AU G
Aubry (Nicole) , — possédée de Laon au seizième siècle. Boulvèse, professeur d'hébreu au collège de Montaigu, homme qui croyait tout, a écrit l'histoire de cette possession, qui fit grand bruit en 1566. — Nicole Aubry, de Vervins, fille d'un boucher et mariée à un tailleur, allait prier sur le tombeau de son grandpère, mort sans a voir pu faire sa dernière confession ; elle crut le voir sortir du tombeau, lui demandant de faire dire des messes pour le repos de son âme, qui était dans le purgatoire. La jeune femme en tomba malade de frayeur. On s'imagina alors que le diable avait pris la forme de Vieilliot , grand-père de Nicole , et qu'elle était maléûciée. Si cette femme jouait une comédie, elle la joua bien; car elle fit croire à toute la ville de Laon qu'elle était possédée de Belzébut, de Baltazo et de plusieurs autres démons. Elle disait que vingtneuf diables, ayant formes de chats et taille de moutons gras, l'assiégeaient de temps en temps. Elle obtint qu'on l'exorcisât; et on publia que les démons s'étaient enfuis, Astaroth sous la figure d'un porc, Cerberus sous celle d'un chien, Belzébut sous celle d'un taureau. On ne sait trop comment juger ces faits inconcevables, si fréquents au seizième siècle. Nicole Aubry parvint à se faire présenter, le 27 août 4 566, au roi Charles IX, qui lui donna dix écus d'or.
Augerot, — sorcier. Voy. Chorropiqde.
Augures. — Les augures étaient chez les Romains les interprètes des dieux. On les consultait avant toutes les grandes entreprises : ils jugeaient du succès par le vol, le chant et la façon de manger des oiseaux. On ne pouvait élire un magistrat, ni donner une bataille, sans avoir consulté l'appétit des poulets sacrés ou les entrailles des victimes. Annibal pressant le roi Prusias de livrer bataille aux Romains, celui-ci s'en excusa, en disant que les victimes s'y opposaient. « C'està-dire, reprit Annibal, que vous préférez l'avis d'un mouton à celui d'un vieux général. » — Les augures prédisaient aussi l'avenir, par le moyen du tonnerre et des éclairs, par les éclipses, et par les présages qu'on tirait de l'apparition des comètes. Les savants n'étaient pas dupes de leurs cérémonies, et Cicéron disait qu'il ne concevait pas que deux augures pussent se regarder sans rire. — Quelquesuns méprisèrent, il est vrai, la science des augures; mais ils s'en trouvèrent mal, parce que le peuple la respectait. On vint dire à Claudius Pulcher, prêt à livrer bataille aux Carthaginois, que les poulets sacrés refusaient de manger. « Qu'on les jette à la mer, répon-