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bans, selon l'usage. Comme il avait aimé sa première femme , il est probable que le projet d'un changement capital dans sa situation reporta ses souvenirs sur le temps de leurunion, et lui rappela les bruits extraordinaires qui avaient couru a l'époque de sa mort; tout cela lui valut le rêve extraordinaire que voici. Étant couché dans son lit sans dormir, à ce qu'il lui semblait, il vit, à l'heure de minuit , si favorable aux apparitions, la figure d'une femme habillée de blanc , qui entra dans sa maison, se plaça à côté de son lit, et lui sembla l'image de sa défunte épouse. Il la conjura de parler : quel fut son élonnement de lui entendre dire qu'elle n'était pas morte, mais retenue contre son gré prisonnière par les mauvais esprits! Elle ajouta que, si l'amour qu'il avait eu jadis pour elle n'était pas éteint, il lui restait un moyen de la rappeler ou de la regagner, comme on disait alors, de l'affreux royaume des fées. À un certain jour qu'elle désigna, il devait rassembler les plus respectables femmes de la ville , et aller avec elles , le pasteur en tète , déterrer le cercueil dans lequel on la supposait enterrée. « Le pasteur, dit encore l'apparition , récitera certaines prières; alors je m'élancerai du cercueil , et je fuirai avec une extrême légèreté autour de l'église ; vous aurez soin d'avoir avec vous le plus agile coureur de la paroisse (elle indiqua un homme renommé pour sa vitesse) ; il me poursuivra, et un autre, le forgeron (connu pour sa force), me saisira aussitôt que le premier m'aura atteinte : par ce moyen , je reprendrai ma place dans la société des hommes. » — Le lendemain matin le souvenir de ce rêve attrista le pauvre \euf; mais, troublé par ses scrupules, il ne fit rien. La nuit suivante, la vision reparut, ce qui n'est pas étonnant. La troisième nuit, elle se montra encore avec un visage sombre et irrité; elle lui reprocha son manque de tendresse; elle le conjura pour la dernière fois de se conformer à ses instructions, ajoutant que, s'il les négligeait, elle n'aurait plus le pouvoir de revenir sur la terre et de s'entretenir avec lui. — Le mari épouvanté alla faire confidence de son embarras à son pasteur. Ce révérend personnage , plein de sagacité, n'essaya pas de révoquer en doute la réalité de la vision qui troublait son paroissien; mais il prétendit que ce n'était qu'une illusion produite par le diable. Il expliqua au pauvre mari qu'aucun être créé n'avait la puissance de retenir captive une àme chrétienne: il le conjura de croire que sa femme ne pouvait être que dans la situalion nù Dieu l'avait placée; il lui lit eompren-
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dre que, comme membre de l'église d Ecosse, il ne pouvait autoriser l'ouverture d'un cercueil , ni employer des prières dans des pratiques d'un caractère superstitieux. Le bonhomme , confondu , demanda à son pasteur ce qu'il devait faire. « Je vous conseillerai de mon mieux , répondit celui-ci. Obtenez le consentement de votre fiancée pour vous marier demain, ou aujourd'hui si vous pouvez; je prendrai sur moi de vous dispenser du reste des bans, ou d'en faire trois publications en un jour. Vous aurez une nouvelle femme; vous ne vous rappellerez plus la première , dont la mort vous a séparé. L'avis fut suivi , et le pauvre mari n'eut plus d'autres visites de sa première épouse. — La sixième lettre traite principalement des esprits familiers, dont le plus illustre était le célèbre Puck ou Robin Goodfellow, qui , chez les sylphes , jouait en quelque sôrté le rôle de fou ou de bouffon de la compagnie. Ses plaisanteries étaient du comique à la fois le plus simple et le plus saugrenu : égarer un paysan qui se rendait chez lui, prendre la forme d'un siège afin de faire tomber une vieille commère sur son derrière, lorsqu'elle croyait s'asseoir sur une chaise, étaient ses principales jouissances. S'il se prêtait à faire quelque travail pour les gens de la maison pendant leur sommeil, c'était à condition qu'on lui donnerait un déjeuner délicat. — La septième , la huitième et la neuvième lettres s'occupent des sorciers et de la sorcellerie. Nous n'en reproduirons rien, non plus que de la dernière, consacrée aux devins et aux revenants , tout ce dictionnaire étant parsemé à ce sujet de faits et de documents qui suffisent au lecteur curieux.
