‹ Dictionnaire infernalChapitre 57 sur 368 · L — BER · texte numérisé non relu

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aussi Nocticula, Hérodias ou la Lune. On voit, dans des manuscrits de l'église de Cousérans, que des dames au quatorzième siècle avaient le renom d'aller à cheval aux courses nocturnes de Bensozia. Toutes, comme les sorcières au sabbat, faisaient inscrire leur nom sur un catalogue, et après cela se croyaient fées. On remarquait encore au dernier siècle , à Montmorillon en Poitou , sur le portique d'un ancien temple, une femme enlevée par deux serpents dans les airs. C'était sans doute le modèle de la contenance des sorcières ou fées dans leurs courses de nuit1.

Benthaméléon. — Titus, ayant pris Jérusalem, publia un édit qui défendait aux Juifs d'observer le sabbat et de se circoncire, et qui leur ordonnait de manger toute espèce de viande. Les Juifs consternés envoyèrent à Titus le rabbin Siméon , qui passait pour un homme très-habile. Siméon s'étant mis en chemin avec le rabbin Éléazar, ils rencontrèrent un diable, nommé Benthaméléon, qui demanda à les accompagner, leur avouant quelle était sa nature, mais se disant enclin à rendre service et leur promettant d'entrer dans le corps de la fille de Titus, et d'en sortir aussitôt qu'ils le lui commanderaient, afin qu'ils pussent gagner l'empereur par ce prodige. Les deux rabbins acceptèrent sa proposition avec empressement; et, Benthaméléon ayant tenu parole , ils obtinrent en effet la révocation de l'édit.

Bérande , — sorcière brûlée à Maubec , près Beaumont de Lomaignie, en 1577. En allant au supplice, elle accusa une demoiselle d'avoir été au sabbat; la demoiselle le nia; Bérande lui dit : « Ne sais-tu pas que la dernière fois que nous fîmes la danse, à la Croix du pâté, tu portais le pot de poison?... » Et la demoiselle fut réputée sorcière, parce qu'elle ne sut que répondre 2.

Berbîguïer. — Alexis- Vincent- Charles Berbiguier de Terre-Neuve du Thym, né à Carpentras, est un auteur qui vivait encore il y a peu de temps, et qui a publié en 1821 un ouvrage dont voici le titre : Les Farfadets, ou tous les démons ne sont pas de Vautre monde, 3 vol. in-8°, ornés de huit lithographies et du portrait de l'auteur, entouré d'emblèmes, surmonté de cette devise : Le Fléau des Farfadets. — L'auteur, qui était fou, débute par une dédicace à tous les empereurs, rois, princes souverains des quatre parties clu monde. « Réunissez vos efforts aux

