‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 143 sur 319 · GAB · texte numérisé non relu

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Gaap (autrement dit Tap) , — voy. Tap.

Gabîniut OU Gableniu. — Daus la guerre de Sicile, entre Octave et Sextus-Pompée , un des gens d'Octave, nommé Gabinim, ayant été fait prisonnier, eut la tête coupée. Un loup emporta cette tète; on l'arracha au loup, et sur le soir on entendit ladite tète qui se plaignait et demandait à parler à quelqu'un. On s'assembla autour; alors la bouche de cette tête dit aux assistants qu'elle était venue des enfers pour révéler à Pompée des choses importantes. Pompée envoya aussitôt un de ses lieutenants , à qui le mort déclara que Pompée serait vainqueur. La tête chanta ensuite dans un poème les malheurs qui menaçaient Rome; après quoi elle se tut, à ce que disent Pline et Valère Maxime. — Si ce * trait a quelque fondement , c'était une fourberie inventée pour relever le courage des troupes; mais elle n'eut point de succès : Sextus-Pompée, vaincu et sans ressource, s'enfuit en Asie, où il fut tué par les gens de Marc-Antoine.

Gabkar. — Les Orientaux croient à une ville fabuleuse appelée Gabkar, qu'ils disent située dans le désert habité par les génies.

Gabriel (GiLLEs) , — a écrit au dix-septième siècle un essai de la morale chrétienne comparée à la morale du diable : Specimina moralis christianœ et moralis diaùolicœ in praici. Bruxelles , 4675, in-12.

Gabrîelle. — Dans le Vexin français, le bourgeois qui a quatre filles et veut avoir un garçon, nomme la dernière Gabrielle, charme qu'il croit de nature à lui amener infailliblement un fils.

Gabrîelle d'Estréea, — maîtresse de Henri IV, morte en 1 599. Elle cherchait à épouser le roi , et se trouvait logée dans la maison de Zamet , riche financier de ce temps. Comme elle se promenait dans les jardins, elle fut frappée d'une apoplexie foudroyante. On la porta chez sa tante, madame de Sourdis. Elle eut une mauvaise nuit; le lendemain elle éprouva des convulsions qui la firent devenir toute noire; sa bouche se contourna, et elle expira horriblement défigurée. On parla diversement de sa mort; plusieurs en chargèrent le diable. On publia qu'il l'avait étranglée.

Gabrîelle DE p,, — auteur de r Histoire des Fantômes et des Démons qui se sont mon-

trés pai^ni les hommes, in-42, 4849; et du Démoniana , ou Anecdotes sur les apparitions de démons, de lutins et de spectres, in-48,

GMth, — dieu des morts chez les Kamtschadales. Voy, Lézards.

Oaffarei (Jacques) , — hébraisant et orientaliste, né en Provence en 4 604 , mort en 4 681. Ses principaux ouvrages sont : Mystères se^ crets de la cabale divine , défendus contre les paradoxes des sophistes , Paris, 4825, in-4^ Curiosités inouies sur la sculpture taUsmani-^ que des Persans , l horoscope des patriarches et la Lecture des Etoiles , Paris, 4629 , in-8<>. Index de 49 cahiers cabalistiques dont s*est servi Jean Pic de La Mirandole , Paris, 4654 , in-8^. Histoire universelle du monde souterrain , contenant la description des plus beauœ antres et des plus rares grottes, caves , voiites / cavernes et spélonques de la terre. Le prospectus de ce dernier ouvrage fut imprimé à Paris, 4666, in-folio de 8 feuillets : il est très-rare. Quant au livre, il ne parut pas à cause de la mort de l'auteur. On dit que c'était un monument de folie et d'érudition. 11 voyait des grottes jusque dans Thomine, dont le corps présente mille Cavités ; il parcourait les cavernes de l'enfer, du purgatoire et des limbes, etc.

Gailan. — Les Arabes appellent ainsi une espèce de démon des forêts, qui tue les hommes et les animaux.

Gaîliar^, — voy, CoiriÈRES.

