ART
eût déjà été dicté par quelque enfant d'Israël ; car ce serait un prodige trop grand que Salomon eût lu le manuscrit de saint Jérôme. Mais les faiseurs d'écrits de ce genre ne reculent pas pour si peu. — Gilles Bourdin a publié au seizième siècle un grimoire obscur sous le titre de Y Art notoire; il n'est pas probable que ce soit la bonne copie, qui sans doute est perdue. Delrioditque de son temps les maîtres de cet art ordonnaient à leurs élèves une certaine sorte de confession générale, des jeûnes, des prières , des retraites, puis leur faisaient entendre à genoux la lecture du livre de VArt notoire, et leur persuadaient qu'ils étaient devenus aussi savants que Salomon, les prophètes et les apôtres. Il s'en trouvait qui le croyaient. — Ce livre a été condamné par le pape Pie V. Mêlant les choses religieuses à ses illusions, l'auteur recommande entre autres choses de réciter tous les jours , pendant sept semaines , les sept psaumes de la pénitence et de chanter tous les matins, au lever du soleil, le Veni Creator, en commençant un jour de nouvelle lune, pour se préparer ainsi àja connaissance de VArt notoire i. Érasme, qui parle de ce livre dans un de ses colloques, dit qu'il n'y a rien compris ; qu'il n'y a trouvé que des figures de dragons, de lions, de léopards , des cercles, des triangles, des caractères hébreux , grecs , latins , et qu'on n'a jamais connu personne qui eût rien appris dans tout cela. — Des doctes prétendent que le véritable Ars notoria n'a jamais été écrit , et que l'Esprit le révèle à chaque aspirant préparé ; il leur en fait la lecture pendant le sommeil s'ils ont sous l'oreille le nom cabalistique de Salomon , écrit sur une lame d'or ou sur un parchemin vierge. Mais d'autres érudits soutiennent que VMs notoria existe écrit, et qu'on le doit à Salomon. Le croira qui pourra.
Art sacerdotal. — C'est , selon quelques adeptes, le nom que les Égyptiens donnaient à l'alchimie. Cet art , dont le secret, recommandé sous peine de mort, était écrit en langue hiéroglyphique , n'était communiqué qu'aux prêtres, à la suite de longues épreuves.
Artémidore, — Éphésien qui vécut du temps d'Antonin-le-Pieux. On lui attribue le traité des songes intitulé Oneïrocrîticon, publié pour la première fois en grec, à Venise, 4 51 8, in-8°- On recherche la traduction latine de Rigaut2 et quelques traductions françaises 3.
1 Franc. Torreblanca, cap. 14, epist. de mag.
2 Artemidori Ephesii Oneirocritica , seti de somniorum interpretatione, grœc.-lat. cum notisNic. Rigaltii, in-4°. Paris, 1603.
:| Artémidore, De l'Explication des songes, avec le a-
ART — Artéphius , — philosophe hermétique du douzième siècle, que les alchimistes disent avoir vécu plus de mille ans par les secrets de la pierre philosophale. François Pic rapporte le sentiment de quelques savants qui affirment qu'Artéphius est le même qu'Apollonius de Tyanes, né au premier siècle sous ce nom, et mort au douzième sous celui d'Artéphius. On lui attribue plusieurs livres extravagants ou curieux : 1° l'Art d'allonger sa vie {De vitâ propagandâ), qu'il dit dans sa préface avoir composé à l'âge de mille vingt-cinq ans ; 2° la Clef de la sagesse suprême 1 ; 3° un livre sur les caratères des planètes, sur la signification du chant des oiseaux, sur les choses passées et futures , et sur la pierre philosophale 2. — Cardan, qui parle de ces ouvrages, au seizième livre de la Variété des choses , croit qu'ils ont été composés par quelque plaisant qui voulait se jouer de la crédiriité des partisans de l'alchimie.
Arthémia, — fille de l'empereur Dioclétien. Elle fut possédée d'un démon qui résista aux exorcistes païens et ne céda qu'à saint Cyriaque, diacre de l'église romaine. — L'idée de rire et de plaisanter des possessions et des exorci^mes de l'Église est venue quelquefois à des esprits égarés, qu'il eût été bon peutêtre d'exorciser eux-mêmes.
Arthus, — roi des Bretons, célèbre dans les romans de la Table Ronde, et dont la vie est entourée de fables. On prétend qu'il revient la nuit, dans les forêts de l'Angleterre et de la Bretagne, chasser à grand bruit avec des chiens, des chevaux et des piqueurs , qui ne sont que des démons ou des spectres, au sentiment de Pierre Delancre 3. Quand le grandveneur apparut à Henri IV dans la forêt de Fontainebleau, quelques-uns dirent que c'était la chasse du roi Arthus. — La tradition conserve, aux environs de Huelgoat, dans le Finistère , le souvenir curieux de l'énorme château d' Arthus. On montre des rochers de
vre d'Augustin Nyphus, Des Divinations, in-16. Rouen, 16C0; édition augmentée, 1604. — Epitome des cinq livres d'Artémidore, traitant des songes, traduit du grec, par Charles Fontaine; avec un recueil deValère-Maxime sur le même sujet, traduit du latin, in-8°. Lyon , 1555.
