits qui fréquentent les mines et sont plus ou moins méchants; quelques-uns disent qu'ils en ont vu dans les mines d'Allemagne qui ne laissaient aucun repos aux ouvriers, tellement qu'ils étaient contraints d'abandonner le métier ; et entre autres exemples qu'ils donnent de la malignité de celte engeance infernale , on cite qu'un démon mineur tua douze artisans à la fois; ce qui fit délaisser la mine d'argent, qui était cependant très-productive1. Voy. Annebeuu , Montagnards , etc.
1 Lcnglet-Dnfresnoy, Recueil de dissert. , tom, I>r, p. 162.
BXmgrélie. — Le christianisme dans ce pays de schisme grec est très-corrompu. On y voit des prêtres baptiser des enfants distingués avec du vin. Lorsqu'un malade demande des secours spirituels , le prêtre ne lui parle pas de confession ; mais il cherche dans un livre la cause de sa maladie et l'attribue à la colère de quelqu'une de leurs images, qu'il faut apaiser par des offrandes.
lttînoson, — démon qui fait gagner à toutes sortes de jeux ; il dépend de Haël , l'un des plus puissants chefs de l'enfer l.
Minuit. — C'est à cette heure-là que se fait le sabbat des sorciers, et que les spectres et les démons apparaissent. Cependant le diable n'aime pas uniquement l'heure de minuit , car il peut tenir sabbat à midi , comme l'ont avoué plusieurs sorcières , telles que Jeannette d'Abadie et Catherine de Naguille2.
Mirabel (Honoré), fripon qui fut condamné aux galères perpétuelles, après avoir été app iqué à la question , par arrêt du 18 février 1729. Il avait promis à un de ses amis, nommé Auguier, de lui faire trouver des trésors par le moyen du diable. Il fouilla, après maintes conjurations, dans un jardin près de Marseille, et dit qu'il y avait là un sac de pieces portugaises que lui avait indiqué un spectre. Il tira en présence de plusieurs personnes et d'un valet, nommé Bernard, un paquet enveloppé d'une serviette ; l'ayant emporté chez lui , il le délia et y trouva un peu d'or, qu'il donna à Auguier, lui en promettant davantage et le priant de lui prêter quarante francs ; ce qui doit sembler assez singulier. L'ami lui prêta cette somme, lui passa un billet par lequel il reconnaissait lui devoir vingt mille livres, et lui remettait les quarante francs. Le billet fut signé le 27 septembre 1726. Quelque temps après, Mira bel demanda le paiement du billet; comme on le refusa , parce que le sorcier n'avait donné que des espérances, il eut la hardiesse d'intenter un procès; mais en fin de cause il se vit, comme on l'a dit, condamné aux galères par messieurs du parlement d'Aix 3.
Mirabilis liber. — On attribue la plus grande part de ce livre à saint Césaire. C'est un recueil de prédictions dues à des saints et à des sibylles. Ce qui peut surprendre les esprits forts, c'est que dans 1 édition de 1522 on voit annoncés les événements qui ont clos si tragiquement le dernier siècle , l'expulsion et
