‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 165 sur 319 · HOC · texte numérisé non relu

HOC

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environs de Paris, une cabale de bergers qui faisaient mourir les bestiaux, attentaient à la vie des hommes , commettaient plusieurs autres crimes , et s'étaient rendus formidables à la province. Il y en eut enfin d'arrêtés ; le juge de Pacy instruisit le procès ; et, par les preuves, il parut évident que tous ces maux étaient commis par maléfices et sortilèges. Les sorts et les poisons dont ces bandits se servaient pour faire mourir les bestiaux consistaient dans une composition Iqu'ils avouèrent au procès , et qui est rapportée dans les factums, mais remplie de sacrilèges, d'impiétés , d*abominations et d'horreurs , en même temps que de poisons. Ils mettaient cette composition dans un pot de terre, et Tenterraient , ou sous le seuil de la porte des étables aux bestiaux, ou dans le chemin par où ils passaient; et tant que ce sort demeurait en ce lieu, ou que celui qui l'avait posé était en vie , la mortalité ne cessait point ; c'est ainsi qu'ils s'en expliquèrent dans leurs interrogatoires. Une circonstance singulière de leur procès fit croire qu'il y avait un vrai pacte entre eux et le diable pour commettre tous ces maléfices. Ils avouèrent qu'ils avaient jeté les sorts sur les bestiaux du fermier de la terre de Pacy, près de Brie-Comte-Robert , pour venger l'un d'entre eux que ce fermier avait chassé et mis hors de son service. Ils firent le récit exact de leur composition; mais jamais aucun d'eux ne voulut découvrir le lieu où ils avaient enterré le sort , et on ne savait, après de semblables aveux , d'où pouvait venir leur réticence sur ce dernier fait. Le juge les pressa de s'en expliquer ; ils dirent que s'ils découvraient ce lieu , et qu'on levât le sort, celui qui l'avait posé mourrait à l'instant. — L'un de leurs complices , nommé Etienne Hocque , moins coupable que les autres, et qui n'avait été condamné qu'aux ga- ^lères, était à la chaîne dans les prisons de la Tournelle : on gagna un autre forçat nommé Béatrix, qui était attaché avec lui. Ce dernier^ à qui le seigneur de Pacy avait fait tenir de l'argent, fit un jour tant boire Hocque qu'il l'enivra, et en cet état le mit sur le chapitre du sort de Pacy. Il tira de lui le secret qu'il n'y avait qu'un berger nommé Bras-de- Fer, qui demeurait près de Sens, qui pût lever le sort par ses conjurations. Béatrix, profitant de ce commencement de confidence, engagea le vieux berger à écrire à son fils une lettre par laquelle il lui mandait d'aller trouver Bras-de-Fer, pour le prier de lever ce sort, et lui défendait surtout de dire à Bras-de-Fer qu'il fut condamné et emprisonné, ni que c'était lui, Hocque, qui avait posé le sort.

Cette lettre écrite , Hocque s'endormit. — Mais à son réveil , les fumées du vin étant dissipées, et réfléchissant sur ce qu'il avait fait, il poussa des cris et des hurlements épouvantables , se plaignant que Béatrix l'avait trompé, et qu'il serait cause de sa mort. Il se jeta en même temps sur lui , et voulut l'étrangler ; ce qui excita les antres forçats contre Béatrix, en sorte qu'il fallut que le commandant de la Tournelle vînt avec ses gardes pour apaiser ce désordre, et tirer Béatrix de leurs mains. — Cependant la lettre fut envoyée au seigneur, qui la fit remettre à son adresse. Bras-de-Fer vint à Pacy, entra dans les écuries ; et , après avoir fait des figures et des imprécations, il trouva efTectivement le sort qui avait été jeté sur les chevaux et les vaches ; il le leva, et le jeta au feu , en présence du fermier et de ses domestiques. Mais à l'instant il parut chagrin , témoigna du regret de ce qu'il venait de faire, et dit que le diable lui avait révélé que c'était Hocque , son ami . qui avait posé le sort en cet endroit, et qu'il était mort à six lieues de Pacy au moment que ce sort venait d'être levé. — ^En effet, par les observations qui furent faites au château de la Tournelle , il y a preuve qu'au même jour et à la même heure que Brasde-Fer avait commencé à lever le sort, Hocque, qui était un homme des plus forts et des plus robustes, était mort en un instant dans des convulsions étranges, et se tourmentant como^e un possédé , sans vouloir entendre parler de Dieu ni de confession. — Bras-de-Fer avait été pressé de lever aussi le sort jeté sur les moutons; mais il dit qu'il n'en ferait rien, parce qu'il venait d'apprendre que ce sort avait été posé par les enfants de Hocque, et qu'il ne voulait pas les faire mourir comme leur père. Sur ce refus, le fermier eut recours aux juges du lieu. Bras-de-Fer, les deux fils et la fille de Hocque furent arrêtés avec deux autres bergers, leurs complices, nommés Jardin et le Petit-Pierre ; leur procès instruit, Bras-de-Fer, Jardin et le Petit-Pierre furent condamnés à être pendus et brûlés, et les trois enfants de Hocque bannis pour neuf ans *,

Hoffmann , — célèbre autour allemand de contes fantastiques, où le surnaturel occupe, d'une manière très-originale, la plus grande place.

Holda. — La holda était, chez les anciens Gaulois , une espèce de sabbat nocturne où des sorciers faisaient leurs orgies avec des démons transformés en danseuses. Voy. Ben-

1 Le commissaire Delamarre, Traité de la police.

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