1 Dom Martin, Religion des Gaulois, t. II, p. 59 et 65.

2 M. Jules Garinet. Histoire de la magie en France, p. 132.

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miens, leur dit-il, pour détruire l'influence des démons, sorciers et farfadets qui désolent les malheureux habitants de vos États. » Il ajoute qu'il est tourmenté par le diable depuis vingt-trois ans : et il dit que les farfadets se métamorphosent sous des formes humaines pour vexer les hommes. Dans le chapitre 2 de son livre, il nomme tous ses ennemis par leur nom, soutenant que ce sont des démons déguisés, des agents de Belzébuth; qu'en les appelant infâmes et coquins, ce n'est pas eux qu'il insulte, mais les démons qui se sont emparés de leurs corps. « On me fait passer pour fou, s'écrie-t-il ; mais si j'étais fou, mes ennemis ne seraient pas tourmentés comme ils le sont tous les jours par mes lardoires, mes épingles, mon soufre, mon sel, mon vinaigre et mes cœurs de bœuf. » — Les trois , volumes sont en quelque sorte les Mémoires de l'auteur, que le diable ne quitte pas. Il établit le pouvoir des farfadets; il conte, au chapitre 4, qu'il s'est fait dire la bonne aventure en '1796 par une sorcière d'Avignon, appelée la Mansolte, qui se servait pour cela du jeu de tarots. « Elle y ajouta, dit-il , une cérémonie qui , sans doute , est ce qui m'a mis entre les mains des farfadets. Elles étaient deux disciples femelles de Satan ; elles se procurèrent un tamis propre à passer de la farine, sur lequel on fixa une paire de ciseaux par les pointes. Un papier blanc plié était posé dans le tamis. La Mansotte et moi nous tenions chacun un anneau des ciseaux , de manière que le tamis était, par ce moyen, suspendu en l'air. Aux divers mouvements du tamis, on me faisait des questions qui devaient servir de renseignements à ceux qui voulaient me mettre en leur possession. Les sorcières demandèrent trois pots : dans l'un elles enfermèrent quelques-uns des tarots jetés sur la table, et préférablement les cartes à figures. Je les avais tirées du jeu les yeux bandés. Le second pot fut garni de sel, de poivre et d'huile; le troisième de laurier. Les trois pots, couverts, furent déposés dans une alcôve, et les sorcières se retirèrent pour attendre l'effet... Je rentrai chez moi à dix heures du soir; je trouvai mes trois croisées ouvertes , et j'entendis au-dessus de ma tête un bruit extraordinaire. J'allume mon flambeau ; je ne vois rien. Le bruit que j'entendais ressemblait au mugissement des bêles féroces ; il dura toute la nuit. Je souffris trois jours diverses tortures, pendant lesquelles les deux sorcières préparaient leurs maléfices. Elles ne cessèrent, tant que dura leur manège, de nie demander de l'argent. 11 fallait aussi que j(> fusse là pour leur donner du sirop, des

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rafraîchissements et des comestibles ; car leurs entrailles étaient dévorées par le feu de l'enfer. Elles eurent besoin de rubans de différentes couleurs, qu'elles ne m'ont jamais rendus. Pendant huit jours que dura leur magie , je fus d'une tristesse accablante. Le quatrième jour, elles se métamorphosèrent en chats , venant sous mon lit pour me tourmenter. D'autres fois elles venaient en chiens : j'étais accablé par le miaulement des uns et l'aboiement des autres. Que ces huit jours furent longs ! » Berbiguier s'adressa à un tireur de cartes, qui se chargea de combattre les deux sorcières; mais il ne lui amena que de nouveaux tourments. Dans les chapitres suivants, l'auteur se fait dire encore sa bonne aventure et se croit obsédé; il entend sans cesse à ses oreilles des cris de bêtes affreuses ; il a des peurs et des visions. Il vient à Paris pour un procès, fait connaissance d'une nouvelle magicienne, qui lui lire les cartes. « Je lui demandai, dit-il, si je serais toujours malheureux; elle me répondit que non; que, si je voulais, elle me guérirait des maux présents et à venir, et que je pouvais moi-même faire le remède. — 11 faut, me dit-elle, acheter une chandelle de suif chez la première marchande dont la boutique aura deux issues, et tâcher, en payant, de vous faire rendre deux deniers. » Elle me recommanda de sortir ensuite par la porte opposée à celle par laquelle je serais entré, et de jeter les deux deniers en l'air : ce que je fis. Je fus grandement surpris d'entendre le son de deux écus au lieu de celui des deux deniers. L'usage qu'elle me dit de faire de la chandelle fut d'allumer d'abord mon feu , de jeter dedans du sel, d'écrire sur un papier le nom de la première personne qui m'a persécuté, de piquer ce papier dans tous les sens, d'en envelopper la chandelle en l'y fixant avec une épingle, et de la laisser brûler entièrement ainsi. Aussitôt que j'eus tout exécuté, ayant eu la précaution de m'armer d'un couteau en cas d'attaque, j'entendis un bruit effroyable dans le tuyau de ma cheminée; je m'imaginai que j'étais au pouvoir du magicien Mo- , reau, que j'avais consulté à Paris. Je passai la nuit à alimenter le feu, en y jetant de grosses poignées de sel et de soufre, pour prolonger le supplice de mes ennemis... » — M. Berbiguier fit neuf jours de suite la même opération, sans se voir débarrassé des farfadets et magiciens. — Les trois volumes sont partout de cette force, et nous ne dirons rien de trop en rangeant cet ouvrage parmi les plus extravagantes productions. L'auteur se croyait en correspondance avec des sorciers

ot des démons. Il rapporte des lettres faites par des plaisants assez malhabiles , et qu'il attribue à Lucifer, à Rothomago et à d'autres dont elles portent les signatures. En voici une qu'il a transcrite scrupuleusement :

A M. Berbiguier.

