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Queiran (ïsaac), -- sorcier de Nérac, arrêté à Bordeaux , où il était domestique , à l'âge de ving-cinq ans. Interrogé comment il avait appris le métier de sorcier, il avoua qu'à l'âge de dix ou douze ans , étant au service d'un habitant de la bastide d'Armagnac, un jour qu'il allait chercher du feu chez une vieille voisine , elle lui dit de se bien garder de renverser deux pots qui étaient devant la cheminée ; ils étaient pleins de poison que Satan lui avait ordonné de faire. Cette circonstance ayant piqué sa curiosité , après plusieurs questions, la vieille lui demanda s'il voulait voir le grand-maître des sabbats et son assemblée. Elle le suborna de sorte qu'après Tavoir oint d'une graisse dont il n'a pas vu la couleur ni senti l'odeur, il fut enlevé et porté dans les airs jusqu'au lieu où se tenait le sabbat; des hommes et des femmes y criaient et dansaient ; ce qui l'ayant épouvauté, il s'en retourna. Le lendemain, passant par la métairie de son maître, un grand homme noir se présenta à lui , et lui demanda pourquoi il avait quitté l'assemblée où il avait promis à la vieille de rester. S 'étant excusé sur ce qu'il n'y avait rien à faire , il voulut continuer son chemin ; mais l'homme noir lui déchargea un coup de gaule sur l'épaule , en lui disant: «Demeure, je te baillerai bien chose qui t'y fera venir.» Ce coup lui fit mal pendant deux jours, et il s'aperçut que ce grand homme noir l'avait marqué sur le bras auprès de la main; la peau paraissait noire et tannée. — Un autre jour passant sur le pont de la rivière qui est près de la bastide , le même homme noir lui apparut de nouveau, lui demanda s'il se ressouvenait des coups qu'il lui avait donnés, et s'il voulait le suivre; il re-
fusa. Le diable, l'ayant chargé sur son cou, voulut le noyer; mais le pauvre garçon cria si fort que les gens d'un moulin qui était près de là étant accourus, le vilain noir fut obligé de fuir. — Enfin le diable l'enleva un soir dans une vigne qui appartenait à son maître, et le conduisit au sabbat, où il dansa et mangea comme les autres. Un petit démon frappait sur un tambour. Le diable, ayant entendu les coqs chanter, renvoya tout son monde. — Interrogé s'il n'avait pas fait quelques maléfices, il répondit qu'il avait maléficié un enfant dans la maison où il avait servi ; qu'il lui avait mis dans la bouche une boulette que le diable lui avait donnée, laquelle rendit cet enfant muet pendant trois mois. Après avoir été entendu en la chambre de la Tournelle , où il fut reconnu pour un bandit qui faisait l'ingénu , Queiran fut condamné au supplice le 8 mai 1609 ».
Question, — VOIJ. INSENSIBILITÉ.
Queys, — mauvais génies chez les Chinois.
QuintilHanistes. — Une femme de la secte des caïnistes, nommée Quintille, vint en Afrique du temps de Tertullien et y pervertit plusieurs personnes. On appela quintillianistes les abominables sectateurs qu'elle forma. Il paraît qu'elle ajoutait encore d'horribles pratiques aux infamies des caïnites. Voy. Cain.
Quirim, — pierre merveilleuse qui, suivant les démonographes, placée sur la tète d'un homme durant son sommeil, lui fait dire tout ce qu'il a dans l'esprit. On l'appelle aussi pierre des traîtres.
1 Delancre, Tableau de l'inconstance des dém.,etc, p. 145 et suivantes.
Rabbats, — lutins qui font du vacarme dans les maisons et empêchent les gens de dormir. On les nomme rabbats parce qu'ils portent une bavette à leur cravate , comme les gens qu'on appelle en Hollande consolateurs des malades.
Rabbins, — docteurs juifs, qui furent longtemps soupçonnés d'être magiciens et d'avoir commerce avec les démons
Rabdomancie , — divination par les bà-
1 Leloycr, Hist. des spectres ou apparit. des esprits, p. 291.
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Ions. C'est une des plus anciennes superstitions. Ézéchiel et Osée reprochent aux juifs de s'y laisser tromper. On dépouillait d'un côté et dans toute sa longueur une baguette choisie, on la jetait en l'air; si en retombant elle présentait la partie dépouillée , et qu'en la jetant une seconde fois elle présentât le côté revêtu de l'écorce , on en tirait un heureux présage; si au contraire, elle tombait une seconde fois du côté pelé , c'était un augure fâcheux. Cette divination était connue chez les Perses, chez les Tartares et chez les Romains. — La baguette divinatoire , qui a fait grand bruit sur la fin du dix-septième siècle , tient à la rabdomancie. Voy. Baguette. Bodin dit qu'une sorte de rabdomancie était de son temps en vigueur à Toulouse ; qu'on marmottait quelques paroles ; qu'on faisait baiser les deux parties d'un bâton fendu , et qu'on en prenait deux parcelles qu'on pendait au cou pour guérir la fièvre quarte.
Rachaders , — génies malfaisants des Indiens.
Radcliffe (Anne) , Anglaise qui publia, il y a quarante ans, des romans pleins de visions , de spectres et de terreurs, comme les Mystères d'Udolpke , etc.
Ragalomancîe , — divination qui se faisait avec des bassinets, des osselets, de petites balles, des tablettes peintes, et que nul auteur n'a pu expliquer ».
Rage. — Pour être guéri de la rage, des écrivains superstitieux donnent ce conseil : On mangera une pomme ou un morceau de pain dans lequel on enfermera ces mots : Zioni, Kirioni , Ezzeza, etc.; ou bien on brûlera les poils d'un chien enragé, on en boira la cendre dans du vin, et on guérira2. Voy. Imagination.
Raginis, — espèce de fées chez les Kalmouks. Elles habitent le séjour de la joie , d'où elles s'échappent quelquefois pour venir au secours des malheureux. Mais elles ne sont pas toutes bonnes ; c'est comme chez nous.
Rahouart, — démon que nous ne connaissons pas. Dans la Moralité du mauvais riche et du ladre, imprimée à Rouen, sans date, chez Durzel, et jouée à la fin du quinzième siècle, Satan a pour compagnon le démon Rahouart. C'est dans la hotte de Rahouart qu'ils emportent l'âme du mauvais riche quand il est mort.
1 Delancre, Incrédulité et mécréance du sortilège pleinement convaincues, p. 278.
a Lemnius.