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et il était défendu , sous de fortes peines , d'y rien jeter. — La même tradition se rattache au lac de Pilate , vo:sin de Vienne en Dauphiné.
Pillal-karras , — exorcistes ou devins du Malabar, aux conjurations desquels les pêcheurs de perles ont recours, pour se mettre à l'abri des attaques du requin lorsqu'ils plongent dans la mer. Ces conjurateurs se tiennent sur la côte, marmottent continuellement des prières et font mille contorsions bizarres.
Pinet. — Pic de la Mirandole parle d'un sorcier nommé Pinet, lequel eut commerce trente ans avec le démon Fiorina \
Pipi (Marie), — sorcière qui sert d'échanson au sabbat; elle verse à boire dans le repas, non-seulement au roi de l'enfer, mais encore à ses officiers et à ses disciples, qui sont les sorciers et magiciens 2.
Piqueur. - A Marsanne, village du Dauphiné, près de Montélimart, on entend toutes les nuits , vers les onze heures un bruit singulier, que les gens du pays appellent le piqueur : il semble, en effet, que l'on donne plusieurs coups sous terre 3. — M. Berbiguier, dans son tome III des Farfadets, nous apprend qu'en 1821 les piqueurs qui piquaient les femmes dans les rues de Paris n'étaient ni des filous ni des méchants, mais des farfadets ou démons. J'étais plus savant , dit-il , que le vulgaire , qui ignore que les farfadets ne font le mal que par plaisir.
Piripiris , — talismans en usage chez certains Indiens du Pérou. Ils sont composés de diverses plantes ; ils doivent faire réussir la chasse, assurer les moissons, amener de la pluie, provoquer des Inondations, et défaire des armées ennemies.
Pison. — Après la mort de Germanicus, le bruit courut qu'il avait été empoisonné par les maléfices de Pison. On fondait les soupçons sur les indices suivants : on trouva dans la demeure de Germanicus des ossements de morts, des charmes et des imprécations contre les parois des murs, le nom de Germanicus gravé sur des lames de plomb, des cendres souillées de sang, et plusieurs autres maléfices par lesquels on croit que les hommes sont dévoués aux dieux infernaux 4.
Pistole volante. — Quoique les sorciers de profession aient toujours vécu dans la misère,
1 Leloyer, Hist. des spectres ou apparitions des esprits, liv. m, p. 215.
2 Delancre, Tableau de l'inconstance des démons, etc. , liv. il. p. 143.
3 Bibliothèque de société, t. Iïfi
4 Tacite.
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on prétendait qu'ils avaient cent moyens d'éviter l'indigence et le besoin. On cite entre autres la Pistole volante, qui, lorsqu'elle était enchantée par certains charmes et paroles magiques, revenait toujours dans la poche de celui qui l'employait, au grand profit des magiciens qui achetaient, et au grand détriment des bonnes gens qui vendaient ainsi en pure perte. Voy. Agrippa, Faust, Pasétès , etc.
Pivert. — Nos anciens, dit le Petit Albert, assurent que le pivert est un souverain remède contre le sortilège de l'aiguillette nouée, si on le mange rôti à jeun avec du sel bénit.
Planètes. — Il ya maintenant douze planètes : le Soleil, Mercure, Vénus, la Terre, Mars, Vesta , Junon , Cérès, Pallas, Jupiter, Saturne et Uranus. — Les anciens n'en connaissaient que sept, en comptant la Lune, qui n'est qu'un satellite de la Terre ; ainsi les nouvelles découvertes détruisent tout le système de l'astrologie judiciaire. Les vieilles planètes sont: le Soleil, la Lune, Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne. — Chaque planète gouverne un certain nombre d'années. Les années où Mercure préside sont bonnes au commerce , etc. ; la connaissance de celte partie de l'astrologie judiciaire s'appelle Al- (ridarie.
Platon, — célèbre philosophe grec, né l'an 430 avant Jésus-Christ. On lui attribue un livre de nécromancie. Il y a vingt-cinq ans qu'on a publié de lui une prophétie contre les francs - maçons ; des doctes l'ont expliquée comme celles de Nostradamus.
Plats. — Divination par les plats. Quinte- Curce dit que les prêtres égyptiens mettaient Jupiter Ammon sur une nacelle d:or, d'où pendaient des plats d'argent , par le mouvement desquels ils jugeaient de la volonté du dieu , et répondaient à ceux qui les consultaient.
