‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 103 sur 319 · CRE · texte numérisé non relu

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et qu^il serait mort infailliblement si l*on n'était venu à son secours — Éfien, Diosco-

ride., Nicandra, JËtius, Gresner, ont encore écrit que l'haleine du crapaud étail mortelle, et qu'elle infectait les lieux où il respire. On a cité Texemple de deux amants qui, ayant pris de la aaoge sur laquelle on crapaud s'était promené, moururent aussitôt ; mais ce sont ià des contes, démentie, comme tantd'autres, par les expériences. — Sur les bords de l'Oré- Doque 1 sans doute pour cotisoler le crapaud de nos mépris, des Indiens lui rendaient les honneurs d'un culte ; ils gardaient soi^peus^ ment les crapauds sous des vases pour, en obtenir de la pluie ou du beau temps , selon leurs besoins; et ils étaient tellement persuadés qu'il dépendait de ces animaux de raccorder, qu'on les fouettait chaque fois que la prière n'était pas promptement exaucée * .

prap*udîiie« — pierre qui se trouve dans^la tète des crapauds ; les sorcière» la recherchent pour leurs maléfices. Plusieurs écrivains assurent que c'est un objet très-rare ; maia quelques-uns nient Texislence de cette pierre. Cependant Thomas Brown ne croit pas le fait impossible, puisque, dit-il, tous les jours on trouve des substances pierreuses dans la télé des morneâ, des carpes, des gros limaçons sans coquilles. II en est qui pensent que ces crapaudines sont des concrétions minérales que les crapauds rejettent après les avoir avalées, pour nuire à l'homme >. Mais ce ne sont là encore que des contes ridicules.

Crapoulet, — voy. ZozO.

Obatéîft, — déesse des sorciers et des eDchanteurs, mère de la fameuse Scyila.

Oresoenoe, — cardinal , légat du Saint-Siège au concile de Trente, qui mourut paisiblement en 4552. i^ao de Gbassanion, ^uiguenot^ n'aimant pasce prince de l'Église, parce qu'Mâ'étail élevé contre les protestants, a écrit que le d^ble, en forme de chien noir, était venu 1^ voir à son dernier moment et l'ava^it étranglé', ce qui n'est psjs vrai. Mais voy. Carlostad et

Luther.

Crespet (Pierre), — religieux céleâUn, n\arl en \ 594 , auteur d'un traité contre la magie , intitulé : Deux livres de la haine de Satan et des malins esprits contre Vhomme, etc. Paris ^ 4590, in-8<». Cet ouvrçige est rare et curieux.*

1 Pons, Voyage 4 la partie orientale de la terre ferme de rAmérique méridionale, 1. 1.

2 Thomas Brown, Essai sur les erreurs populaires, 1. 1«, liv. Vi, ch. 13, p. 312.

^ Des Grands et redoutables jugements de Dieu, p. 66.

Onbl«. — Parier au crible est un ancien proverbe qui signifiait faire danser un tamis par le moyen de paroles mystérieuses. Théocrite nommait les gens qui avaient ce pouvoir crible-sorciers ou sorciers du crible. -—Je me suis trouvé, dit Bodin ^, il y a vingt ans, dans une maison à Paris , où un jeune homme fit mouvoir un tamis sans y toucher, par la vertu de certaines paroles françaises, et cela devant une société ; et la preuve , dit-il , que c'était par le pouvoir de l'esprit malin, c'est qu^n l'absence de ce jeune homme on essaya d^opéreren prononçant les mômes paroles. Vc^.

COSQUINOMANCIB.

Griérient , — fantômes des naufragés , que les habitants de l'tle de Sein, en Bretagne, croient entendre demander la sépulture à travers ce bruit sourd qui précède les orages. Les anciens Bretons disaient : « Fermons les portes , on entend les criériens , le tourbillon les suit. »

Orîsulomanoîe, — divination par le moyen du cristal. On tirait des présages des miroirs et des vases de cristal , dans lesquels le démon faisait, dit-on, sa demeure. Le roi Childéric cherchait l'avenir dans les prismes d'un petit globe de cristal. Voy, Chien. — Les devins actuels prédisent encore par le miroir. L'anecdote suivants fera connaître leur méthode. — Un pauvre laboureur de Sézanne, à qui on avait volé six cents francs, alla consulter le devin en \ S07. Le devin lui fît donner douze francs, lui mit trois nîouçhçirs plies sur les yeux, un blanc, un noir et un bleu, lui dit de regarder alors dans un grand miroir où il faisait venir le diable et tous ceux qu'il voulait évoquer. « Que voyez- vous? lui demandat-il. — Rien , » répondit le paysan. Là dessus le sorcier parla fort et long-temps ; il recommanda au bonhomme de songer à cel^^ qu'il soupçonnait capable de l'avoir volé, de se représenter les choses et les personnes. Le paysan se monta la tête, et, à travers les trois mouchoirs qui lui serraient les yeux , il crù^. voir passer dans le miroir un homme qui avait un sarrau bleu, un chapeau à grands bords et des sabots. Un moment après il crut le reconnaître , et s'écria qu'il voyait son voteur. « Eh bien! dit le devin , vous prendrez un* cœur de bœuf et soixante clous à lattes, que' vous planterez en croix dans ledit cœur; vOus. le ferez bouillir dans un pot neuf avec un crapaud et une feuille d'oseille : trois jours après, le voleur, s'il n'est pas mort, viendra vous apporter vojtre argent^ ou bien il sera ensor-^ celé. 2> — Le paysan fit tout ce qui lui écinl

X D4inono0aiii« des sorciersi liv* n, p. 156.

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