‹ Dictionnaire infernalChapitre 343 sur 368 · THE — L · texte numérisé non relu

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furieux; il en fut si épouvanté, qu'il en prit un frisson : H se mit au lit et mourut au désespoir.

Théomancie , — partie de la cabale des Juifs qui étudie les myslères de la divine majesté et recherche les noms sacrés. Celui qui possède cette science sait l'avenir, commande à la nature, a plein pouvoir sur les anges et les diables, et peut faire des prodiges. Des rabbins ont prétendu que c'est par ce moyen que Moïse a tant opéré de merveilles ; que Josué a pu arrêter le soleil; qu'Elie a fait tomber le feu du ciel et ressuscité un mort ; que Daniel a fermé la gueule des lions; que les trois enfants n'ont pas été consumés dans la fournaise, etc. — Cependant, quoique trèsexperts aussi dans les noms divins, les rabbins juifs ne font plus rien des choses opérées chez leurs pères.

Théraphim. — Selon rabbi Aben-Esra, les idoles, que les hébreux appelaient léraphim , étaient des talismans d'airain, en forme de cadrans solaires , qui faisaient connaître les heures propres à la divination. Pour les faire on tuait le premier-né de la maison , on lui arrachait la tête , qu'on salait de sel mêlé d'huile: puis on écrivait sur une lame d'or le nom de quelques mauvais esprits; on metlait cette lame sous la langue de l'enfant; on attachait la tète coupée à la muraille, et, après avoir allumé des flambeaux devant elle, on lui rendait à genoux de grands respects. Cette figure répondait aux questions qu'on avait à lui faire; on suivait ses avis; et on traçait sur ses indications les figures du théraphim. Selon d'autres rabbins les théraphims étaient des mandragores.

Thespesîus. — Citoyen de Cilicie, connu de Plutarque. C'était un mauvais sujet qui exerçait toutes sortes de friponneries, et se ruinait de jour en jour de fortune et de réputation. L'oracle lui avait prédit que ses affaires n'iraient bien qu'après sa mort. En conséquence, il tomba du haut de sa maison, se cassa le cou et mourut. Trois jours après , lorsqu'on allait faire ses funérailles, il revint à la vie et fut dès lors Je plus juste, le plus {lieux et le plus homme de bien de la Cilicie. Comme on lui demandait la raison d'un tel changement, il disait qu'au moment de sa chute son àme s'était élevée jusqu'aux étoiles, dont il avait admiré la grandeur immense et l'éclat surprenant; qu'il avait vu dans l'air un grand nombre d'àmes, les unes enfermées dans des tourbillons enflammés , les autres pirouettant en tout sens, celles-ci très-embarrassées et poussant des gémissements doulou-

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reux; celles-là, moins nombreuses, s'élevant en haut avec rapidité et se réjouissant avec leurs semblables. Il racontait tous les supplices des scélérats dans l'autre vie ; et il ajoutait que, pour lui, une âme de sa connaissance lui avait dit qu'il n'était pas encore mort, mais que, par la permission des dieux, son àme était venue faire ce petit voyage de faveur, et qu'après cela il était rentré dans son corps poussé par un souffle impétueux. Pour vous, lecteur, croyez-moi , n'attendez pas la mort pour bien vivre.

Thessaliennes. — La Thessalie possédait un si grand nombre de sorciers, et surtout de sorcières, que le nom de sorcière et de 77;essalienne étaient synonymes.