Oaint, — aveugle guéri par un prodige, du temps d'Antonin. Esculape l'avertit , dans un songe, de venir devant son autel, de s'y prosterner, de passer ensuite de la droite à la gauche, de poser ses cinq doigts sur Tautel , de lever la main , et de la mettre sur ses yeux. Il obéit, et recouvra la vue en présence du peuple, qui applaudit avec transport. C'était une singerie qu'on faisait pour balancer les miracles réels du christianisme.

Galaohide OU Garaohîde , — pierre noirâtre , à laquelle des auteurs ont attribué plusieurs vertus merveilleuses , celle entre autres de garantir celui qui la tenait des mouches et autres insectes. Pour en faire épreuve , on frottait un homme de miel pendant l'été , et on lui faisait porter cette pierre dans la main droite; quand cettQ épreuve réussissait, on

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recoonaissait que la pierre était véritable. On prétendait aussi qu*en la portant dans sa bou* che, on découvrait les secrets des autres.

OsUbU, -— wrcière du seizième siècle.

Elle donna un jour une pomme à goûter à la fille du suisse de Téglise du Saint-Esprit à fiayonne, qui désirait en avoir trois paniers. Celle fille n'eut pas plutôt mordu la pomme, qu'elle tomba du haut-mal, et la force du maléfice fut telle qu'elle en fut tourmentée toute sa vie. Aussitôt qu'elle voyait la sor* d'ère, les accès lui prenaient très-violemment: « ce qui a été confirmé devant nos yeux , » comme dit Delancre. De nos jours on n'attribuerait pas cela au sortilège ; mais alors on poursuivit la sorcière.

Cklî€B. — Le plus grand médecin des temps passés après Hippocrate. On lui attribue un Traité des enchantements, et les médecins empiriques ont souvent abusé de son nom.

Galîgai (Léonora) , — épouse du maréchal d'Ancre Concino Concini , qui fut tué par la populace en 1617. On la crut sorcière. On publia que par ses maléfices elle avait ensorcelé la reine ; surtout lorsqu'on eut trouvé chez elle trois volumes pleins de caractères magiques f cinq rouleaux de velours destinés à dominer les esprits de» grands , des amuleUes qu'elle se mettait au cou, des agous que l'on prit pour des talismans et une lettre que Léonora avait ordonné d'écrire à une sorcière nommée Isabelle. Il fut établi au procès que le maréchal et sa femme se servaient , pour envoûter, d'images de cire qu'ils gardaient dans de petits cercueils ; quMIs consultaient des magiciens, des astrologues et des sorciers ; qu'ils en avaient fait venir de Nancy pour sacrifier des coqs, et que dans ces cérémonies Galigaï ne mangeait que des crêtes de coq et des rognons de bélier qu'elle faisait charmer auparavant. Elle fut encore convaincue de s'être fait exorciser par un certain Matthieu de Montanay, charlatan sorcier. Sur ses propres aveux , dit-on , elle eut la tète tranchée, et fut brûlée en 4647. Cependant le président Courtin lui demandant par quel charme elle avait ensorcelé la reine, elle répondit fièrement : « Mon sortilège a été le pouvoir que les âmes fortes ont sur les àmeg faibles. »

Ckaiiée. — Les protestants, copiés par les jansénistes , ont beaucoup déclamé contre la prétendue persécution qu'essuya Galilée , à cause de ses découvertes astronomiques. On a fait fracas de sa prétendue condamnation au tribunal de l'inquisition romaine. Mais il est prouvé, depuis long-temps déjà, qu'on