1 Clavis majoris sapientiœ, imprimé dans le Théâtre chimique. Francfort, 1614, in-8°, ou Strasbourg, 1699, in-12.
2 De Characteribus planetarum , cantu et motibus avium, rerum przeteritarum et futurarum, lapide que philosophico. Le Traité d' Artéphius sur la pierre philosophale a été traduit en français par P. Arnauld, et imprimé avec ceux de Sinésius et Je Flamel. Paris , 1612 , 1659, 1682, in-4". On attribue encore à Artéphius le Miroir des miroirs, Spéculum speculorum, et le Livre secret, Liber secretus.
3 Tableau de l'inconstance des mauvais anges, liv. IV, dise. 3.
— ASC granit entassés, comme étant les débris de ses vastes murailles. Il s'y trouve, dit-on, des trésors gardés par des démons qui souvent traversent les airs sous la forme de feux follets, en poussant des hurlements répétés par les échos du voisinage 1 . L'orfraie, la buse et le corbeau sont les hôtes sinistres qui fréquentent ces ruines merveilleuses , où apparaît l'âme d'Arthus de temps en temps avec sa cour enchantée. Voy. Merlin.
Arundel (Thomas). — Comme il s'était opposé (quatorzième siècle) aux séditions des wickleffîtes, Chassaignon, dans ses Grands et redoutables jugements de Dieu , imprimés à Morgesen \ 581 , chez Jean Lépreux, imprimeur des très-puissants seigneurs de Berne, Chassaignon, réformé et défenseur de tous les hérétiques, dit qu'il mourut cruellement, la langue tellement enflée qu'il ne pouvait plus parler, « lui qui avait voulu empêcher dans la bouche des disciples de Wickîeff , le cours de la sainte parole » Mais il n'ose pas rechercher si Thomas Arundel fut, comme Wickîeff, étranglé par le diable.
Aruspices , — devins du paganisme, dont l'art se nommait aruspicine. Ils examinaient les entrailles des victimes pour en tirer des présages ; il fallait être de bonne maison pour exercer cette espèce de sacerdoce. Ils prédisaient, 4° par la simple inspection des victimes vivantes ; 2° par l'état de leurs entrailles après qu'elles étaient ouvertes; 3° par la flamme qui s'élevait de leurs chairs brûlées. — La victime qu'il fallait amener avec violence, ou qui s'échappait de l'autel, donnait des présages sinistres ; le cœur maigre, le foie double ou enveloppé d'une double tunique, et surtout l'absence du cœur ou du foie, annonçaient de grands maux. On croirait que les aruspices étaient habiles dans l'art d'escamoter , car le cœur manqua aux deux bœufs immolés le jour qu'on assassina César. — C'était encore mauvais signe quand la flamme ne s'élevait pas avec force et n'était pas transparente et pure ; et si la queue de la bête se courbait en brûlant, elle menaçait de grandes difficultés dans les affaires. Voij. Hépatoscopie.
Arzels* Voy. Cheval.
Asaphîns , — devins ou sorciers chaldéens, qui expliquaient les songes et tiraient les horoscopes.
Ascaroth. — C'est le nom que donnent les démonographes à un démon peu connu qui protège les espions et les délateurs. Il dépen du démon Nergal.
1 Cambry, Voyage dans le Finistère, t. 1er, p. 277.
ASM — ;
Asdk-pacha , — démon turc , qui favorise les intrigues secrètes, facilite les accouchements, enseigne les moyens de rompre les charmes etc.
Ascïétarion, — sorcier qui prédit à l'empereur Domitien qu'il serait mangé des chiens ; sur quoi l'empereur le fît tuer , « ce qui ne )> l'empêcha pas d'être mangé des chiens, ca- » suellement, après sa mort2. »
Aselle. — L'aselle aquatique, espèce de cloporte, était révérée des Islandais, qui croyaient qu'en tenant cet insecte dans la bouche, ou son ovaire desséché sur la langue , ils obtenaient tout ce qu'ils pouvaient désirer. Ils appelaient son ovaire sec pierre à souhaits.
Ashmole (Élie), — antiquaire et alchimiste anglais, né en 1617. On lui doit quelques ouvrages utiles, et le Musée ashmoléen d'Oxford. Mais il publia à Londres, en 4 652, un volume in-4°, intitulé : Theatrum chemicum britannicum , contenant différents poèmes des philosophes anglais qui ont écrit sur les mystères hermétiques. Six ans après, il fit imprimer le Chemin du bonheur, in-4°, \ 658. Ce traité, qui n'est pas de lui, mais auquel il mit une préface, roule aussi sur la pierre philosophale. Voy. Alchimie.
Asile. — Les lois qui accordaient droit d'asile aux criminels dans les églises exceptaient ordinairement les sorciers, qui d'ailleurs ne cherchaient pas là leur recours.
Asïma, — démon qui rit quand on fait le mal. Il a été adoré à Émath, dans la tribu de Nephtali, avant que les habitants de cette ville fussent transportés à Samarie.