ThéurgSe, — art de parvenir à des connaissances surnaturelles et d'opérer des miracles par le secours des esprits ou génies que les païens nommaient des dieux , et que les pères de l'Eglise ont appelés des démons. Cet art imaginaire a été recherché et pratiqué par un grand nombre de philosophes. Mais ceux des troisième et quatrième siècles qui prirent le nom d'éclectiques ou de nouveaux platoniciens, tels que Porphyre, Julien, Jamblique, Maxime, en furent principalement entêtés. Ils se persuadaient que par des formules d'invocation , par certaines pratiques, on pouvait avoir un commerce familier avec les esprits, leur commander, connaître et opérer par leurs secours des choses supérieures aux forces de la nature. Ce n'était, dans le fond, rien autre chose que la magie. Mais ces philosophes en distinguaient deux espèces, savoir : la magie noire et malfaisante , qu'i's nommaient goétie , et dont ils attribuaient les effets aux mauvais démons, et la magie bienfaisante qu'ils appelaient théurgie, c'est-àdire opération divine par laquelle on invoquait les bons esprits 1 . — Comment savait-on, ajoute Bergier, que telles paroles ou telles pratiques avaient la vertu de subjuguer ces prétendus esprits et de les rendre obéissants? Les théurgistes supposaient que les mêmes esprits avaient révélé ce secret aux hommes. Plusieurs de ces pratiques étaient des crimes, tels que les sacrifices de sang humain; et il est établi que les théurgistes en offraient. Voy. Magie, Art notoire, etc.

Thiers (Jean-Baptiste) , — savant bachelier de Sorbonne, professeur de l'université de Paris, et ensuite curé de Vibraye dans le diocèse du Mans, né à Chartres en -I638, mort à Vibraye en 1703, auteur de plusieurs

1 Bergier, Dictionn. de théologie.

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ouvrages curieux , parmi lesquels on recherche toujours le Traité des superstitions, 4 vol. in -12. Il y rapporte une foule de petits faits singuliers.

Thomas (Saint). — On lit dans les démonomanes que Saint-Thomas-d'Àquin se trouvait incommodé dans ses études par le grand bruit des chevaux qui passaient tous les jours devant ses fenêtres pour aller boire : comme il était habile à faire des talismans , il fit une petite figure de cheval qu'il enterra dans la rue; et depuis les palefreniers furent contraints de chercher un autre chemin, ne pouvant plus à toute force faire passer aucun cheval dans cette rue enchantée. C'est un conte comme un autre. Voy. Albert-le-Grand.

Thomas. — On lit dans plusieurs conteurs ce qui suit : « Un moine , nommé Thomas, à la suite d'une querelle avec les religieux d'un monastère de Lucques, se retira tout troublé dans un bois où il rencontra un homme qui avait la face horrible, le regard sinistre, la barbe noire et le vêtement long. Il lui demanda pourquoi il allait seul dans ces lieux détournés. Le moine répondit qu'il avait perdu son cheval et qu'il le cherchait. Je vous aiderai , dit l'inconnu. Comme ils allaient ensemble à la poursuite du prétendu cheval égaré , ils arrivèrent au bord d'un ruisseau entouré de précipices. L'inconnu invita le moine, qui déjà se déchaussait, à monter sur ses épaules, disant qu'il lui était plus lacile de passer à lui qui était plus grand. Thomas y consentit , mais lorsqu'il fut sur le dos de son compagnon , il s'aperçut qu'il avait les pieds difformes d'un démon ; il commença à trembler et à se recommander a Dieu de tout son cœur. Le diable aussitôt se mit à murmurer et s'échappa avec un bruit affreux en brisant un grand chêne qu'il arracha de terre. Quant au moine, il demeura étendu au bord du précipice et remercia son bon ange de l'avoir ainsi tiré des griffes de Satan K »

Thor, — dieu de la foudre chez les anciennes races germaniques, qui l'armaient d'un marteau.

