CRITE
Bermelîne , — démon familier qui s'appelait aussi Hermione et Hermelinde, et qui fréquenta quarante ans Benedotto Berna , dont François Pic de La IViirandole rapporte luimême l'histoire. « Cet homme, dit-il, buvait, mangeait, pariait avec son démon , qui l'accompagnait partout sans qu'on le vît ; de sorte que le vulgaire ne pouvant comprendre le mystère de ces choses , se persuadait qu'il était fou ^
Hermèe. — On VOUS dira qu'il a laissé beaucoup de livres merveilleux ; qu'il a écrit sur les démons et sur l'astrologie. C'est lui qui a décidé que , comme il y a sept trous à la tête , il y a aussi sept planètes qui président à ces trous , savoir : Saturne et Jupiter aux deux oreilles , Mars et Vénus aux deux narines , le soleil et la lune aux deux yeux , et Mercure à la bouche.
Hermialîtei , — OU Hermiens , disciples d'un hérétique du deuxième siècle nommé Hermas ; ils honoraient l'univers-Dieu , disant à la fois que ce monde est Dieu et que ce monde est l'enfer.
Rermione , — VOy. HerhelinE.
Hermotîme. — On sait que Cardan et une foule d'autres se vantaient de faire voyager
I Lenglet-DufrcEnoy, Dissertations sur les apparit., tom. I*', p. 159, et Bodin^ Démononnaaie des aorciersi p. 279.
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leur àme sans que le corps fut de la partie. L'âme d'Hermotime de Clazomène s'absentait de son corps lorsqu'il le voulait, parcourait des pays éloignés, et racontait à son retour des choses surprenantes. Apparemment que Hermotime eut des ennemis. Un jour que son âme était allée en course , et que son corps était comme de coutume semblable à un cadavre, ses ennemis le brûlèrent et ôtèrent ainsi à l'âme le moyen de rentrer dans Boo étui. ,
Héron , — ermite qui , après avoir passé plus de cinquante ans dans les déserts de la Thébaïde , se laissa persuader par le diable , sous la figure d'un ange , de se jeter dans un puits , attendu que , comme il était en bonne grâce avec Dieu , il ne se ferait point de mal. Il ajouta foi , dit-on , aux paroles du diable , et, se précipitant d'un lieu élevé, dans la persuasion que les anges le soutiendraient, il tomba dans le puits , d'où on le retira disloqué; il mourut trois jours après*.
HervîUiere (Jeanne). — C'est la môme que Jeanne Harvilliers.
Stettre, — voy. Minuit. — Anges ou démons des heures, voy. Pierre d'ApOiNE.
Hibou, — oiseau de mauvais augure. On le regarde vulgairement comme le messager de la mort; et les personnes superstitieuses qui perdent quelque parent ou quelque ami , se ressouviennent toujours d'avoir entendu le cri du hibou ; sa présence , selon Pline , présage la stérilité. Son oeuf, mangé en omelette, guérit un ivrogne de l'ivrognerie. — Cet oiseau est mystérieux , parce qu'il recherche la solitude , qu'il hanle les clochers , les tours et les cimetières ; on redoute son cri , parce qu'on ne l'entend que dans les ténèbres ; et , si on l'a vu quelquefois sur la mai-son d'un mourant, il y était peut-être attiré par l'odeur cadavéreuse, ou par le silence qui régnait dans cette maison. — Un philosophe arabe , se promenant dans la campagne avec un de ses disciples , entendit une voix détestable qui chantait un air plus détestable encore. « Les gens superstitieux, dit-il, prétendent que le chant du hibou annonce la mort d'un homme; si cela était vrai, le chant de cet homme annoncerait la mort d'un hibou, o — Cependant si le hibou est regardé comme un mauvais présage chez les gens de la campagne quand on lé voit perché sui* lô haut d'une maison , il est aussi regardé comme d'Un bon aligure quand il vient se réfugier dans
> Lcloyer, I^iat. des spectres et apparitions des esprits, p. 'ÀbG.
un colombier. Lps anciens Francs condamnaient à une forte amende quiconque tuait ou volait le hibou qui s'était réfugié dans le colombier de son voisin K — On ne peut passer sous silence les vertus surprenantes de cet oiseau. Si l'on met son cxBur avec son pied droit sur une personne endormie , elle dira aussitôt ce qu'elle aura fait et répondra aux demandes qu'on lui adressera ; de plus , si ou met les mêmes parties de cet oiseau sous les aisselles , les chiens ne pourront aboyer après la personne qui les portera ; et enfin , si on pend le foie à un arbre, tons les oiseaux se rassembleront dessus '.
Hiérarchie. — Agrippa disait qu'il y avait autant de mauvais anges qne de bons , qu'il y en avait neuf hiérarchies de bons et neuf de mauvais. Wierus, son disciple , a fait l'inventaire de la monarchie de Satan , avec les noms et surnoms de 72 princes et de plusieurs millions de diables , nombres fantastiques, qui ne sont appuyés sur d'autres raisons que sur la révélation de Satan même. Voy. Cour infernale , Monarchie , etc.
Hiéroglyphe!. — Les Egyptiens avaient beaucoup d'idées superstitieuses, s'il faut les juger par leurs hiéroglyphes. Us expriment le sexe mascuUn par un vautour, dit un ancien, parce que tous les vautours sont femelles, et que le vent seul féconde leurs œufs : ils représentaient le cœur par deux drachmes, parce que le cœur d'un enfant d'un an ne pèse que deux gros. Une femme qui n'avait qu'un enfant , ils la figuraient par une lionne , parce que cet animal ne fait qu'un petit (da moins ils le croyaient de la sorte). Ils figuraient l'avortement par un cheval qui donne un coup de pied à un loup , parce que , disaient-ils, une cavale avorte si elle marche sur les traces d'un loup s , etc. M. Cbampollion donne d'autres explications.
Hiéromnénon , — pierre que les anciens employaient dans leurs divinations, mais dont ils ne nous ont laissé aucune description.
Hiérogeopîe. — Voy. HépATOSGoPifi.
Hipokîndo, — mot (^ui , prouoncé d'une certaine façon , charme les serpents et les empoche de nuire. Paracelse en parle.
Hipi^arohtt!. — On lui attribue un ouvrage rntitiftè : le Livre des Esprits.
^ppocrate , — père de la médecine. Les légendes du moyen âge font de lui un grand
< M. Saignes, Des erreurs et des pr^ugés, etc., t I"i
2 Des Admirables secrets d'Albert-le-Grand,,p. 107.
3 Brown, Essai sur les erreurs popoloirts» t. IF, p. 69.
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