‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 127 sur 319 · FAB · texte numérisé non relu

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mon. — Je vais ouvrir ma bouche, répondit labbé, lu entreras dedans, si tu peux. — Il y fait trop chaud , répliqua le diable ; vous avez communié. — Eh bien! mets-toi ici ; et l'abbé qui était gai tendait son pouce. —Merci, vos doigts sont sanctifiés. — En ce cas, va où tu voudras, mais pars. — Pas si vite, répliqua le diable ; j'ai permission de rester ici deux ans encore. » — L'abbé dit alors au diable : « Montre-toi à nos yeux dans ta forme naturelle. — Vous le voulez? — Oui. — Voyez. » En même temps la possédée commença de grandir et de grossir d'une manière effroyable ; en deux minutes, elle était déjà haute comme une tour de trois cents pieds, ses yeux devinrent ardents comme des fournaises et $eâ traits épouvantabieâ. Les deux moines tombèrent évanouis ; l'abbé, qvA setti avait conservé du courage, adjura le diable de rendre à la possédée la taille et la forme qu'elle avait d'abord. Le diable obéit enctH-eettlità Guillaume : « Vous faites bien d'être pur, car nul homme ne peut^ sans mourir, me voir tel que je suis s'il est souillé. » — Nous pourrions dter beaucoup de contes satlgrenus de ce genre; mais à quoi bon ?

Bxpîatîoa. — Les anciens Arabes coupaient i'oreiile à quelque animal et le lâchaient au travers des champs en expiation de leurs péchés. — Un Juif, dit Saint-Foix, s'arme d'un couteau^ prend un coq, le tourne trois fois autour de sa tête, et lui coupe la gorge en lui disant : a Je te charge de mes péchés; ils sont à présent à loi : tu vas à la mort, et moi je stiis rentré dans le chemin de la vie éternelle... » Extatei. — L'extase (considérée comme crise matérielle) est un ravissement d'esprit, une suspension des sens causée par une forte contemplation de quelque objet extraordinaire et surnaturel. Les mélancoliques peuvent avoir des extases. Saint Augustin fait mention

d'un prêtre qui paraissait mort à volonté, et qui resta mort, très-inyolontaîrement sans doute, dans une de ses expériences. S'il fit le mort, il le fit bien. Ce prêtre «e nommait Prétextât; il ne sentait rien de ce qu'on lui Faisait gouffi-ir pendant son extase. ^- Les démonofmanes appellent Tèxlase un transport en esprit sealemenU parce qu'ils reconnaissent ie transport en chair et en os, par l'aide et assistance du diable. Une sorcière se frotta de graisse, puis tomba pâmée sa^ aucun seninnent', et trois heures après elle retourna en son corps-, disant nouvelles de plusieurs pays qu'elle ne connaissait point, lesquelles nouvelles furent par la suite avérées *. — Cardan dit avoir connu un homme d'église qui tombait sans vie et sans haleine toutes les fois qu'il le voulait; cet état durait ordinairement quelques heures; on le tourïheftl^il, on le frappait, on lui brûlait les chairs sans qu'il éprouvât aucune douleur; mais il entendait confusément, et comme à une distance fort éloignée, le bruit qu'on faisait auteur de lui. Cardan assure encore qa'il tombait lui-même en extase à sa volonté; qu'il entendait alors les voix sans y rien comprendre, et qu'il ne sentait aucunement les douleurs. -=- Le père de Prestantius, après avoir mangé un fromage maléficié, crut qu'étant devenu cheval il avait porté de très-pesantes charges» quoique son corps n'eèt pas quitté le lit ; et l'on regarda comme une extase, produite par sortilège, ce qui n'était qu'un cauchemar causé par une indigestion.

ÉzéchieL — Les musulmans disent que les ossements desséchés que ranima te pro|>héto É2échiel étaient les restes de la ville de Dovardan , que la peste avait détruite et qu'il releva par une simple prière.

