‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 134 sur 319 · Î-JO · texte numérisé non relu

Î-JO

Fii

on les appliquera comme .tm cataplasme : le remède est infaillible, nous se dirons pas s'il est agréable. — De la fiente de chien. Si on enferme un chien et qu'on ne lui donne pen^ dant trois jours que des os à ronger, on ramassera sa fiente , qui , séchée et réduite en poudre, est un admirable remède pour la djssenterie. On prendra des cailloux de ri-^ vière qu'on fera chauffer, ensuite on les jettera dans un vaisseau plein d'urine , dans lequel on mettra un peu de cette fiente de chien réduite en poudre ; on en donnera à boire au malade deux fois la journée , pendant trois jours, sans qu'il sache ce qu'on lui donne. — Cette fiente est aussi un des meilleurs dessiccatifs pour les vieux ulcères malins et invétérés — De la fienie de loup. Comme on

sait que cet animal dévore souvent les os a\ ec la chair de sa proie , on prendra les os que l'on trouvera parmi sa fienle, parce que, piles bien menu , bus dans du vin , c'est un spécifique contre la colique.... — De la fiente de bœuf et de vache. La fiente de bœuf ou de vache, récente et nouvelle , enveloppée dans dés feuilles de vigne ou de chou , et chauffée dans les cendres, guérit les inflammations causées par les plaies. La môme fiente apaise la sciatique. Si on la mêle avec du vinaigre, elle a la propriété .de faire suppurer les glandes scrofuleuses et écrouelles. Galien dit qu'un médecin de M ysie guérissait toutes sortes d'hy* dropisies en mettant sur l'enflure de la fiente chaude de vache. Cette fiente , aussi appliquée sur la piqûre des mouches à miel , frelons et autres, en enlève aussitôt la douleur. — Fiente de porc. Cette fienle guérit les crachements de sang. On la fricasse avec autant de crachats de sang du malade, y ajoutant du beurre frais, et on la lui donne à avaler, ..• -^.Fiente de.ohèvre. La fiente de chèvre a la vertu de faire suppurer toutes sortes de tumeurs. Galien guérissait fort souvent ces tumeurs et les duretés des genoux, mêlant cette fiente avec de la farine d'orge et de l'oxicrat, et l'appliquant en forme de cataplasme sur la dureté ; elle est admirable pour les oreillons , mêlée avec du beurre frais et de la lié d'huile de noix. Ce secret semblera ridicule ; mais il est véritable; car on a guéri plus de vingt personnes de la jaunisse , leUr faisant boire tous les matins , pendant huit jours , à jeun , cinq petites crottes de chèvre dans du vin blanc... — De la fiente de brebis. Il ne faut jamais prendre cette fiente par la bouche , comme celle des autres animaux ; mais l'appliquer cxtéricn renient sur le mal ; elle a les mêmes propriétés que la fiente de chèvre. Elle guérit toutes sortes de verrues, de furon-

cles durs et de clous, si on (a détrempe aviec du vinaigre et qo'oii l'applique sur la douleur. -^ De la fiente des piffêane; funUers et des pigeons domettiques. Pour les doulears de l'os ischion , ia fiente des pigeons ramiers ou doraestiques est admirable, étant mêlée avec de la graine de cvesaon d'ieaa; et loraqa'on veut faire mdrir une tumeur ou une fluxion , on petit user d'un cataplasme dans lequel eotro une once de cette fiente , deux drachmes de graine de moutarde et de cresson , une once d'huile distillée de vieilles tuiles. Il est sûr que plusieurs personnes ont été* guéries par celte fiente, mêlée avec de l'huile de noyaux dépêches. -^ Galien dit que* la fimtte d'oie est inutile, à cause de son âcreté; mais on est certain qu'Ole guérit aussi de . la jaunisse lorsqu'on la détrempe dans. du vin blanc et qu'on en boit pendant neuf jours* — Dioscoride dit que la fiente de ptnUe ne peut être efficace que pouc guérir de la brùiure , lors** qu'elle est mêlée avec de l'huile roset;.mais Galien etÉginette assurent que, mêlée avec de l'aximel, cette fiente apaise la. suffocation et soulage ceux qui ont mangé des champignons ; car elle fait vomir tout ce qui embar* rasse le cœur. Un médecin du temps de Galien guérissait la colique avec cette fiente mêlée d'hypocras fait de miel et de vin. — La fienie de souris, mêlée avec du miel, fait revenir le poil lorsqu'il est tombé, pourvu qu'on en frotte l'endroit avec celte mixtion.... — Pour conserver la. beauté , voici un secret très-important au beau sexe : c'est une manière de faire Ifi! £ard. On prendra de la fiente de petits lézards, du. tartre de vin blanc ^ de La raclure de coroe de cerf, du corail blûnc et de la farine de riz, autant de l'un que de l'autre; on broiera le tout dans un mortier, bien menu , o,n le fera tremper ensuite dans de l'eau distillée d'une semblable quantité d'amandes, de limaces de vigne ou de jardin, et de fleurs de bouillon-blanc ) après cela on y mêlera autant de miel blanc, et l'on broiera encore le^tout ensemble. Cettq composition doit être conservée dans un vase d'argent ou de verre, et l'on s'en servira pour se frotter le visage et les mains *. — Voilà une singulière pharmacopée.

. Fièvre. — Quelques personnes croient encore se guérir de la fièvre en buvant de l'eau bénite la veille de Pâques ou la veille de la Pentecô.te. En Flandre , on croyait autrefois que ceux qui sont nés un vendredi ont reçu de Dieu le pouvoir de guérir la fièvre -.

* SocreU d'iabert-le-Grand, p. 167.

> Delancre, Incrédulité et mécréance du sortil^^ pleincntiit convaiociw, p. . 167.

Page 1