« Abomination de la détestation, tremblement de terre, déluge, tempête, vent, comète, planète, Océan, flux, reflux, génie, sylphe, faune, satyre, Sylvain, adriadeet amadriade'

» Le mandataire du grand génie du bien et du mal, allié de Belzébuth et de l'enfer, compagnon d'armes d'Astaroth, auteur du péché originel et ministre du Zodiaque, a droit de posséder, de tourmenter, de piquer, de purger, de rôtir, empoisonner, poignarder et litifier le très-humble et très-patient vassal Berbiguier, pour avoir maudit la très-honorable et indissoluble société magique: en foi , de quoi nous avons fait apposer les armes de la société.

» Fait au soleil, en face de la lune, le grand officier, ministre plénipotentiaire, le 5818e jour et la 5819e heure de nuit, grand'croix et tribun de la société magique. Le présent pouvoir aura son effet sur son ami Coco. (C'était l'écureuil de M. Berbiguier.)

» Thésaurochrysonicochrysidès.

» Par son excellence le secrétaire,

» PlNCHlCHI-PlNCHI.

» 30 mars 1818.

»P. S. Dans huit jours tu seras en ma puissance ; malheur à toi si tu fais paraître ton ouvrage ! »

Bérenger, — hérétique du onzième siècle. Guillaume de Malmesbury raconte { qu'à son lit de mort Bérenger reçut la visite de son ancien ami Fulbert, lequel recula devant le lit où gisait le malade, disant qu'il n'en pouvait approcher, parce qu'il voyait auprès de lui un horrible et grand démon très-puant. Les uns disent qu'on chassa ce démon ; d'autres assurent qu'il tordit le cou à l'hérétique mal converti et l'emporta.

Bergers. — On est encore persuadé, dans beaucoup de villages, que les bergers commercent avec le diable , et qu'ils font adroitement des maléfices. Il est dangereux, assure-t-on, de passer près d'eux sans les saluer ; ils fourvoient loin de sa route le voyageur qui les offense, font naître des orages devant ses pas et des précipices à ses pieds. On conte là-dessus beaucoup d'histoires terribles. Voy. Dams. — Un voyageur, passant

1 In Historiâ Anglor. sub Gullielmo I,

à cheval à l'entrée d'une foret du Mans, renversa un vieux berger qui croisait sa route, et ne s'arrêta pas pour relever le bon homme. Le berger, se tournant vers le voyageur, lui cria qu'il se souviendrait de lui. L'homme à cheval ne fit pas d'abord attention à cette menace; mais bientôt, réfléchissant que le berger pouvait lui jeter un maléfice , et tout au moins l'égarer, il eut regret de n'avoir pas été plus honnête. — Comme il s'occupait de ces pensées, il entendit marcher derrière lui : il se retourne et entrevoit un spectre nu, hideux, qui le poursuit... C'est sûrement un fantôme envoyé par le berger... Il pique son cheval, qui ne peut plus courir. Pour comble de frayeur, le spectre saute sur la croupe du cheval , enlace de ses deux longs bras le corps du cavalier, et se met à hurler. Le voyageur fait de vains efforts pour se dégager du monstre, qui continue de crier d'une voix rauque. Le cheval s'effraie et cherche à jeter à terre sa double charge ; enfin une ruade de l'animal renverse le spectre, sur lequel le cavalier ose à peine jeter les yeux. Il a une barbe sale, le teint pâle, les yeux hagards; il fait d'effroyables grimaces... Le voyageur fuit au plus vite : arrivé au prochain vilhige, il raconte sa mésaventure. On lui apprend que le spectre qui lui a causé tant de frayeur est un fou échappé qu'on cherche depuis quelques heures ». — Les maléfices de bergers ont eu quelquefois des suites plus fâcheuses. Un boucher avait acheté des moutons sans donner le pourboire au berger de la ferme. Celui-ci se vengea; en passant le pont qui se trouvait sur leur route, les moutons se ruèrent dans l'eau la tête la première.

