‹ Dictionnaire infernalChapitre 339 sur 368 · TAP · texte numérisé non relu

TAP

allant de Prague à Inspruck pour rétablir sa santé à l'air natal , mourut en chemin dans un village dont on ne dit pas le nom. Comme la justice du lieu faisait l'inventaire de son bagage, on y trouva une petite boîte que sa structure extraordinaire fit d'abord regarder comme suspecte ; car elle était noire et composée de bois et de verre. Mais on fut bien plus surpris , lorsque le premier qui regarda par le verre d'en haut se recula en disant qu'il y avait vu le diable. Tous ceux qui regardèrent après lui en firent autant. Effectivement ils voyaient dans cette boîte un être animé de grande taille, noir, affreux, armé de cornes. Un jeune homme, qui achevait son cours de philosophie . fit observer à l'assemblée que la bête renfermée dans la boite, étant infiniment plus grosse que la boîte ellemême, ne pouvait être un être matériel, mais bien un esprit comprimé sous la forme d'un animal. On concluait que celui qui portait la boîte avec lui ne pouvait être qu'un sorcier et un magicien. Un événement si diabolique fit grand bruit. Le juge, qui présidait à l'inventaire , condamna le mort à être privé de la sépulture ecclésiastique, et enjoignit au curé d'exorciser la boîte pour en faire sortir le démon. La multitude , sachant que le défunt était jésuite , décida de plus que tout jésuite commerçait avec le diable; ce qui est la manière de juger des masses ignorantes. Pendant qu'on procédait en conséquence, un philosophe prussien, passant par ce village, entendit parler d'un jésuite sorcier et du diable enfermé dans une boîte ; il en rit beaucoup, alla voir le phénomène et reconnut que c'était un microscope, que les villageois ne connaissaientpas; il ôta la lentille, en fit sortir un cerf-volant qui se promena sur la table , et ruina ainsi tout le prodige. — Cela n'empêcha pas que beaucoup de gens par la suite, parlant du père Tanner, ne faisaient mention que de l'impression produite d'abord et s'obstinaient à soutenir qu'ils avaient vu le diable et qu'un jésuite est un sorcier.

Tapou Gaap, — grand-président et grandprince aux enfers. Il se montre à midi lorsqu'il prend la forme humaine. Il commande à quatre des principaux rois de l'empire infernal. Il est aussi puissant que Byleth II y eut autrefois des nécromanciens qui lui offrirent des libations et des holocaustes; ils l'évoquaient au moyen d'artifices magiques, qu'ils disaient composés par le très-sage roi Salomon ; ce qui est faux, car ce fut Cham, fils de Noé , qui le premier commença à évoquer les esprits malins. Il se fit servir par Byleth et composa un art en son nom, et un livre qui

TAR — h

est apprécié de beaucoup de mathématiciens. On connaît un autre livre qui est attribué aux prophètes Élie et Élisée, par lequel on conjure Gaap, en vertu des saints noms de Dieu renfermés dans les clavicules de Salomon. Si quelque exorciste connaît l'art de Byleth , Gaap ne pourra supporter la présence dudit exorciste. Gaap excite à l'amour, à îa haine. Il a l'empire sur les démons soumis à la puissance d'Amaymon. Il transporte très-promptement les hommes dans les différentes contrées qu'ils veulent parcourir. 11 commande à soixante légions 1.

Tarentule. — On prétend qu'une seule piqûre de la tarentule suffit pour faire danser. Un coq et une guêpe , piqués de cette sorte d'araignée, ont dansé, dit-on, au son du violon et ont battu la mesure. Si l'on en croit certains naturalistes, non-seulement la tarentule fait danser, mais elle danse elle-même assez élégamment. Le docteur Saint -André certifie qu'il a traité un soldat napolitain qui dansait tous les ans quatre ou cinq jours de suite, parce qn'une tarentule l'avait piqué. Ces merveilles ne sont pas encore bien expliquées.

Tami , — formules d'exorcisme usitées chez les Kalmoucks. Ecrites sur du parchemin et suspendues au cou d'un malade , elles passent pour avoir la vertu de lui rendre la santé.