^ Bodini dans la DémoRomanie.

ï'aal, — nom que les habitants de Saint- Jean-d'Acre donnent à un recueil d'observations astrologiques , qu'ils consultent dans beaucoup d'occasions.

Faber (Albert-Othon), — médecin de Hambourg, au dix-septième siècle; il a écrit quelques rêveries sur Tor potable*

Fttbert (âbhahah), — de simple soldat, il devint maréchal de France, et s'illustra sous Louis XIV. C'était si extraordinaire, qu'on l'accusa de devoir ses succès à un commerce avec le diable ^

< Curiositéo^te la littérature, trad. ée Tanglais, par Bertin, 1. 1", p. 61.

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Fabre (Pierre-Jean), — médecin de Montpellier, qui fit faire des pas à la chimie au commencement du dix-septième siècle. Il y mêlait un peu d'alchimie. Il a écrit sur cette matiéreelsurla médecine spagyrique. Son plus curieux ouvrage est V Alchimiste chrétien {Air chimista c/insitanus, ) in-S" ; Toulouse, 4632.

FabrSoîus (Jean-Albert), — bibliographe allemand, né à Leipsig en 4668. Il y a des choses curieuses sur les superstitions et les contes populaires de l'Orient dans son recueil des livres apocryphes que l'Église a repoussés de V Ancien et du Nouveau Testament ^

Faîrfaz (EDOUARD ), poète anglais du seizième siècle, auteur d'un livre intitulé la Dé-monologie, où il parle de la sorcellerie avec assez de crédulité.

Fairfolki , — espèce de farfadets qui se montrent en Ecosse, et qui sont à peu près nos fées.

Fakoae, — lac du Japon , où les habitants placent une espèce de limbes habités par tous les enfants morts avant l'âge de sept ans. ils sont persuadés que les âmes de ces enfants souffrent quelques supplices dans ce lieu-là, et qu'ils y sont tourmentés jusqu'à ce qu'ils soient rachetés par les passants. Les bonzes vendent des papiers sur lesquels sont écrits les noms de Dieu. Gomme ils assurent que les enfantséprouventquelqueallègementlorsqu'on jette ces papiers sur l'eau, on en voit les bords du lac couverts. — Il est aisé de reconnaître dans ces usages des traditions altérées de l'Ë*. glise.

Faloonet (Noel], — médecin, mort en 4734. Nous ne citerons de ses ouvrages que ses Lettres et remarques sur l'or prétendu potable; elles sont assez curieuses.

Fanatîime. — L'Église l'a toujours condamné, comme elle condamne tous les excès. Les actes de fanatisme des conquérants du Nouveau Monde étaient commis par des scélérats, contre lesquels le clergé s'élevait de toutes ses forces. On peut le voir dans la vie et dans les écrits de Barthéiemi de Las Casas. — Les écrivains philosophes ont souvent appelé fanatisme ce qui ne l'était pas. Ils se sont trompés ou ils ont trompé lorsque, par exemple, ils ont attribué le massacre de la Saint-Barthélemi à la religion, qui y fut étrangère ; lorsqu'ils ont défendu les fanatiques des Cévennes, etc. Il y a eu très-souvent du fa-

I Codest pseudepigraphus veteris Testamenti, collectas, castigatus, testimoniisque censnris et aniiradyersionibus illustratus. In-S». Hambourg et Leipsig, 1713. •^ Codex apocryphas novi Testamenti, etc. Hambouig, 1719. In-8».

nalismo outré dans les hérésies et dans la sorcellerie. — Sous le règne de Louis Xlï, un écolier de l'université de Paris, persuadé que la religion d'Homère était la bonne, arracha la sainte hostie des mains d'un prêtre qui la consacrait, et la foula aux pieds. Voilà du fanatisme. — Les Juifs en ont fourni de nombreux exemples. Il y a enfin un très-grand fanatisme chez beaucoup de philosophes modernes. « Il y a un fanatisme politique, un fanatisme littéraire, un fanatisme guerrier, un fanatisme philosophique \ » On a nommé d'abord fanatiques les prétendus devins qui rendaient leurs oracles dans les temples, fana. Aujourd'hui on entend par fanatisme tout zèle aveugle.

