‹ Dictionnaire infernalChapitre 332 sur 368 · SIL · texte numérisé non relu

SIL

perstitions nautiques, qui, malgré son absurdité, s'empare insensiblement, aux heures de calme, des esprits les plus forts et les plus incrédules ; autant vaudrait raisonner avec la brise capricieuse elle-même que d'essayer de convaincre le matelot anglais que , le vent soufflant où il lui plaît et quand il lui plaît, il ne sert à rien de l'invoquer. En dépit de la marche des intelligences, lorsque l'air manque à la voile , toujours le marin sifflera »

Sigéani, — esprit qui, dans le royaume d'Ava , préside à l'ordre des éléments et lance la foudre et les éclairs.

Signe de croix. — Un juif qui se rendait à Fondi , dans le royaume de Naples, fut surpris par la nuit, et ne trouva pas d'autre gîte qu'un temple d'idoles, où il se décida, faute de mieux, à attendre le matin. Il s'accommoda comme il put dans un coin , s'enveloppa dans son manteau et se disposa à dormir. Mais, au moment où il allait fermer l'œil, il vit plusieurs démons tomber de la voûte dans le temple , et se disposer en cercle autour d'un autel. Le roi de l'enfer descendit aussi, se plaça sur un trône, et ordonna à tous les diables subalternes de lui rendre compte de leur conduite. Chacun fit valoir les services qu'il avait rendus à la chose publique ; chacun fit l'exposé de ses bonnes actions. Le juif, qui ne jugeait pas comme le prince des démons, et qui trouvait leurs bonnes actions un peu mauvaises, fut si effrayé de la mine des démons et de leurs discours, qu'il se hâta de dire les prières et de faire les cérémonies que la synagogue met en usage pour chasser les esprits malins. Mais inutilement : les démons ne s'aperçurent pas qu'ils étaient vus par un homme. Le juif, ne sachant plus à quoi recourir, s'avisa d'employer le signe de la croix. On lui avait dit que ce signe était formidable aux démons; il en eut la preuve, dit le légendaire , car les démons cessèrent de parler aussitôt que le juif commença de se signer. Après avoir regardé autour de lui, le roi de l'enfer aperçut l'enfant d'Israël. Allez voir qui est là, dit-il à un de ses gens. Le démon obéit; lorsqu'il eut examiné le voyageur, il retourna vers son maître. C'est un vase de réprobation, dit-il, mais il vient de s'appuyer du signe de la croix. Sortons, reprit le diable. Nous ne pourrons plus bientôt être tranquilles dans nos temples. En disant ces paroles, le prince des dénions s'envola ; tous ses gens disparurent, et le juif se fit chrétien.

Silènes. — On donnait ce nom aux satyres lorsqu'ils étaient vieux. On entendait aussi

1 Le capitaine Bazil Hall.

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