BUR
Bungey (Thomas), — moine anglais, ami de Roger Baron , avec qui les démonographes l'accusent d'avoir travaillé sept ans à la merveilleuse tête d'airain qui parla , comme on sait1. On ajoute que Thomas était magicien, et on en donne pour preuve qu'il publia un livre de la magie naturelle, De magiânaturali, aujourd'hui peu connu. Mais Delrio l'absout de l'accusation de magie '-, et il avoue que son livre ne contient qu'une certaine dose d'idées superstitieuses. Une autre preuve qu'il n'était pas magicien, mais seulement un peu mathématicien, c'est qu'on l'élut provincial des franciscains en Angleterre 3.
Bunis, — VOIJ. BUNE.
Buplage ou Buptage. — « Après la bataille donnée entre le roi Antiochus et les Romains, un officier nommé Buplage, mort dans le combat, où il avait reçu douze blessures mortelles, se leva tout d'un coup au milieu de l'armée romaine victorieuse , et cria d'une voix grêle à l'homme qui le pillait :
Cesse, soldat romain, de dépouiller ainsi
Ceux qui sont descendus dans l'enfer obscurci...
» Il ajouta en vers que la cruauté des Romains serait bientôt punie, et qu'un peuple sorti de l'Asie viendrait désoler l'Europe; ce qui peut marquer l'irruption des Francs ou celle des Turcs sur les terres de l'empire. Après cela, bien que mort, il monta sur un chêne, et prédit qu'il allait être dévoré par un loup ; ce qui eut lieu quoiqu'il fût sur un chêne : quand le loup eut avalé le corps, la tête parla encore aux Romains et leur défendit de lui donner la sépulture. Tout cela paraît très-incroyable 4. Ce ne furent pas les peuples d'Asie mais ceux du nord qui renversèrent l'empire romain.
Burgot (Pierre), loup-garou brûlé à Besançon en 1521 avec Michel Verdun.
Burrough (George), — ministre de la religion anglicane à Salem, dans la Nouvelle-Angleterre , pendu comme sorcier en '1692. On l'accusait d'avoir maléficié deux femmes qui venaient de mourir. La mauvaise habitude qu'il avait de se vanter sottement qu'il savait tout ce qu'on disait de lui en son absence fut admise comme preuve qu'il communiquait avec le diable 5.
1 Voyez Bacon.
' Disquisit. magie, lib. i, cap. 3, qu. 1.
3 Naudé, Apol. pour les grands personnages, etc.,
f Traité dogmatique des apparitions, t. II, p. 153. Leloyer, p. 253.
5 Godwin, Vie des Nécromanciens.
05 — BYL
Burton (Robert), — auteur d'un ouvrage intitulé : Anatomie de la mélancolie, par Démocrite le jeune, in-4°, 1624; mort en 1639. L'astrologie était de son temps très-respectée en Angleterre, sa patrie. Il y croyait et voulait qu'on ne doutât pas de ses horoscopes. Ayant prédit publiquement le jour de sa mort, quand l'heure fut venue il se tua pour la gloire de l'astrologie et pour ne pas avoir un démenti dans ses pronostics. Cardan et quelques autres personnages habiles dans la science des astres ont fait, à ce qu'on croit, la même chose1.
Busas , — prince infernal. Voy. Pruflas.
Butadieu, — démon rousseau, cité dans des procédures du dix-septième siècle.
Buxtorf (Jean), — Westphalien, savant dans la littérature hébraïque, mort en 1629. Les curieux lisent son Abrégé du Talmud , sa Bibliothèque rabbinique et sa Synagogue judaïque2. Cet ouvrage, qui traite des dogmes et des cérémonies des Juifs, est plein des rêveries des rabbins, à côté desquelles on trouve des recherches curieuses.
