‹ Dictionnaire infernalChapitre 42 sur 368 · ATH · texte numérisé non relu

ATH

je découvre encore dans votre horoscope que vous n'êtes pas riche. — Cela est vrai, répondit-elle.— Madame, poursuivit-il en considérant de nouveau les figures des astres, n'avezvous rien perdu? — J'ai perdu, lui dit-elle, l'argent que je viens de vous donner. » — Darah , l'un des quatre fils du grand-mogol Schah-Géhan, ajoutait beaucoup de foi aux prédictions des astrologues. Un de ces doctes lui avait prédit, au péril de sa tête, qu'il porterait la couronne. Darah comptait là-dessus. Comme on s'étonnait que cet astrologue osât garantir sur sa vie un événement aussi incertain : « Il arrivera de deux choses l'une, répondit-il, ou Darah parviendra au trône, et ma fortune est faite ; ou il sera vaincu, et dès lors sa mort est certaine, et je ne redoute pas sa vengeance. » — Heggiage, général arabe sous le calife Valid, consulta, dans sa dernière maladie , un astrologue qui lui prédit une mort prochaine. « Je compte tellement sur votre habileté, lui répondit Heggiage, que je veux vous avoir avec moi dans l'autre monde, et je vais vous y envoyer le premier, afin que je puisse me servir de vous dès mon arrivée. » Et il lui fit couper la tête, quoique le temps fixé par les astres ne fût pas encore arrivé. — L'empereur Manuel, qui avait aussi des prétentions à la science de l'astrologie, mit en mer, sur la foi des astres, une flotte qui devait faire des merveilles et qui fut vaincue, brûlée et coulée bas. — Henri VII, roi d'Angleterre, demandait à un astrologue s'il savait où il passerait les fêtes de Noël. L'astrologue répondit qu'il n'en savait rien. « Je suis donc plus habile que toi, répondit le roi ; car je sais que tu les passeras dans la Tour de Londres. » Il l'y fit conduire en même temps. Il est vrai que c'était une mauvaise raison. — Un astrologue regardant au visage Jean Galéas, duc de Milan, lui dit : « Seigneur, arrangez vos affaires, car vous ne pouvez vivre long-temps.

— Comment le sais-tu ? lui demanda le duc.

— Par la connaissance des astres. — Et toi, combien dois-tu vivre? — Ma planète me promet une longue vie. — Oh bien ! tu vas voir qu'il ne faut pas se fier aux planètes; » et il le fit pendre sur-le-champ.

Astronomancie , — divination par les astres. C'est la même chose que l'astrologie.

Astyle, — devin fameux dans l'histoire des Centaures. On trouve dans Plutarque un autre devin nommé Astyphile. Voy. Cimon.

Aswith, — VOy. ASMOND.

Athénagore, — philosophe platonicien, qui embrassa le christianisme au deuxième siècle. On peut lire son Traité de, la résurrection des

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morts, traduit du grec en français par Gaussart, prieur de Sainte-Foy, Paris, 1574, et par Duferrier, Bordeaux, 1577, in-8°.

Athénaîs , — sibylle d'Érythrée. Elle prophétisait du temps d'Alexandre. Voy. Sibylles.

Atbénodore, — philosophe stoïcien du siècle d'Auguste. On conte qu'il y avait à Athènes une fort belle maison où personne n'osait demeurer, à cause d'un spectre qui s'y montrait la nuit. Athénodore, étant arrivé dans cette ville, ne s'effraya point de ce qu'on disait de la maison décriée, et l'acheta. — La première nuit qu'il y passa, étant occupé à écrire, il entendit tout à coup un bruit de chaînes, et il aperçut un vieillard hideux, chargé de fers, qui s'approchait de lui à pas lents. Il continua d'écrire. Le spectre l'appelant du doigt, lui fit signe de le suivre. Athénodore répondit à l'esprit, par un autre signe, qu'il le priait d'attendre, et continua son travail ; mais le spectre fit retentir ses chaînes à ses oreilles, et l'obséda tellement que le philosophe, fatigué, se détermina à voir l'aventure. Il marcha avec le fantôme, qui disparut dans un coin de la cour. Athénodore étonné arracha une poignée de gazon pour reconnaître le lieu, rentra dans sa chambre, et le lendemain il fit part aux magistrats de ce qui lui était arrivé. On fouilla dans l'endroit indiqué; on trouva les os d'un cadavre avec des chaînes, on lui rendit les honneurs de la sépulture, et dès ce moment, ajoute-t-on, la maison fut tranquille *. Voy. Ayola et Arignote.