Asmodée démon destructeur, le même que Samaël, suivant les rabbins. Il est aux enfers surintendant des maisons de jeu, selon l'esprit de quelques démonomanes, qui ont écrit comme s'ils eussent fait en touristes le voyage de l'autre monde. Il sème la dissipation et l'erreur. — Les rabbins content qu'il détrôna un jour Salomon , mais que bientôt Salomon le chargea de fers, et le força de l'aider à bâtir le temple de Jérusalem. — Tobie, suivant les mêmes rabbins, l'ayant expulsé, avec la fumée du fiel d'un poisson , du corps de la jeune Sara qu'il possédait, l'ange Raphaël l'emprisonna aux extrémités de l'Égypte. Paul Lucas dit qu'il l'a vu dans un de ses voyages. On s'est amusé de lui à ce sujet ; cependant on a pu lire dans le Courrier de l'Égypte que le peuple de ce pays adore encore le serpent d'Asmodée, le-
» Wicrus, De Prrcst. tlœm., lib. i, cap. 6. a Boguet, Discours des soieien, ch., 61,
2 — ASM
quel a un temple dans le désert de Ryanneh. On ajoute que ce serpent se coupe par morceaux, et qu'un instant après il n'y paraît pas. — Cet Asmodée est, selon quelques-uns, l'ancien serpent qui séduisit Ève. Les juifs, qui l'appellent Asmodaï, faisaient de lui le prince des démons, comme on le voit dans la paraphrase chaldaïque. C'est aux enfers, selon Wierus, un roi fort et puissant, qui a trois têtes : la première ressemble à celle d'un taureau, la seconde à celle d'un homme, la troisième à celle d'un bélier. Il a une queue de serpent, des pieds d'oie, une haleine enflammée ; il se montre à cheval sur un dragon , portant en main un étendard et une lance. Il est soumis cependant, par la hiérarchie infernale, au roi Amoymon. — Lorsqu'on l'exorcise, il faut être ferme sur ses pieds, et l'appeler par son nom. Il donne des anneaux consteHés ; il apprend aux hommes à se rendre invisibles et leur enseigne la géométrie, l'arithmétique, l'astronomie et les arts mécaniques. Il connaît aussi des trésors qu'on peut le forcer à découvrir; soixante-douze légions lui obéissent ». On le nomme encore Chammadaï et Sydonaï. Le Sage a fait d'Asmodée le héros d'un de ses romans {le Diable boiteux).
Asmond et Aswith, — compagnons d'armes danois, liés d'une étroite amitié, convinrent, par un serment solennel, de ne s'abandonner ni à la vie ni à la mort. Aswith mourut le premier et, suivant leur accord, Asmond, après avoir enseveli son ami, avec son chien et son cheval dans une grande caverne, y porta des provisions pour une année et s'enferma dans ce tombeau. Mais, ajoute gravement un historien 2, le diable, qui était entré dans le corps du mort, tourmenta le fidèle Asmond, le déchirant, lui défigurant le visage et lui arrachant même une oreille, sans lui donner de raisons de sa fureur. Asmond, impatienté, coupa la tête du mort, croyant rogner aussi le diable qui s'était logé là. — Sur ces entrefaites, précisément, le roi de Suède, Éric, passant devant la caverne murée et entendant du vacarme, crut qu'elle renfermait un trésor gardé par des démons. Il la fit ouvrir, et fut bien surpris d'y trouver Asmond, pâle, ensanglanté, auprès d'un cadavre puant; il lui fit conter son histoire, et, ravi de sa fidélité et de son courage, il l'obligea par de bons procédés à le suivre à sa cour.
Asmoug, — l'un des démons qui, sous les ordres d'Arimane , sèment en Perse les dissensions, les procès et les querelles.
1 Wierus, in Pseudomonarchiâ dsemon,
2 Saxo Grammat. Danicee hist, lib, Y.
ASf
Asoors. — C'est le nom que les Indiens donnent à certains mauvais génies qui font tomber les voyageurs dans des embûches.
Aspame. — « Zorobabel était épris d'un si fol amour pour Aspame, qu'elle le souffletait comme un esclave et lui ôtait le diadème pour en orner sa tête , indigne d'un tel ornement, dit Delancre elle le faisait rire et pleurer, quand bon lui semblait, le tout par philtres et fascinations. » Les belles dames font tous les jours d'aussi grands excès sans fascination ni philtre.
Aspiculette (Marie d'), — sorcière d'Andaye, dans le pays de Labour, sous le règne de Henri IV. Elle fut arrêtée à l'âge de dix-neuf ans, et avoua qu'on l'avait menée au sabbat, que là elle avait baisé le derrière du diable au-dessous d'une grande queue, et que ce derrière était fait comme le museau d'un bouc2.
Aspîdomancie , — divination peu connue qui se pratique aux Indes, selon quelques voyageurs. Delancre dit3 que le devin ou sorcier trace un cercle , s'y campe assis sur un bouclier, marmotte des conjuralions , devient hideux, et ne sort de son extase que pour annoncer les choses qu'on veut savoir, et que le diable vient de lui révéler.
Asrafil, — ange terrible qui, selon les musulmans, doit sonner de la trompette et réveiller tous les morts pour le jugement dernier. On le confond souvent avec Asraël.
Assa-fœtida. — Les Hollandais appellent cette plante fiente du diable (duivelsdrek).
