‹ Dictionnaire infernalChapitre 311 sur 368 · I — PIE · texte numérisé non relu

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riture !. — C'est ce que surtout le galvanisme amènera.

Pierre de santé. — A Genève et en Savoie, on appelle ainsi une espèce de pyrite martiale très-dure et susceptible d'un beau poli. On taille ces pyrites en facettes comme le cristal , et l'on en fait des bagues , des boucles et d'autres ornements. Sa couleur est à peu près la même que celle de l'acier poli. On lui donne le nom de pierre de santé, d'après le préjugé où l'on est qu'elle pâlit lorsque la santé de la personne qui la porte est sur le point de s'altérer.

Pierre d'Apone, — philosophe, astrologue

et médecin , né dans le village d'Abano ou Apono 2 près de Padoue, en 4250. Celait le plus habile magicien de son temps, disent les démonomanes ; il s'acquit la connaissance des sept arts libéraux, par le moyen de sept esprits familiers qu'il tenait enfermés dans des bouteilles ou dans des boîtes de cristal. Il avait de plus l'industrie de faire revenir dans sa bourse tout l'argent qu'il avait dépensé. — Il fut poursuivi comme hérétique et magicien ; et s'il eût vécu jusqu'à la fin du procès, il y a beaucoup d'apparence qu'il eut été brûlé vivant, comme il le fut en effigie après sa mort.

II mourut à l'âge de soixante-six ans. — Cet homme avait, dit-on, une telle antipathie pour le lait, qu'il n'en pouvait sentir le goût ni l'odeur. Thomazo Garsoni dit, entre autres contes merveilleux sur Pierre d'Apone , que, n'ayant point de puits dans sa maison, il commanda au diable de porter dans la rue le puits de son voisin , parce qu'il refusait de l'eau à sa servante. Malheureusement pour ces belles histoires, il paraît prouvé que Pierre d'Apone était une sorte d'esprit fort qui ne croyait pas aux démons. — Les amateurs de livres superstitieux recherchent sa Géomancie?'. Mais ne lui attribuons pas un petit livre qu'on met sur son compte et dont voici le titre : les Œuvres magiques de Henri-Corneille Agrippa, par Pierre d'Aban, latin et français, avec des secrets occultes, in-24, réimprimé à Liège, 4788. — On dit dans ce livre que Pierre d'Aban était disciple d'Agrippa. La partie principale est intitulée : Heptaméron, ou les Eléments magiques. On y trouve les sûrs moyens d'évoquer les esprits et de faire venir le diable. Pour cela il faut faire trois cercles l'un dans l'autre,., dont le plus grand ait neuf pieds de

1 Philosophie magique, vol. 0, p. 383

2 II y a, dans le village d'A eue, aujourd'hui Abano, «ne fontaine qui prêtait autrefois la parole aux muets, et qui donnait à ceux qui y buvaient le talent, de dire la bonne aventure. Voyez le septième chant de la Pharsale de Lucain.

3 Geomantia, in-8". Venise, 1519.

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circonférence , et se tenir dans le plus petit , où l'on écrit les noms des anges qui président à l'heure, au jour, au mois, à la saison , etc. Voici les anges qui président aux heures ; notez que les heures sont indiquées ici dans la langue infernale : Yayn ou première heure , l'ange Michaël ; Ianor ou deuxième heure, Ana'ël; Nasnia ou troisième heure, Raphaël ; Salla ou quatrième heure, Gabriel; Sadedali ou cinquième heure , Cassiel ; Thamus ou sixième heure , Sachiel ; Ourer ou septième heure, Samaël; Thanir ou huitième heure, Araël ; Néron ou neuvième heure, Cambiel ; Jaya ou dixième heure , Uriel ; Abaï ou onzième heure , Azael ; Natalon ou douzième heure, Sambaël. — Les anges du printemps, cabalistiquement nommé Talvi, sont Spugliguel, Garacasa , Commissoros et Amaliel ; le nom de la terre est alors Amadaï, le nom du soleil Abraïm, celui de la lune Agusita. — Les anges de l'été , nommé Gasmaran , sont Tubiel, Gargatiel, Tariel et Gaviel. La terre s'appelle alors Festativi , le soleil Athémaï et la lune Armatas. — Les anges de l'automne , qui se nommera Ardaraël , sont Torquaret , Tarquam et Guabarel. La terre s'appelle Rahimara, le soleil Abragini, la luneMatafignaïs. — Losanges de l'hiver, appelé Fallas, sont Altarib, Amabaël, Crarari. La terre se nomme Gérenia , le soleil Commutât et la lune Affatérim. Pour les anges des mois et des jours, voy. Mois et Jours. — Après avoir écrit les noms dans le cercle, mettez les parfums dans un vase de terre neuf, et dites : « Je t'exorcise, parfum, pour que tout fantôme nuisible s'éloigne de moi. » Ayez une feuille de parchemin vierge sur laquelle vous écrirez des croix ; puis appelez , des quatre coins du monde, les anges qui président à l'air, les sommant de vous aider sur-le-champ, et dites : « Nous t'exorcisons par la mer flottante et transparente , par les quatre divins animaux qui vont et viennent devant le trône de la divine Majesté; nous t'exorcisons; et si tu ne parais aussitôt, ici, devant ce cercle, pour nous obéir en toutes choses, nous te maudissons et te privons de tout office, bien et joie; nous 4e condamnons à brûler sans aucun relâche dans l'étang de feu et de soufre, etc. » — Cela dit, on verra plusieurs fantômes qui rempliront l'air de clameurs. On ne s'en épouvantera point, et on aura soin surtout de ne pas sortir du cercle. On apercevra des spectres qui paraîtront menaçants et armés de flèches; mais ils n'auront pas puissance de nuire. On soufflera ensuite vers les quatre parties du monde et on dira: «Pourquoi tardez-vous? soumettez-vous à votre maître. » — Alors pa-

