‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 126 sur 319 · EXC · texte numérisé non relu

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amena le supérieur, qui fit ouvrir le cercueil du martyr et lui donna l'absolution, après quoi il demeura en paixdansson tombeau».— C'est un fait merveilleux, que nous ne prétendons pas donner comme incontestable. — Dans le second concile de Limoges, tenu en 4034, Févêque de Cahors raconte une aventure qui lui était particulière, et qu'il présenta c^mme toute récente : « Un chevalier de notre diocèse, dit ce prélat, ayant été tué dans l'excommunication, je ne voulus pas céder aux prières de ses amis, qui me suppliaient vivement de lifi donner l'absolution : je voulais en faire ufi exemple, afin que les autres fussent touchés de crainte; il fut enterré par quelques gentilBhommes, sans cérémonies ecclésiastiques et sans l'assistance des prêtres, dans une église dédiée à saint Pierre. — Le lendemain matin, on trouva son corps hors de terre et jeté nu loin de* son tombeau , qui était demeuré entier, et sans aucune marque qui prouvât qu'on y eût touché. Les gentilshommes qui lavaient enterré n'y trouvèrent que les linges où il avait été enveloppé; ils Tenlerrèrent une seconde fois, et couvrirent la fosse d'une énorme quantité de terre et de pierres. — Le lendemain ils trouvèrent de nouveau le corps hors du tombeau , sans qu'il parût qu'on y eût travaillé. La même chose arriva jusqu'à cinq fois ; enfin ils l'enterrèrent , comme ils purent, loin du cimetière, dans une terre profane; ce qui remplit les seigneurs voisins d'une si grande terreur qu'ils vinrent tous demander la paix 2. » — Jean Bromton raconte dans sa chronique que saint Augustin, apôtre de l'Angleterre, ayant dit devant tout le peuple, avant de commencer la messe : (( Que nul excommunié n'assiste au saint sacrifice I » on vit sortir aussitôt de l'église un mort qui était enterré depuis longues années. Après la messe, saint Augustin, précédé de la croix, alla demander à ce mort pourquoi il était sorti. Le défunt répondit qu'il était mort dans l'excommunication. Le saint pria cet excommunié de lui dire où était enterré le prêtre qui avait porté contre lui la sentence. 'On s'y transporta. Augustin pria le prêtre de se lever : il le fit, et à la demande du saint évoque il donna l'absolution à Texcommunié, et les deux morts retournèrent dans leurs tombeaux. — Les critiques vont se récrier, nous adresser quelque froide plaisanterie ; nous les avertissons que nous ne rapportons celte légende que comme une tradition populaire que nous ne garantissons pas. — Les Grecs schismatiques <;roient que les corps excommuniés ne

< D. Calmet, Dissertation sur les revenants, p. 329* » Concil., t.lX,p. 902.

pourrissent pas en terre, mais qu*ils 8*y conservent noirs et puants — En Angleterre, le tribunal des doctors conimons excommunie encore; et, en 4837, il a frappé de celte peine un marchand de pain d'épices, nommé Studberry, pour avoir dit une parole injurieuse à un autre paroissien dans une sacristie anglicane. Voy. Lnterdit.

BxorémenU. — On sait que le daiaï-lama, ch^f de la religion des Tartares indépendants, est regardé comme un dieu. Ses ex-crémente sont conservés comme des choses sacrées. Après qu'on les a fait sécher et induits en poudre, on les renferme dans des boîtes d'or enrichies de pierreries, et on les envoie aux plus grands princes. Son urine est un élixir propre à guérir toute espèce de maladie. — pans le royaume de Boutan ^ on fait sécher également les plus grossières déjections du roi, et après tes avoir renfermées dans de petites boites, on les vend dans les marchés pour saupoudrer les viandes. Voy, Déjections, Fibn- TEs, Tanchblm, etc.

Bsoroîtine, — ooAJvraUOB, prière à Dieu et commandement fait au démon de sortir du corps des personkies possédées. Souvent il est seulement destiné à les préserver du danger. On regarde quelquefois exorcisme et conjuration comme synonymes ; cependant la conjuration n'est que la formule par laquelle on commande au démon de s'éloigaer; l'exorcisme est la cérémonie entière *. — Les gens qui s'occupent de magie ont aussi leurs exorcismes pour évoquer et renvoyer. Voy. Conjurations. — Voici une légende bizarre sur On exorcisme ? on lit dans Césâife d'Hesterbach, que Guillaume, abbé de Sainte-Agathe, au diocèse de Liège, étant allé à Cologne avec deux de ses moines, fut obligé de tenir tète à une possédée. Il fit à Fesprit malin des questions auxquelles celui-ci répondit comme il lui plut. Le diable faisant autant de mensonges qut de réponses , l'abbé s'en aperçut 6t le conjura de dire la vérité , il obéit. Il apprit au bon abbé comment se portaient plusieurs défunts dont il voulait savoir des nouvelles. Un des frères qui l'accompagnaient voulut lier conversation avec le diable. « Taisloi , lui dit l'esprit malin , tu as volé hier douze sous à ton abbé ; ces douze sous sont maintenant dans ta ceinture. » — L'abbé, ayant entendu ces choses, voulut bien en donner l'absolution à son moine ; après quoi II ordonna au diable de quitter la possédée. « Où voulez-vous que j'aille? demanda le dé-

« Cœsaril Hei8terbacliMiracal.,llv. v, ch. 29 et^hellen; De Diabol., liv. vu.

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