Wattier (Piekre). — Il a publié au dixseptième siècle la Doctrine et interprétation des songes , comme traduite de l'arabe de Gabdorrhaman , fils de Nosar ; in-L2 , Paris , I664.
Wierus (Jean) , — célèbre démonographe brabançon, élève d'Agrippa, qu'il a défendu dans ses écrits. On lui doit les cinq livres des Prestiges des Démons , traduits en français sous ce titre : Cinq livres de V imposture et tromperie des diables, des enchanlemenis et sorcelleries, pris du latin de Jean Wier, médecin du duc de Clèves, et faits français par Jacques Grevin , de Clermont. Paris, in-8°, <lo69. L'ouvrage de Wierus est plein de crédulité, d'idées bizarres, de contes populaires, d'imaginations, et riche de connaissances. — C'est ce même écrivain qui a publié un traité curieux des lamieset l'inventaire de la fausse
5 — WOL monarchie de Satan {Pseudomonarchia Dœmonum), où nous avons trouvé de bonnes désignations sur presque tous les esprits de ténèbres cités dans ce Dictionnaire.
"Wilis. — Dans quelques contrées de l'Allemagne , toute fiancée qui meurt avant le mariage, « pour peu que de son vivant elle ait un peu trop aimé la danse, devient après sa mort une wili, c'est-à-dire un fantôme blanc et diaphane , qui s'abandonne chaque nuit à la danse d'outre - tombe. Cette danse des morts ne ressemble en rien à la danse terrestre ; elle est calme, grave, silencieuse. Le pied effleure à peine la fleur chargée de rosée; la lune éciaire de son pâle rayon ces ébats solennels; tant que la nuit est au cie et sur la terre, la ronde poursuit son chemin dans les bois, sur les montagnes, sur le bord des lacs bleus. Avez-vous rencontré, à la fin d'une pénible journée de voyage, quand vous allez au hasard loin des chemins tracés, ces flammes isolées qui s'en vont çà et là à travers les joncs des marécages? Malheureux voyageur, prenez garde ! ce sont les wilis qui dansent; c'est la ronde infernale qui vous provoque de ses fascinations puissantes. Prenez garde, n'allez pas plus loin, ou vous êtes perdu. Les wilis, ajoute Jules Janin, que nous copions ici , sautent jusqu'à l'extinction complète de leur partner mortel. »
Wiiilmeroz ( GUILLAUME ) , — SOrcier Gll
Franche-Comté vers l'an 1600. Son fils, âgé de douze ans, lui reprocha d'avoir été au sabbat et de l'y avoir mené. Le père indigné s'écria: «Tu nous perds tous deux ! ...» Il protesta qu'il n'avait jamais été au sabbat. Néanmoins on prononça son arrêt, parce qu'il y avait cinq personnes qui le chargeaient; que d'ailleurs sa mère avait été suspecte, ainsi que son frère, et que beaucoup de méfaits avaient été commis par lui. Comme il fut démontré que l'enfant ne participait pas à la sorcellerie, il fut élargi 1.
"Woden, — dieu suprême des anciens Germains, le même qu'Odin. On laissait dans les moissons des épis pour ses chevaux , et dans les bois du gibier pour sa chasse. Les chercheurs ont trouvé que Woden , dont les races germaniques ont fait God en se convertissant an christianisme , a de l'analogie avec le Bondha des Indiens2.
Woloty, — monstres épouvantables qui , selon le récit de Lomonosofl", étaient chez les Slavons comme les géants chez les Grecs.