Byîeth, — démon fort et terrible, l'un des rois de l'enfer, selon la Pseudomonarchie de Wierus. Il se montre assis sur un cheval blanc, précédé de trompettes et de musiciens de tout genre. L'exorciste qui l'évoque a besoin de beaucoup de prudence, car il n'obéit qu'avec fureur. Il faut, pour le soumettre, avoir à la main un bâton de coudrier; et, se tournant vers le point qui sépare l'orient du midi , tracer hors du cercle où l'on s'est placé un triangle ; on lit ensuite la prière qui enchaîne les esprits, et Byleth arrive dans le triangle avec soumission. S'il ne paraît pas, c'est que l'exorciste est sans pouvoir, et que l'enfer méprise sa puissance. On dit aussi que quand on donne à Byleth un verre de vin, il faut le poser dans le triangle ; il obéit plus volontiers , et sert bien celui qui le régale. Il faut avoir soin, lorsqu'il paraît, de lui faire un accueil gracieux, de le complimenter sur sa bonne mine, de montrer qu'on fait cas de lui et des autres rois ses frères : il est sensible à tout cela. On ne négligera pas non plus, tout le temps qu'on passera avec lui, d'avoir au doigt du milieu de la main gauche un anneau d'argent qu'on lui présentera devant la face. Si ces conditions sont difficiles,, en récompense celui qui soumet Byleth devient le plus puissant des hommes. —
1 Curiosités de la littérature, trad. de l'anglais, par Bertin, t. Il'r, p. 51.
2 Operis talmudici brevis recensio et Bibliotheca rabbinica. In-8°. Baie, 1613. — Synagoga judaïca. ln-8". Bâle, 1603, en allemand et en latin. Hanau , 16C4. Bàle, 1641.
Il était autrefois de l'ordre des puissances ; il espère un jour remonter dans le ciel sur le septième trône , ce qui n'est guère croyable. Il commande quatre-vingts légions.
Byron. — Le Vampire, nouvelle traduite de l'anglais de lord Byron, par H. Faber; in-8°, Paris, '1819. Celte nouvelle, publiée sous le nom de lord Byron, n'est pas l'ouvrage de ce poète, qui l'a désavouée. L'auteur n'a pas suivi les idées populaires sur les vampires, il a beaucoup trop relevé le sien. C'est un spectre qui
voyage dans la Grèce, qui fréquente les sociétés d'Athènes , qui parcourt le monde, qui se marie pour sucer sa femme. Les vampires de Moravie étaient extrêmement redoutés ; mais ils avaient moins de puissance. Celui-ci quoiqu'il ait l'œil gris-mort fait des conquêtes. C'est, dit-on, une historiette populaire de la Grèce moderne que lord Byron raconta dans un cercle , et qu'un jeune médecin écrivit à tort ; car il remit à la mode , un instant , des horreurs qu'il fallait laisser dans l'oubli.
Caaba, — VOIJ. IvAABA.
Caacrinolaas, — nommé aussi Caassimolar et Glassialabolas, grand président aux enfers. Il se présente sous la forme d'un chien , et il en a la démarche, avec des ailes de griffon. Il donne la connaissance des art libéraux, et, par un bizarre contraste, il inspire les homicides. On dit qu'il prédit bien l'avenir. Ce démon rend l'homme invisible et commande trente-six légions1. — Le grand Grimoire le nomme Classijalabolas et n'en fait qu'une espèce de sergent qui sert quelquefois de monture à Nébiros ou Naberus. Voij. Cerbère.
Cabadès, — VOIJ. ZOUBB-ADEYER.
Cabale ou Cabbale. — Pic de La Mirandole dit que ce mot, qui, dans son origine hébraïque, signifie tradition, est le nom d'un héréque qui a écrit contre Jésus-Christ, et dont
les sectateurs furent nommés cabalistes —
L'ancienne cabale desJuifs est, selon quelquesuns, une sorte de maçonnerie mystérieuse; selon d'autres , ce n'est que l'explication mystique de la Bible, l'art de trouver des sens cachés dans la décomposition des mots, et la manière d'opérer des prodiges par la vertu de ces mots prononcés d'unecertaine façon. Voy. Thémura et Tiiéomancie. Cette science merveilleuse, si l'on en croit les rabbins, affranchit ceux qui la possèdent des faiblesses de l'humanité, leur procure des biens surnaturels, leur communique le don de prophétie, le pouvoir de faire des miracles, et l'art de transmuer les métaux en or, ou la pierre philosophai. Elle leur apprend aussi que le monde sublunaire ne doit durer que sept mille ans, et que tout ce qui est. supérieur à la lune en