en impose dans ces récits infidèles. Gralilée ne fut pas censuré comme astronome, mais comme mauvais théologien; car il voulait expliquer la Bible. Ses découvertes , à l'appui du système de Copernic , ne lui eussent pas lait plus d'ennemis qu'à cet autre savant. Ce fut son entêtement à vouloir concilier, à sa manière, la Bible et Copernic, qui le fit re» chercher par l'inquisition. En môme temps que lui vivaient à Rome plusieurs hommes célèbres, et le saint-siége n'était pas entouré d'ignorants. En 4644, pendant son premier voyage à Rome, Galilée fut admiré et comblé d'honneurs par les cardinaux et les grands seigneurs auxquels il montra ses découvertes. Lorsqu'il y retourna, en 4645, le cardinal Delmonte lui traça le cercle dans lequel il devait prudemment se renfermer. Mais son ardeur et sa vanité l'emportèrent. « Il exi- ' geait, dit Guichardin , que le pape et le saint-office déclarassent le système de Copernic fondé sur la Bible. » Il écrivit à ce sujet mémoires sur mémoires. Paul V, fatigué de ses instances , accorda que cette controverse fût jugée dans une congrégation. Malgré tout l'emportement qu'y mit Galilée , il ne fut point intéressé dans le décret rendu par la congrégation, qui déclara seulement que le système de Copernic ne paraissait pas s'accorder avec la Bible. Avant son départ, il eut une audience très-gracieuse du pape, et Bellarmin se borna , sans lui interdire aucune hypothèse astronomique . à lui interdire ses prétentions théologiques. — Quinze ans après, en 4 639 , sous le pontificat d'Urbain VIII , Galilée imprima ses célèbres dialogues Dette due massime sisleme del mondoy avec une permission et une approbation supposées; personne ne réclama. Il fit reparaître ses mémoires écrits en 4 64 6 , où il s'eflbrçait d'ériger la rotation du globe sur son axe en question de dogme. Ses bravades le firent citer à Rome. Il y arriva le 3 février 4633. Il ne fut point logé à l'inquisition , mais au palais de l'envoyé de Toscane. Un mois après il fut mis , non dans les prisons de l'inquisition , comme tant de menteurs l'ont écrit , mais dans Tappartement du fiscal. Au bout de dix-huit mois, s'étant rétracté , c'est-à-dire ayant renoncé à sa conciliation de Copernic et de la Bible , seule question qui fût en cause , il s'en retourna dans sa patrie. Voici ce qu'il écrivait en 4633, au P. Récénéri, son disciple : — a Le pape me croyait digne de son estime. Je fus logé dans le délicieux palais de la Trinité du Mont. Quand j'arrivai au saint-office , deux pères dominicains m'invitèrent très-honnètement à faire mon apologie. J'ai été obligé

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de rélTQcter moii opinion en bon catholique' Pour n)e punir, on m'a défendu les -dialogues,et congédié aprè3 cinq mois de séjour,à Rome»! Comme ila peste régnait é Florence « on m'a assuré pour deineuce le palais de'mon meil«i leur ami y monseigneur Piccotomini ^ archevé^' que de Sienne, 'OÙ j'ai joui d'une pleine tran-i quilHté. Aujourd'hui,' je teis à m» catnpagne ci'Jkrcétre^ ou je respire un air pur auprès de Vtik chèie patrie- ^ yy^^ Néanmoins tes phtio» sophfes rebelles coalinueront à faire de- Galilée une victime-.dd la s^uperstiiiion éi du fanatisa' iùe. — ^ I>ans tout cela , nous ne jugeons pas le système de Galilée, sur lequel \\ n'est pos impossible que le dernier mot ne soit pas dit: ^— On vient de retrouver les manuscrits dé Galilée^ que l'on avait dit brûlés [iar Tinqui-^ Bition. Que ne peut-on retrouver, à l'usage des ennemis de l'Église , la bonne foi!

Gamahé OU Camaïeu, — espèce de talisman qui consiste dans des images ou des caractères naturellement g,ravés sur certaines pierres , auxquels ia superstition a fait altrir buer de grandes vertus , parce qu'elle les croit produits par l'influence des esprits. GaU farel dit qu'Albert-le-Grand avait une de ces pierres, sur laquelle était un serpent qui avait cette admirable vçrtu d'atlirer les autres serpents lorsqu'on la plaçait dans le lieu où ils venaient. D'autres pierres , ajoùté-.t-il , guérissent les morsures et chassent les venins, (jeorge Agricola rapporte qu'on en voit de la forme de quelques parties du corps, ou dç quelques plantes , et qui ont des vertus merveilleuses; ainsi celles qui représentent du àang arrêtent les perles, etc.