Thou. — Il arriva en 1598 une aventure assez singulière au président de Thou. Il se trouvait depuis peu de temps dans la ville de Saumur. Une nuit qu'il était profondément endormi , il fut réveillé tout à coup par le poids d'une masse énorme qu'il sentit se poser sur ses pieds. Il secoua fortement ce poids et le fit tomber dans la chambre... Le président ne savait encore s'il était bien éveillé

1 Wierus, de Frast., etc.

M — TIC quand il entendit marcher tout auprès de lui. Il ouvrit alors les rideaux de son lit, et comme les volets de ses fenêtres n'étaient point fermés, et qu'il faisait clair de lune, il vit distinctement une grande figure blanche qui se promenait dans l'appartement... Il aperçut en même temps des hardes éparses sur des chaises auprès de la cheminée. Il s'imagina que des voleurs étaient entrés dans sa chambre ; et voyant la figure blanche se rapprocher de son lit, il lui demanda d'une voix forte: Qui êtes-vous? — Je suis la reine du ciel, répondit le fantôme d'un ton solennel.... Le président, reconnaissant la voix d'une femme , se leva aussitôt; et, ayant appelé ses domestiques, il leur dit de la faire sortir, et se recoucha sans demander d'éclaircissement. Le lendemain il apprit que la femme qui lui avait rendu une visite nocturne était une folle qui, n'étant point renfermée, courait çà et là et servait de jouet au peuple. Elle était entrée dans fa maison , qu'elle connaissait déjà , en cherchant un asile pour la nuit. Personne ne l'avait aperçue, et elle s'était glissée dans la chambre du président, dont elle avait trouvé la porte ouverte. Elle s'était déshabillée auprès du feu et avait étalé ses habits sur des chaises. Cette folle était connue dans la ville sous le nom de la reine du ciel, qu'elle se donnait elle-même '.

Thurifumie, — divination par la fumée de l'encens.

Thymiasmata, — parfums d'encens qu'on employait chez les anciens pour délivrer ceux qui étaient possédés de quelque mauvais esprit.

Thyrée (Pierre), — jésuite, auteur d'un livre sur les démoniaques , les maisons infectées et les frayeurs nocturnes

Tibalang, — fantômes que les naturels des Philippines croient voir sur la cime de certains vieux arbres, dans lesquels ils sont persuadés que les âmes de leurs ancêtres ont leur résidence. Ils se les figurent d'une taille gigantesques; de longs cheveux, de petits pieds, des ailes très-étendues et le corps peint.

Tibère. — Cet empereur romain voyait clair dans les ténèbres, selon Cardan, qui avait la même propriété. Voy. Trasulle.

Ticho-Brahé, — astronome suédois. Il croyait que sa journée serait malheureuse, et s'.en retournait promptement si, en sortant de son logis, la première personne qu'il rencon-

1 Démoniana, p. 12.

2 Dœmoniaci , cum locis infestis et tcrriculamcntis noctufnfs.

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trait était une vieille , ou si un lièvre traversait son chemin.

Tigre (Le grand), — voy. Lièvre.

Tintement. — Lorsque nous sentons une chaleur à la joue, dit Brown, ou que l'oreille nous tinte , nous disons ordinairement que quelqu'un parle de nous. Ce tintement d'oreille passait chez nos pères pour un trèsmauvais augure.

Tiromanoie, — divination par le fromage. On la pratiquait de diverses manières que nous ne connaissons pas.

Titania, — reine des fées. Voy. Oreron. Titus. — « On trouve raconté dans un vieux recueil de traditions juives, que Titus prétendit avoir vaincu le Dieu des juifs à Jérusalem. Alors une voix terrible se fit entendre, qui dit : Malheureux , c'est la plus petite de mes créatures qui triomphera de toi. En effet, un moucheron se glissa dans le nez de l'empereur et parvint jusqu'à son cerveau. Là, pendant sept années , il se nourrit de cervelle d'empereur, sans qu'aucun médecin pût le déloger. Titus mourut après d'horribles souffrances. On ouvrit sa tète pour voir quel élait ce mal contre lequel avaient échoué tous les efforts de la médecine , et on trouva le moucheron, mais fort engraissé. Il était devenu de la taille d'un pigeon. Il avait des pattes de fer et une bouche de cuivre1. »

Toia, — nom sous lequel les habitants de la Floride adorent le diable, c'est-à-dire l'auteur du mal.