1 Wicrus, in Pseuaomoriarcma dœm.
doit durer quarante-neuf mille. Les Juifs conservent la cabale par tradition orale ; ils croient que Dieu l'a donnée à Moïse au pied du mont Sinaï; que le roi Salomon, auteur d'une figure mystérieuse que l'on appelle Y arbre de la cabale des Juifs, y a été très-expert , et qu'il faisait des talismans mieux que personne. Tostat dit même que Moïse ne faisait ses miracles avec sa verge, que parce que le grand nom de Dieu y était gravé. Valderame remarque que les apôtres faisaient pareillement des miracles avec le nom de Jésus, et les partisans de ce système citent plusieurs saints dont le nom ressuscita des morts. — La cabale grecque, inventée, dit-on, par Pythagore et par Platon, renouvelée par les Valentiniens , tira sa force des lettres grecques combinées, et fit des miracies avec l'alphabet. — La grande cabale, ou la cabale dans le sens moderne proprement dite, est l'art de commercer avec les esprits élémentaires; elle tire aussi bon parti de certains mots mystérieux. Elle explique les choses les plus obscures par les nombres, par le changement de l'ordre des lettres et par des rapports dont les cabalistes se sont formé des règles. Or, voici quels sont, selon les cabalistes, les divers esprits élémentaires.— Les quatre éléments sont habités chacun par des créatures particulières, beaucoup plus parfaites que l'homme , mais soumises comme lui aux lois de la mort. L'air, cet espace immense qui est entre la terre et les cieux, a des hôtes plus nobles que les oiseaux et les moucherons ; ces mers si vastes ont d'autres habitants que les dauphins et les baleines ; la profondeur de la terre n'est pas pour les taupes seulement; et l'élément du feu, plus sublime encore que les trois autres, n'a pas, été fait
pour demeurer inutile et vide.— Les salamandres habitent la région du feu ; les sylphes, le vague de l'air ; les gnomes , l'intérieur de la terre ; et les ondins ou nymphes, le fond des eaux. Ces êtres sont composés des plus pures parties des éléments qu'ils habitent. Adam , plus parfait qu'eux tous, était leur roi naturel ; mais depuis sa faute , étant devenu impur et grossier, il n'eut plus de proportion avec ces substances, il perdit tout l'empire qu'il avait sur elles et en ôta la connaissance à sa postérité.—Qu'on se console pourtant, on a trouvé dans la nature les moyens de ressaisir ce pouvoir perdu. Pour recouvrer la souveraineté sur les salamandres , et les avoir à ses ordres , qu'on attire le feu du soleil , par des miroirs concaves, dans un globe de verre ; il s'y formera une poudre solaire qui se purifie ellemême des autres éléments, et qui, avalée, est souverainement propre à exhaler le feu qui est en nous , et à nous faire devenir pour ainsi dire, de matière ignée. Dès lors, les habitants de la sphère du feu deviennent nos inférieurs, et ont pour nous toute l'amitié qu'ils ont pour leurs semblables, tout le respect qu'ils doivent au lieutenant de leur créateur. De même, pour commander aux sylphes , aux gnomes , aux nymphes , qu'on emplisse d'air, de terre ou d'eau , un globe de verre, et qu'on le laisse, bien fermé, exposé au soleil pendant un mois. Chacun de ces éléments ainsi purifié est un aimant qui attire les esprits qui lui sont propres. — Si on en prend tous les jours durant quelque mois, on voit bientôt dans les airs la république volante des sylphes, les nymphes venir en foule au rivage , et les gnomes , gardiens des trésors et des mines, étaler leurs richesses. On ne risque rien d'entrer en commerce avec eux, on les trouvera fort honnêtes gens , savants , bienfaisants et craignant Dieu. Leur âme est mortelle et ils n'ont pas l'espérance de jouir un jour de l'Être Suprême, qu'ils connaissent et qu'ils adorent. Ils vivent fort long-temps, et ne meurent qu'après plusieurs siècles. Mais qu'est-ce que le temps auprès de l'éternité?... Il n'est pourtant pas impossible de trouver du remède à ce mal ; car, de même que l'homme, par l'alliance qu'il a contractée avec Dieu, a été fait participant de la divinité , les sylves , les gnomes , les nymphes et les salamandres deviennent participants de l'immortalité , en contractant alliance avec l'homme ; (nous transcrivons les docteurs cabalistes). Ainsi, une nymphe ou une sylphide devient immortelle, quand elle est assez heureuse pour se marier à un sage; et un gnome ou un sylphe cesse d'être mortel, du moment qu'il épouse une fille des hommes. — Aussi ces êtres se plaisent-ils
