‹ Dictionnaire infernalChapitre 340 sur 368 · TEM — L · texte numérisé non relu

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deviendront stériles. De plus, si on frotte un cheval noir avec de l'eau où aura cuit une taupe, il deviendra blanc1

Tavides , — caractères que les insulaires des Maldives regardent comme propres à les garantir des maladies. Ils s'en servent aussi comme des philtres, et prétendent, par leur moyen, inspirer de l'amour.

Tée , — génie protecteur, que chaque famille otaïtienne adore , et qui passe pour un des aïeux ou des parents défunts. On attribue à ces esprits le pouvoir de donner et de guérir les maladies.

Téhuptehuh, — génie auquel les Boutaniens attribuent la construction d'un pont de chaînes de fer qui se trouve dans les montagnes ch.1B0u.tan. Voy. Pont du diable.

Tell — Dans une des montagnes sauvages de la Suisse, auprès du lac de Waldstœtten , il y a une grotte où les habitants croient que reposent les trois sauveurs de la Suisse, qu'ils appellent les trois Tell. Ils portent encore leurs anciens vêtements , et reviendront une seconde fois au secours de leur pays quand il en sera temps. — L'entrée de leur grotte est très-difficile à trouver. Un jeune berger racontait à un voyageur , qu'un jour son père , en cherchant à travers les rochers une chèvre qu'il avait perdue, était descendu par hasard dans cette grotte, et avait vu là dormir les trois hommes qu'il savait être les trois Tell. L'un d eux , se levant lout-à-coup pendant qu'il le regardait , lui demanda : à quelle époque en êtes-vous dans le monde? Et le berger tout effrayé lui répondit, sans savoir ce qu'il disait : il est midi. — Eh bien! s'écria Tell, il n'est pas temps encore que nous reparaissions ; et il se rendormit. Plus tard, lorsque la Suisse se trouva engagée dans des guerres assez périlleuses, le-vieux berger voulut aller réveiller les trois Tell; mais il ne put jamais retrouver la grotte.

Tellez (Gabriel), — plus connu sous le nom de Tirso de Molina, auteur du Diable prédicateur, drame dans le génie espagnol. A cinquante ans, ce poète dramatique renonça au théâtre et se fit religieux de l'ordre de la Merci. Nous faisons cette remarque parce qu'à propos de quelques plaisanteries un peu libres semées dans ses pièces, les critiques philosophes l'ont traité de moine licencieux, oubliant qu'il n'était pas moine quand il écrivait pour la scène.

Température. — Les Grecs avaient des prêtres appelés Galazophylaces, dont les fonctions

1 Les aclmir.ible.s secrets d'Albort-le -Grand, p. 1H.

consistaient à observer les grêles et les orages, pour les détourner par le sacrifice d'un agneau ou d'un poulet. Au défaut de ces animaux, ou s'ils n'en tiraient pas un augure favorable, ils se découpaient le doigt avec un canif ou un poinçon , et croyaient ainsi apaiser les dieux , par l'effusion de leur propre sang. Les Éthiopiens ont, dit-on, de semblables charlatans, qui se déchiquètent le corps à coups de couteau ou de rasoir, pour obtenir la pluie ou le beau temps. — Nous avons des almanachs qui prédisent la température pour tous les jours de l'année; prenez toutefois un manteau quand Matthieu Laensberg annonce plein soleil.

Tempêtes. — On croit sur les bords de la Baltique qu'il y a des sorciers qui , par la force de leurs enchantements, attirent la tempête , soulèvent les flots et font chavirer la barque du pêcheur. Voy. Eric, Fixnes, etc.

Templiers. — Vers Tan 1148, quelques pieux chevaliers se réunirent à Jérusalem pour la défense du Saint-Sépulcre et pour la protection des pèlerins. Le roi Baudouin II leur donna une maison , bâtie aux lieux que l'on croyait avoir été occupés par le temple de Salomon; ils prirent de là le nom de Templiers et appelèrent temple toute maison de leur ordre. — Dans l'origine ils ne vivaient que d'aumônes, et on les nommait aussi les pauvres de la sainte cité. Mais ils rendaient tant de services , que les rois et les grands s'empressèrent de leur donner des biens considérables. Ils firent les trois vœux de religion. En 4 128, au concile de Troyes, saint Bernard leur donna une règle. En 1 1 46, le pape Eugène III détermina leur habit, sur lequel ils portaient une croix. Cet ordre se multiplia rapidement, fit de très-grandes choses et s'enrichit à tel point, qu'en 134 2, après moins de deux siècles d'existence, il possédait en Europe neuf mille maisons ou seigneuries. — Une si grande opulence amena parmi les Templiers la corruption. Ils finirent par mépriser leur règle; ils se rendirent indépendants des puissances dont ils devaient être les soutiens ; ils exercèrent des brigandages et se montrèrent presque partout insolents et séditieux. — On les accusait sourdement de former entre eux une société secrète pleines de mystères, qui se proposait l'envahissement de l'Europe. On disait que dans leur intimité ils abjuraient la religion chrétienne et pratiquaient un culte souillé de superstitions abominables. La magie, la sorcellerie, l'adoration du diable1 leur étaient rc-

1 Des aveux établirent que, dans un des chapitres de l'ordre tenu à Montpellier, et de nuit suivant l'usage, on avait exposé une tête (voyez tête de Bophometl ; qu'aussitôt le diable avait paru sous la figure d'un chat ;

