POL
il se maria avec une femme de Locres. Mais il mourut la quatrième nuit de ses noces, et la laissa enceinte d'un hermaphrodite , dont elle accoucha neuf mois après. Les prêtres et les augures ayant été consultés sur ce prodige, conjecturèrent que les Étoliens et les Locriens auraient guerre ensemble, parce que ce monstre avait les deux sexes. On conclut enfin qu'il fallait mener la mère et l'enfant hors des limites d'Étolie et les brûler tous deux. Comme on était près de faire cette exécution, le spectre de Polycrite apparut et se mit auprès de son enfant ; il était vêtu d'un habit noir. Les assistants effrayés voulaient s'enfuir ; il les rappela, leur dit de ne rien craindre, et fit ensuite, d'une voix grêle et basse, un beau discours par' lequel il leur montra que, s'ils brûlaient sa femme et son fils, ils tomberaient dans des calamités extrêmes. Mais, voyant que malgré ses remontrances les Étoliens étaient décidés à faire ce qu'ils avaient résolu, il prit son enfant, le mit en pièces et lo dévora. Le peuple fit des huées contre lui, et lui jeta des pierres pour le chasser ; il fit peu d'attention à ces insultes et continua de manger son fils , dont il ne laissa que la tète , après quoi il disparut. — Ce prodige sembla si effroyable qu'on prit le dessein d'aller consulter l'oracle de Delphes. Mais la tête de l'enfant, s'étant mise à parler, leur prédit, en vers, tous les malheurs qui devaient leur arriver dans la suite, et, disent les anciens conteurs, la prédiction s'accomplit. La tête de l'enfant de Polycrite , se trouvant exposée sur un marché public , prédit encore aux Étoliens, alors en guerre contre les Acarnaniens, qu'ils perdraient la bataille. — Ce Polycrite était un vampire ou un ogre.
Polyphage. — On a publié à Wittemberg, il y a vingt ou trente ans , une dissertation sous ce titre : De Pohjphogo et alio triophago IVitiembcrgensi dissertât io , in-4°. C'est l'histoire d'un des plus grands mangeurs qui aient jamais existé. Cet homme, si distingué dans son espèce, dévorait quand il voulait (ce qu'il ne faisait toutefois que pour de l'argent) un mouton entier, ou un cochon , ou deux boisseaux de cerises avec leurs noyaux; il brisait avec les dents, mâchait et avalait des vases de terre et de verre , et même des pierres très-dures ; il engloutissait comme un ogre des animaux vivants , oiseaux , souris , chenilles , etc. Enfin , ce qui surpasse toute croyance, on présenta un jour à cet avaîelout une écritoire couverte de plaques de fer; il la mangea avec les plumes, le canif, l'encre et le sable. Ce fait si singulier a été attesté par sept témoins occulaires, devant le