— On conte aussi qu'un certain berger avait fait un sort avec la corne des pieds de ses bêtes, comme cela se pratique parmi eux pour conserver les troupeaux en santé. 11 portait ce sort dans sa poche : un berger du voisinage parvint à le lui escamoter; et, comme il lui en voulait depuis long-temps, il mit le sort en poudre et l'enterra dans uno fourmilière avec une taupe, une grenouille verte et une queue de morue, en disant : maudit ion, perdition, destruction; et au bout de neuf jours il déterra son maléfice et le sema dans l'endroit où devait paître le troupeau de son voisin , qui fut détruit. — D'autres bergers, avec trois cailloux pris en différents cimetières et certaines paroles magiques, donnent des dyssenteries, envoient la gale à leurs ennemis, et font mourir autant d'animaux qu'ils souhaitent. C'est toujours l'opinion des

1 MadameGabnelledeP),'t%Hist, des Fantômes, etc., p. 205'.

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gens de village. Quoique ces pauvres gens ne sachent pas lire, on craint si fort leur savoir et leur puissance, dans quelques hameaux, qu'on a soin de recommander aux voyageurs de ne pas les insulter, et de passer auprès d'eux sans leur demander quelle heure il est, quel temps il fera, ou telle autre chose semblable, si l'on ne veut avoir des nuées, être noyé par des orages, courir de grands périls, et se perdre dans les chemins les plus ouverts. — Il est bon de remarquer que, dans tous leurs maléfices , les bergers emploient des Pater, des Ave, des neuvaines de chapelet. Mais ils ont d'autres oraisons et des prières pour la conservation des troupeaux. Voy. Troupeaux ; et pour l'histoire des bergers de Brie, voy. Hocque.

Bérith, — duc aux enfers, grand et terrible. Il est connu sous trois noms ; quelquesuns le nomment Béai, les Juifs Bérith et les nécromanciens Bolfri. Il se montre sous les traits d'un jeune soldat habillé de rouge des pieds à la tête, monté sur un cheval de même couleur, ayant une couronne sur le front; il répond sur le passé, le présent et l'avenir. On le maîtrise par la vertu des anneaux magiques ; mais il ne faut pas oublier qu'il est souvent menteur. Il a le talent de changer tous les métaux en or ; aussi on le regarde comme le démon des alchimistes. Il donne des dignités et rend la voix des chanteurs claire et déliée. Vingt-six légions sont à ses ordres. — C'était l'idole des Sichemites, et peut-être est-ce le même que le Béruth de Sanchoniaton, que des doctes croient être Pallas ou Diane. L'auteur du Solide trésor du Petit Albert, conte de Bérith une aventure qui ferait croire que ce démon n'est plus qu'un follet ou lutin, si toutefois c'est le même Bérith. — « Je me suis trouvé, dit-il, dans un château où se manifestait un esprit familier, qui depuis six ans avait pris soin de gouverner l'horloge et d'étriller les chevaux. Je fus curieux un matin d'examiner ce manège : mon étonnement fut grand de voir courir l'étrille sur la croupe du cheval, sans être conduite par aucune main visible. Le palefrenier me dit qu'il avait attiré ce farfadet à son service, en prenant une petite poule noire, qu'il avait saignée dans un grand chemin croisé ; que du sang de la poule, il avait écrit sur un morceau de papier : « Bérith fera ma besogne pendant vingt ans, et je le récompenserai ; » qu'ayant ensuite enterré la poule à un pied de profondeur, le même jour le farfadet avait pris soin de l'horloge et des chevaux, et que de temps en temps lui-mémo faisait des trou-

vailles qui lui valaient quelque chose »

— L'historien semble croire que ce lutin était une mandragore *. Les cabalistes n'y voient autre chose qu'un sylphe.