avec nous quand nous les appelons. Les cabalistes assurent que les déesses de l'antiquité, et ces nymphes qui prenaient des époux parmi les mortels, et ces démons incubes et succubes, et ces fées, qui dans les temps modernes se montraient au clair de la lime , ne sont que des sylphes, ou des salamandres, ou des ondins. Il y a pourtant des gnomes qui aiment mieux mourir que risquer, en devenant immortels, d'être aussi malheureux que les démons. C'est le diable (disent toujours nos auteurs) qui leur inspire ces sentiments ; il n'y a rien qu'il ne fasse pour empêcher ces pauvres créatures d'immortaliser leur âme par notre alliance. — Les cabalistes sont obligés de renoncer à tout commerce avec l'espèce humaine , s'ils veulent pourtant ne pas offenser les sylphes et les nymphes dont ils recherchent l'alliance. Cependant, comme le nombre des sages cabalistes est fort petit, les nymphes et les sylphides se montrent quelquefois moins délicates, et emploient toutes sortes d'artifices pour les retenir. — Un jeune seigneur de Bavière était inconsolable de la mort de sa femme. Une sylphide prit la figure de la défunte, et s'alla présenter au jeune homme désolé, disant que Dieu l'avait ressuscitée pour le consoler de son extrême affliction . Ils vécurent ensemble plusieurs années, mais le jeune seigneur n'était pas assez homme de bien pour retenir la sage sylphide : elle disparut un jour, et ne lui laissa que ses jupes et le repentir de n'avoir pas voulu suivre ses bons conseils. — Plusieurs hérétiques des premiers siècles mêlèrent la cabale juive aux idées du christianisme, et ils admirent entre Dieu et l'homme quatre sortes d'êtres intermédiaires, dont on a fait plus tard les salamandres , les sylphes, les ondins et les gnomes. Les Chaldéens sont sans doute les premiers qui aient rêvé ces êtres; ils disaient que les esprits étaient les âmes des morts, qui pour se montrer aux gens d'ici-bas, allaient prendre un corps solide dans la lune. La cabale des Orientaux est encore l'art de commercer avec les génies , qu'on évoque par des mots barbares. Au reste , toutes les cabales sont différentes pour les détails ; mais elles se ressemblent beaucoup dans le fond. — On conte surces matières une multitude d'anecdotes. On dit qu'Homère , Virgile, Orphée furent de savants cabalistes. — Parmi les mots les plus puissants en cabale, le fameux mot agla est surtout révéré. Pour retrouver les choses perdues, pour apprendre par révélations les nouvelles des pays lointains, pour faire paraître les absents, qu'on se tourne vers l'orient , et qu'on prononce à haute voix le grand nom
CAC — i
agla! Il opère toutes ces merveilles, même lorsqu'il est invoqué par les ignorants. Voy. Agla. — On peut puiser sur les rêveries de la cabale des instructions plus étendues dans divers ouvrages qui en traitent spécialement, mais qui sont peu recommandables : 1° Le comte de Gabalis , ou Entretiens sur les sciences secrètes; par l'abbé de Villars. La meilleure édition est de 1742. in— 12 ; 2° Lès Génies assistants, suite du Comte de Gabalis, in-12, même année ; 3° Le Gnome irréconciliable, suite des Génies assistants ; 4° Nouveaux entretiens sur les sciences secrètes, suite nouvelle du Comte de Gabalis, même année ; 5° Lettres cabalistiques, par le marquis d'Argens; La Haye, 1741, 6 volumes in-12. Il faut lire dans cet ouvrage, plein comme les précédents de passages condamnés, les lettres du cabaliste Abukiback. Voy. Gnomes, Oxdins, Salamandres, Sylphes, Zédéchias, etc.
