BUD — J
Bucer (Martin), — grand partisan de Luther, mort à Cambridge en 1 551 . « Étant aux abois de la mort, assisté de ses amis, le diable s'y trouva aussi , l'accueillant avec une figure si hideuse, qu'il n'y eut personne qui , de frayeur, n'y perdît presque la vie. Icelui diable l'emporta rudement, lui creva le ventre et le*tua en lui tordant le cou, et emporta son âme, qu'il poussa devant lui, aux enfers1 . »
Buckingham (GEORGE VlLLIERS, DUC DE),
— favori de Jacques Ier, mort à Portsmouth en 4 628 , illustre surtout par sa fin tragique. — On sait qu'il fut assassiné par Felton, officier à qui il avait fait des injustices. Quelque temps avant sa mort, Guillaume Parker, ancien ami de sa famille, aperçut à ses côtés en plein midi le fantôme du vieux sir George Villiers, père du duc, qui depuis long-temps ne vivait plus. Parker prit d'abord cette apparition pour une illusion de ses sens ; mais bientôt il reconnut la voix de son vieil ami , qui le pria d'avertir le duc de Buckingham d'être sur ses gardes, et disparut. Parker, demeuré seul , réfléchit à cette commission , et , la trouvant difficile, il négligea de s'en acquitter. Le fantôme revint une seconde fois et joignit les menaces aux prières , de sorte que Parker se décida à lui obéir ; mais il fut traité de fou, et Buckingham dédaigna son avis. Le spectre reparut une troisième fois, se plaignit de l'endurcissement de son fils , et tirant un ^poignard de dessous sa robe : « Allez encore, dit-il à Parker ; annoncez à l'ingrat que vous avez vu l'instrument qui doit lui donner la mort. » Et de peur qu'il ne rejetât ce nouvel avertissement, le fantôme révéla à son ami un des plus intimes secrets du duc. — Parker retourna à la cour. Buckingham, d'abord frappé de le voir instruit de son secret, reprit bientôt le ton de la raillerie, et conseilla au prophète d'aller se guérir de sa démence. Néanmoins, quelques semaines après, le duc de Buckingham fut assassiné. On ne dit pas si le couteau de Felton était ce même poignard que Parker avait vu dans la main du fantôme. On peut, du reste, expliquer cette vision. On savait que le duc avait beaucoup d'ennemis, et quelquesuns de ses amis , craignant pour ses jours , pouvaient fort bien se faire des hallucinations.
Bucon, — mauvais diable, cité dans les Clavicules de Salomon. Il sème la jalousie et la haine.
Budas, — hérétique qui fut maître de Manès, et auteur de l'hérésie manichéenne. C'é-
1 Delancrc-, Tableau de l'inconstance des '.tenions, etc. , 1 iv. i", dise. 1.
H — BCN tait, dit Pierre Delancre1, un magicien élève des Brahmanes , et en plein commerce avec les démons. Un jour qu'il voulait faire je ne sais quel sacrifice magique, le diable l'enleva de terre et lui tordit le cou 2 : digne récompense de la peine qu'il avait prise de rétablir par le manichéisme la puissance de Satan !
Buer, — démon de seconde classe, président aux enfers ; il a la forme d'une étoile ou d'une roue à cinq branches , et s'avance en roulant -sur lui-même. Il enseigne la philosophie, la logique et les vertus des herbes médicinales. Il donne de bons domestiques, rend la santé aux malades, et commande cinquante légions .
Bugnot (Étienne), — gentilhomme de la chambre de Louis XIV, auteur d'un livre rare intitulé : Histvire récente pour servir de preuve à la vérité du purgatoire , vérifiée par procèsverbaux dressés en 1663 et 1664, avec un Abrégé de la Vie d'André Bugnot , colonel d'infanterie, et de son apparition après sa mort. In-12, Orléans, 1665. Cet André Bugnot était frère d'Étienne. Son apparition et ses révélations n'ont rien d'original.
Buisson d'épines. — Selon une coutume assez singulière , quand il y avait un malade dans une maison , chez les anciens Grecs , on attachait à la porte un buisson d'épines pour éloigner les esprits malfaisants.
Bullet (Jean-Baptiste), — académicien de Besançon, mort en 1775. On recherche ses Dissertations sur la mythologie française et sur plusieurs points curieux de l'histoire de France. In- 12, Paris, 1771.
Bune , — démon puissant , grand-duc aux enfers. Il a la forme d'un dragon avec trois têtes dont la troisième seulement est celle d'un homme. Il ne parle que par signes ; il déplace les cadavres, hante les cimetières et rassemble les démons sur les sépulcres. Il enrichit et rend éloquents ceux qui le servent ; on
ajoute qu'il ne les trompe jamais Trente
légions lui obéissent 4. — Les démons soumis à Bune, et appelés Bunis, sont redoutés des Tartares, qui les disent très-malfaisants. Il faut avoir la conscience nette pour être à l'abri de leur malice; car leur puissance est grande et leur nombre est immense. Cependant les sorciers du pays les apprivoisent, et c'est par le moyen des Bunis qu'ils se vantent de découvrir l'avenir.
1 Discours des spectres, liv. vni, ch. 5.
? Socrate, Histor. eccles.Jib. I, cap. 121.
•' Wierus, ii\ Pseiidonîonarcluù d»mon.
i Wierus, in Fseiidoni'iuircMà dçembn,