Tombeaux. — Chez plusieurs nations idolâtres de l'antiquité, l'usage était d'aller dormir sur les tombeaux, afin d'avoir des rêves de la part des morts, de les évoquer en quel que sorte et de les interroger. Voy. Morts.

Tondal. — Un soldat nommé Tondal, à la suite d'une vision ou d'un songe, raconte qu'il avait été conduit par un ange dans les enfers. Il avait vu et senti les tourments qu'on y éprouve. L'ange le conduisit, dit-il, dans un grand pays ténébreux , couvert de charbons ardents. Le ciel de ce pays était une immense plaque de fer brûlant, qui avait neuf pieds d'épaisseur. Il vit d'abord le supplice de plusieurs âmes qu'on mettait clans des vases bien fermés et qu'on faisait fondre. Après cela il arriva auprès d'une montagne chargée de neige et de glaçons sur le flanc droit, couverte de flammes et de soufre bouillant sur le liane gauche. Les ames qui s'y trouvaient passaient alternativement des bains chauds aux bains glacés, et sortaient de la neigo

\ — TOlN pour entrer dans la chaudière. Les démons de cette montagne avaient des fourches de fer et des tridents rougis au feu, avec lesquels ils emportaient les âmes d'un lieu à l'autre. Tondal vit ensuite une multitude de pécheurs plongés jusqu'au cou dans un lac de poix et de soufre. Un peu plus loin il se trouva devant une bête terrible, d'une grandeur extraordinaire. Cette bête se nommait YAchéron1, elle vomissait des flammes et puait considérablement. On entendait dans son ventre des cris et des hurlements d'hommes et de femmes. L'ange, qui avait sans doute ordre de donner à Tondal une leçon , se retira à l'écart sans qu'il s'en aperçût , et le laissa seul devant la bête. Aussitôt une meute de démons se précipita sur lui, le saisit et le jeta dans la gueule de la grosse bête, qui l'avala comme une lentille. 11 est impossible d'exprimer, dit-il, tout ce qu'il souffrit dans le ventre de ce monstre. Il s'y trouva dans une compagnie extrêmement triste, composée d'hommes, de chiens, d'ours, de lions, de serpents et d'une foule d'autres animaux inconnus , qui mordaient cruellement et qui n'épargnèrent point le passager. Il éprouva les horreurs du froid , la puanteur du soufre brûlé ainsi que d'autres désagréments. L'ange vint le tirer de là et lui dit : Tu viens d'expier tes petites fautes d'habitude ; mais tu as autrefois volé une vache à un paysan, ton compère : la voilà, cette vache. Tu vas la conduire de l'autre coté du lac qui est devant nous. — Tondal vit donc une vache indomptée à quelques pas de lui; il se trouva sur le bord d'un étang bourbeux qui agitait ses flots avec fracas. On ne pouvait le traverser que sur un pont si étroit, qu'un homme en occupait toute la largeur avec ses pieds. Hélas ! dit en pleurant le pauvre soldat, comment pourrai-je traverser avec une vache ce pont où je n'oserais me hasarder seul? — Il le faut, répliqua l'ange. Tondal , après bien des peines, saisit la vache par les cornes et s'efforça de la conduire au pont- Mais il fut obligé de la traîner, car lorsque la vache était debout, en disposition de faire un pas, le soldat tombait de sa hauteur; et quand le soldat se relevait, la vache s'abattait à son tour. Ce fut avec bien des peines que l'homme et la vache arrivèrent au milieu du pont. — Alors Tondal se trouva nez à nez avec un autre homme qui passait le pont comme lui : il était chargé de gerbes qu'il était condamné à porter sur l'autre bord du lac. Il pria le soldat de lui laisser le passage; Tondal le conjura de ne pas l'empêcher de finir une péni-

1 Alph. Kurr, Voyage aulour de m«n Jardin, lett. XI,

Quas Acha;ron appellabutur.

