FRO
sans but arrêté et en devisant de choses et d'autres. — Ils remontèrent ainsi le Rhin jusqu'à Bâle , non sans admirer les riches plaines de l'Alsace; puis, prenant un peu à droite, ils s'avancèrent dans la Suisse. Satan discourait toujours. — Il est tout à coup interrompu par un ébranlement subit du fardeau que son jeune compagnon avait cessé de soutenir. A la vue du gouffre au-dessus duquel il planait, tout entouré de rocher^i à pic et de noires forêts suspendues sur l'abinie au fond duquel grondait un torrent écuraant, Satan comprit que l'autre avait été soudainement effrayé de l'aspect sauvage de cette nature inculte, et que ce mouvement d'horreur avait causé sa chute. Il se précipita tête baissée avec lui ; Fribourg les suivait. — La malheureuse ville ne fut cependant pas gravement endommagée. Elle se posa un peu rudement sur le flanc du ravin et roula de ci de là au fond de l'entonnoir. Cette ville est maintenant Fribourg en Suisse , où vous voyez (chose parfailenient explicable sans légende) des maisons superposées et des rues courant sur les toits. Satan et son compagnon, voyant la ville prendre possession de l'endroit, trouvèrent original d'être les fondateurs de celle cité qui tombait des nues, et laissèrent les convives et la colonie reconnaître leurs domaines. — Et cependant vous lirez partout qu'en l'an 1478 Berlhold V de Zaehriugen érigea en ville Fribourg , dans rCErJitland , sans que des ouvrages , du reste fort estimables, vous disent un mot du fondateur. — Ce que c'est que l'histoire !
Frisson des cheveux. — On disait autrefois dans certaines provinces que le frisson des cheveux annonçait la présence ou le passage d'un démon.
Front. — Divinalion par les rides du front. Voy. MÉTOPOSCOPiE.
Frothon. — On lit dans Albert Krantz que Frothon , roi de Danemark , fut tué par une sorcière transformée en vache. Ce roi croyait à la magie, et entretenait à sa cour une insigne sorcière qui prenait à son gré la forme des animaux. Elle avait un fils aussi méchant qu'elle, avec qui elle déroba le^ trésors du roi, et se retira ensuite. Frothon s'étaat aperçu du larcin et ayant appris que la sorcière et son fils s'étaient absentés, ne douta plus qu'ils n'en fussent coupables. Il résolut d'aller dans la maison de la vieille. La sorcière, voyant entrer le roi chez elle, eut recours aussitôt à son art, se changea en vache et sgn fils en bœuf. Le roi s'étanl baissé pour contempler la yache ftlus à sou $^i^;i
FUJI
pensant bien que c'était la sorcière , la vache se rua avec impétuosité sur lui , et lui donna un si grand coup dans les flancs qu'elle le tua sur-le-champ*.
Fruit dérendtt , — VOy. TabAC, Pomme D*A- DAM^ ADAM, etc.
Fruitier. — Celui qui fait le fromage et le beurre dans le Jura est le docteur du canton. On l'appelle le fruitier ; il est sorcier, commç de juste. La richesse publique est dans ses îïiams ; il peut à volonté faire avorter les fromages , et en accuser les éléments. Son autorité suffit pour ouvrir ou fermer bn ce pays les sources du Pactole ; on sent quelle considération 06 pouYoir doit lui donner, et quels ménagements on a pour lui ! Si vous ajoutez à cela qu'il est nourri dans Fabondance, et qu'une moitié du jour il n'a rien a faire qu'à songer aux moyens d'accaparer encore plu^ de confiance; qu'il voit tour à tour, en partiôolier, les personnes de chaque maison , qui viennent faire le beurre à la fruiterie ; qu'il passe avec elles une matinée tout entière; qu'il peut les faire jaser sans peine , et par elles apprendre, sans même qu'elles s'en dou«* tent, les plus intimes secrets de leurs familles ou de leurs voisins ; si vous pesez bien toutes ces eirconstances, vous ne serez point étonné d'apprendre qu'il est presque toujours sorcier, au moins devin ; qu'il est consulté quand on a perdu quelque chose , qu'il prédit l'avenir, qu'il jouit enfin , dans le canton , d'un crédit très-grand , et que c'est l'homme qu'on appréhende le plus d'offenser*.