Cabires, — dieux des morts, adorés trèsanciennement enÉgypte. Bochard pense qu'il faut entendre sous ce nom les trois divinités infernales : Pluton, Proserpine et Mercure; d'autres ont regardé les Cabires comme des magiciens qui se mêlaient d'expier les crimes des hommes, et qui furent honorés après leur mort. On les invoquait dans les périls et dans les infortunes. Il y a de grandes disputes sur leurs noms, qu'on ne déclarait qu'aux seuls initiés i. Ce qui est certain, c'est que les Cabires sont des démons qui présidaient autrefois à une sorte de sabbat. Ces orgies , qu'on appelait fêtes des Cabires, ne se célébraient que la nuit : l'initié, après des épreuves effrayantes, était ceint d'une ceinture de pourpre, couronné de branches d'olivier et placé sur un trône illuminé pour représenter le maître du sabbat, pendant qu'on exécutait autour de lui des danses hiéroglyphiques.
Cacodémon, — mauvais démon. C'est le nom que les anciens donnaient aux esprits malfaisants; ils appelaient spécialement ainsi un monstre effrayant, un spectre horrible, qui n'était pas assez reconnaissable pour être désigné autrement. Chaque homme avait son bon et son mauvais démon , cacodémon. Les astrologues appelaient aussi la douzième maison du soleil, qui est la plus mauvaise de toutes, cacodémon, parce que Saturne y répand ses malignes influences, et qu'on n'en peut tirer que des pronostics redoutables.
Cactonite, — pierre merveilleuse qui. selon quelques-uns, n'est autre chose que la cornaline. On lui attribue de grandes proprié-
J — CAG
tés. Les anciens en faisaient des talismans
qui assuraient la victoire.
Cacus, — espèce d'ogre de l'antiquité. Il était fils de Vulcain et vomissait du feu parla gueule. Ce monstre, de taille gigantesque, moitié homme et moitié bouc, mangeait les passants dans sa caverne, au pied du mont Aventin, et accrochait les tètes à sa porte. Il fut étranglé par Hercule. — Cacus a été peint quelquefois avec une tête de bête sur un corps d'homme.
Cadavre. — Selon la loi des Juifs, quiconque avait touché un cadavre était souillé; il devait se purifier avant de se présenter au tabernacle du Seigneur. Quelques censeurs des lois de Moïse ont jugé que cette ordonnance était superstitieuse. Il nous paraît, au contraire, dit Bergier, qu'elle était très-sage. C'était une précaution contre la superstition des païens, qui interrogeaient les morts pour apprendre d'eux l'avenir ou les choses cachées; abus sévèrement interdit aux Juifs, mais qui a régné chez la plupart des nations. Voy. Aimant.
Cadrnée OU Cadmie , — qu'on appelle plus
généralement calamine, fossile bitumineux qui donne une teinte jaune au cuivre rouge, et que certains chimistes emploient pour faire de l'or.
Cadière , — V01J. GlRARD.
Caducée. — C'est avec cette baguette ornée de deux serpents entrelacés, que Mercure conduisait les âmes aux enfers et qu'il les en tirait au besoin.
Cadulus, — pieux soldat, dont la légende rapporte qu'il était obsédé par le diable eu forme d'ours '. Il s'en délivra par la prière.
Cœculus, — petit démon né d'une étincelle qui vola de la forge de Vulcain dans le sein de Prenesta. Il fut élevé parmi les bêtes sauvages. On le reconnut à cette particularité, qu'il vivait dans le feu comme dans son élément. Ses yeux, qui étaient fort petits, étaient seulement un peu endommagés par la fumée. Les cabalistes font de lui un salamandre.
Caf, — voy. Kaf.