Plogojowits ( Pierre ), — vampire qui répandit la terreur au dernier siècle dans le village de Kisolova en Hongrie, où il était enterré depuis dix semaines. Il apparut la nuit à quelques-uns des habitants du village pendant leur sommeil, et leur serra tellement le gosier qu'en vingt-quatre heures ils en moururent. Il lit périr ainsi neuf personnes, tant vieilles que jeunes, dans l'espace de huit jours. — La veuve de Plogojowits déclara que son mari lui était venu demander ses souliers; ce qui l'effraya tellement qu'elle quitta le village de Kisolova. — Ces circonstances déterminèrent les habitants du village à tirer de terre lo corps de Plogojowits et à le brûler pour se délivrer de ses inîestâtions. Ils trouvèrent que
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son corps n'exhalait aucune mauvaise odeur ; qu'il était entier et comme vivant, à l'exception du nez qui paraissait flétri ; que ses cheveux et sa barbe avaient poussé , et qu'à la place de ses ongles, qui étaient tombés, il lui en était venu de nouveaux; que sous la première peau , qui paraissait comme morte et blanchâtre, il en croissait une nouvelle, saine etde couleur naturelle. Ils remarquèrent aussi dans sa bouche du sang tout frais, que le vampire avait certainement sucé aux gens qu'il avait fait mourir. On envoya chercher un pieu pointu , qu'on lui enfonça dans la poitrine , d'où il sortit quantité de sang frais et vermeil, de même que par le nez et par la bouche. Ensuite les paysans mirent le corps sur un bûcher, le réduisirent en cendres1; et il ne suça plus.
Pluies merveilleuses. — Le peuple met les pluies de crapauds et de grenouilles au nombre des phénomènes de mauvais augure; et il n'y a pas encore long-temps qu'on les attribuait aux maléfices des sorciers. Elles ne sont pourtant pas difficiles à concevoir : les grenouilles et les crapauds déposent leur frai en grande quantité dans les eaux marécageuses. Si ce frai vient à être enlevé avec les vapeurs que? la terre exhale, et qu'il res'.e long-temps exposé aux rayons du soleil, il en naît ces reptiles que nous voyons tomber avec la pluie.
— Les pluies de feu ne sont autre chose que la succession très-rapide des éclairs et des coups de tonnerre dans un temps orageux.
— Des savants ont avancé que les pluies de pierres nous venaient de la lune; et cette opinion a grossi la masse énorme des erreurs populaires. Ces pluies ne sont ordinairement que les matières volcaniques, les ponces, les sables et les terres brûlées qui sont portés par les vents impétueux à une très-grande distance : on a vu les cendres du Vésuve tomber jusque sur les côtes d'Afrique. La quantité de ces matières , la manière dont elles se répandent dans les campagnes , souvent si loin de leur origine , et les désastres qu'elles occasionnent quelquefois, les ont fait mettre au rang des pluies les plus formidables.
— Mais, de toutes les pluies prodigieuses, la pluie de sang a toujours été la plus effrayante aux yeux du peuple ; et cependant elle est chimérique. Il n'y a jamais eu de vraie pluie de sang. Toutes celles qui ont paru rouges ou approchant de celte couleur ont été teintes par des terres, des poussières de minéraux ou d'autres matières emportées par les venls dans l'atmosphère, où elles se sont mêlées
1 Traité dos visions et apparitions, t. Il, p. 216.
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avec Tenu qui tombait des nuages. Plus souvent encore, ce phénomène, en apparence si extraordinaire , a été occasionné par une grande quantité de petits papillons qui répandent des gouttes d'un suc rouge sur les endroits où ils passent 2.
Pluton, — roi des enfers, selon les païens, et, selon les démonomanes, archidiable, prince du feu , gouverneur-général des pays enflammés, et sui intendant des travaux forcés du ténébreux empire.
Plutus, — dieu des richesses. Il était mis au nombre des dieux infernaux, parce que les richesses se tirent du soin de la terre. Dans les sacrifices en son honneur, les signes ordinairement funestes qu'offraient les entrailles des victimes devaient toujours s'interpréter en bonne part.
Pocel , — roi de l'enfer chez les Prussiens, ils nomment aussi Pocul le chef des hordes d'esprits aériens, et Porquet celui qui garde les forêts. Ce dernier est le Pan des anciens2. Voy. Picolltjs et Pucel.
Poirier (Marguerite), — petite tille de treize ans, qui déposa comme témoin contre Jean Grenier, jeune Ioup-garou. Elle déclara qu'un jour qu'elle gardait ses moutons dans la prairie, Grenier se jeta sur elle en forme de loup , et l'eût mangée si elle ne se fût défendue avec un bâton , dont elle lui donna un coup sur l'échiné. Elle avoua qu'il lui avait dit qu'il se changeait en loup à volonté , qu'il aimait à boire le sang et à manger la chair des petits garçons et des petites filles ; cependant qu'il ne mangeait pas les bras ni les épaules 3.
Polkan , — Centaure de Slavons , auquel on attribuait une force et une vitesse extraordinaire. Dans les anciens contes russes, on le dépeint homme depuis la tète jusqu'à la ceinture, et cheval ou chien depuis la ceinture.
Polyglossos, — nom que les anciens donnaient à un chêne prophétique de la forêt de Dodone, qui rendait des oracles dans la langue de ceux qui venaient le consulter.
Polycrite. — Il y avait en Étolie un citoyen vénérable , nommé Polycrite , que le peuple avait élu gouverneur du pays , à cause de son rare mérite et de sa probité. Sa dignité lui fut prorogée jusqu'à trois ans, au bout desquels
1 Voyez l'Histoire naturelle de l'air et des météores, par l'abbé Richard.
2 Leloyer, Histoire des spectres, etc., liv. m, p. 212.
3 Delancre, Tabl. de l'inconstance des démons, etc., liv. iv, p. 2ô7.