Famée. — Dans toutes les communes du Finistère , on voit à chaqtie pas , dit CaHibry, des usages antérieurs à la religion catholique. Quand un individu va cesser d'être , on con-* suite la fumée. S'élève-t-elle avec facilHé , le mourant doit habiter la den^eure des bienheureux. Ësl-elle épaisse, il doit descendre dans les antres du désespoir, dans les cavernes de l'enfer. — C'est une espèce de proverbe en Angleterre que la fumée s's^dresse toujours à la plus belle personne. Et quoique cette opinion ne sembla avoir aucun fondement dans la nature, elle est pourtant fort aocienne. Victorin et Casaubon eu ont fait la remarque à l'occasion d'un personnage d'Al hénée, où un parasite se dépeint ainsi: « Je suis toujours Je premier arrivé aux bonnes tables , d'où quelques-uns se sont avisés de ra'appeler soupe. Il n'y a point de porte que je n'ouvre comme un bélier ; semblable à un foùèt , je m'attache à tout , et , comme la fu-
' Leloyer, Hist." et Disc, des spectres, etc., p. 142. ' * Jjequinio, Voyage dans le Jura, t. Il, p. 866.
31 — FLiS
mée, je me lie toujours à la plus belle *. » — On dit en Champagne que la fumée du foyer, quand elle s'échappe, s'adresse aux plus gourmands.
Fumée ( MARTIN ] , — sieur de Génillé; il a publié , comme traduit d'Athénagore , un roman dont il est l'auteur, intitulé : Du vrai et parfait amour. Tdut insipide qu'est ce roman, Fumée trouva le moyen de le faire rechercher des adeptes par diverses allusions et surtout par un passage curieux , où , sous le voile de l'allégorie, il peint la confusion du grand œuvre. Ce passage , devenu célèbre chez les enfants de Tart , se trouve à la page 345 , de l'édition de 16^2, moins rare que la première , ainsi que dans VHarmonie mystique de David Laigneau , Paris , 4 636 , in-8®.
Fumîgatîont. — Quelques doctes pensent que les bonnes odeurs chassent les démons, gens qui puent et qui ne peuvent aimer, comme â dit une grande sainte. — Les exorcistes emploient diverses fumigations pour chasser les démons ; les magiciens les appellent également par des fumigations de fougère et de verveine ; mais ce ne sont que des cérémonies accessoires.
Fui»éraill«i , — voy. Mort.
Furoas (le même que Forças), — Bom.
voy. ce
Furfur, — comte aux enfers. Il se fait voir sous la forme d'un cerf avec une queue enflammée; il ne dit que des mensonges, à moins qu'il ne soit enfermé dans un triangle. il prend souvent la figure d'un ange , parle d'une voix rauque , et entretient l'union entre les maris et les femmes. Il fait tomber la foudre , luire les éclairs et gronder le tonnerre dans les lieux où il en reçoit Tordre. Il répond sur les choses ab.straites. Vingt-six légions sont sous ses ordres ».
Furies, — divinités infernales chez les anciens , ministres de la vengeance des dieux , et chargées d'exécuter les sentences des juges de Tenfer.
Futely (Henri) , — célèbre peintre anglais, qui affectionnait les sujets infernaux et qu'on appelait le peintre ordinaire du diable, parce qu'il l'avait peint souvent. Il disait à ses amis : — Ah ! si j'avais pu peindre le diable comme je l'ai vu ! j'aurais surpassé Michel^ Ange, et vous seriez tous morts de peur et d'admiration.
' Thomas Browo, Essais sur les erreurs, etc., di. 22. p. 80.
3 Wierus, In Pseodomonarchia dsem.