‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 162 sur 319 · HER · texte numérisé non relu

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chez d'Epernon un coffre plein de papiers de sorcellerie , auxquels il y avait divers mots d'hébreu, chaldaïques, latins et plusieurs caractères inconnus, des rondeaux ou cernes, desquels alentour il y avait diverses figures et écritures , même des miroirs , onguents ou drogues, avec des verges blanches, lesquelles semblaient êlre de coudrier, que l'on a incontinent brûlés pour Thorrcur qu'on en avait. — On a encore trouve dernièrement au bois de Vincennes deux satyres d'argent de la hauteur de quatre pieds. Ils étaient au-devant d'une croix d'or, au milieu de laquelle on avait enchâssé du bois de la vraie croix de . notre Seigneur Jésus-Christ. Les politiques disent que c'étaient des chandeliers. Ce qui fait croire le contraire, c'est que dans cjes vases il n'y avait point d'aiguille qui passât pour y mettre un cierge ou une petite chandelle. Ces monstres diaboliques ont été vus par messieurs de la ville. Outre ces deux diables, on a trouvé une peau d'enfant, laquelle avait été corroyée, et sur icelle y avait aussi plusieurs mots de sorcellerie et divers caractères. — Le fait est que les Valois s'occupaient de sciences occultes. Voy. Terragon.

Beiiri m, — empereur d'Allemagne. Étant encore très-jeune, Henri III obtint d'un clerc une petite canule d'argent avec laquelle les enfants s'amusent à jeter de l'eau ; pour l'en* gager à lui faire ce modique présent, il promit à ce clerc que, dès qu'il serait monté sur le trône, il ne manquerait pas de le faire évéque. C'était à une époque où le Saint-Siège ne cessait de travailler à éteindre la Simonie, fréquente surtout en Allemagne. Henri devint empereur en 4 439, il se souvint de sa parole et l'exécuta. Mais il ne tarda guère à tomber dans une fâcheuse maladie , il fut trois jours à l'extrémité sans aucun sentiment. Un faible mouvement du pouls fit juger seulement qu'il y avait encore quelque lueur d'espérance de le ramener à la vie. Le prince recouvra en effet la santé. Aussitôt il fit appeler ce prélat, qu'il avait fait si précipitamment évéque, et, de l'avis de son conseil, il le déposa. Afin de justifier un jugement aussi bizarre , il assura que pendant les trois jours de sa léthargie, les démons se servaient de cette même canule d'argent, qui avait été le prix de l'ëvêché, pour lui soufQer un feu si violent que notre feu élémentaire ne saurait lui être comparé. Ce fait, qui n'est peut-éire qu'une hallucination, est rapporté par Guillaume de Malmes-' bury, historien du douzième siècle.

Henri IV, — roi d'Angleterre. II poursuivit les sorciers ; mais il encouragea d'autres char-

latans. Au rapport d'Evelyn , dans ses Numismata , Henri IV fut réduit à un tel degré de besoin par ses folles dépenses, qu'il chercha à remplir ses coffres avec les secours de l'alchimie. L'enregistrement de ce singulier projet contient les protestations les plus solennelles et les plus sérieuses de l'existence et des vertus de la pierre philosophale , avec des encouragements à ceux qui s'occuperont de sa recherche, et leur affranchissement de toute espèce de contrariétés de la part des statuts et prohibitions antérieures. Voy, Lulle. — On avait prédit à Henri IV qu'il mourrait à Jérusalem : il tomba malade subitement dans l'abbaye de Westminster et y mourut dans une chambre appelée Jérusalem.

Henri IV, — roi de France. On fit une recherche assez curieuse sur le nombre quatorze, relativement à Henri IV. H naquit quatorze siècles, quatorze décades, et quatorze ans après l'ère chrétienne. Il vint au monde le M décembre et mourut le 4 4 mai. Il a vécu quatre fois quatorze ans, quatorze semaines, quatorze jours. Enfin, dans son nom de Henri de Bourbon, il y avait quatorze lettres.

Hépatofcopîe OU Hîérôtoople, -» divination qui avait lieu par Tinspection du foie des victimes dans les sacrifices chez les Ro^ mains. — Quelques sorciers modernes cherchaient aussi l'avenir dans les entrailles des animaux. Ces animaux étaient ordinairement, ou un chat, ou une taupe, ou un lézard, ou une chauve^ouris , ou un crapaud , ou une poule noire. Voy, Aruspices.

Héralde , — voy, HERMAPHRODITES.

