‹ Dictionnaire infernalChapitre 80 sur 368 · CER · texte numérisé non relu

CER

ces cercles magiques étaientl'ouvrage des fourmis, parce qu'on trouve souvent ces insectes qui y travaillent en foule. — On regarde encore aujourd'hui , dans les campagnes peu éclairées, les places arides comme le rond du sabbat; dans la Lorraine, les traces que forment sur le gazon les tourbillons des vents et les sillons de la foudre passent toujours pour les vestiges de la danse des fées, et les paysans ne s'en approchent qu'avec terreur '.

Cercueil. — L'épreuve ou jugement de Dieu par le cercueil a été long-temps en usage. Lorsqu'un assassin , malgré les informations, restait inconnu, on dépouillait entièrement le corps de la victime ; on mettait ce corps sur un cercueil, et tous ceux qui étaient soupçonnés d'avoir eu part au meurtre étaient obligés de le toucher. Si l'on remarquait un mouvement, un changement dans les yeux, clans la bouche ou dans toute autre partie du mort, si la plaie saignait, — celui qui touchait le cadavre dans ce mouvement extraordinaire était regardé et poursuivi comme coupable. Richard Cœur-de-Lion s'était révolté contre Henri II son père, à qui il succéda. On rapporte qu'après la mort de Henri , Richard s'étant rendu à Fontevrault, où le feu roi avait ordonné sa sépulture, à l'approche du fils rebelle, le corps du malheureux père jeta du sang par la bouche et par le nez, et que ce sang jaillit sur le nouveau souverain. On cite plusieurs exemples semblables, dont la terrible morale n'était pas trop forte dans les temps barbares.

Cerdon, — hérétique du deuxième siècle, chef des cerdoniens. Il enseignait que le monde avait été créé par le démon, et admettait deux principes égaux en puissance.

Cérès. — Qu'étaient-ce que les mystères de Cérès à Éleusis, sinon les symboles de la sorcellerie, de la magie et du sabbat? A ces orgies, on dansait au son du clairon, comme au sabbat des sorcières, et il s'y passait des choses abominables, qu'il était défendu aux profès de révéler 2. — On voit, dans Pausanias, que les Arcadiens représentaient Cérès avec un corps de femme et une tête de cheval. — On a donné le nom de Cérès à une planète découverte par Piazzi en 1801. Cette planète n'a encore aucune influence sur les horoscopes. Voy. Astrologie.

Cerf. — L'opinion qui donne une trèslongue vie à certains animaux, et principalement aux cerfs, est fort ancienne. Hésiode

1 Madame Élise Voïart, Notes au livre 1er de la "Vierge d'Arduène.

2 Leloyer, Disc, et hist, des spectres, p, 689, 768.

| — CKR dit que la vie de l'homme finit, à quatre-vingtseize ans; que celle de la corneille est neuf fois plus longue, et que la vie du cerf est quatre fois plus longue que celle de la corneille. Suivant ce calcul, la vie du cerf est de trois mille quatre cent cinquante-six ans. Pline rapporte que cent ans après la mort d'Alexandre on prit dans les forêts plusieurs cerfs auxquels ce prince avait attaché luimême des colliers. On trouva, en 4 037, dans la forêt de Senlis, un cerf avec un collier portant ces mots : Cœsar hoc me donavit. « C'est César qui me l'a donné ; » mais quel César ? Ces circonstances ont fortifié toutefois le conte d'Hésiode. Les cerfs ne vivent pourtant que trente-cinq à quarante ans. Ce que l'on a débité de leur longue vie, ajoute Buffon, n'est appuyé sur aucun fondement; ce n'est qu'un préjugé populaire, dont Aristote lui-même a relevé l'absurdité. Le collier du cerf de la forêt de Senlis ne peut présenter une énigme qu'aux personnes qui ignorent que tous les empereurs d'Allemagne ont été désignés par le nom de César. — Une autre tradition touchant le cerf, c'est que la partie destinée à la génération lui tombe chaque année. Après avoir ainsi observé ce qui a lieu par rapport à son bois , on s'est persuadé que la même chose arrivait à la partie en question. L'expérience et la raison détruisent également une opinion si absurde

Cériothe , — hérétique du temps des apôtres. Il disait que Dieu avait créé des génies chargés de gouverner le monde ; qu'un de ces génies avait fait tous les miracles de l'histoire des Juifs ; que les enfants de ces esprits étaient devenus des démons, et que le fils de Dieu n'était venu sur la terre que pour ruiner le pouvoir des mauvais anges. Il avait écrit des révélations qu'il prétendait lui avoir été faites par un ange, avec qui il se vantait de converser familièrement. « Mais cet ange, comme dit Leloyer, é.ait un vrai démon, et pas autre chose. »

Cerne , — mot vieilli. C'était autrefois le nom qu'on donnait au cercle que les magiciens traçaient avec leur baguette pour évoquer les démons.

Céromancie OU Ciromancie , — Divination

par le moyen de la cire, qu'on faisait fondre et qu'on versait goutte à goutte dans un vase d'eau, pour en tirer, selon les figures que formaient ces gouttes, des présages heureux ou malheureux. Les Turcs cherchaient surtout à

1 Brown, Essais sur les erreurs, etc., t. l*r, liv. m, ch. 10. M. Saignes, Des Erreurs et des préjugés, t. 11, p. 215. Buffon, Hist. nat., etc.

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