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donnâtes liberté à tous sorciers et enchanteurs et autres divinateurs , de tenir libres écoles en chambres de votre Louvre et même dans votre cabinet, à chacun d'iceux une heure le jour pour mieux vous instruire, vous savez qu'ils vous ont donné un esprit familier nommé Terragon. Vous savez qu'aussitôt que vous vîtes Terragon , vous l'appelâtes votre frère en l'accolant. » On ajoutait sur ce démon familier des choses détestables. « Vous savez , Henri , que Terragon vous donna un anneau et que dans la pierre de cet anneau votre âme était figurée. » — Ces singularités ne viennent que d'un pamphlet. Mais toutefois Henri III était fort superstitieux et s'occupait de magie. Voy. Henri III.
Terre. — Félix Nogaret a exploité une opinion bizarre de quelques philosophes dans un petit ouvrage intitulé La terre est un animal , in-16, Versailles an III. — Lyon possède un astronome qui met en avant une autre théorie. Il prétend que la terre est une éponge qui se soulève et qui s'abaisse chaque jour au-dessus ou au-dessous du soleil, de manière à former les jours et les nuits. Les éclipses sont impossibles d'après son système, puisque les astres sont immobiles. Nous oubliions de dire que, selon lui, la terre respire à la manière des éléphants : les volcans sont ses narines.— Par le temps de professions de foi qui court, disait l'Union catholique1 , il ne serait peut-être pas déplacé que l'illustre auteur de cette belle découverte formulât son système de la terreéponge.
Terrestres OU Souterrains , — Espèces de démons que les Chaldéens regardaient comme menteurs, parce qu'ils étaient les plus éloignés de la connaissance des choses divines.
Terreurs paniques. — Un cavalier pariait qu'il irait, la nuit, donner la main à un pendu. Son camarade y court avant lui , pour s'en assurer. Le cavalier arrive bientôt, tremble, hésite; puis, s'encourageant, prend la main du pendu et le salue. L'autre, désespéré de perdre la gageure , lui donne un grand soufflet, tellement que celui-ci se croyant frappé du pendu , tombe à la renverse et meurt sur la place. Voy. Retz, Frayeur, etc.
Tervilles. — Démons qui habitent la Norvège avec les droites. Ils sont méchants, fourbes, indiscrets et font les prophétiseurs2.
Tespesion , — Enchanteur qui, pour montrer qu'il pouvait enchanter les arbres, com-
manda à un orme de saluer Apollonius de Tyanes; ce que l'orme fit d'une voix grêle '.
Tête. — M. Salgues cite Phlégon, qui rapporte qu'un poète nommé Publius ayant été dévoré par un loup qui ne lui laissa que la tête, cette tête, saisie d'un noble enthousiasme, articula vingt vers qui prédisaient la ruine de l'empire romain; il cite encore Aristole, qui atteste qu'un prêtre de Jupiter ayant été tué, sa tête séparée de son corps nomma son meurtrier, lequel fut arrêté, jugé et condamné sur ce témoignage. Voy. Polycrite.
Tête de Bophomet. — M. de Hammer a publié en 1818 une découverte intéressante pour l'histoire des sociétés secrètes. Il a trouvé, dans le cabinet des antiquités du Muséum impérial de Vienne, quelques-unes de ces idoles nommées têtes de Bophomet , que les templiers adoraient. Ces tètes représentent la divinité des gnostiques , nommée mêtê ou la sagesse. On y retrouve la croix tronquée , ou la clef égyptienne de la vie et de la mort, le serpent, le soleil, la lune, l'étoile du sceau, le tablier, le flambeau à sept branches, et d'autres hiéroglyphes de la franc-maçonnerie. M. de Hammer prouve que les templiers, dans les hauts grades de leur ordre, abjuraient le christianisme, et se livraient à des superstitions abominables. Les templiers et les francs-maçons remontent, selon lui, jusqu'au gnoslicisme , ou du moins, certains usages ont été transmis, par les gnostiques, aux templiers, et par ceuxci aux francs-maçons. — On garda long-temps à Marseille une de ces tètes dorées saisie dans un retrait de templiers, lorsqu'on fit leur procès.