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tence qui lui avait déjà donné tant de peines. Mais personne ne voulut reculer; après qu'ils se furent disputés assez long- temps, ils s'aperçurent tous deux, à leur grande surprise, qu'ils avaient traversé le pont tout entier sans faire un pas. L'ange conduisit alors Tondal dans d'autres lieux non moins horribles, et le ramena ensuite dans son lit. Il se leva et se conduisit mieux depuis1.

Tonnerre. — Le tonnerre a été adoré comme dieu. Les Egyptiens le regardaient comme le symbole de la voix éloignée, parce que de tous les bruits c'est celui qui se fait entendre le plus loin. Lorsqu'il tonne , les Ghingulais se persuadent que le ciel veut leur infliger un châtiment, et que les âmes des méchants sont chargées de diriger les coups pour les tourmenter et les punir de leurs péchés. En Bretagne on a l'usage quand il tonne de mettre un morceau de fer dans le nid des poules qui couvent2, comme préservatif du tonnerre. Voy. Cloches, Evangile de Saint- Jean , etc.

Toqui (Grand). — Les Araucans, peuplades indépendantes du Chili , reconnaissent sous ce nom un grand esprit qui gouverne le monde. Ils lui donnent des ministres inférieurs chargés des petits détails d'administration, tels que les saisons, les vents, les tempêtes, la pluie et le beau temps. Ils admettent aussi un mauvais génie qu'ils appellent Guécuba, qui se fait un malin plaisir de troubler l'ordre et de molester le grand Toqui.

Torngarsuk. — Les Groenlandais ne font ni prières ni sacrifices , et ne pratiquent aucun rit; ils croient pourtant à l'existence de certains être surnaturels. Le chef et le plus puissant de ces êtres est Torngarsuk, qui habite selon eux sous la terre, et qu'ils représentent sous la forme d'un ours , tantôt sous celle d'un homme avec un bras, tantôt enfin sous celle d'une créature humaine, grande au plus comme un des doigts de la main. C'est auprès de cette divinité que les anguekkoks sont obligés de se rendre pour lui demander conseil quand un Groenlandais tombe malade ou qu'il se trouve dans quelque autre embarras. Indépendamment de ce bon génie qui est invisible à tout le monde, excepté de l'anguekkok, il en est plusieurs autres qui sont moins puissants; ce sont les génies du feu, de l'eau, de l'air, etc., qui, par l'entremise de Tanguekkok, leur enseignent ce qu'ils doivent faire ou ce qu'ils doivent éviter pour être

1 Dyonisii Carthusiani, art. 49. — Haec prolixius describuntur inlibello qui visio Tondali nuncupatur. * Cambry, Voyage dans le Finistère, t. II, p. 1*3.

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heureux. Chaque anguckkok a en outre son esprit familier qu'il évoque et qu'il consulte comme un oracle i.

Torquemada (Antoine de) , — auteur espagnol de YHexameron ou six journées, contenant plusieurs doctes discours , etc. ; avec maintes histoires notables et non encore ouïes, mises en français par Gabriel Chappuys, Tourangeau. Lyon, 1582, in-8° ; ouvrage plein de choses prodigieuses et d'aventures de spectres et de fantômes.

Torreblanca ( FRANÇOIS ) , — jurisconsulte

de Cordoue, auteur d'un livre curieux sur les crimes des sorciers 2.

Torture. — Quand on employait la torture contre les sorciers , et que les. tourments ne les faisaient pas avouer, on disait que le diable les rendait insensibles à la douleur.

Totam , — esprit qui garde chaque sauvage de l'Amérique septentrionale. Ils se le représentent sous la forme de quelque bête ; et, en conséquence, jamais ils ne tuent, ni ne chassent, ni ne mangent l'animal dont ils pensent que leur totam a pris la figure.

Toupan, — esprit malin qui préside au tonnerre chez les naturels brésiliens.