Berna (Benedetto), — sorcier qui, au rapport de Bodin 2 et de quelques autres démonographes, avoua, à l'âge de quatre-vingts ans, qu'il avait eu des liaisons pendant quarante années avéc un démon qu'il nommait Hermione ou Hermeline, et qu'il menait partout avec lui sans que personne l'aperçût : il s'entretenait fréquemment, dit-on, avec cet esprit, qu'on ne voyait pas ; de manière qu'on le prenait, pour un fou (et ce n'était pas autre chose). Il confessa aussi avoir humé le sang de divers petits enfants, et fait plusieurs méchancetés exécrables. Pour ces faits il fut brûlé.

BernacheOU Bernacle, — voy. MACREUSES.

Bernard. — Cardan pense que la sorcellerie ne fut souvent qu'une espèce de maladie hypocondriaque, causée par la mauvaise nourriture des pauvres diables que l'on poursuivait comme sorciers. Il raconte que son père sauva un jour un paysan nommé Bernard, que l'on allait condamner à mort pour sorcellerie, en lui changeant sa façon ordinaire de vivre : il lui donna le matin quatre œufs frais, et autant le soir avec de la viande et du vin; le bon homme perdit son humeur noire, n'eut plus de visions et évita le bûcher.

Bernard (SAMUEL), — VOIJ. POULE NOIRE.

Bernard de Thuringe , — ermite qui vers

le milieu du dixième siècle annonçait la fin du monde. Il appuyait son sentiment sur un passage de l'Apocalypse, qui porte qu'après mille ans l'ancien serpent sera délié. Il prétendait que ce serpent était l'Antéchrist; que par conséquent l'année G90 étant révolue, la venue de l'Antéchrist était prochaine. Il disait que quand le jour de l'annonciation de la sainte Vierge se rencontrerai avec le Vendredi saint ce serait une preuve certaine de la fin du monde; cette prédiction a eu vainement des occasions de se vérifier.

Bernard-le-Trévisan , — alchimiste du

quinzième siècle, que quelques-uns croient avoir été sorcier, né à Padoue en 1406. Il a beaucoup travaillé sur le grand œuvre, et ses ouvrages inintelligibles sont recherchés des alchimistes; ils roulent tous sur la pierre philosophale 3.

1 Admirables secrets du Petit Albert, p. 122. a Démonomanie des sorciers, liv. n, p. 279. 3 De Pliilosopluâ hermeticâ, lib. iv. Strasbourg, 1567, 1GS2; Nuremberg, 1643. — Opus historico-dogmaticum

Bernold, — V01J. BERTHOLD.

Berquin (Louis), — gentilhomme artésien, conseiller de François Ier, qui se mit à déclamer contre les moines et à donner dans le luthéranisme. Ses livres furent brûlés, et la protection du roi le sauva seule d'une abjuration publique; mais on le reprit bientôt. Il se mêlait aux orgies des sorciers; on le convainquit d'avoir adoré le diable; on produisit contre lui de si tristes griefs, que le roi n'osa plus le défendre, et il fut brûlé en place de Grève le 17 avril 1529.

Berrid, — VOIJ. PURGATOIRE.

Berson, — docteur en théologie et prédicateur visionnaire delà cour sous Henri 111, qui s'imaginait être Énoch, et qui voulait aller porter l'Évangile dans le Levant avec un prêtre flamand qui se vantait d'être Élie. Taillepier] dit avoir entendu Berson prêcher cette bizarrerie devant le frère du roi, à Château-Thierry *.

Berthe, — voy. Robert, roi.

Berthier (Guillaume-François ), — célèbre jésuite, mort en 1 782. Voltaire a publié la relation de la maladie, de la mort et de l'apparition du jésuite Berthier ; mais ce n'est qu'une assez mauvaise plaisanterie. Le père Berthier vivait encore.

