‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 14 sur 319 · A LE · texte numérisé non relu

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ALE

rouette naturelle, et que, suspendu par le bec, il désigne le c6té d'où vient le vent eti tournant sa poitrine vers ce point de Thorizon. Ce qui a mis cette croyance en crédit parmi le peuple, c'est l'observation qu'on a faite que l'alcyon semble étudier les venta et les deviner lorsqu'il établit son nid sur les flots, vers le solstice d'hiver. Mais cette prudence estcile dans l'alcyon une prévoyance qui lui soit particulière ? N'est-ce pas simplement un instinct de la nature qui veille à la conservation de cette espèce? « Bien des choses arrivent , dit Brown , parce que le premier moteur l'a ainsi arrêté , et la nature les exécute par des voies qui nous sont inconnues. » — C'est encore une ancienne coutume de conserver les alcyons dans des coffres, avec l'idée qu'ils préservent des vers les étoffes de laîne. On n'eut peut-être pas d'autre but en les pendant au plafond des chambres. « Je crois même, ajoute Brown, qu'en les suspendant par le bec on n*a pas suivi la méthode des anciens, qui les suspendaient par le dos , afin que le bec marquât les vents. Car c'est ainsi que Kirker a décrit Thirondelle de mer. » Disons aussi qu'autrefois, en conservant cet oiseau, on croyait que ses plumes se renouvelaient comme s'il eût été vivant , et c'est ce qu'Albert-le-Granrl espéra inutilement dans ses expériences*. — Outre les dons de prédire le vent et de chasser les vers, on attribue encore à l'alcyon là précieuse qualité d'enrichir son possesseur, d'entretenir l'union dans les familles et d^ communiquer la beauté aux femmes qni portent ses plumes. Les Tartares et les Ostiaks ont une très^grande vénération pour cet oiseau. Ils recherchent ses plumes avec empressement, les jettent dans un grand vase d'eau, gardent avec soin celles qui surnagent, persuadés qu'il suffit de toucher quelqu'un avec ces plumes pour s'en faire aimer. Quand tm Ostiâk est as?ez heureux pour posséder OQf aleyoDy* il eA conserve le bec^ les pattes et la peau, qu'il met dans une bourse, et, tant qu'il porte ce trésor, il se croit à l'abri de tout œalbeur ^. C'est pour lui un talisman, eomme les fétiches des nègres.

Atêott, — voy, Gbanson.

Aleotorienne (Ï^IERRE), — VOy. CoQ.

AlttetryoBUuioîe ou Aleetromanoîe, — di"

vinatioD par le moyen du coq, usitée chez les anciens. Voici quelle était leur méthode : — On traçait sur le sable un cercle que l'on divisait en viogirquatre espaces égaux. On écrivait

' Brown, Erreurs populaires, liv. m, ch. 10. 2 M. Salgues, Des Erreurs et des préjugés, t. Ilf, p. 374.