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prochées. Philippe-le-Bel, qui voyait en eux des ennemis de la société et de l'église, fit rechercher leur conduite. Sur les révélations de deux criminels détenus dans les prisons, et dont l'un était un templier apostat, Philippe fit arrêter et interroger à Paris plusieurs tem • pliers; ils avouèrent les abominations dont on accusait l'ordre. C'était dans l'année i 307. — Ce commencement d'enquête jeta quelque alarme parmi les Templiers. Au mois d'août, le grand-maître et plusieurs des principaux chevaliers s'en plaignirent au pape, et forts de leur puissance partout^assise, ils demandèrent hardiment que, si on avait un procès à leur faire, on le fît régulièrement. Ils comptaient imposer silence aux clameurs par un ton si tranchant. Mais Philippe-le-Bel les prit au mot; et le 13 octobre il fit arrêter dans ses élats tous les Templiers. Le 13, il assembla le clergé de Paris, fit convoquer le peuple et ordonna que l'on rendît compte publiquement des accusations portées contre les chevaliers du Temple. On ne pouvait procéder plus loyalement. — Les Templiers étaient accusés : 4° de renier Jésus-Christ à leur réception dans Tordre, et de cracher sur la croix ; 2° de corn mettre entre eux des impuretés abominables; .3° d'adorer dans leurs chapitres généraux une idole à tête dorée et qui avait quatre pieds; 1° de pratiquer la magie; 5° de s'obliger à un secret impénétrable par les serments les plus affreux1. Les deux premiers articles furent avoués par cent quarante des accusés; trois seulement nièrent tout. — Le pape Clément V s'opposa d'abord aux poursuites commencées contre ces religieux militaires. Il n'autorisa hur continuation qu'après avoir interrogé luimême, à Poitiers, soixante-douze chevaliers, et s'è're convaincu par leurs aveux de la vérité des faits. 11 y eut dès lors des commissaires nommés; des informations se firent dans toutes les grandes villes. Les bulles du pape furent envoyées à tous les souverains, pour les exhorter à faire chez eux ce qui se faisait en France. Quoique les Templiers tinssent à tout ce qu'il y avait de plus grand dans les divers états, partout les accusations élevées contre eux devinrent si évidentes que partout ils furent abandonnés. Jacques de Molai, leur grand-maître, qui du reste était très-ignorant, avoua à Chinon , le 20 août 4 308 , les crimes déclarés, et les désavoua à Paris, le 20 décembre 4 309. Mais le désaveu ne prouve rien. Les confessions avaient été faites

que ce chat, tandis qu'on l'adorait, avait parlé et répondu avec bonté aux uns et aux autres; qu'ensuite plusieurs démons étaient venus, etc.

1 Bergicr, Dic'uonn. de théologie.

7 — TER librement et sans tortures. Par toute l'Europe la vérité était reconnue de tous. Une bulle, publiée le 3 avril 4 342, au concile de Vienne en Dauphins , déclara l'ordre des Templiers aboli et proscrit. Les chevaliers furent dispersés; les principaux chefs condamnés à une prison perpétuelle , après qu'ils auraient fait leur confession publique. — Un échafaud fut dressé devant Notre-Dame. C'est là que Jacques de Molai et un autre des hauts chevaliers devaient faire amende honorable. Jacques de Molai avait de nouveau confessé la vérité. Au lieu de faire l'aveu qu'on attendait en public, dès qu'il fut sur l' échafaud, il rétracta une seconde fois sa confession , l'autre chevalier l'imita; et c'est alors que Philippe-le-Bel indigné assembla son conseil, qui condamna ces deux grands coupables à être brûlés. Leur supplice eut lieu ce même jour 4 8 mars 434 4. On voit' que leur procès avait duré sept ans. Si la passion s'en fût mêlée, comme on l a tant écrit, il eût marché plus vite. — Il n'est pas vrai que Jacques de Molai ait ajourné le roi et le pape, comme on L'a dit aussi pour produire un effet de théâtre. Lui et ses compagnons in^ fortunés se bornèrent à invoquer vainement la vengeance céleste contre leurs juges. — Telle est la vérité sur les Templiers.- Ajoutons que ni le roi de France, ni le pape, ni les autres souverains ne profitèrent de leurs dépouilles. — Il reste dans la maçonnerie symbolique un ordre des Templiers, qui prétendent remonter à Tordre condamné. C'est une origine dont il est permis de n'être pas fier.

Ténare, — soupirail des enfers chez les anciens ; il était gardé par Cerbère.

Ténèbres. — On appelle les démons puissances des ténèbres, parce qu'ils ne souffrent pas la lumière. On comprend aussi pourquoi les enfers sont nommés le séjour ténébreux.

Tentations — VoiJ. DÉMONS, PaCTES, DÉ- VOUEMENT, etc.

Tephramancie . — Divination pour laquelle on se servait de la cendre du feu qui, dans les sacrifices, avait consumé les victimes!

Teratoscopie , — divination qui tire des présages de l'apparition de quelques spectres vus dans les airs, tels que des armées de cavaliers et autres prodiges, dont parlent les chroniqueurs.

Terragon. — Dans un pamphlet contre Henri 111 , qui parut en 4 589 , sous le litre de Remontrances à Henri de Valois sur les choses horribles envoyées par un enfant de Paris, on lisait ce qui suit : — « Henri, lorsque vous

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