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— Gilillaume de Paris écrit que, l'an 1447, il y avait un esprit à Poitiers dans la paroisse de Saint-Paul , lequel rompait vitres et verrières , et frappait à coups de pierres sans blesser personne ^ Caesarius écrit que la fille d'un prévôt de Cologne était si tourmentée d'un esprit malin, qu'elle eu devint frénétique. Le pèfe fut averti de faire aller sa fille au delà du 9hin et de la changer de lieu ; ce qu'il fit. L'esprit fut obligé d'abandonner la fille , mais il battit tant le père qu'il en mourut trois jours après *. — Nous rapporterons quelques histoires d'esprits. « Au commencement du règne de Charles IV, dit le Bel , l'esprit d'un bourgeois^ mort depuis quelques années, parut sur la place publique d'Arles en Provence ; il rapportait des choses merveilleuses de l'autre monde. Le prieur des Jacobins d'Arles, homme de bien, pensa que ce-t esprit était un démon déguisé. Il se rendijt sur la place ; soudain l'esprit découvrit qui il était, et pria qu'on le tirât du purgatoire. Ayant ainsi parlé , il disparut ; et , c^mme on pria pour son âme, il ne fut oncques vu depuis ^. » -r En 1750, un officier du prince de Gonti , étant couché dans le château de l'Ile-Adam , sentit tout à coup enlever sa couverture; il la retire. On renouvelle l,e manège, tant qu'à la fin l'officier, ennuyé , jure d'exterminer le mauvais plaisant, met l'épée à la main, cherche dans tous les coins et ne trouve rien. Étonné, mais brave, il veut, avant de conter son aventure, éprouver encore le lendemain si l'importun reviendra. Il s'enferme avec soin, se couche, écoute long-temps et finit par s'endormir : alors on lui joue le même tour que la veille. Il s'élanc« du lit, renouvelle ses menaces, et perd son temps en recherches. La crainte s'empare de lui; il appelle un frotteur, qu'il prie de coucher dans sa chambre, sans lui dire pour quel motif; mais l'ç^prit, qui avait fait son tour, ne parait plus. La nuit suivante, il se fait accompagner du frotteur, à qui il raconte ce qui lui est arrivé, et ils se couchent tous deux. Le fantôme vient bientôt, éteint la chandelle qu'ils avaient laissée allur mée, les découvre et s'enfuit. Comme ils avaient entrevu cependant un monstre diiforme , hideux et gambadant, le frotteur s'écria que c'était le diable et courut chercher de l'eau bénite ; mais au moment qu'il levait le gou<-^ pillon pour asperger la chambre, l'esprit la lui enlève et disparaît.... Les deux champions poussent des cris; on accourt; on passe la
' Bodin. Démonomanie des sorciers, liv. m, p. 393. ^ Id., ibid.
3 Leloyer, Ilist. des spectres et apparitions des esprits.
nuit en alarmes, et le matin on aperçoit sur le toit de la maison un gros einge qui, armé du goupillon , le plongeait dans l'eau de la gouttière et en arrosait les passants. — En 1210, un bourgeois d'Épinal, nommé Hugues, fut visité par un esprit qui faisait des choses merveilleuses, et qui parlait sans se montrer. On lui demanda son nom et de quel lieu il venait? Il répond^ qu'il était l'esprit d'un jeune homme de Clérentine, village à sept lieues d'Épinal ; et que sa femme vivait encore. Un jour, Hugues ayant ordonné à son valet de seller son cheval et de lui donner à manger, le valet différa de faire ce qu'on lui commandait ; l'esprit fit son ouvrage, au grand étonnement de 'tout te monde. Un autre jour, Hugues , voulant se faire saigner, dit à sa fiUe de préparer des bandelettes. L'esprit alla prendre une chemise neuve dans une autre chambre , la déchira par bandes , e( viol la présenter au maître , en lui disant de choisir les meilleures. Un autre jour, la servante du logis ayant étendu du linge dans le jardin pour le faire sécher, l'esprit le porta au grenier et le plia plus proprement que n'aurait pu faire la plus habile blanchisseuse. Ce qui est remarquable , c'est que , pendant six moia qu'il fréquenta cette maison, il n'y fit aucun mal ^ personne, et ne rendit que de bons offices, contre l'ordinaire de ceux de son espèce. Voy. Hecdekin. — Sur la fin de l'année 1746, ou entendit comme des soupirs qui partaient d'un coin de l'imprimerie du sieur Labard ^ l'un des conseillers de la ville de Constance. Les garçons de l'imprimerie n'en firent que rire d'abord. Mais dans les premiers jours de janvier, on distingua plus de bruit qu'auparavant. On frappait rudement contre la muraille, vers le même coin où l'on avait d'abord entendu des soupirs ; on en vint jusqu'à donner des soufflets aux imprimeurs et à jeter leurs chapeaux par terre. L'esprit continua son manège pendant plusieurs jours, donnant des soufflets aux uns, jetant des pierres aux autres; en sorte que les compositeurs furent obligés d'abandonner ce coin de l'imprimerie. — Il se fit beaucoup d'autres tours dans lesquels les expériences de la physique amu^nte entrèrent probablement pour beaucoup ; et enfin celte farce cessa. Voy. Revenants, Ap- PARiTioi^s , Dj^olles., etc. — Voici l'histoire d'un esprit qui fut cité en justice. — En 4761 , un fermier de Southams , dans le comté de Warwick (Angleterre), fut assassiné en revenant chez lui : le lendemain, un voisin vint trouver la femme de ce fermier et lui demanda si son mari était rentré; elle répondit que non, et qu'elle en était dans de grandes inquiétudes.