Tête de mort. — Un roi chrétien, voulant connaître le moment et le genre de sa mort, fit venir un nécromancien, qui, après avoir dit la messe du diable, fit couper la tète d'un jeune enfant de dix ans, préparé pour cet effet. Ensuite il mit cette tète sur Thostie noire, et, après certaines conjurations, il lui commanda de répondre à la demande du prince. Mais la tête ne prononça que ces mots : Le ciel me vengera -\... Et aussitôt le roi entra en furie , criant sans cesse : Otez-moi cette tête! Peu après il mourut enragé'.
Tête de saint Jean. — Un devin s'était rendu fameux dans le dix-septième siècle par la manière dont il rendait ses oracles. On entrait dans une chambre éclairée par quelques flambeaux . On voyait sur une table une représentation qui figurait la tète de saint Jean-
* 16 juillet 1812.
* Leloycr, Tlist. des spectres ou appar., etc., liv. VI, p. 329.
1 Jacques d'Autun, l'Incrédulité savanteé 3 L'original porte : Yim patior.
3 Bodin, Démonomanic des sorciers.
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Baptiste dans un plat. Le devin affectait quelques cérémonies magiques ; il conjurait ensuite cette tête de répondre sur ce qu'on voulait savoir, et la tête répondait d'une voix intelligible, quelquefois avec une certaine exactitude. Or, voici la clef de ce mystère : la table qui se trouvait au milieu de la chambre, était soutenue de cinq colonnes, une à chaque coin et une dans le milieu. Celle du milieu était un tuyau de bois; la prétendue tête de saint Jean était de carton peint au naturel , avec la bouche ouverte , et correspondant , par un trou pratiqué dans le plat et dans la table, à la cavité de la colonne creuse. Dans la chambre qui se trouvait au-dessous, une personne, parlant par un porte-voix dans cette cavité , se faisait entendre très-distinctement; la bouche de la tête avait l'air de rendre ces réponses.
Tétragrammation , — mot mystérieux employé dans la plupart des conjurations qui évoquent le diable.
Teusarpoulier , — génie redouté des Bretons des environs de Morlaix. Il se présente sous la forme d'un chien, d'une vache, ou d'un autre animal domestique.
Teuss, — génie bienfaisant, révéré dans le Finistère ; il est vêtu de blanc, et d'une taille gigantesque, qui croît quand on l'approche. On ne le voit que dans les carrefours, de minuit à deux heures; quand vous avez besoin de son secours contre les esprits malfaisants, il vous sauve sous son manteau. Souvent, quand il vous tient enveloppé, vous entendez passer avec un bruit affreux le chariot du diable, qui fuit à sa vue, qui s'éloigne en poussant des hurlements épouvantables , en sillonnant d'un long trait de lumière l'air, la surface de la mer, en s'abimant dans le sein de la terre ou dans les ondes2.
Teutatès, — le Pluton des Gaulois. On l'adorait dans les forêts. Le peuple n'entrait dans ces forêts mystérieuses qu'avec un sentiment de terreur, fermement persuadé que les habitants de l'enfer s'y montraient, et que la seule présence d'un druide pouvait les empêcher de punir la profanation de leur demeure. Lorsqu'un Gaulois tombait à terre, dans une enceinte consacrée au culte, il devait se hâter d'en sortir : mais sans se relever et en se traînant à genoux, pour apaiser les êtres surnaturels qu'il croyait avoir irrités3.
Thalmud , — livre qui contient la doctrine, les contes merveilleux , la morale et les tra-
1 Le Petit Albert, p. 78.
2 Cambry, Voyage dans le Finistère.
3 M. Garinet, Hist. de la magie en France, p. 3.