Tarots OU Cartes tarotées. — C'est le nom

qu'on donne aux cartes égyptiennes, italiennes et allemandes; le jeu se compose de soixantedix -huit cartes, avec lesquelles on dit la bonne aventure d'une manière plus étendue que par nos cartes ordinaires. — Il y a dans ce jeu vingt -deux tarots proprement dits. Dans les cartes italiennes, les tarots sont les quatre éléments (vieux style) : l'évangile,. la mort, le jugement dernier, la prison, le feu , Judas Iscariote, etc.; dans les cartes allemandes , les tarots sont le fou , le magicien , l'ours, le loup, le renard, la licorne, etc. Il y a ensuite cinquante-six cartes, savoir : quatre rois, quatre dames, quatre cavaliers, quatre valets , dix cartes depuis l'as jusqu'au dix pour les bâtons (ou trèfles), dix pour les épées (ou piques), dix pour les coupes (ou carreaux), dix pour les pièces d'argent (ou cœurs). — II serait trop long de détailler ici l'explication de toutes ces cartes. Elle ressemble beaucoup à la cartomancie ordinaire. Cependant elle donne infiniment plus d'oracles.

Tartare , — enfer des anciens. Ils le plaçaient sous la terre, qu'ils croyaient plate , à une telle profondeur, dit Homère, qu'il est

1 Wierus, Pseudom, dsem., p. 923.

5 — TAU aussi éloigné de la terre que la terre l'est du ciel. Virgile le dépeint vaste, fortifié de trois enceintes de murailles , et entouré du Phlégé ton; une haute tour en défend l'entrée. Les portes en sont aussi dures que le diamant; tous les efforts des mortels et toute la puissance des dieux ne pourraient les briser. Tisiphone veille toujours à leur garde, et empêche que personne ne sorte, tandis que Rhadamanthe livre les criminels aux furies. L'opinion commune était qu'il n'y avait plus de retour pour ceux qui se trouvaient une fois précipités dans le Tartare. Platon est d'un autre avis : selon lui , après qu'ils y ont passé une année , un flot les en retire et les ramène dans un lieu moins douloureux.

Tartini. — Le eélèbre musicien Tartini se couche ayant la tête échauffée d'idées musicales. Dans son sommeil lui apparaît le diable jouant une sonate sur le violon. Il lui dit : « Tartini, joues-tu comme moi? » Le musicien , enchanté de cette délicieuse harmonie , se réveille , court à son piano et compose sa plus belle sonate, celle du diable.

Tasso (Torquato). — Il croyait à l'astrologie judiciaire. — ■ « J'ai fait considérer ma naissance par trois astrologues , dit-il dans une de ses lettres; et sans savoir qui j'étais, ils m'ont représenté d'une seule voix comme un grand homme dans les lettres , me promettant très-longue vie et très-haute fortune; et ils ont si bien deviné les qualités et les défauts que je me connais à moi-même, soit dans ma complexion , soit dans mes habitudes, que je commence à tenir pour certain que je deviendrai un grand homme. » Il écrivait cela en 4576. On sait quelle fut sa haute fortune et sa très-longue vie !

Tatien , — hérétique du deuxième siècle, chef des Encratites, qui attribuait au démon la plantation de la vigne et l'institution du mariage.

Taupe. — Elle jouait autrefois un rôle important dans la divination. Pline a dit que ses entrailles étaient consultées avec plus de confiance que celles d'aucun autre animal. Le vulgaire attribue encore à la taupe certaines vertus. Les plus merveilleuses sont celles de la main taupée, c'est-à-dire qui a serré une taupe vivante jusqu'à ce qu'elle soit étouffée. Le simple attouchement de cette main encore chaude guérit les douleurs de dents et même la colique. — Si on enveloppe un des pieds de la taupe dans une feuille de laurier, et qu'on la mette dans la bouche d'un cheval , il prendra aussitôt la fuite, saisi de peur. Si on la met dans le nid de quelquo oiseau, les œufs

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