‹ Dictionnaire infernalChapitre 314 sur 368 · PON · texte numérisé non relu

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sénat de Wittemberg. — Quoi qu'il en soit, ce terrible mangeur jouissait d'une santé vigoureuse , et termina ses prouesses à l'âge de soixante ans. Alors il commença à mener une vie sobre et réglée, et vécut jusqu'à l'âge de soixante-dix-neuf ans. Son cadavre fut ouvert, et on le trouva rempli de choses extraordinaires, dont l'auteur donne la description '. Le seconde partie de la dissertation renferme l'histoire do quelques hommes de cette trempe, et l'explication de ces singularités. — Mais le tout nous semble farci de ce que l'on appelle, en termes de journalisme , des canards; et il y en a beaucoup dans les récits de merveilles.

Polyphîdée, — devin d'Hypérésie, pays d'Argos.

Polythéisme. — Un brame de Calcutla a publié, ces dernières années, une défense théologique du sysîème des Indous, qui admettent trois cent cinquante millions de dieux et de déesses.

Pomme- d'Adam. — La légère protubérance qu'on appelle Pomme-d'Adam à la gorge des hommes vient , dans les opinions populaires, d'un pépin qui s"est arrêté là quand notre premier père mangea le fruit défendu.

Pont. — Les anciens Scandinaves disaient que les dieux avaient fait un pont qui communiquait du ciel à la terre, et qu'ils le montaient à cheval. Quand Satan se révolta contre Dieu , il fit bâtir un fameux pont qui allait de l'abîme au paradis. Il est rompu. — On appelle Pont-d'Adam une suite de bancs de sable qui s'étendent presque en ligne directe entre l'ile de Manaar et celle de Ceylan. C'est , selon les Chingulais, le chemin par lequel Adam, chassé du paradis, se rendit sur le continent. Les Indiens disent que le golfe se referma pour empêcher son retour.

Pont-du-©iable. — Dans la vallée de Schellenen , en Suisse , l'imagination croit voir partout les traces d'un agent surnaturel. Le diable n'est point, aux yeux de ces montagnards, un ennemi malfaisant ; il s'est même montré assez bonne personne, en perçant des rochers, en jetant des ponts sur les précipices, etc. , que lui seul, selon les habitants, pouvait exécuter. — On ne peut rien imaginer de plus hardi que la route qui parcourt la vallée de Schellenen. Après avoir suivi quelque temps les détours capricieux de celte roule terrible , on arrive à celle œuvre de Satan qu'on appelle le Pont-du-Diable. Celte construction imposante est moins merveilleuse

encore que le site où elle est placée. Le pont est jeté entre deux montagnes droites et élevées, sur un torrent furieux, dont les eaux tombent par cascades sur des rocs brisés , et remplissent l'air de leur fracas et de leur écume *. — Le pont de Pont-à-Mousson était aussi l'ouvrage du diable , aussi bien que le pont de Saint-Cloud , el le pont qu'on appelait à Bruxelles le Pont-du-Diable , et plusieurs autres. L'architecte du pont de Saint-Cloud, n'ayant pas de quoi payer les maçons, se vendit au diable, qui fit la besogne , à condition qu'on lui donnerait la première personne qui traverserait le pont. L'architecte, qui était rusé, y fit passer un chat que le diable emporta d'assez mauvaise humeur. Voy. Tehtjptehuh .

Popoguno , — enfer des Yirginiens, dont le supplice consiste à être suspendu entre le ciel et la terre.

Poppiel, — voy. Hàttox.

Porom-Houngse , sorte de fakirs chez les Indiens ; ils se vantent d'être descendus du ciel et de vivre des milliers d'années sans jamais prendre la moindre nourriture. Ce qu'il y a de vrai, c'est qu'on ne voit jamais un porom-houngse manger ou boire en public.

Porphyre , — visionnaire grec, et philosophe creux du troisième siècle, que quelques-uns de ses ouvrages ont fait mettre au rang des sorciers.

