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cessions, perdre ses ennemis, et nôtres résiiltafs de ce genre. Cet homme ayant reconnu dans Alexandre un esprit adroit, une mémoire vive et .beaucoup d'effronterie, l'initia aux ruses de son métier. — Après la mort du vieux jongleur, Alexandre se lia avec un certain Coconas, dont les récits font un chroniqueur byzantin et un homme aussi malin qu'audacieux. Ils parcoururent ensemble divers pays, étudiant Tart de faire des dupes. Ils rencontrèrent une vieille femme riche, que leurs prétendus secrets charmèrent, et qui les fit voyager à ses dépens depuis la Bithynie jusqu'en Macédoine. — Arrivés en ce pays, ils remarquèrent qu'on y élevait de grands serpents si familiers qu'ils jouaient avec les enfants sans leur faire de mal ; ils en achetèrent un des plus beaux pour les scènes qu'ils se proposaient de jouer. Ils avaient conçu un projet hardi. L'embarras était de décider quel lieu serait leur théâtre. Goconas préférait Calcédoine, ville de Paphlagonie, à cause du concours de diverses nations qui l'environnaient. Alexandre aima mieux son pays, AbonotiqUe, parce que les esprits y étaient plus grossiers. — Son avis ayant prévalu , les deux fourbes cachèrent dei lames de cuivre dans un vieux
temple d'Apollon qu'on démolissait , et ils avaient écrit dessus qu'Esculape et son père viendraient bientôt s'établir dans la ville. Ces lames avant été trouvées , le bruit s'en répandit aussitôt dans les provinces ; les habitants d*Abonotique se hâtèrent de décerner un temple à ces dieux, et ils en creusèrent les fondements. — Coconas mourut alors de la morsure d'une vipère. Alexandre se hâta de le remplacer et, se déclarant prophète avant de se rendre au lieu de sa naissance, il se montra avec une longue chevelure bien peignée , une robe de pourpre rayée de blanc ; il tenait dans sa main une faux, comme on en donne une à Persée, dont il prétendait descendre du côté de sa mère ; il publiait un oracle qui le disait fils de Podalyre , lequel , à la manière des dieux du paganisme , avait épousé sa mère en secret ; il faisait débiter en même temps une prédiction d'une sibylle qui portait que, des bords du Pont-Euxin , il viendrait un libérateur d'Ausonie. — Dès qu'il se crut convenablement annoncé , il parut dans Abonolique , où il se vit accueilli comme un dieu. Pour soutenir son personnage , il mâchait la racine d'une certaine herbe qui le faisait écumer, ce que le peuple attribuait à l'enthousiasme surhumain dont il était possédé. — Il avait préparé en secret une tète habilement fabriquée, dont les traits représentaient la face d'un homme, avec une bouche qui s'ou-
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vrait et se fermait par un (il caché. Avec celle tête et le serpent apprivoisé qu'il avait acheté en Macédoine, et qu'il cachait soigneusement, il prépara un grand prodige. Il se transporta de nuit à l'endroit où l'on creusait les fondements du temple, et cacha, dans une fontaine voisine, un œuf d'oie où il avait enfermé un petit serpent qui venait de naître. Le lendemain matin il se rendit sur la place publique, l'air agité, tenant sa faux à la main et couvert . seulement d'une écharpe dorée ; il monta sur un autel élevé, et s'écria que ce lieu était honoré de la présence d'un dieu. A ces mots, le peuple accouru pour l'entendre commença à faire des prières, tandis que l'imposteur prononçait des mots en langue phénicienne , ce qui servait à redoubler l'étonnement général. — 11 courut ensuite vers le lieu où il avait caché son œuf, et, entrant dans l'eau, il commença à chanter les louanges d'Apollon et d'EscuIape et à inviter ce dernier à se montrer aux mortels ; puis, enfonçant une coupe dans la fontaine , il en retira l'œuf mystérieux ; le prenant dans sa main , il s'écria : « Peuples , voici votre dieu! » Toute la foule attentive poussa des cris de joie en voyant Alexandre casser l'œuf et en tirer un petit serpent, qui s'entortilla dans ses doigts. Chacun se répandit en bénédictions, les uns demandant au dieu la santé , les autres les honneurs ou des richesses. — Enhardi par ce succès, Alexandre fait annoncer le lendemain que le dieu qu'ils avaient vu si petit la veille avait repris sa grandeur naturelle. Il se plaça sur un lit , après s'être revêtu de ses habits prophétiques, et, tenant dans son sein le serpent qu'il avait apporté de Macédoine , il le laissa voir entortillé autour de son cou et traînant une longue queue ; mais il en cachait la tête sous son aisselle , et faisait paraître à la place la tête postiche à figure humaine qu'il avait préparée. Le lieu de la scène était faiblement éclairé ; on entrait par une porte et on sortait par une autre, sans qu'il fût possible de s'arrêter long-temps. Ce spectacle dura quelques jours ; il se renouvelait toutes les fois qu'il arrivait quelques étrangers. On fit des images du dieu en cuivre et en argent. — Le prophète, voyant les esprits préparés, annonça que le dieu rendrait des oracles , et qu'on eût à lui écrire des billets cachetés. Alors , s'enfermant dans le sanctuaire du temple qu'on venait de bâtir, il faisait appeler ceux qui avaient donné des billets , et les leur rendait sans qu'ils parussent avoir été ouverts, mais accompagnés de la réponse du dieu. Ces billets avaient été lus avec tant d'adresse qu'il était impossible de s'apercevoir qu'on