Qamoiitû, — esprits qui , selon les habitants du Kamlschalka , produisent les éclairs en se lançant dans leurs querelles les tisons à demi consumés qui ont' chauffé leurs huttes. Lorsqu'il tombe de la pluie , ce sont les Gamoulis qui rejettent le superflu de la boisson.

Gamygynj — grand marquis des enfers; c'est un puissant démon. On le voit sous la forme d'un petit cheval ; mais dès qu'il prei^ celle d'un homme, il a une voix rauque et discourt sur les arts libéraux; il fait paraître^ aussi devant l'exorciste les âmes qui ont péri dams la mer, et celles qui souffrent dans çeltç partie du purgatoire qui est appelée Cartagra (c'est-à-dire affliction des âmes); il répond clairement à toutes les questions qu'on lui fait ; il reste auprès de l'exorciste jusqu'à ce qu'il ait exécuté tout ce qu'on lui ordonne ;

. '[ ^cirgUr, I^ièt. 4e théo^gie» an mot Sciences.

cependant. là-bas , trente légions lui sont sou-* mises*.- . .•

Ganâtltoiâ (Pibrrë), — sorcier de la Franche-Comlé,. qui fut brûlé -vers 4€10, pdur avoir: couru .la nuit en forme de > lièvre >. '

' ^andreM ,''-^ Sorte de magie en usage chez les Islandais», laquelle magie donné la faculté de voyager dams les aies; elle est, dit-on, d'invention 'nouvelle', (quoique le nomi en soit connu depuis deë iehips reculés. Mais on attribuait autrefois tes cavalcades arénennes au dîâbte et à'-de ce'rtàîns 'es^its. Les Islandais prétencfent âujôiird'huî t(ûe fcë sont dëé sorcières nrérttées sut* des'côlèsde (Aevat et des tibia, eh gutée de mârtche â Ijalaii, qui se promènent par les airs. *-^' Lëâ âbrdères de B^sse-Saxe' el du • duché djB ftrtm^sMriok'se mettent à izsalifôurchon sur la même tirtonture ; et tous . le» au tares- o^ements qui se -trouvent dans tar campagnei, se'piiWénsent àrappr^ cb^ de l'un de ces ca.valiei;s AQçturnes^ L^rt de prépajf^r leur équipage consiste dans um pourri)ie d'une e^ècic de» cuir qu'ils appellent G^dreid-l9Hm,.^r laquelle ils imprinoeDl Icîurs rijnes ou earactèrest magiques =*. -

Oanga-^jeamttà « -^ démon femellie qu« les Indiens ecaigoeni beaucoup:, . et < par conséquent auqviel ilsrenéëiit-degrenvk hontieurSi Il aune seule téta et quatre: bras ; il tient dans la main gauche une petite jatte , et dans la droite une fourohette à trois pointes. On le mène en procession sur un char avec beaucoup de pompe, et quelquefois il s^ trxrave des fanatiques qui se font écraser p^c dévotion sous ses roues. Les boucs sont les .victimes ordinaires, qu'on lui immole. Dans les maladies ou dans quelque autre danger, il se trouve des Indiens qui font voeu , s'ils en réchappent, de pratiquer en l'honneur deGanga-Gramma la cérémonie suivapte. On leur enfonce dans la peau du dos des ci^ochels , par le moyen desquels on les élève en l'air; là ils font quelques tours d'adresse en pré-* seoce dQS spectateurs. Il se trouve des fem-' mes simples et crédules, à qui l'on persuade que celte cérémonie est agréabje à Ganga- Gramraa , et qu'elle ne cause aucune douleur. Lorsqu'elles la sentent, il n'est plus temps de s'en dédire, elles sont déjà en l'air, et les cris des assistants étouffent leurs. plain-* tes. Une autre sorte de pénitence, touiwrs en l'honneur du même démon, cousiste à se laisser passer une ficelle dans la chair, et à danser pendant que d'autres personnes tirent

' Wienis, de Prœst. dœm.,p. 926.

' M. Oarinet, Hîst. de la magie eu France, p.' 16(5'. : } Y^y-'^S^ ^^ I^EÏndé, (Tuâàit du danois, etc, 1902. '

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