1 M. Garinet, llist. de la îïiagie ert Franco, p. 164.
2 Voyez M. Ozanam, Recherches sur l'établissement du christianisn e en Ahemagne.
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Woodward. — Un médecin empirique , James Woodward, surnommé le docteur noir a cause de son teint, est mort en 1841 à Cincinnati, laissant une fortune considérable. On a été surpris de trouver chez lui , dans une grande armoire vitrée , une immense quantité de petites fioles de diverses dimensions, les unes pleines et les autres vides, et portant sur leurs étiquettes les noms et demeures de personnages habitant les différents États de l'Union. Il y en avait aussi du Canada, des Antilles et du Mexique. Voici quel en était l'usage : le docteur noir se vantait de découvrir le diagnostic de toutes les maladies par des émanations des consultants , à quelque distance qu'ils fussent de lui. Le malade devait tremper son doigt pendant une heure dans une fiole remplie de l'eau la plus pure , et lui envoyer ensuite cette fiole soigneusement bouchée. L'eau, se trouvant ainsi imprégnée des sueurs du malade, était sou-
36 — XYL mise à une analyse chimique. Le docteur noir, sans autre indication, répondait au malade qu'il était attaqué ou menacé de phthisie, de péripneumonie, de goutte, de rhumatisme , etc. , et il faisait ses prescriptions en conséquence. Quand il rencontrait juste , on était émerveillé de sa science profonde , et l'on demandait une consultation nouvelle , payée plus cher que la première. Les registres du docteur ont constaté qu'il avait répondu avec les plus grands détails à un grand nombre de ses malades sans prendre la peine d'analyser leurs émanations, car les fioles étaient encore hermétiquement fermées.
"Wortigern , — roi d'Angleterre. Voy, Merlin.
Wulson de la Colombière (Marc). — On
lui doit le Palais des Curieux, où , entre autres sujets, il est question des songes, avec un traité de la physionomie. Orléans, 4 660.
Xaphan, — démon du second ordre. Quand Satan et ses anges se révoltèrent contre Dieu, Xaphan se joignit aux mécontents , et il en fut bien reçu, car il avait l'esprit inventif. Il proposa aux rebelles de mettre le feu dans le ciel ; mais il fut précipité avec les autres au fond de l'abîme, où il est continuellement occupé à souffler la braise des fourneaux avec sa bouche et ses mains.
Xerxès. — Ayant cédé aux remontrances de son oncle Artaban , qui le dissuadait de porter la guerre en Grèce, il vit dans son sommeil un jeune homme d'une beauté extraordinaire qui lui dit : Tu renonces donc au projet de faire la guerre aux Grecs, après avoir mis tes armées en campagne'?... Croismoi, reprends au plus tôt cette expédition, ou tu seras dans peu aussi bas que tu te vois élevé aujourd'hui. — Cette vision se répéta la nuit suivante. — Le roi étonné envoya chercher Artaban , le fit revêtir de ses ornements royaux , en lui contant la double apparition qui l'inquiétait, et lui ordonna de se coucher dans son lit, pour éprouver s'il ne se laissait point abuser par l'illusion d'un songe. Artaban, quoiqu'il craignît d'offenser les dieux en les mettant ainsi à l'épreuve, fit ce que le roi voulut , et lorsqu'il fut endormi , le jeune
homme lui apparut et lui dit : «J'ai déjà déclaré au roi ce qu'il doit craindre, s'il ne se hâte d'obéir à mes ordres ; cesse donc de t'opposer à ce qui est arrêté par les destins. » — En même temps il sembla à Artaban que le fantôme voulait lui brûler les yeux avec un fer ardent; il se jeta à bas du lit, raconta à Xerxès ce qu'il venait de voir et d'entendre, et se rangea de son avis, bien persuadé que les dieux destinaient la victoire aux Perses; mais les suites funestes de cette guerre démentirent les promesses du fantôme.
xezbeth , — démon des prodiges imaginaires, des contes merveilleux et du mensonge. Il serait impossible de compter ses disciples.
xitragupten. — Les Indiens appellent ainsi le secrétaire du dieu des enfers, qui est chargé de tenir un registre exact des actions de chaque homme pendant sa vie. Lorsqu'un défunt est présenté au tribunal du juge'infer^ nal, le secrétaire lui met en main le mémoire qui contient toute la vie de cet homme; c'est sur ce mémoire que le dieu des enfers règle son arrêt.
Xylomancie, — divination par le bois. On la pratiquait particulièrement en Esclavonie. C'était l'art de tirer des présages de la posi-