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eiU rompu le cachet. Des espions et des émissaires informaient le prophète de tout ce qu'ils pouvaient apprendre^ et l'aidaient à rendre se» réponses, qui d'ailleurs étaient toujours obscures ou ambiguës, suivant la prudente coutume des oracles. On apportait des vic^ times pour le dieu et des présents pour le prophète.— Voulant nourrir l'admiration par une nouvelle supercherie , Alexandre annonce un jour qu'Ësculape répondrait en personne aux questions qu'on lui ferait : cela s'appelait des réponses de la propre bouche du dieu. On opérait cette fraude par le moyen de quelques artères de grues qui aboutissaient d'un côté à la tète du dragon postiche, et de l'autre à la bouche d'un homme caché dans une chambre voisine. — Les réponses se rendaient en prose ou en vers, mais toujours dans un style si vague qu'elles prédisaient également le revers ou le succès. Ainsi l'empereur Marc-Aurèle , faisant la guerre aux Germains, lui demanda un oracle. On dit même qu'en Mi il fit venir Alexandre à Rome, le regardant comme le dispensateur de l'immortalité. L'oracle sollicité disait qu'il fallait, après des cérémonies prescrites, jeter deux lions vivants dans le Danube, et qu'ainsi l'on aurait l'assurance d'une paix prochaine, précédée d'une victoire éclatante. On exécuta la prescription. Mais les deux lions traversèrent le fleuve à la nage ; les barbares les tuèrent et mirent ensuite l'armée de l'empereur en déroute : à quoi le prophète répliqua qu'il avait annoncé la victoire, mais qu'il n'avait pas désigné le vainqueur. — Une autre fois un illustre personnage fît demander au dieu quel précepteur il devait donner à son fils. Il lui fut répondu : — Pythagore et Homère. L'enfant mourut quelque temps après,
— L'oracle annonçait la chose , dit le père , en donnant au pauvre enfant deux précepteurs morts depuis long-temps. S'il eût vécu, on l'eût instruit avec les ouvrages de Pythagore et d'Homère, et l'oracle aurait encore eu raison.
— Quelquefois le prophète dédaignait d'ouvrir les billets lorsqu'il se croyait instruit de la demande par ses agents ; il s'exposait à de singulières erreurs. Un jour il donna un remède pour le mal de côté en réponse à une lettre qui lui demandait quelle était véritablement la patrie d'Homère. — On ne démasqua point cet imposteur, que l'accueil de Marc- Aurèle avait entouré de vénération. Il avait prédit qu'il mourrait à cent cinquante ans, d'un coup de foudre , comme Esculape : il mourut dans sa î^oixante-dixième année, d'un ulcère à la jambe ; ce qui n'empèrha pas qu'après sa mort il eut, comme un demi-dieu , des statues et des sacrifices.
AlezjuidM àm Trâlles , — médecin né à Traites, dans l'Asie-Mineure, au sixième siècle. On dit qu'il était très savant; ses ouvrages prouvent au moins qu'il était très-crédule. )l conseillait à ses malades les amulettes et ieç paroles charmées. Il assure, dans sa médecine pratique S que la figure d'Hercule étouffant le lion de la forôt de Némée , gravée sur une pierre et enchâssée dans un anneau , est un excellent remède contre La coUque.il prétend aussi qu'on guérit parfaitement la goutte , I4 pierre et les fièvres par des philactères et de^ charmes. Gela montre au utoins qu'il ne «avait pas les guérir autrement.
Alexandre m , — roi d'Éec^se , qui épousa en 4285 Yolette, fille dti comte de Dreux. Le soir de la solennité du mariage, on vit entrer à la fin du bal , dans la salle où la cour était rassemblée, un spectre décharné qui se mit à danser. Les gambades du spectre troublèrent les assistants : les fêtes furent suspendues; et des habiles déclarèrent que cette apparition annonçait la mort prochaine du Roi. En eSet, la même année, dans une partie de chasse , Alexandre, montant un cheval mal dressé, fut jeté hors de selle, et mourut de la chute*.
Alexandre VX , — élu pape en 1 492 ; pontife qui a été jugé souvent avec beaucoup d'exagération. Quelques sots écrivains affirment qu'il avait à ses ordres un démon familier' qui passa ensuite au service de César Borgia.
Alfader , — dieu très-important dans la théogonie Scandinave. Avant de créer le ciel et la terre, il était prince des géants. Lésâmes des bons doivent vivre avec Iqi dans Simîe ou Wingolff; mais les méchants passent à Hélan, de là à Niflheim , la région des nuages inférieurs au neuvième monde. L'Edda lui donne divers noms : Nikar (le sourcilleux) , Svidrer (l'exterminateur), Svider (l'incendiaire), Oske (celui qui choisit les morts), etc. — Le non) d' Alfader a été donné aussi à Odin.
Alfares , — génies Scandinaves. Les bons sont appelés lios ou lumineux , les méchante docks ou noirs.
Alfrîdarîe , — espèce de science qui tient de l'astrologie et qui attribue successivement quelque influence sur la vie aux diverses planètes, chacune régnant à son tour un certain nombre d'années. Voy. Planètes.
Algol, — des astrologues arabes ont donné ce nom au diable.
' Liv. X, ch. 1**".
2 Hector de Boëee, In ÂnnalibuB Seot.
^ Curiosités de la. littérature, trad. de l'anglaiB pal Berlin, 1. 1", p, 61.