‹ Dictionnaire infernalChapitre 44 sur 368 · AUG · texte numérisé non relu

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dit-il, s'ils ne mangent pas, ils boiront. » Mais l'armée fut indignée de ce sacrilège, et Claudius perdit la bataille. — Les oiseaux ne sont pas, chez nos bonnes gens, dépourvus du don de prophétie. Le cri de la chouette annonce la mort. Le chant du rossignol promet de la joie; le coucou donne de l'argent quand on porte sur soi quelque monnaie le premier jour qu'on a le bonheur de l'entendre, etc. Si une corneille vole devant vous, dit Cardan, elle présage un malheur futur ; si elle vole à droite, un malheur présent; si elle vole à gauche, un malheur qu'on peut éviter par la prudence: si elle vole sur la tête, elle annonce la mort, pourvu toutefois qu'elle croasse : car, si elle garde le silence, elle ne présage rien. — On dit que la science des augures passa des Chaldéens chez les Grecs et ensuite chez les Romains. Elle est défendue aux Juifs par le chapitre 29 du Lévitique. — Gaspard Peucer dit que les augures se prenaient de cinq choses : 4° du ciel; 2° des oiseaux; 3° des bêtes à deux pieds ; 4° des bêtes à quatre pieds ; 5° de ce qui arrive au corps humain, soit dans la maison, soit hors de la maison. Mais les anciens livres auguraux , approuvés par Maïole dans le deuxième colloque du supplément à ses Jours caniculaires, portent les objels d'augures à douze chefs principaux , selon le nombre des douze signes du zodiaque : 4° l'entrée d'un animal sauvage ou domestique dans une maison; 2° la rencontre d'un animal sur la route ou dans la rue; 3° la chute du tonnerre; 4° un rat qui mange une savate, un renard qui étrangle une poule, un loup qui emporte une brebis, etc.; 5° un bruit inconnu entendu dans la maison, et qu'on attribuait à quelque lutin; 6° le cri de la corneille ou du hibou, un oiseau qui tombe sur le chemin, etc.; 7° un chat ou tout autre animal qui entre par un trou dans la maison; on le prenait pour un mauvais génie; 8° un flambeau qui s'éteint tout seul, ce que l'on croyait une malice d'un démon ; 9° le feu qui pétille. Les anciens pensaient que Vulcain leur parlait alors dans le foyer; 4 0° ils tiraient encore divers présages lorsque la flamme étincelait d'une manière extraordinaire; 11° lorsqu'elle bondissait, ils s'imaginaient que les dieux Lares s'amusaient à l'agiter; 42° enfin, ils regardaient comme un motif d'augure une tristesse qui leur survenait tout à coup. Nous avons conservé quelques traces de ces superstitions, qui ne sont pas sans poésie 1 . — Les Grecs modernes tirent des augures du cri des pleureuses à gages. Ils disent que si l'on entend braire un âne à

1 Dictionnaire philosophique, au mot Augures,

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