CagHostro. — Joseph Balsamo , célèbre aventurier du dix-huitième siècle, connu sous le nom d'Alexandre, comte de Cagliostro, naquit, dit-on, à Païenne en 1743, de parents obscurs. Il montra, dans ses premières années, un esprit porté à la friponnerie; tout jeune il escroqua soixante onces d'or à un orfèvre, en lui promettant de lui livrer un tré-
1 DclaïKline, L'Enter des peuples anciens, ch.
1 BoHàlidi Acta sanclorum, 21 aprilis.
GAG - 1
sor enfoui dans une grotte, sous la garde des esprits infernaux; il le conduisit dans cette grotte, où le bonhomme fut assommé de coups de bâton. Cagliostro s'enfuit alors et voyagea avec un alchimiste, nommé Althotas, en Grèce; en Égypte, en Arabie, en Perse, à Rhodes, à Malte. Ayant perdu là son compère, il passa en Anglererre, et d'Angleterre en France , vivant du produit de ses compositions chimiques ( il donnait dans la pierre philosophale), ou de jongleries et d'intrigues ignobles. Il se rendit à Strasbourg, où il fut reçu, en 4 780, avec une sorte de triomphe ; il y guérit certains malades qui l'attendaient , avec une adresse si prompte, que l'on a cru qu'ils étaient apostés et leur mal supposé , à moins que le diable ne fût aux ordres de Cagliostro, comme beaucoup l'ont dit, et comme le faisait penser sa physionomie patibulaire. — Les uns l'ont regardé comme un homme extraordinaire, un inspiré; d'autres comme un vil charlatan; quelques-uns ont vu en lui un membre voyageur de la maçonnerie templière, constamment opulent par les secours nombreux qu'il recevait des diverses loges de l'ordre ; mais le plus grand nombre s'accorde à donner au faste qu'il étalait une source moins honorable encore. — Il se vantait de converser avec les anges; et il faisait entendre en rase campagne (par ventriloqnie) des voix venant du ciel. Il institua une espèce de cabale égyptienne. De jeunes garçons et de jeunes filles, qu'il appelait ses pupilles, ou colombes, se plaçaient dans l'état d'innocence devant une carafe de cristal , et là , abrités d'un paravant, ils obtenaient, par l'imposition des mains du grand cophte (c'était lui qui était le grand cophte) , la faculté de communiquer avec les esprits : ils voyaient dans cette carafe tout ce, qu'ils voulaient voir. — Les travaux de ces pupilles ou colombes ne se bornaient pas à cette cérémonie; Cagliostro leur enseignait encore à découvrir les choses occultes, les événements à venir et les matières curieuses. On ajoute qu'il a fait paraître aux grands seigneurs de Paris et de Versailles, dans des glaces, sous des cloches de verre et dans des bocaux, des spectres animés et se mouvant, ainsi que des personnes mortes qu'on lui demandait à voir. On fait même ce conte. — Un jour que Cagliostro se trouvait en compagnie avec plusieurs de ses amis, ils témoignèrent l'envie de connaître ce que faisait en ce moment une dame de leur société. Aussitôt il forma sur le parquet un carré, passa les mains dessus, et l'ont vit se tracer la figure de la dame jouant aux tressettes avec trois de ses amies. On envova au loçis
09 — GAI de cette dame, que l'on trouva effectivement dans la même attitude, la même occupation, et avec les mêmes personnes. — On rapporte aussi que dans des soupers qui ontfait grand bruit à Paris, il invoquait les morts illustres : tels que Socrate, Platon, Corneille, d'Alembert, Voltaire, etc. Dans sa Lettre au peuple français, datée de Londres, le 20 juin 1786, il prédit que la Bastille serait détruite. Mais depuis long-temps on en avait le projet. — Cagliostro était très-lié avec un joueur de gobelets qui se disait assisté d'un esprit, lequel esprit , à ce qu'on prétend , était l'âme d'un juif cabaliste qui avait tué son père par art magique avant la venue de notre Seigneur. Il disait effrontément que les prodiges qu'il opérait étaient l'effet d'une protection spéciale de Dieu sur lui. ..; que l'Être Suprême, pour l'encourager, avait daigné lui accorder la vision béatifique, etc.; qu'il venait convertir les incrédules. — Il se vantait d'avoir assisté aux noces de Cana ; . . . il était par conséquent contemporainde notre Seigneur. II est dit ailleurs que Cagliostro était né avant le déluge l. — Il fut arrêté à Rome, en 1789, et condamné comme pratiquant à l'ombre de la franc-maçonnerie. Il s'étrangla dans sa prison en 1795. Il a écrit, dit-on, la relation do quelques opérations prétendues magiques, ainsi que d'une transmutation de métaux vils en or, faites à Varsovie en 1780. — On met sur son comple une plate brochure qui apprenait aux vieilles femmes à trouver les numéros de la loterie dans leurs rêves. On vendait tous les ans, à Paris, un grand nombre d'exemplaires de ce fatras, dont voici le titre : Le vrai Cagliostro ou le Régulateur des actionnaires de la loterie, augmenté de nouvelles cabales faites par Cagliostro, etc., in-8°, avec le portrait de l'auteur, au bas duquel on amis ces treize syllabes : Pour savoir ce qu'il est, il faudrait être lui-même.