Assassins, — secte d'Ismaéliens qu'on enivrait de hrachick et à qui on faisait un dogme de tuer. Le souverain des Assassins s'appelait le cheick ou vieux de la Montagne. Il est célèbre dans l'histoire des croisades. Voy. Thuggisme.
Assheton (Guillaume), — théologien anglican, mort en 4 74 4. Il publia en 4 694 un petit ouvrage peu recherché, intitulé : la Possibilité des apparitions.
Astaroth, — grand-duc très-puissant aux enfers. 11 a la figure d'un ange fort laid, et se montre chevauchant sur un dragon infernal ; il tient à la main droite une vipère. Quelques magiciens disent qu'il préside à l'Occident , qu'il procure l'amitié des grands seigneurs, et qu'il faut l'évoquer le mercredi. Les Sidoniens, les Philistins et quelques sectes juives
1 Incrédulité et mécréance du sortilège, etc.
2 Incrédulité et mécréance, etc., tr. 5.
3 Delancre, Tableau de l'inconstance des mauvais anges, etc., liv. n, dise. 1,
53 — AST
l'adorèrent. Il est, dit-on, grand-trésorier aux enfers, et donne de bons avis quand on émet des lois nouvelles. Wierus nous apprend qu'il sait le passé, le présent et l'avenir, qu'il répond volontiers aux questions qu'on lui fait sur les choses les plus secrètes, et qu'il est facile de le faire causer sur la création, les fautes et la chute des anges , dont il sait toute l'histoire ; mais il soutient que pour lui il a été puni injustement. Il enseigne à fond les arts libéraux et commande quarante légions ; celui qui le fait venir doit prendre garde de s'en laisser approcher, à cause de son insupportable puanteur. C'est pourquoi il faut tenir sous ses narines un anneau magique en argent, qui est un préservatif contre les odeurs fétides des démons Astaroth a figuré dans plusieurs possessions.
Astarté, — femelle d'Astaroth, selon quelques démonomanes ; elle porte des cornes, non difformes comme celles des autres démons, mais façonnées en croissant. Les Phéniciens adoraient la lune sous le nom d'Astarté. A Sidon, c'était la même que Vénus. Sanchoniaton dit qu'elle eut deux fils : le Désir et l'Amour. On l'a souvent représentée avec des rayons, ou avec une tête de génisse. Des érudits prétendent qu'Astaroth, qui donne les richesses, est le soleil, et Astarté la lune; mais dans les anciens monuments orientaux Astarté est le même qu'Astaroth, et Astaroth le même qu' Astarté.
Astiages, — roi des Mèdes. Quand Cyrus eut vaincu l'Asie, on publia qu'Astiages, son grand-père, avait songé en dormant que dans le sein de sa fille Mandane croissait une vigne qui de ses feuilles couvrait l'Asie entière; présage de la grandeur de Cyrus, fils de Mandane.
Astragalomancie , — divination par les dés. Prenez deux dés, marqués comme d'usage des numéros 4, 2, 3, 4, 5, 6. On peut jeter à volonté un dé seul, ou les deux dés à la fois; on a ainsi la chance d'amener les chiffres 4 à 4 2. Vous voulez deviner quelque affaire qui vous embarrasse, ou pénétrer les secrets de l'avenir ; posez la question sur un papier que vous aurez passé au-dessus de la fumée du bois de genièvre; placez ce papier renversé sur la table, et jetez les dés. — Vous écrirez les lettres à mesure qu'elles se présentent En se combinant, elles vous donneront la réponse : 4 vaut la lettre A; 2 vaut E; 3 vaut I, ou Y; 4 vaut 0 ; 5 vaut U ; 6 vaut B, P, ou V; 7 vaut C, K, ou Q ; 8 vaut D, ou T; 9 vaut F, S, X, ou Z ; 4 0 vaut G, ou J ; 4 4 vaut L, M, ou N ;
» Wierus, in Pseudomonarchia daem.
AST — 54
vaut R. — Si la réponse est obscure, il ne faut pas s'en étonner ; le sort est capricieux. Pans le cas où vous n'y pouvez rien comprendre, recourez à d'autres divinations. — La lettre H n'est point marquée, parce qu'elle n'est pas nécessaire. Les règles du destin se dispensent de celles de l'orthographe. PH s'exprime fort bien par la lettre F, et CH par la lettre X. — Les anciens pratiquaient l'astraîralomancie avec des osselets marqués des lettresde l'alphabet, et les lettres que le hasard amenait faisaient les réponses. C'est par ce moyen que se rendaient les oracles d'Hercule en Achaïe. On mettait les lettres dans une urne, et on les tirait comme on tire les numéros des loteries.
