YEU
lion des morceaux de bois sec qu'on trouvait dans son chemin. On faisait aussi des conjectures non moins certaines pour les choses à venir sur l'arrangement des bûches dans le
537 — YFF
foyer, sur la manière dont elles brûlaient, etc. C'est peut-être un reste de cette divination qui fait dire aux bonnes gens, "lorsqu'un tison se dérange, qu'ils vont avoir une visite.
"San- Gant-Y-Tan , — espèce de démon qui porte dans la nuit cinq chandelles sur les cinq doigts, et les tourne avec la rapidité d'un dévidoir ; superstition des habitants du Finistère.
"Saga-Baba , — monstre décrit dans les vieux contes russes sous les traits d'une femme horrible à voir, d'une grandeur démesurée, de la forme d'un squelette, avec des pieds décharnés, tenant en main une massue de fer, avec laquelle elle fait rouler la machine qui la porte (espèce de vélocipède). Elle paraît remplir l'emploi de Bellone ou de quelque autre divinité infernale.
"Sen-Vang, — roi de l'enfer chez les Chinois. Il exerce des châtiments terribles sur ceux qui n'ont rien à lui offrir.
Yeux. — Boguet assure que les sorcières ont deux prunelles dans un œil. Les sorcières illyriennes avaient la même singularité dans les deux yeux. Elles ensorcelaient mortellement ceux qu'elles regardaient , et tuaient ceux qu'elles fixaient long-temps. — 11 y avait dans le Pont des sorcières qui avaient deux prunelles dans un œil et la figure d'un cheval dans l'autre. Il y avait en Italie des sorcières qui, d'un seul regard, mangeaient le cœur des hommes et le dedans des concombres.... — On redoute beaucoup, dans quelques contrées de l'Espagne, certains enchanteurs qui empoisonnent par les yeux. Un Espagnol avait l'œil si malin , qu'en regardant fixement les fenêtres d'une maison, il en cassait toutes les vitres. Un autre , même sans y songer, tuait tous ceux sur qui sa vue s'arrêtait. Le roi, qui en fut informé, fit venir cet enchanteur et lui ordonna de regarder quelques criminels condamnés au dernier supplice. L'empoisonneur obéit, et les criminels expiraient à mesure qu'il les fixait. — Un troisième faisait assembler dans un champ toutes les poules des environs, et sitôt qu'il avait fixé celle qu'on lui désignait, elle n'était plus1. — Les Écossais redoutent beaucoup,
1 Voyage de Dumont } Iiv. ]U,
dans ce sens, ce qu'ils appellent le mauvais œil. Parmi leurs superstitions les plus vulgaires, celle qui attribue au regard de certaines personnes la faculté de produire de fâcheux effets, est la plus généralement répandue. Dalyell raconte qu'il y a peu d'années, un domestique de sa famille étant mort de la petite vérole , la mère de ce dernier soutint qu'il avait péri victime d'un mauvais œil. Il ajoute que maintenant encore il existe une femme dans les plaines dont le regard , au dire de ses voisins, suffît pour aigrir le îait, rendre les chèvres stériles et quelquefois même pour faire périr les troupeaux : une cheville de fer rouillée peut seule détourner le maléfice. -— Dans le Péloponèse, à peine le nouveau-né a— t— il vu le jour, que la sagefemme le couvre d'un voile et lui étend sur le front un peu de boue prise au fond d'un vase où l'eau a long-temps séjourné. E le espère ainsi éloigner de lui l'esprit malin, autrement dit mauvais œil, dont les Grecques croient voir partout la mauvaise influence. — Un soldat, dans l'expédition du maréchal Maison, faisait des sauts de force, mangeait des étoupes et rendait de la fumée par la bouche. On le prit pour le mauvais œil ou esprit malin1. On a prétendu que l'on devenait aveugle lorsqu'on regardait le basilic. Voy. ce mot. — A Plouédern, près de Landerneau, dans la Bretagne, si l'œil gauche d'un mort ne se ferme pas, un des plus proches parents est menacé de cesser d'être '-.
Yffrote, — roi de Gothie et de Suède, qui mourut sur le bord de la mer où il se promenait, frappé des cornes d'une vache que l'on pense être certainement une sorcière convertie en icelle , laquelle se voulait venger de cette manière de ce roi pour quelque tort qu'elle avait reçu de lui 3.
1 Mangeart, Souvenirs de la Morée, 1830.
Cambry, Voyage dans le Finistère, t. II, p. 170, 3 Torc|uémada, Hexarneron, p 428,
ZAP - 53S — ZIT
Zabulon, — démon qui possédait une sœur laie de Loudun. Voy. Gbandier.
Zacoum, — arbre de l'enfer des mahométans, dont les fruits sont des têtes de diables.
Zaebos, — grand comte des enfers. 11 a la figure d'un beau soldat monté sur un crocodile ; sa tête est ornée d'une couronne ducale ; il est doux de caractère.