Atinius. — Tite-Live raconte que, le matin d'un jour où l'on représentait les grands jeux, un citoyen de Rome conduisit un de ses esclaves à travers le cirque en le faisant battre de verges; ce qui divertit ce grand peuple romain. Les jeux commencèrent à la suite de cette parade ; mais quelques jours après Jupiter Capitolin apparut la nuit, en songe, à un homme du peuple nommé Atinius 2, et lui ordonna d'aller dire de sa part aux consuls qu'il n'avait pas été content de celui qui menait la danse aux derniers jeux, et que l'on recommençât la fête avec un autre danseur. — Le Romain, à son réveil, craignit de se rendre ridicule en publiant ce songe ; et le lendemain son fils, sans être malade, mourut subitement. La nuit suivante, Jupiter lui apparut de nouveau et lui demanda s'il se trouvait bien d'avoir méprisé l'ordre des dieux, ajoutant que s'il n'obéissait il lui arriverait pis. Atinius, ne s'étant pas encore décidé à

1 Plin. jun., Epist., lib. VII, op. 27, ad Saram. *• Plutarque le nomme Tiius Lalinus dans la Vie de Conolan.

A.UB — parler aux magistrats, fut frappé d'une paralysie qui lui ôta l'usage de ses membres. Alors il se fit porter en chaise au sénat, et raconta tout ce qui s'était passé. Il n'eut pas plus tôt fini son récit qu'il se leva, rendu à la la santé. — Toutes ces circonstances parurent miraculeuses. On comprit que le mauvais danseur était l'esclave battu. Le maître de cet infortuné fut recherché et puni ; on ordonna aussi de nouveaux jeux qui furent célébrés avec plus de pompe que les précédents, l'an de Rome 265.

Atropos, — l'une des trois Parques; c'est elle qui coupait le fil. Hésiode la peint comme très-féroce ; on lui donne un vêlement noir, des traits ridés et un maintien peu séduisant.

Attila, — dit le Fléau de Dieu, que saint Loup, évêque de Troyes, empêcha de ravager la Champagne. Comme il s'avançait sur Rome pour la détruire, il eut une vision : il vit en songe un vieillard vénérable, vêtu d'habits sacerdotaux, qui, l'épée nue au poing, le menaçait de le tuer s'il résistait aux prières du pape Léon ; et le lendemain, quand le pape vint lui demander d'épargner Rome, il répondit qu'il Je ferait, et ne passa pas plus avant. Paul Diacre dit, dans le livre xvdeson Histoire de Lombardie, que ce vieillard merveilleux n'était autre, selon l'opinion générale, que saint Pierre, prince des apôtres. — Des légendaires ont écrit qu'Attila était le fils d'un démon.

Attouchement. ■ — Pline dit que Pyrrhus guérissait les douleurs de rate en touchant les malades du gros doigt de son pied droit; et l'empereur Adrien, en touchant les hydropiques du bout de l'index, leur faisait sortir l'eau du ventre. Beaucoup de magiciens et de sorciers ont su produire également des cures merveilleuses par le simple attouchement. Voy. Charmes, Écrouelles, etc.

Aubigné (Nathan d'), — en latin Albineus, fils du fameux huguenot d'Aubigné. Il était partisan de l'alchimie. Il a publié sous le titre de Bibliothèque chimique J, un recueil de divers traités, recherché par ceux qui croient à la pierre philosophale.

Aubrey ( Jean), — Àlberius, savant antiquaire anglais, mort en 4700. Il a donné, en 4 696, un livre intitulé : Mélanges sur les sujets suivants : Fatalité de jours, fatalité de lieux, présages, songes, apparitions, merveilles et prodiges; réimprimé en 4721, avec des additions.

1 Bibliotheca chimica contracta ex delectu et emendatione Nathanis Albinei, in-8°. Genève, 1654 et 1673.

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