Astres. — La première idolâtrie a commencé par le culte des astres. Tous les peuples les adoraient, au temps de Moïse. Lui seul dit aux Hébreux : « Lorsque vous élevez les yeux vers le ciel, que vous voyez le soleil, la lune et les autres astres, gardez-vous de tomber dans l'erreur et de les adorer, car c'est Dieu qui les a créés » (Deutéronome, chap. I). Ceux qui ne croient pas à la révélation devraient nous apprendre comment Moïse a été plus éclairé que les sages de toutes les nations dont il était environné l. — Mahomet dit, dans le Koran, que les étoiles sont les sentinelles du ciel, et qu'elles empêchent les démons d'en approcher et de connaître les secrets de Dieu. Il y a des sectes qui prétendent que chaque corps céleste est la demeure d'un ange. — Les Arabes , avant Mahomet, adoraient les astres. Les anciens en faisaient des êtres animés; les Égyptiens croyaient qu'ils voguaient dans des navires à travers les airs comme nos aéronautes ; ils disaient que le soleil, avec son esquif, traversait l'Océan toutes les nuits pour retourner d'occident en orient. — D'autres physiciens ont prétendu que les étoiles sont les yeux du ciel, et que les larmes qui en tombent forment les pierres précieuses. C'est pour cela, ajoutent-ils, que chaque étoile a sa pierre favorite.
Astrolabe, — instrument dont on se sert pour observer les astres et tirer les horoscopes. Il est souvent semblable à une sphère armillaire. L'astrologue, instruit du jour , de l'heure, du moment où est né celui qui le consulte, ou pour lequel on le consulte, met les choses à la place qu'elles occupaient alors, et dresse son thème suivant la position des planètes et des constellations. — 11 y a eu des gens autrefois qui faisaient le métier de découvrir les voleurs par le moyen d'un aslro-
1 Bcrgier, Dict. théolog., au mot Asires, *
— AST
labe. « Le ciel, disaient-ils, est un livre dans lequel on voit le passé, le présent et l'avenir ; pourquoi ne pourrait-on pas lire les événements de ce monde dans un instrument qui représente la situation des corps célestes 1 ? »
Astrologie, — art de dire la bonne aventure et de prédire les événements, par l'aspect, les positions et les influences des corps célestes. — On croit que l'astrologie, qu'on appelle aussi astrologie judiciaire, parce qu'elle consiste en jugements sur les personnes et sur les choses, a pris naissance dans la Chaldée, d'où elle pénétra en Égypte, en Grèce et en Italie. Quelques antiquaires attribuent l'invention de cette science à Cham, fils de Noé; le commissaire de Lamarre, dans son Traité de police, titre 7, chap. 1er, ne repousse pas les opinions qui établissent qu'elle lui a été enseignée par le démon. Diogène Laërce donne à entendre que les Égyptiens connaissaient la rondeur de la terre et la cause des éclipses. On ne peut leur disputer l'habileté en astronomie; mais, au lieu de se tenir aux règles droites de cette science, ils en ajoutèrent d'autres qu'ils fondèrent uniquement sur leur imagination ; ce furent là les principes de l'art de deviner et de tirer des horoscopes. Ce sont eux, dit Hérodote, qui enseignèrent à quel dieu chaque mois , chaque jour est consacré, qui observèrent les premiers sous quel ascendant un homme est né, pour prédire sa fortune, ce qui lui arriverait dans sa vie et de quelle mort il mourrait. — « J'ai lu dans les registres du ciel tout ce qui doit vous arriver à vous et à votre fils, » disait à ses crédules enfants Bélus , prince de Babylone. Pompée, César, Crassus croyaient à l'astrologie. Pline en parle comme d'un art respectable. Cette science gouverne encore la Perse et une grande partie de l'Asie. « Rien ne se fait ici, dit Tavernier dans sa Relation dTspahan, que de l'avis des astrologues. Us sont plus puissants et plus redoutés que le roi, qui en a toujours quatre attachés à ses pas, qu'il consulte sans cesse et qui l'avertissent du temps où il doit se promener, de l'heure où il doit se renfermer dans son palais, se purger, se vêtir de ses habits royaux, prendre ou quitter le sceptre, etc. Ils sont si respectés dans cette cour que le roi Schah-Sophi étant accablé depuis plusieurs années d'infirmités que l'art ne pouvait guérir, les médecins jugèrent qu'il n'était tombé dans cet état de dépérissement que par la faute des astrologues, qui avaient mal pris l'heure à laquelle il devait être élevé sur le trône. Les
1 Le père Lebrun, Hist. des pratiques superst., t. Ier, p. 220.
ASï —
astrologues reconnurent leur erreur : ils s'assemblèrent de nouveau avec les médecins , cherchèrent dans le ciel la véritable heure propice, ne manquèrent pas de la trouver; et la cérémonie du couronnement fut renouvelée, à la grande satisfaction deSchah-Sephi, qui mourut quelques jours après. » Il en est de même à la Chine, où l'empereur n'ose rien entreprendre sans avoir consulté son thème natal.