Fannittf (Caïus) , — historien qui mourut de peur en composant un ouvrage contre Néron. Il en avait terminé trois livres, et il commençait le quatrième, lorsque Néron, dont il avait l'imagination remplie, lui apparut en songe, et, après avoir parcouru les trois premiers livres de son ouvrage, se retira sans toucher au quatrième qui était en train. Ce rêve frappa Fannius ; il crut y voir que son ouvrage ne serait pas achevé, et il mourut en effet peu après.

Fantatmagorîana , — titre d'un recueil de contes populaires où les apparitions et les spectres jouent les premiers rôles. Ces contes sont, pour la plupart, traduits de l'allemand, 2 vol. in-12; Paris, 4842..

Fantannagorîe, — spectacle d'optique, du genre des lanlernes magiques perfectionnées, et qui, aux yeux des ignorants, peut paraître de la sorcellerie.

FanMmef, — esprits OU revenants de mauvais augure, qui effrayaient fort nos pères, quoiqu'ils sussent bien qu'on n'a aucunement peur des fantômes si l'on tient dans sa main de l'ortie avec du millefeuille •. — Les juifs prétendent que le fantôme qui apparaît ne peut reconnaître la personne qu'il doit effrayer si elle a un voile sur le visage; mais quand cette personne est coupable, ils prétendent, au rapport de Buxlorf, que le masque tombe, afin que l'ombre puisse la voir et la poursuivre. — On a vu souvent des fantômes venir annoncer la mort; un spectre se présenta pour cela aux noces du roi d'Ecosse Alexandre III, qui mourut peu après. — Camerarius rapporte que, de son temps, on voyait quelquefois dans les églises des fantômes sans tête, vêtus en moines et en religieuses, assis

« Bergier, Dict. théolog.

> Les Admirables secrets d'Âlbert-le-Graiid«

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dans le» stalles des vraiâ moines et des sœars qui devaient bientôt mourir. — Un chevalier espagnol avait osé concevoir une passion cri» minelie pour une religieuse. Une nuit, qu'il traversait Téglise du couvent dont il s'était procuré la clef, il vit des cierges allumés et des prêtres, qui lui étaient inconnus, occupés à célébrer l'office des morts autour d'un tombeau. U s'approcha de l'un d'eux et demandai pour qui on faisait le service. « Pour vous, » lui dit le pirôtre. Tous les autres lui firent la môme réponse; il sortit effrayé, monta à che* val, s'en. retourna à sa maison, et deux chiens l'étranglèrent a sa porte i. — Une dame voyageant poule dans une chaise de poste fut surprise par la nuit près d'un village où i'e»^ sieu de sa voiture s'était brisé. On était eo automne, l'air était froid et pluvieux; il n'y avait point d'auberge dans le village; on lui indiqua le château. Comme elle en connaissait Je maître, elle n'hésita pas à s'y rendre. Le concierge aUa la recevoir, et lu^ dit qu'ils avaient dans ce moment beaucoup de monde qui était venu célébrer une noce, et qu'il airlait ialonner le seigneur de son arrivée. La fatigue, le désordre de sa toilette et le désir de continuer son voyage engagèrent, la voyageuse à prier le concieiige de ne point déranger son maitre. Elle lui demanda seulement une chambre. Toutes étaient occupées à L'exr ception d'une s^ie,. dans un coin écarté du château,' qu'il n'osait lui proposer à cause d^ son délabrement; mais elle lui dit qu'elle s'en coi^nterait, pourvu qu'on lui ftt«n bon lit et un bon f9u. Après qu'on eut fait ce qu'elle désirait^ ellie soupa légèrement et, «'étant bien réchauffée, elle se mit au lit. Elle commençai^, à s'endormir, lorsqu'un bruit de chaînes et, des sons Ijtigubres la réveillèrent en. sursaut. Le bruit approche, la porte s'ouvre, elle voit, à la clarté de son feu, entrer un fantôme Couvert de lambeaux blanchâtres ; sa figure pâle et oiaigre, sa barbe longue et touffue, les chaînes qu'il portait autour du corps, tout annonçait un habitant d'un autre monde. Le. fantôme s'approche du feu, se couche auprès tout de son long, se tourne de tous côtés en gémissant, puis, à un léger mouvement qu'il entend près du lit, il se relève promptement et s*en approche. Quelle amazone eût bravé un tel adversaire? Quoique noire voyageuse ne manquât pas de courage , elle n'osa l'attendre, se glissa dans la ruelle du lit, et, avec une agilité dont la frayeur rend capables les moins légères, elle se sauve en che-* mise à toutes janîbes, enfile de longs et obscurs corridors, toujours poursuivie par le ' TorquenMdA, HexaméiQD.