Zagam, — grand roi et président de i'enfer, qui a l'apparence d'un taureau aux ailes de griffon. Il change l'eau en vin, le sang en huile, l'insensé en homme sage, le plomb en argent et le cuivre en or. Trente légions lui obéissent
Zahuris ou Zahories. — Les Français qui sont allés en Espagne racontent des faits trèssinguliers sur les zahuris, espèce de gens qui ont la vue si subtile qu'ils voient sous la terre les veines d'eau, les métaux, les trésors et les corps privés de vie. — On a cherché à expliquer ce phénomène par des moyens naturels. On a dit que ces hommes reconnaissaient les lieux où il y avait des sources, par les vapeurs qui s'en exhalaient, et qu'ils suivaient la trace des mines d'or et d'argent ou de cuivre, par les herbes qui croissaient sur la terre dont elles étaient recouvertes. — Mais ces raisons n'ont point satisfait le peuple espagnol, et il a persisté à croire que les zahuris étaient doués de qualités surhumaines, qu'ils avaient des rapports avec les démons , et que s'ils voulaient ils sauraient bien , indépendamment des choses matérielles , découvrir les secrets et les pensées qui n'ont rien de palpable pour les grossiers et vulgaires mortels. Au reste les zahuris ont les yeux rouges, et, pour être zahuri, il faut être né le vendredi-saint.
Zairagie ( Zairagiah ) , — divination en usage parmi les Arabes, qui se faisait par le moyen de plusieurs cercles ou roues parallèles correspondantes aux cieux des planètes , placés les uns avec les autres, et marqués de plusieurs lettres que l'on fail rencontrer ensemble par le mouvement qu'on leur donne selon certaines règles.
Zapan. — selon Wiérus , l'un des rois de l'enfer.
Zariatnatmîk , — personnage inconnu , mais très-puissant. Voy. Verge.
Zazarraguan, — enfer des îles Mariannes, où sont logés ceux qui meurent de mort violente, tandis que ceux qui meurent naturellement vont jouir des fruits délicieux du paradis.
Zédéchîas. — Quoiqu'on fût crédule sous le règne de Pépin-le-Bref , on refusait de croire à l'existence des êtres élémentaires. Le cabalisle Zédéchias se mit dans l'esprit d'en convaincre le monde; il commanda donc aux sylphes de se montrer à tous les mortels. S'il faut en croire l'abbé de Villars, ils le firent avec magnificence. On voyait dans les airs ces créatures admirables en forme humaine, tantôt rangées en bataille, marchant en bon ordre, ou se tenant sous les armes, ou campées sous des pavillons superbes; tantôt sur des navires aériens d'une structure merveilleuse, dont la tlolte volante voguait au gré des zéphyrs. Mais ce siècle ignorant ne pouvait raisonner sur la nature de ces spectacles étranges; le peuple crut d'abord que c'étaient des sorciers qui s'étaient emparés de l'air pour y exciter des orages et pour faire grêler sur les moissons. — Les savants et les jurisconsultes furent bientôt de l'avis du peuple; les empereurs le crurent aussi, et celte ridicule chimère alla si loin, que le sage Charlemagne, et après lui Louis-le-Débonnaire , imposèrent de graves peines à ces prétendus tyrans de l'air....
Zeemebooch, — dieu noir, dieu de l'empire des morts chez les anciens Germains.
Zepar, — grand-duc de l'empire infernal . qui pourrait bien être le même que Vépar ou Sépar. Néanmoins, sous ce nom de Zépar, il a la forme d'un guerrier. Il pousse les hommes aux passions infâmes. Vingt-huit légions lui obéissent *.
Zincalis. — C'est le nom qu'on donne aux bohémiens en Espagne.
Ziton. — Pendant les noces de Venceslas. fils de l'empereur Charles IV, avec la princesse Sophie de Bavière, le beau-père, qui savait (pie son gendre prenait plaisir à des spectacles ridicules et a des enchantements, lit amener de Prague une charretée de ma-
1 Wierus, in Pseudom. tîseiïl ;
1 Wierus, in Pseudom. diem.
ZOil — 5
giciens. Le magicien de Venceslas, nommé Ziton, se présente pour faire assaut avec eux; ayant la bouche fendue de part et d'autre jusqu'aux oreilles, il l'ouvre et dévore tout d'un coup le bouffon du duc de Bavière, avec tous ses habiîs, excepté ses souliers qui étâiè»! sales, et qu'il cracha loin de lui. Ensuite, ne pouvant digérer une telle viande, il va se décharger dans une grande cuve pleine d'eau , rend son homme par le bas, et défie ses rivaux de l'imiter. ■ — Nos vieilles chroniques et nos contes de fées offrent encore des trails semblables. — Ce mémo Ziton changeait quelquefois, dans des festins, les mains des conviés en pieds de bœuf, afin qu'ils ne pussent rien toucher des mets qu'on leur servait, de sorte qu'il avait loisir de prendre pour lui la meilleure part. — Voyant un jour des gens à des fenêtres attentifs à regarder un spectacle qui excitait leur curiosité, il leur fit venir au front de larges cornes de cerf, pour les empêcher de se retirer de ces fenêtres quand ils le voudraient.