— La vénération des Japonais pour l'astrologie est plus profonde encore ; chez eux personne n'oserait construire un édifice sans avoir interrogé quelque astrologue sur la durée du bâtiment. Il y en a môme qui, sur la réponse des astres, se dévouent et se tuent pour le bonheur de ceux qui doivent habiter la nouvelle maison — Presque tous les anciens, Hippocrate , Virgile, Horace, Tibère, croyaient à l'astrologie. Le moyen âge en fut infecté. On tira l'horoscope de Louis XIII et de Louis XIV; et Boileau dit qu'tm téméraire auteur n'atteint pas le Parnasse, si son astre en naissant ne Va formé poète — En astrologie, on ne connaît dans le ciel que sept planètes, et douze constellations dans le zodiaque. Le nombre de celles-ci n'a pas changé; mais il y a aujourd'hui douze planètes. Nous ne parlerons que des sept vieilles employées par les astrologues. Nous n'avons, disent-ils, aucun membre que les corps célestes ne gouvernent. Les sept planètes sont, comme on sait, le Soleil, la Lune, Vénus, Jupiter, Mars, Mercure et Saturne. Le Soleil préside à la tête;la Lune, au bras droit; Vénus, au bras gauche; Jupiter, à l'estomac; Mars aux parties sexuelles; Mercure, au pied droit, et Saturne au pied gauche; ou bien Mars gouverne la tête, Vénus le bras droit, Jupiter le bras gauche, le Soleil l'estomac, la Lune les parties sexuelles, Mercure le pied droit et Saturne le pied gauche.
— « Parmi les constellations, le Bélier gouverne la tête; le Taureau, le cou; les Gémeaux, les bras et les épaules; l'Ecrevisse, la poitrine et le cœur; le Lion , l'estomac; la Vierge, le ventre; la Balance, les reins et les fesses; le Scorpion, les parties sexuelles; le Sagittaire, les cuisses ; le Capricorne, les genoux ; le Verseau, les jambes ; et les Poissons, les pieds. — « On a mis aussi le monde, c'està-dire les empires et les villes, sous l'influence des constellations. Des astrologues allemands au seizième siècle avaient déclaré Francfort sous l'influence du Bélier, Wurtzbourg sous celle du Taureau , Nuremberg sous les Gémeaux, Magdebourg sous l'Écrevisse, Ulm sous le Lion, Heidelbergsous la Vierge, Vienne
1 Essai sur les erreurs et les superstitions , par M. L. C., ch. 5.
j — AST sous la Balance, Munich sous le Scorpion, Stuttgard sous le Sagittaire, Augsbourg sous le Capricorne, Ingolstadt sous le Verseau, et Ratisbonne sous les Poissons. — Hermès a dit que c'est parce qu'il y a sept trous à la tête, qu'il y a aussi dans le ciel sept planètes pour présider à ces trous : Saturne et Jupiter aux deux oreilles. Mars et Vénus auxdeux narines, le Soleil et la Lune aux deux yeux, et Mercureàla bouche. Léon l'Hébreu, dans sa Philosophie d'amour, traduite par le sieur Duparc, Champenois, admet cette opinion, qu'il précise très-bien : « Le Soleil préside à l'œil droit, ditil, et la Lune à l'œil gauche, parce que tous les deux sont les yeux du ciel ; Jupiter gouverne l'oreille gauche; Saturne, la droite; Mars, le pertuis droit du nez; Vénus, le pertuis gauche; et Mercure, la bouche, parce qu'il préside à la parole. » — Ajoutons encore que Saturne domine sur la vie, les changements, les édifices et les sciences; Jupiter, sur l'honneur, les souhaits, les richesses et la propreté des habits; Mars, sur la guerre, les prisons, les mariages, les haines; le Soleil, sur l'espérance, le bonheur, le gain, les héritages ; Vénus, sur les amitiés et les amours; Mercure, sur les maladies, les pertes, les dettes, le commerce et la crainte; la Lune, sur les plaies, les songes et les larcins. Aussi, du moins, le décide le livre des admirables secrets d'Albertle-Grand. — En dominant de la sorte tout ce qui arrive à l'homme , les planètes ramènent le même coursde choses toutes lesfois qu'elles se retrouvent dans le ciel au lieu de l'horoscope. Jupiter se retrouve au bout de douze ans au même lieu, les honneurs seront les mêmes; Vénus, au bout de huit ans, les amours seront les mêmes, etc., mais dans un autre individu. — N'oublions pas non plus que chaque planète gouverne un jour de la semaine : le Soleil le dimanche , la Lune le lundi , Mars le mardi, Mercure le mercredi, Jupiter le jeudi, Vénus le vendredi, Saturne le samedi; que le jaune est la couleur du Soleil, le blanc celle de la Lune, le vert celle de Vénus, le rouge celle de Mars, le bleu celle de Jupiter, le noir celle de Saturne, le mélangé celle de Mercure; que le Soleil préside à l'or, la Lune à l'argent, Vénus à Tétain, Mars au fer, Jupiter à l'airain, Saturne au plomb, Mercure au vifargent, etc. — Le Soleil est bienfaisant et favorable; Saturne, triste, morose et froid; Jupiter, tempéré et bénin ; Mars, ardent; Vénus, bienveillante; Mercure, inconstant; la Lune, mélancolique. —Dans les constellations, le Bélier, le Lion et le Sagittaire sont chauds, secs et ardents ; le Taureau, la Vierge et le Capricorne, lourds, froids et secs ; les Gé-
AST —