terrible fiantôme, dont elle entend le frottement des chaînes contre la muraille. Elle aperçoit enfin une faible clarté, et, reconnais^ sant la porte du concierge, elle y frappe et tombe évanouie sur le seuil; il vient ouvrir, la fait transporter sur son lit et lui prodigue tous les secours qui sont en son pouvoir. Elle raconta ce qui lui était arrivé. « Hélas ! s'écria le concierge, notre fou aura. brisé sa chaîne et se sera échappé 1 » Ce fou était un parent du maitre du château-, qu'on gardait depuis plusieurs années. Il avait efil^ctivement profité de l'absence de ses gardiens, qui étaient allés à la nocej pour détacher ses chaînes, et le hasard avait conduit ses pas à la chambre de la voyageuse, qui en fut quitte pour une grande peur *. Voy, Apparitions, EsPBiTS, Revenants, Spectres, Deshodxièft£s, etc., etc.

v^ttftAAM volant. -^ On croit, dans la Basse-Bretagne, entendre dans les airs , lorsqu'il fait un orage, un ^tôme volant, qu'on accuse de déraciner les arbres et de renverser les chaumières.

Fapifîa, — herbe fameuse chez les Portugais, qui l'employaient comme 'un excellent st^éoifi^ue pour chasser les démons '.

Fakir. — Il y a dans l'Inde des fakirs qui sont d'habiles et puissants jongleurs. On lit ce qui suit dans l'ouvrage de M. Osbofrie, intitulé : la Cour et le Camp de RundjetSing : — •" « A la cour de ce prince indien, la missioi\ anglaise eut l'occasion de voir un personnage appelé le fakir, homme enterré et ressuscité dont les prouesses avaient fait du bruit dans les provinces de Punjab. — Ce fakir est en grande vénération parmi les Sihks à cause de la faculté qu'il a de s'enterrer tout vivant pendant un temps donné. Nous avions ouï raconter de lui tant d'histoires que notre curiosité était excitée. Voilà plusieurs années qu'îï fait le métier de se laisser enterrer. Leicapîlaine Wade me dit avoir été témoin d'une de ses résurrections, aprèé un enterrement de quelques mois. La cérémonie préliminaire avait eu lieu en présence de Rundjet-Sing, du igénéral Ventura et des principaux sirdars. Les préparatifs avaient duré plusieurs jours, on avait arrangé un caveaii tout exprès. Lé fakir termina ses dispositions finales en présence du souverain ; il se boucha avec de la cire les oreilles, le nez et tous les autres orifices par lesquels l'air aurait pu entrer dans son corps. Il n'excepta que la bouche. Cela

fait, il fut déshabillé et mis dans un sac de

* Spectriana, p. 79.

' Delancrc, Tableau de l'inconstance des démons, etc., Hv: iT, page 197.

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