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rallia l'esprit en ba!le forme qui dira : « Ordonnez et demandez, me voici prêt à vous obéir en toutes choses. » Vous lui demanderez ce que vous voudrez, il vous satisfera; et après que vous n'aurez plus besoin de lui , vous le renverrez en disant : « Allez en paix chez vous, et soyez prêt à venir quand je vous appellerai. » — Voilà ce que présentent de plus curieux les OEuvres magiques. Et le lecteur qui s'y fiera sera du moins mystifié. Voyez Secrets occultes , etc.

Pierre-le-Brabançon, — charlatan né dans les Pays-Bas. M. Salgues 1 rapporte de lui le fait suivant : étant devenu épris d'une Parisienne, riche héritière, le Brabançon contrefit aussitôt la voix du pèredéfunt, et lui fit pousser du fond de sa tombe de longs gémissements ; il se plaignit des maux qu'il endurait au purgatoire, et reprocha à sa femme le refus qu'elle faisait de donner sa fille à un si galant homme. La femme effrayée n'hésita plus; le Brabançon obtint la main de la demoiselle , mangea la dot, s'évada de Paris et courut se réfugier à Lyon Un gros financier venait d'y mourir, et son fils se trouvait possesseur d'une fortune opulente. Le Brabançon va le trouver, lie connaissance avec lui , et le mène dans un lieu couvert et silencieux ; là, il fait entendre la voix plaintive du père , qui se reproche les malversationsqu'ila commises dans ce monde, et conjure son fils de les expier par des prières et des aumônes; il l'exhorte, d'un ton pressant et pathétique, à donner six mille francs au Brabançon pour racheter des captifs. Le fils hésite et remet l'affaire au lendemain. Mais le lendemain la même voix se fait entendre . et le père déclare nettement à son fils qu'il sera damné lui-même s'il tarde davantage à donner les six mille francs à ce brave homme que le ciel lui a envoyé. Le jeune traitant ne se le fit pas dire trois fois; il compta les six mille francs au ventriloque, qui alla boire et rire à ses dépens.

Pierre Labourant, — nom que des sorciers donnèrent au diable du sabbat. Jeanne Garibaut, sorcière, déclara que Pierre-Labourant porte une chaîne de fer qu'il ronge continuellement, qu'il habite une chambre enflammée où se trouvent des chaudières dans lesquelles on fait cuire des personnes pendant que d'autres rôtissent sur de larges chenets , etc.

Pierre-le-Vénérable , — abbé de Cluny,

mort en 4 156. Il a laissé un livre de miracles qui contient plusieurs légendes où le diable ne joue pas le beau rôle.

1 Des erreurs et des préjugés, t T, r, p, 310.

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Pierres d anathèmes. — Non loin (Je Fatras,

je vis des tas de pierres au milieu d'un champ, j'appris que c'était ce que les Grecs appellent pierres d'anathèmes, espèces de trophées qu'ils élèvent à la barbarie de leurs oppresseurs. En dévouant leur tyran aux génies infernaux, ils le maudissent « dans ses ancêtres , dans son âme et dans ses enfants ; » car tel est le formulaire de leurs imprécations ; ils se rendent dans le champ qu'ils veulent vouer à l'analhème, et chacun jette sur le même coin de terre la pierre de réprobation. Les passants ne manquant pas dans la suite d'y joindre leur suffrage , il s'élève bientôt dans le lieu voué à la malédiction un tas de pierres assez semblables aux monceaux de cailloux qu'on rencontre sur le bord de nos grandes routes ; ce qui du reste nettoie le champ 1 .

Pigeons. — C'est une opinion accréditée dans le peuple que le pigeon n'a point de fiel. Cependant Aristole et de nos jours l'anatomie ont prouvé qu'il en avait un, sans compter que la fiente de cet oiseau contient un sel inflammable qui ne peut exister sans le fiel. — On conte que le crâne d'un homme caché dans un colombier y attire tous les pigeons des environs.

Pij, — nom que les Siamois donnent aux lieux où les âmes des coupables sont punies; elles y doivent renaître avant de revenir en ce monde.

Pilapîens, — peuples qui habitent une presqu'île sur les bords de la mer Glaciale, et qui boivent, mangent et conversent familièrement avec les ombres. On allait autrefois les consulter. Leloyer rapporte que quand un étranger voulait savoir des nouvelles de son pays, il s'adressait à un Pilapien, qui tombait aussitôt en extase, et invoquait le diable . lequel lui révélait les choses cachées.

Pilate ( Mont ), — montagne de Suisse, au sommet de laquelle est un lac ou étang célèbre dans les légendes. On disait que Pilate s'y était jelé, que les diables y paraissaient souvent, que Pilate, en robe déjuge, s'y faisait voir tous les ans une fois, et que celui qui avait le malheur d'avoir cette vision mourait dans l'année. De plus , il passait pour certain que , quand on lançait quelque chose dans ce lac, cette imprudence excitait des tempêtes terribles qui causaient de grands ravages dans le pays, en sorte que, même au seizième siècle, on ne pouvait monter sur cette montagne, ni aller voir ce lac, sans une permission expresse du magistrat de Lucerne,

1 M. Mangeart, Souvenirs de laMorée. 1830.

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