Porriciœ , — entrailles de la victime que les prêtres jetaient dans le feu , après les avoir considérées pour en tirer de bons ou de mauvais présages.

Porta (Jean-Baptiste) , — physicien célèbre qui a fait faire des pas à la science , né à Naples vers 1550. On dit qu'il composa à quinze ans les premiers livres de sa Magie naturelle, qui sont gâtés par les préjugés du siècle où il vécut. Il croyait à l'astrologie judiciaire, à la puissance indépendante des esprits, etc. — On cite comme le meilleur de ses ouvrages la Pliysiognomonie céleste , 1 661 , in- 4° ; il s'y déclare contre les chimères de l'astrologie : mais il continue néanmoins à attribuer une grande influence aux corps célestes. On lui doit encore un traité de Physiognomonie , où il compare les figures humaines aux ligures des animaux, pour en tirer des inductions systématiques. Voy. Phy-

SIOGNOMOiSflE,

Porte. — Les Tarlares manlchoux révèrent un espiit gardien de la porte , sorte de divinité domestique qui écarte le malheur de leurs

maisons.

1 Extrait de l'Alnianach historique de l'an XI

Voyage en Suisse d'Helène-Marie Williams.

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Portes des Songes. — Dans Virgile , Tune est de corne, l'autre est d'ivoire. Par la porte de corne passent les songes véritables, et par la porte d'ivoire les vaines illusions et les songes trompeurs.

Possédés. — Le bourgdeTeilly, à (roislieues d'Amiens, donna en 1 81 6 le spectacle d'une fille qui voulait se faire passer pour possédée. Elle était, disait-elle, au pouvoir de trois démons, Mimi,Zozo et Cra poulet. Un honnête ecclésiastique prévint l'autorité, qui reconnut que cette fille était malade. On la fit entrer dans un hôpital, et il ne fut plus parlé de la | ossession. — On trouve de la sorte dans le passé beaucoup de supercheries, que la bonne foi de nos pères n'a pas su réprimer assez tôt. Cependant il y eut bien moins de scandales qu'on ne le conte , et les possessions n étaient pas de si libre allure qu'on le croit. — Une démoniaque commençait à faire du bruit sous Henri III; le roi aussitôt envoya son chirurgien Pigray, avec deux autres médecins, pour examiner l'affaire. Quand la possédée fut amenée devant ces docteurs, on l'interrogea, et elle débita des sornettes. Le prieur des Capucins lui fit des demandes en latin auxquelles elle répondit fort mal; et enfin on trouva dans certains papiers qu'elle avait été déjà, quelques années précédemment, fouettéeen place pub'.iquepouravoir voulu se faire passer pour démoniaque ; on la condamna à une réclusion perpétuelle. — Du temps de Henri III, une Picarde se disait possédée du diable, apparemment pour se rendre formidable. L'évèque d'Amiens , qui soupçonnait quelque imposture, la fit exorciser par un laïque déguisé en prêtre, et lisant les épilres de Cicéron. La démoniaque, qui savait son rôle par cœur, se tourmenta , fit des grimaces effroyables , des cabrioles et des cris, absolument comme si le diable, qu'elle disait chez elle, eut été en face d'un prêtre lisant le livre sacré '. Elle fut ainsi démasquée. — Les vrais possédés ou démoniaques sont ceux dont le diable s'est emparé. Plusieurs aujourd'hui prétendent que toutes les possessions sont des monomanies , des folies plus ou moins furieuses, plus ou moins bizarres. Mais comment expliquer ce fait qu'à Gheel en Belgique , où l'on traite les fous colonisés, on guérit les fous furieux en les exorcisant? Le savant docteur Moreau, dans la visite qu'il a faite à Gheel en 1842, et qu'il a publiée , a reconnu ce fait , qui ne peut être contesté. Le diable serait-il donc pour quelque chose dans certaines folies? et connaissons-nous bien tous les mystères au milieu

* Pigray, Traité de chirurgie.

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