meaux , la Balance et le Verseau, légers, chauds et humides; l'Écrevisse, le Scorpion et les Poissons, humides, mous et froids. — Au moment de la naissance d'un enfant dont on veut tirer l'horoscope , ou bien au jour de l'événement dont on cherche à présager les suites, il faut d'abord voir sur l'astrolabe quelles sont les constellations et planètes qui dominent dans le ciel, et tirer les conséquences qu'indiquent leurs vertus , leurs qualités et leurs fonctions. Si trois signes de la même nature se rencontrent dans le ciel, comme, par exemple , le Bélier , le Lion et le Sagittaire, ces trois signes forment le trin aspect, parce qu'ils partagent le ciel en trois, et qu'ils sont séparés l'un de l'autre par trois autres constellations. Cet aspect est bon et favorable. Quand ceux qui partagent le ciel par sixième se rencontrent à l'heure de l'opération, comme le Bélier avec les Gémeaux, le Taureau avec l'Ecrevisse, etc., ils forment Yaspect sextil, qui est médiocre. Quand ceux qui partagent le ciel en quatre, comme le Bélier avec l'Écrevisse, le Taureau avec le Lion, les Gémeaux avec la Vierge, se rencontrent dans le ciel , ils forment Yaspect carré, qui est mauvais. Quand ceux qui se trouvent aux parties opposées du ciel, comme le Bélier avec la Balance, le Taureau avec le Scorpion, les Gémeaux avec le Sagittaire, etc., se rencontrent à l'heure de la naissance, ils forment Yaspect contraire, qui est méchant et nuisible. Les astres sont en conjonction quand deux planètes se trouvent réunies dans le même signe ou dans la même maison , et en opposition quand elles sont à deux points opposés. — Chaque signe du zodiaque occupe une place qu'on appelle maison céleste ou maison du soleil; ces douze maisons du soleil coupent ainsi le zodiaque en douze parties. Chaque maison occupe trente degrés, puisque le cercle en a trois cent soixante. Les astrologues représentent les maisons par de simples numéros, dans une figure ronde ou carrée, divisée en douze cellules. — La première maison est celle du Bélier, qu'on appelle Y angle oriental, en argot asliologique. C'est la maison de la vie , parce que ceux qui naissent quand cette constellation domine peuvent vivre long-temps. — La seconde maison est celle du Taureau, qu'on appelle la porte inférieure. C'est la maison des richesses et des moyens de fortune. — La troisième maison est celle des Gémeaux appelée la demeure des frères. C'est la maison des héritages et des bonnes successions. — La quatrième maison est celle de l'Écrevisse. On l'appelle le fond du ciel, l'angle delà terre, la demeure des parents. C'est la maison des
— AST
trésors et des biens de patrimoine. — La cinquième maison est celle du Lion, dite la demeure des enfants; c'est la maison des legs et des donations. — La sixième maison est celle de la Vierge, on l'appelle Vamour de Mars. C'est la maison des chagrins , des revers et des maladies. — La septième maison est celle de la Balance, qu'on appelle l 'angle occidental C'est la maison des mariages et des noces. — La huitième maison est celle du Scorpion appelée la porte supérieure. C'est la maison de l'effroi, des craintes et de la mort. — La neuvième maison est celle du Sagittaire, appelée l'amour du soleil. C'est la maison de la piété, de la religion, des voyages et de la philosophie. — La dixième maison est celle du Capricorne, dite le milieu du ciel. C'est la maison des charges, des dignités et des couronnes.
— La onzième maison est celle du Verseau , qu'on appelle l'amour de Jupiter. C'est la maison des amis, des bienfaits et de la fortune.
— La douzième maison est celle des Poissons, appelée l'amour de Saturne. C'est la plus mauvaise de toutes et la plus funeste ; c'est la maison des empoisonnements, des misères, de l'envie, de l'humeur noire et de la mort violente. — Le Bélier et le Scorpion sont les maisons chéries de Mars ; le Taureau et la Balance, celles de Vénus; les Gémeaux et la Vierge, celles de Mercure; le Sagittaire et les Poissons, celles de Jupiter; le Capricorne et le Verseau, celles de Saturne; le Lion, celle du Soleil; l'Écrevisse, celle delà lune. — Il faut examiner avec soin les rencontres des planètes avec les constellations. Si Mars, par exemple, se rencontre avec le Bélier à l'heure de la naissance, il donne du courage, de la fierté et une longue vie; s'il se trouve avec le Taureau, richesses et courage. En un mot, Mars augmente l'influence des constellations avec lesquelles il se rencontre, et y ajoute la valeur et la force. — Saturne, qui donne les peines, les misères, les maladies, augmente les mauvaises influences et gâte les bonnes. Vénus , au contraire, augmente les bonnes influences et affaiblit les mauvaises. — Mercure augmente ou affaiblit les influences suivant ses conjonctions. S'il se rencontre avec les Poissons, qui sont mauvais, il devient moins bon; s'il se trouve avec le Capricorne, qui est favorable, il devient meilleur. — La Lune joint la mélancolie aux constellations heureuses ; elle ajoute la tristesse ou la démence aux constellations funestes. Jupiter, qui donne les richesses et les honneurs, augmente les bonnes influences et dissipe à peu près les mauvaises. Le Soleil ascendant donne les faveurs des princes ; il a sur les influences presque autant
AST
