EPR
rents qu'on appela ËonieDS , et qui se mirent à piller les églises çt les (lioAastères.
Éow. — Selon les gnosUques, les Éoqs sont des élres vivants et iTitelligents que nous appelons des esprits. Les Grecs les nommaient démoas] ce mot a le môme sens. Ces Éons prétendus étaient ou des attributs de Dieu personnifiés, ou des mots hébreux tirés de l'Écriture, ou des mots barbares forgés à discrétion. Ainsi de Pléroma la divinité , sortaient Sophia la sagesse, Nous rintelligence , Sigé le silence, Logos le verbe, Achamoth la prudence, etc. L'un de ces Éons avait formé le monde, l'autre avait gouverné les juifs et fabriqué leur loi, un troisième était venu parmi les hommes, sous le nom de Fils de Dieu ou de Jésus-Christ. Il n'en coûtait rien pour les multiplier ; les uns étaient mâles et les autres femelles, et de leur mariage il était sorti une nombreuse famille. Les Éons étaient issus de Dieu par émanation et par nécessité de nature. Les inventeui*s de ces rêveries disaient encore que l'homme a deux âmes, l'une sensitive qu'il a reçue des Éons, et l'autre intelligente et raisonnable que Dieu lui a donnée pour réparer les bévues des Éons maladroits * .
Bpaule de mouton. — Giraud , cité par M. Gautrel , dans son Mémoire sur la part que les Flamands prirent à la conquête de l'Ânglelerrp par les Normands, dit que les Flamands qui vinrent en Angleterre connais^ saient l'avenir et le passé par l'inspection de I épaule diroile d'un mouton , dépouillée de la viande non rôtie, mais cuite à l'eau : « par un art admirable et vraiment prophétique , ajoute le même écrivain, ils savent les choses qui, dans le moment même, se passent loin d'eux ; ils annoncent avec la plus grande certitude , d'après certains signes , la guerre et la paix, les massacres et les incendies, la maladie et la mort du roi. C'est à tel point qu'ils prévirent, un an auparavant, le bouleversement de l'État après la mort de Henri P'', vendirent tous leurs biens, et échappèrent à leur ruine en quittant le royaume avec leurs richesses. » — Pourtant on voit dans les historiens du temps que ce fait avancé par Giraud n'est pas exact , et qu'il arriva au contraire à ces Flamands beaucoup de choses qu'ils n'avaient pas prévues.
éphialiet ou B^liîalles, Épk^lèt, — nom
que donnaient les Ëoliens à une sorte de démons incubes ^.
l6pBoure. — « Qui pourrait ne pas déplorer le sort d'Épicure, qui a le malheur de passer pour avoir «attaché le souverain bien aux plaisirs des sens , et dont à cette occasion on a ûélri la mémoire ? Si l'on fait réflexion qu'il a vécu soixante-dix ans, qu'il a composé plus d'ouvrages qu'aucun des autres philosophes , qu'il se contentait de pain et d'eau , et quoy quand il voulait diner avec Jupiter il n'y faisait ajouter qu'un peu de fromage, on reviendra bientôt de cette fausse prévention. Que l'on consulte Diogène Laërce, on trouvera dans ses écrits la vie d'Épicure , ses lettres , son testament , et l'on se convaincra que les faits que l'on avance contre lui sont calomnieux. Ce qui a donné lieu à cette erreur, c'est que l'on a mal pris sa doctrine ; en effet, il ne faisait pas consister la félicité dans les plaisirs du corps , mais dans ceux do l'âme , et dans la tranquillité que selon lui on ne peul obtenir que de la sagesse et de ia vertu ^ . » C'est ce que disent quelques critique» combattus par d'autres.
l&pilepsie. — Les rois d'Angleterre ne guérissaient pas seulement les écrouelles , mais encore ils bénissaient des anneaux qui préservaient de la crampe et du mal cadui^. Celte cérémonie se faisait le vendredi-saint. Le roi, pour communiquer aux anneaijx l^ur vçrtu salutaire, les frottait entre ses mains. Ces anneaux, qui étaient d'or ou d'argent, étî^ient envoyés dans toute l'Europe, comme de^ préservatifs infaillibles ; il en est fait n^ention dans différents monuments anciens*. — Il y a d'autres moyens naïfs de traiter l'épilçpsie j qui n'obligent pas à passer la mer. On croyait en guérir chez nos aïeux en attachant au bras du malade un clou tiré d'un crucifix. La môme cure s'opérait en lui mettant sur la poitrine ou dans la poche les noms des trois rois mages , Gaspar, Balthazar^ Melchior. Cette recelte est indiquée dans des livres anciens.
Gaspar fert myrrbam, tlius Melchior, Balthazar aurum, Hœc trJa qui secum portabit n^omina reguo^, Solvitur à mort^o, Christi pietate, caduco.
Bpreuve*. — L'épreuve gothiquç qui servait à reconnaître les sorciers a beaucoup de rapport avec la manière judicieuse que le peuple emploie pour s'assurer si un chien est enragé ou ne Test pas. La foule se rassemble et tourmente , autant que possible, h chien qu'on accuse de rage. Si l'animal dévoué se défend et mord, il est condamné, d'une voix unanime , d'après ce principe , qu'un chien
^ Brown, Essais sur les erreurs, etc., liv. vu, ch. 27, ' Bergier, Dict. théolog., nu mot Gnotligues, p. 329.
' Leloyer, Hist.des spectres ou ap. des esprits Jiv. ii, ^ Lebrun, Hist. des pratiques superstitieuses, t. II,
ch. 0, p. VM. p. 128.