1 Clavicules de Salomon, y>. 20.
2 Ddancre, Tabl. de linconstance des dénions, etc , Tiv. il, p. GG.
3 D. Cuhv.it. Dissertât, sur les apparitions, p. 145.
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l'abolition de la noblesse, les persécutions contre le clergé, la suppression des couvents, le mariage des prêtres, le pillage des églises, la mort violente du roi et de la reine, etc. On y lit ensuite que l'aigle venant des pays lointains rétablira l'ordre en France
Miracles. — Un certain enchanteur abattit une bosse en y passant la main-, on cria au miracle !.... La bosse était une vessie enflée. Tels sont les miracles des charlatans. — Mais parce que les charlatans font des tours de passe-passe qui singent les faits surnaturels proprement appelés miracles (et il n'y a de miracles que ceux qui viennent de Dieu) , il est absurde de les nier. Nous vivons entourés de miracles qui ne se peuvent expliquer quoiqu'ils soient constants. — Nous ne pouvons parler ici que des faux miracles , œuvre de Salan, ou fourberie des imposteurs qui servent ainsi la cause de l'esprit du mal. Ce qui est affligeant, c'est que les jongleries ont souvent plus de crédit chez les hommes fourvoyés que les faits extraordinaires dont la vérité est établie, comme les superstitions ont parfois plus de racines que les croyances religieuses. — On raconte l'anecdote suivante pour prouver que les plus grandes absurdités trouvent des partisans. Deux charlatans débutaient dans une petite ville de province ; comme Cagliostro, Mesmer et d'autres personnages importants venaient de se présenter à Paris à titre de docteurs qui guérissaient toutes les maladies; ils pensèrent qu'il fallait quelque chose de plus relevé pour accréditer leur savoir-faire. Ils s'annoncèrent donc comme ayant le pouvoir de ressusciter les morts; et, afin qu'on n'en pût douter, ils déclarèrent qu'au bout de trois semaines, jour pour jour, ils rappelleraient à la vie, dans le cimetière qu'on leur indiquerait, le mort dont on leur montrerait la sépulture, fût-il enterré depuis dix ans. Ils demandent au juge du lieu qu'on les garde à vue pour s'assurer qu'ils ne s'échapperont pas, mais qu'on leur permette en attendant de vendre des drogues et d'exercer leurs talents. La proposition paraît si belle qu'on n'hésite pas à les consulter. Tout le monde assiège leur maison ; tout le monde trouve de l'argent pour payer de tels médecins. — Le grand jour approchait. Le plus jeune des deux charlatans , qui avait moins d'audace, témoigna ses craintes à l'autre, et lui dit : « Malgré toute votre habileté, je crois que vous nous exposez à être lapidés ; car
1 Mirabilis liber qui prophetias revelationesque , liecnon res mirandas, prœttritas, prœsentes et futuras Bperte demonstrat. In-4°; Paris, 1522.
2 Le MoikIc enchante, de Bêcher.
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enlin vous n'avez pas lo talent do ressusciter les morts. — Vous ne connaissez pas les hommes, lui répliqua le docteur; je suis tranquille.» L'événement justifia sa présomption. Il reçut d'abord une lettre d'un gentilhomme du lieu; elle était ainsi conçue : — « Monsieur, j'ai appris que vous deviez faire une grande opération qui me fait trembler. J'avais une méchante femme, Dieu m'en a délivré ; et je serais le plus malheureux des hommes si vous la ressuscitiez. Je vous conjure donc de ne point faire usage de votre secret dans notre ville, et d'accepter un petit dédommagement que je vous envoie , etc. » — Une heure après les charlatans virent arriver chez eux deux jeunes gens qui leur présentèrent une autre gratification , sous la condition de ne point employer leur talent à la résurrection d'un vieux parent dont ils venaient d'hériter. Ceux-ci furent suivis par d'autres, qui apportèrent aussi leur argent pour de pareilles craintes, en faisant la même supplication. Enfin le juge du lieu vint lui-même dire aux deux charlatans qu'il ne doutait nullement de leur pouvoir miraculeux , qu'ils en avaient donné des preuves par une foule de guérisons; mais que l'expérience qu'ils devaient faire le lendemain dans le cimetière avait mis d'avance toute la ville en combustion, que l'on craignait de voir ressusciter un mort dont le retour pourrait causer des révolutions dans les fortunes, qu'il les priait de partir, et qu'il allait leur donner une attestation comme quoi ils ressuscitaient réellement les morts. — Le certificat fut signé, paraphé , légalisé, dit le conte; et les deux compagnons parcoururent les provinces, montrant partout la preuve légale de leur talent surnaturel....
Miroir. — Lorsque François Ie1 faisait la guerre à Charles-Quint, on conte qu'un magicien apprenait aux Parisiens ce qui se passait à Milan, en écrivant sur un miroir les nouvelles de cette ville et l'exposant à la lune , de sorte que les Parisiens lisaient dans cet astre ce que portait le miroir. Ce secret est perdu comme tant d'autres. Voy. Pythagore. Pour la divination par le miroir, voy. Cristal-
LOMANCIË.
Misraïm , — fils de Cham ; voy. Magie.
MœnsUlint — Les riverains de la mer Baltique vous montrent avec orgueil une grande masse de roc, toute blanche, taillée à pic, surmontée de quelques flèches aiguës et couronnée d'arbustes. Mais voyez, ce que le géologue appelle de la pierre calcaire, ce n'est pas la pierre calcaire ; et ce qui s'élève au haut de cette montagne sous la forme d'un