Zizis. — C'est le nom que donnent les Juifs modernes à leurs phylactères.
Zoaphité , — VOy. MONSTRES.
Zoroastre, — le premier et le plus ancien des magiciens. Sextus Sinensis reconnaît deux enchanteurs de ce nom : l'un, roi de Perse, et auteur de la magie naturelle; l'autre, roi des Bactriens, et inventeur de la magie noire ou diabolique. Justin dit que Zoroastre régnait dans la Bactriane long-temps avant la guerre de Troie; qu'il fut le premier magicien, et qu'il infecta le genre humain des erreurs de la magie. — Voici, dit Voltaire, ce que l'Anglais Hyde rapporte sur Zoroastre, d'après un historien arahe : Le prophète Zoroastre étant venu du paradis prêcher sa religion chez le roi de Perse Gustaph , le roi dit au prophète : « Donnez-moi un signe. » Aussitôt le prophète fit croilre c!e\unt la porte du palais un cèdre si gros et si haut, que nulle corde ne pouvait ni l'entourer ni atteindre sa cime. Il mit au haut du cèdre un beau cabinet où nul homme ne pouvait monter. Frappé de ce miracle, Gustaph crut à Zoroastre. — Quatre mages ou quatre sages (c'est la même chose), gens jaloux et méchants, empruntèrent du portier royal la clef de la chambre du prophète pendant son absence , et jetèrent parmi ses livres des os de chiens et de chats, des ongles et des cheveux de morts, toutes drogues avec lesquelles les magiciens ont opéré de tout temps. Puis ils allèrent accuser le prophète d'être un sorcier et un empoisonneur. Le roi se fit ouvrir la- chambre
i — zon
par son portier. On y trouva les maléfices, et voilà Zoroastre condamné à être pendu. — Comme on allait pendre Zoroastre , le plus beau cheval du roi tombe malade; ses quaire jambes rentrent dans son corps , tellement qu'on ne les voit plus. Zoroastre l'apprend; il promet qu'il guérira le cheval , pourvu qu'on ne le pende pas. L'accord était fait : il fait sortir une jambe du ventre, et lui dit : « Sire, je ne vous rendrai pas la seconde jambe que vous n'ayez embrassé ma religion. — Soit,» dit le monarque. Le prophète, après avoir fait paraître la seconde jambe, voulut que les fils du roi se lissent Zoroastriens ; et les autres jambes firent des prosélytes de toute la cour. On pendit les quatre malins sages au lieu du prophète, et toule la Perse reçut sa foi. — Bundari, hisiorien arabe, conte que Zoroastre était juif, et qu'il avait été valet de Jérémie ; qu'il mentit à son maître; que Jérémie,pour le punir, lui donna la lèpre; que le valet, pour se décrasser, alla prêcher une nouvelle religion en Perse et fit adorer le soleil. — Le voyageur français qui a écrit la vie de Zoroastre, après avoir observé que son enfance ne pouvait manquer d'être miraculeuse, dit qu'il se mit à rire dès qu'il fut né, du moins à ce que disent Pline et Solin. Il y avait alors un grand nombre de magiciens très puissants ; ils savaient qu'un jour Zoroastre en saurait plus qu'eux et qu'il triompherait de leur magie. Le prince des magiciens fit amener l'enfant et voulut le couper en deux ; mais sa main se sécha surle-champ. On le jeta dans le feu, qui se convertit pour lui en bain d'eau rose. On voulut le faire briser sous les pieds des taureaux sauvages, mais un taureau plus puissant prit sa défense. On le jeta parmi les loups . ces loups allèrent incontinent chercher deux brebis qui lui donnèrent à teler toute la nuit. Enfin il fut rendu à sa mère, Dogdo, ou Dodo, ou Dodu. Bérose prétend que Zoroastre n'est autre que Cham, fils de Noé. — Les cabalistes ont de Zoroastre une opinion toule différente: mais, si les démonomanes le confondent avec Cham, les cabalistes le confondent avec Japhet. Ainsi , les uns et les autres s'a cordent à le faire fils de Noé. « Zoroastre , autrement nommé Japhet, dit le comte de Gabalis, était fils de Vesta, femme de Noé. Il vécut douze cents ans, le plus sage monarque du monde ; après quoi il fut enlevé. — Cette Vesta, étant morte, fut le génie tutélaire de Rome; et le feu sacré, que des vierges conservaient avec tant de soin sur un autel, brûlait en son honneur. Outre Zoroastre, il naquit d'elle une fille d'une rare beauté et d'une grande sagesse,