Berthoîd. — Après la mort de Charles-le- Chauve, un bourgeois de Reims, nommé Berthoîd ou Bernold, gravement malade, ayant reçu les sacrements, fut quatre jours sans prendre aucune nourriture et se sentit alors si faible qu'à peine lui trouva-t-on un peu de palpitation et de respiration. Vers minuit, il appela sa femme et lui dit de faire promptement venir son confesseur. Le prêtre était encore dans la cour, que Berthold dit : « Mettez ici un siège; car le prêtre vient. » Il entra, et dit quelques prières auxquelles Berthold répondit : puis il tomba en extase ; et quand il en sortit, il raconta un voyage que son âme venait de faire. — Il était allé en purgatoire, conduit par un esprit, et y avait vu beaucoup de gens qu'on faisait geler et bouillir tour à tour. Parmi les prélats se trouvaient Ebbon, archevêque de Reims, Léopardelle ou Pardule, évêque de Laon et l'évêque Énée, qui étaient vêtus d'habits déchirés et roussis; ils avaient le visage ridé, la figure

péri chymeias, cum J.-F. Pici libris tribus de auro. Ursellis, 1598. In-8°. — Tractatus de secrctissimo philosophorum opère chimico, et responsio ad Tliomam de Bononiâ. Bâle, 1600. — Opuscula chemica de lapide phiïosophonim, en français. Anvers 1567. — Bernardus redivivus, vel opus de chimifi, historico-dogmaticum, è gallico in latinum versum. Francfort, 1625.

1 Psychologie ou Traité de l'apparition des esprits , ch. 3,

basanée. Ils l'appelèrent : « Recommandez à nos amis, dirent-ils, de prier pour nous. » Berthold le promit. Revenu à lui, il fit faire la commission, tomba derechef en extase et, retournant en purgatoire , il trouva à la porte Ebbon avec les autres prélats qui en sortaient habillés de blanc et qui le remercièrent. Il vit ensuite l'âme du roi Charles-le-Chauve étendue dans un bourbier et tellement décharnée, qu'on pouvait compter ses os et ses nerfs, « Priez l'archevêque Hincmar de me soulager dans mes maux, » dit le roi. — « Volontiers, » répondit Berthold. Il fit encore la commission, et le roi Charles fut soulagé. De plus, il fit écrire aux parents du jeune monarque défunt l'état déplorable où il se trouvait. — Un peu plus loin, Berthold avait vu Jessé, évêque d'Orléans, que quatre démons plongeaient alternativement dans la poix bouillante et dans l'eau glacée. « Ami, priez les miens de s'intéresser à moi, » dit-il à Berthold : le bon homme s'en chargea encore ; et il vit le comte Othaire qui était dans les tourments. Il fit dire à la femme d'Othaire , à ses vassaux et à ses amis de faire des prières et des aumônes pour lui. Berthold, après tout cela, se porta mieux et vécut encore quatorze ans, comme le lui avait promis celui qui l'avait conduit devant tous ces personnages 1

Berthomé du la gnon, dit Champagnal, — sorcier jugé à Montmorillon, en Poitou, dans l'année 1599. Il avoua que son père l'avait mené au sabbat dès sa jeunesse ; qu'il avait promis au diable son âme et son corps; qu'à la Saint-Jean dernière, il avait eu un grand sabbat où le diable les faisait danser en rond; qu'il se mettait au milieu de la danse, en forme de bouc noir, donnant à chacun une chandelle allumée, avec laquelle ils allaient lui baiser le derrière ; que le diable lui octroyait à chaque sabbat quarante sous en monnaie et des poudres pour faire des maléfices ; que quand il le voulait, il appelait le diable qui venait à lui comme un tourbillon de vent ; que la nuit dernière il était venu le visiter en sa prison, et lui avait dit qu'il n'avait pas moyen de le tirer d'où il était; que le diable défendait à tous de prier Dieu, d'aller à la messe et de faire les Pâques; et que lui avait fait mourir plusieurs personnes et bêtes, au moyeu des poudres qu'on lui donnait au sabbat 2.

1 Hincmari archiep. Epist., t. II, p. 806. Leloyor, Disc, et hist. des spectres, liv. vi, ch. 13. Don Calmet, Traité sur les apparit., ch. 46. M. Garinet, Histoire de ja magie en France, p. 56.

2 Discours sommaire des sortilèges et vénéfices tiré des procès criminels jugés au siège royal de Montmorillon, en Poitou, en fannée 1599, p. 29,

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