d'effet que Jupiter; mais descendant il présage des revers. — Ajoutons que les Gémeaux, la Balance et la Vierge donnent la beauté par excellence; le Scorpion, le Capricorne et les Poissons donnent une beauté médiocre. Les autres constellations donnent plus ou moins la laideur. — La Vierge, la Balance, le Verseau et les Gémeaux donnent une belle voix ; l'Écrevisse, le Scorpion et les Poissons donnent une voix nulle ou désagréable; les autres constellations n'ont pas d'influence sur la voix. —Si les planètes et les constellations se trouvent à l'Orient, à l'heure de l'horoscope, on éprouvera leur influence au commencement delà vie ou de l'entreprise; on l'éprouvera au milieu si elles sont au haut du ciel, et à la fin si elles sont à l'Occident. — Afin que l'horoscope ne trompe point, il faut avoir soin d'en commencer les opérations précisément à la minute où l'enfant est né, ou à l'instant précis d'une affaire dont on veut savoir les suites. — Pour ceux qui n'exigent pas une exactitude si sévère, il y a des horoscopes tout dressés, d'après les constellations de la naissance. Voy. Horoscope. — Tels sont, en peu de mots, les principes de cet art, autrefois si vanté , si universellement répandu , et maintenant un peu tombé en désuétude. Les astrologues conviennent que le globe roule si rapidement que la disposition des astres change en un moment. Il faudra donc, pour tirer les horoscopes, que les sages-femmes aient soin de regarder attentivement les horloges, de marquer exactement chaque point du jour, et de consorver à celui qui naît ses étoiles comme son patrimoine. « Mais combien de fois, ditBarclai, le péril des mères empêche-t-il ceux qui sont autour d'elles de songer à cela ! Et combien de fois ne s'y trouve-t-il personne qui soit assez superstitieux pour s'en occuper! Supposez cependant qu'on y ait pris garde, si l'enfant est long-temps à naître, et si, ayant montré la tête, le reste du corps ne paraît pas de suite, comme il arrive, quelle disposition des astres sera funeste ou favorable? sera-ce celle qui aura présidé à l'apparition de la tête, ou celle qui se sera rencontrée quand l'enfant est entièrement né? » — Voici quelques anecdotes sur le compte des astrologues : Un valet ayant volé son maître s'enfuit avec l'objet dérobé. On mit des gens a la poursuite, et, comme on ne le trouvait pas, on consulta un astrologue. Celui-ci, habile à deviner les choses passées, répondit que le valet s'était échappé parce que la lune s'était trouvée, à sa naissance, en conjonction avec Mercure, qui protège les voleurs, et que de plus longues recherches seraient inutiles. Comme il disait ces mots, on
' — AST amena le domestique, qu'on venait de prendre enfin , malgré la protection de Mercure. — Les astrologues tirent vanité de deux ou trois de leurs prédictions accomplies, quoique souvent d'une manière indirecte, entre mille qui n'ont point eu de succès. L'horoscope du poète Eschyle portait qu'il serait écrasé par la chute d'une maison ; il s'alla, dit-on, mettre en plein champ, pour éviter sa destinée ; mais un aigle, qui avait enlevé une tortue, la lui laissa tomber sur la tête, et il en fut tué. Si ce conte n'a pas été fait après coup, nous répondrons qu'un aveugle, en jetant au hasard une multitude de flèches, peut atteindre le but une fois par hasard. Quand il y avait en Europe des milliers d'astrologues qui faisaient tous les jours de nouvelles prédictions , il pouvait s'en trouver quelques-unes que l'événement, par cas fortuit, justifiait; et celles-ci, quoique rares, entretenaient la crédulité que des millions de mensonges auraient dû détruire. L'empereur Frédéric-Barberousse, étant sur le point de quitter Vicence , qu'il venait de prendre d'assaut, défia le plus fameux astrologue de deviner par quelle porte il sortirait le lendemain. Le charlatan répondit au défi par un tour de son métier; il remit à Frédéric un billet cacheté, lui recommandant de ne l'ouvrir qu'après sa sortie. L'empereur fit abattre, pendant la nuit, quelques toises de mur, et sortit par la brèche ; il ouvrit ensuite le billet, et ne fut pas peu surpris d'y lire ces mots : « L'empereur sortira par la porte neuve. » C'en fut assez pour que l'astrologue et l'astrologie lui parussent infiniment respectables. — Un homme, que les astres avaient condamné en naissant à être tué par un cheval, avait grand soin de s'éloigner dès qu'il apercevait un de ces animaux. Or un jour qu'il passait dans une rue, une enseigne lui tomba sur la tête, et il mourut du coup : c'était l'enseigne d'un auberge où était représenté un cheval noir. — Mais il y a d'autres anecdotes. Un bourgeois de Lyon, riche et crédule, ayant fait dresser son horoscope, mangea tout son bien pendant le temps qu'il croyait avoir à vivre. N'étant pas mort à l'heure que l'astrologue lui avait assignée , il se vit obligé de demander l'aumône, ce qu'il faisait en disant : « Ayez pitié d'un homme qui a vécu plus long-temps qu'il ne croyait. » — Une dame pria un astrologue de deviner un chagrin qu'elle avait dans l'esprit. L'astrologue, après lui avoir demandé l'année, le mois, le jour et l'heure de sa naissance, dressa la figure de son horoscope, et dit beaucoup de paroles qui signifiaient peu de chose. La dame lui donna une pièce de quinze sous. « Madame, dit alors l'astrologue,