Tour de force. — Delrio rapporte cette histoire plaisante : Deux troupes de magiciens s'étaient réunies en Allemagne pour célébrer le mariage d'un grand prince. Les chefs de ces troupes étaient rivaux et voulaient chacun jouir sans partage de l'honneur d'amuser la cour. C'était le cas de combattre avec toutes les ressources de la sorcellerie. Que fit l'un des deux magiciens ? Il avala son confrère, le garda quelque temps dans son estomac, et le rendit ensuite par où vous savez. Cette espièglerie lui assura la victoire. Son rival honteux et confus décampa avec sa troupe et alla plus loin prendre un bain et se parfumer.

Tour enchantée , — VOlJ. RoDERIK..

Tour de Montpellier. — Il y a sans doute encore à Montpellier une vieille tour que le peuple de cette ville croit aussi ancienne que le monde ; sa chute doit précéder de quelques minutes la déconfiture de l'univers.

Tour de Wigla, — tour maudite de la Norwège où le roi païen Vermund fit brûler les mamelles de Sainte-Ethelréda avec du bois de la vraie croix , apporté à Copenhague par Olaiis III. On dit que depuis on a essayé inutilement de faire une chapelle de cette tour

J Expédition du capitaine Graali dans le Groenland.

2 Epitome ddictorum, sive de Magiâ, in quâ aperta vel occulta invocatio daj.i onis intervenit, etc., editio novissima, Lugduni, 1679, in-4°.

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maudite ; toutes les croix qu'on y a placées successivement ont été consumées par le feu du ciel *.

Tourterelle. — Si on porte le cœur de cet oiseau dans une peau de loup, il éteindra tous les sentiments. Si on pend ses pieds à un arbre , l'arbre ne portera jamais de fruit. Si on frotte de son sang , mêlé avec de l'eau dans laquelle on aura fait cuire une taupe , un endroit couvert de poils , tous les poils noirs tomberont 2...

Traditions. — Nous avons lu, il n'y a pas fort long-temps, une piquante dissertation du Quarterhj magazine sur les traditions populaires du moyen âge et des temps modernes. Nous en conserverons ici les passages les plus saillants. — C'est , dit l'auteur, sur la fatalité et l'antagonisme du bien et du mal que se fonde la philosophie des traditions du peuple. Cette base se retrouve dans le conte le plus trivial où l'on introduit un pouvoir surnaturel ; et la nourrice , qui fait son récit au coin de la cheminée rustique , a la môme science que les hiérophantes de la Grèce et les mages de la Perse. Le principe destrucleur étant le plus actif dans ce bas monde, il reparait dans toutes les croyances superstitieuses sous une variété infinie de formes , les unes sombres, les autres brillantes; on retrouve parlout les mêmes personnifications d'Oromase et d'Arimane, et l'hérésie des Manichéens»— La vague crédulité du villageois ignorant s'accorde avec la science mythologique des anciens sages. Des peuples que l'Océan sépare sont rapprochés par leurs fables; les hamadryades de la Grèce et les lutins de la Scandinavie dansent une ronde fraternelle avec les fantômes évoqués par le sorcier moderne ; celui-ci compose ses philtres, comme Canidie, avec la mandragore, la ciguë , les langues de vipère et les autres ingrédients décrits par Virgile et Horace. A la voix des sorciers modernes, comme à celle des magiciens de Thessalie , on entend encore le hibou crier, le corbeau croasser, le serpent siffler, et les ailes noires des scarabées s'agiter. — Toutefois , le Satan des légendes n'est jamais revêtu de la sombre dignité de l'ange déchu; c'est le diable, Vennemi , méchant par essence, de temps immémorial. Sa rage est souvent impuissante, à moins qu'il n'ait recours à la ruse : il inspire la peur encore plus que la crainte. De là vient cette continuelle succession de caprices bizarres et de malices grotesques qui le ca-

! "Victor Hugo, Han d'Islande, chap. 12.

À Les Admirables secrets d'Albert-le-Grand, p. 113.

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