dans cbacun de ces espaces une lettre de l'alphabet ; on mettait sur chaque lettre un grain d'orge ou de blé ; on plaçait ensuite, au milieu du cercle, un coq dressé à ce manège ; on observait sur quelles lettres il enlevait le grain ; on en suivait l'ordre ; et ces lettres rassemblées formaient un mot qui donnait la solution de ce que l'on cherchait à savoir. Des devins, parmi lesquels on cite Jamblique, vou-^ lant connaître le successeur de l'empereur Vaiens, employèrent l'alectryomancie ; le coq tira les lettres théod.,.. Vaiens, instruit de cette particularité , fit mourir plusieurs des curieux qui s'en étaient occupés , et se défit même, s'il faut en croire Zonaras, de tous les hommes considérables dont le nom commençait par les lettres fatales. Mais, malgré ses efforts, son sceptre passa à Théodose-le- Grand. — Cette prédiction a été faite après coup. Ammien-Marcellin raconte la chose autrement. Il dit que sous l'empire de Vaiens on comptait, parmi ceux qui s'occupaient de magie, beaucoup de gens de qualité et quelques philosophes. Curieux de savoir quel serait le sort de l'empereur régnant, ils s'assemblèrent pendant la nuit dans une des maisons affectées à leurs cérémonies; ils commencèrent par dresser un trépied de racines et de rameaux de laurier qu'ils consacrèrent par d'horribles imprécations ; sur ce trépied ils placèrent un bassin formé de différents métaux, et ils rangèrent autour, à distances égales, toutes les lettres de l'alphabet. Alors le sorcier le plus savant de la compagnie s'avança, enveloppé d'un long voile, la tête rasée, tenant à la main des feuilles de verveine, et faisant à grands cris d'effroyables invocations qu'il accompagnait de convuhèions. Ensuite, s'arrôtant tout à coup devant le bassin magique, il y resta immobile, tenant un anneau suspendu par un ôl. C'était de la dactylomancie. A peine il achevait de prononcer les paroles du sortilège, qu'on vit le trépied s'ébranler, l'anneau se remuer, et frapper tantôt une lettre, tantôt une autre. A mesure que ces lettrés étaient ainsi frappées, elles allaient s'arranger d'ellesmêmes, à <9ôté l'une de l'autre, sur une table où elles composèrent des vers héroïques qui étonnèrent toute l'assemblée. — Vaiens, informé de cette opération, et n'aimant pas qu'on intefrogéèt les enfers sur sa destinée, punit: les grands et les philosophes qui avaient assisté àt cet acte de sorcellerie : il étendit même la proscription sur tous les philosophes et toi» les sorciers de Rome. Il en périt une multitude ; et les grands , dégoûtés d'un art qui les exposait à des suppîfôes, abandonnèrent la magie à la populace et aux vieilles ,

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qui ne la firent plus servir qu'à de petites intrigues et à des maléfices subalternes. — Voy. Coq, Mariage, etc.

Aies (Alexandre),— ami de Mélanchthon, né en 1500 à Edimbourg. Il raconte que dans sa jeunesse , étant monté sur le sommet d'une très-haute montagne, il fit un faux pas et roula dans un précipice. Comme il était près de s'y engloutir, il se sentit transporter en un autre lieu, sans savoir par qui ni comment, et se retrouva sain et sauf, exempt de contusions et de blessures. Quelques-uns attribuèrent ce prodige aux amulettes qu'il portait au cou, selon l'usage des enfants de ce lemps-Ià. Pour lui, il l'attribue à la foi et aux prières de ses parents, qui n'étaient pas hérétiques.

Alessandro Alessandrît — en latin Alexan-

der ah Alexandro, — jurisconsulte napolitain, mort en 4523. Il a publié un recueil rare de dissertations sur les choses merveilleuses *. Il y parle de prodiges arrivés récemment en Italie, de songes vérifiés, d'apparilion3.et de fantômes qu'il dit avoir vus lui-même. Par la suite, il a fondu ces dissertations dans son livre Gmialium dierum , où il raconte toutes sortes de faits prodigieux. Nous en citerons un qui lui est personnel. — Il dit qu'il fit un soir la partie d'aller coucher, avec quelques amis, dans une maison de Rome que des fantômes et des démons hantaient depuis longtemps. Au milieu do la nuit, comme ils étaient rassemblés dans la même chambre avec plusieurs lumières, ils virent paraître un grand spectre , qui les épouvanta par sa voix terrible et par le bruit qu'il faisait en sautant sur les meubles et en cassant les vases de nuit. Un des intrépides de la compagnie s'avança plusieurs fois avec de la lumière au-devant du fantôme; mais, à mesure qu'il s'en approchait, l'apparition s'éloignait; elle disparut entièrement après avoir tout dérangé dans la maison. — Peu de temps après, le même spectre rentra par les fentes de la porte. Ceux qui le virent se mirent à crier. Alessandro, qui venait de se jeter sur un lit, ne l'aperçut point d'abord, parce que le fantôme s'était glissé sous la couchette; mais bientôt il vit un grand bras noir qui s'allongea sur la table, éteignit les lumières et renversa les livres avec tout ce qui s'y trouvait. L'obscurité rendit l'efiFroi plus violent encore. Les amis d'Alessandro hurlèrent. Pendant qu'on apportait des flambeaux , il remarqua que le fantôme ouvrit la porte et s'échappa sans être vu des

' Alexandri jurisperiti neapolitani , Dissertationes quatuor de rébus admirabilibuF, etc. Rome, sans date , ln-4«».

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