Caïn. — Les rabbins disent que, ne sachant comment s'y prendre pour tuer son frère Abel, Caïn vit venir à lui le diable, qui lui donna une leçon de meurtre en mettant un oiseau sur une pierre et en lui écrasant la tête avec une autre pierre. — Il y a eu, dans le deuxième siècle, une secte d'hommes effroyables qui glorifiaient le crime et qu'on a appelés caïnites. Ces misérables avaient une grande vénération pour Caïn, pour les horribles habitants de Sodôme, pour Judas et pour d'autres scélérats. Ils avaient un évangile de Judas, et mettaient la perfection à commettre sans honte les actions les plus infûmes.
1 Charlatans célèbres, t. lfr, p. 245.
CAL — î
Caïnan. — On attribue à Caïnan, fils d'Arphaxad , un traité d'Astronomie gravé sur deux colonnes par les enfants de Seth, et qu'il retrouva après le déluge et transcrivit. On prétend aussi que Caïnan découvrit encore certains ouvrages écrits par les géants, lesquels ouvrages ne sont pas venus jusqu'à nous1 .
Caïumarath OU Kaid-Mords. — Le premier homme selon les Persans. Voij. Bounds-
CHESCH.
Cala ( Charles ) , — Calabrois qui écrivait au dix-septième siècle. On recherche son Mémoire sur l'apparition des croix prodigieuses 2, imprimé à Naples en 1 661 .
Calamités. — On a souvent attribué aux démons ou à la malice des sorciers les calamités publiques; Pierre Delancre dit que les calamités des bonnes âmes, sont les joies et festoiements des démons pipeurs 3.
Calaya. — Le troisième des cinq paradis indiens. Là réside Ixora ou Eswara, toujours à cheval sur un bœuf. Les morts fidèles le servent le rafraîchissant avec des éventails , d'autres portant devant lui la chandelle pour l'éclairer la nuit; il en est qui lui présentent des crachoirs d'argent quant il veut expectorer.
Calcerand-Rochez. — Pendant que Hugues de Moncade était vice-roi de Sicile pour le roi Ferdinand d'Aragon, un gentilhomme espagnol, nommé Calcerand-Rochez , eut une vision. Sa maison était située près du port de Palerme. Une nuit qu'il ne dormait pas , il crut entendre des hommes qui cheminaient et faisaient grand bruit dans sa basse-cour ; il se leva, ouvrit la fenêtre et vit, à la clarté du crépuscule, des soldats et des gens de pied en bon ordre, suivis de piqueurs 4 ; après eux , venaient des gens de cheval divisés en escadrons, se dirigeant vers la maison du vice-roi. Le lendemain, Calcerand conta le tout à Moncade , qui n'en tint compte; cependant, peu après, le roi Ferdinand mourut, et ceux de Palerme se révoltèrent. Cette sédition , dont la vision susdite donnait clair présage, ne fut apaisée que par les soins de Charles d'Autriche (Charles-Quint) 5.
Calcbas, — fameux devin de l'antiquité , qui prédit aux Grecs que le siège de Troie
1 Joël, au commencement de sa Chronographie.
2 Syncelli Chronograpliiœ, p. 80.
3 Memorie historiche dell' apparitione délie croci prodigiose da Carlo Cala. In-4°. In Napoli, 1661.
4 Tableau de l'inconstance des mauvais anges, etc., 1 iv. i, p. 25.
{> Leloycr, Disc, et hist. des spectres, p, 272.