Herbadîlla. — «c Autrefois il y avait à la place du lac de Grand-Lieu en Bretagne , un vallon délicieux et fertile , qu'ombrageait la forêt de Vertave. Ce fut là que se réfugièrent les plus riches citoyens de Nantes , et qu'ils sauvèrent leurs trésors de la rapacité des légions de César. Ils y bâtirent une cité qu'on nomma Herbadilla , à cause de la beauté des prairies qui l'environnaient. Le commerce centupla leurs richesses; mais en même temps le luxe charria jusqu'au sein de leurs murs les vices des Romains. Ils provoquèrent le courroux du ciel. Un jour que saint Martin, fatigué de ses courses apostoliques , se reposait près d'Herbadilla , à l'ombre d'un chêne, une voix lui cria : Fidèle confesseur de la foi ^ éloi(jne~toi de la cité pécheresse. Saint Martin s'éloigne , et soudain jaillissetit avec un bruit affreux des eaux jusqu'alors inaperçues, et qui faisaient irruption d'une caverne profonde. Le vallon oii s'élevait la Babylone des

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Bretons fut tout à coup submergé. A la surface de celle onde sépulcrale vinrent aboutir par milliers des bulles d'air, derniers soupirs de ceux qui expiraient dans l'abime. Pour perpétuer le souvenir du châtiment, Dieu permet que l'on entende encore au fond de cet abime les cloches de la ville engloutie , et que Torage y vive familièrement. Auprès est une tle au milieu de laquelle est une pierre en forme d'obélisque. Cette pierre ferme l'entrée du gouffre qui a vomi les eaux du lac , et ce gouffre est la prison où un géant formidable pousse d'horribles rugissements. — A quatre lieues de cet endroit , vers l'est , on trouve une grande pierre qu'on appelle la vieille de saint Martin; car il est bon de savoir que cette pierre , qui pour bonne raison garde figure humaine, fut jadis une femme véritable , laquelle , s'étant retournée malgré la défense en sortant de la ville d'Uerbadilla, fut transformée en statue * » Voy. Is.

Berbe qui égare. — Il y a , dit-on , une

certaine herbe qu'on ne peut fouler sans s'égarer ensuite de manière à ne plus retrouver son chemin. Celte herbe , qui n'est pas connue, se trouvait abondamment aux environs du château de Lusignan , bâti par Mélusine ; ceux qui marchaient dessus erraient dans de longs circuits , s'efforçaient en vain de s'éloigner, et se retrouvaient dans l'enceinte redoutée jusqu'à ce qu'un guide préservé de l'enchantement les remît dans la bonne voie.

Herbe de eoq. — Les habitants de Panama vantent beaucoup une herbe qu'ils appellent herbe de coq , et dont ils prétendent que l'application est capable de guérir sur-le-champ un poulet à qui l'on aurait coupé la tête , en respectant une seule vertèbre du cou. Des voyageurs sollicitèrent en vam ceux qui faisaient ce récit de leur montrer Therbe ; ils ne purent l'obtenir , quoiqu'on leur assurât qu'elle était commune : d'où l'on doit conclure que ce n'est qu'un conte populaire >.

Rèrenberg (Jean-Christophe) , — auteur de Pensées philosophiques et chrétiennes sur les Vampires, 4733. Voy. Vampires.

BermephrodStee. — Long-temps avant Antoinette Bourignon , qui soutint cette singulière thèse au dix-septième siècle , il s'était élevé sous le pontificat d'Innocent III une secte de novateurs qui enseignait qu'Adam était, à sa naissance, homme et femme tout à la fois. Pline assure qu'il existait en Afrique , au delà

* M. de Marchangy, Tristan le voyageur, tom. I, p. 115.

* La Harpe, Abrégé de lUist. géiiérale des Voyages, t. XYI, p. loe â« l'Mit. iii-12.

du désert de Zara , un peuple d'androgynes. Les lois romaines mettaient les hermaphrodites au nombre des monstres, et les condam<* naient à mort. Tile Live et Eutrope rapportent qu'il naquit auprès de Rome, sous le consulat de Claudius Néron , un enfant pourvu de deux sexes ; que le sénat , effrayé de ce prodige^ décréta qu'il fallait le noyer; on enferma l'enfant dans un coffre , on l'embar^ qua sur un bâtiment et on le jeta en pleine mer. Leloyer parle longuement d'une femme de Macédoine, nommée Héraïde , qui se maria comme femme , et devint homme ensuite dans une absence de son mari. C'était , dans les vieilles opinions , un hermaphrodite. Mais on ne voit plus d'hermaphrodites aujourd'hui. — Les hermaphrodites, dans les contes plus anciens, avaient les deux sexes, deux tètes, quatre bras et quatre pieds. Les dieux , dit Platon , avaient d'abord formé l'homme avec deux corps et les deux sexes. Ces hommes doubles étaient d'une force si extraordinaire qu'ils résolurent de faire la guerre aux dieux, Jupiter irrité les partagea pour les affaiblir, et Apollon seconda le père des dieux dans l'exécution de ses volontés. Voy. Poly-

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