‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 166 sur 319 · HOL · texte numérisé non relu

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soziA. — On parle encore en Allemagne de hoîda, la bonne fileuse (sorte de fée qui remplace dans les opinions populaires une divinité antique). Elle visite sans être vue la maison du laboureur; elle charge de laines les fuseaux des ménagères diligentes et répand l'abondance autour d'elle *.

Hollandais errant. — C'est un vaisseau fantastique qui apparaît, dit-on, dans les parages du cap de Bonne-Espérance. Ce vaisseau déploie toutes ses voiles lorsqu'aucun navire n'oserait en risquer une seule. On est partagé d'opinion sur la cause de ce prodige; d'après la version la plus répandue, c'était dans l'origine un navire richement chargé , à bord duquel se commit un horrible forfait. La peste s'y déclara , et les coupables errèrent vainement de port en port , offrant leur riche cargaison pour prix d'un asile. On les repoussait partout do peur de lu contagion ; et les matelots disent que la Providence, pour perpétuer le souvenir de ce châtiment, permet que le Hollandais errant apparaisse encore dans ces mers où la catastrophe eut lieu. Cette apparition est considérée comme un mauvais augure par les navigateurs *.

Hollère, — magicien danois qui s'était acquis, au treizième siècle, la réputation d'un homme à miracles, et qui n'éliiil qu'un sorcicradroit. Pour passer la mer, il se servait d'un os gigantesque marqué de quelques charmes et caractères magiques. Sur ce singulier esquif il traversait l'Océan comme s'il eut été aidé de voiles et poussé par les vents. Il fut maltraité par les autres sorciers, ses envieux , qui l'obligèrent à quitter le pays '.

Bolxhanier (Barthélémy) , — visionnaire allemand, né en 4613. Le diable apparut à sa naissance , sous la forme d'un laid chien noir; le nouveau-né s'écria qu'il ne le craignait point et le diable décampa. — En étudiant le latin , il fut attaqué de la peste qui régnait à Cologne. Comme il était sur son lit, il sentit quelqu'un lui donner un souillet. Il se tourna^ ne vit personne ; mais le soufflet l'avait guéri ; il retourna en classe. — Il alla faire sa philosophie à Ingolstadt, eut des visions sans nombre , fut vexé par les démons , pourchassé par des spectres; il délivra des possédés, prophétisa et publia ses visions. — Et d'abord, il mit au jour son Voyage aux enfers. — 11 fit paraître ensuite un recueil de diverses petites visions peu remarquables et son explication

' M. Ozanam, De l'établissement du christianisme en Allemagne.

* Walter Scott, Mathilde de Rokeby, chant 2«.

^ Jugements de^Dieu, de Chassagnon, p. 114.

de l'Apocalypse , dont il trouva toutes les prédictions en train de s'accomplir. Il mourut en 1658. — Ses visions sont très- bizarres. Il vit un jour sept animaux : un crapaud qui chantait comme un perroquet ; un chameau qui portait des reliques ; un être qui tenait du cheval hennissant et du chien aboyant ; un grand serpent plein de fiel qui avalait des Ames ; un pourceau énorme qui se vautrait dans la fange et qui allait de travers ; un sanglier qui exécrait, et enfin une septième bote, morte et sans nom. Barthélémy vit ensuite une monarchie, deux sièges, et un archange qui se promenait entre plusieurs fauteuils; il vit un roi à cheval sur le Danube, puis plusieurs petits vers qui allaient en manger un grand , lorsqu'un chat vint qui chassa tous les petits vers et délivra Id grand ^

Rommes. — Il paraît qu'il n'y a que l'homme à qui la nature ait donné une figure droite et la faculté de contempler les cieux. Seul parmi les animaux il a l'épine du dos et l'os de la cuisse en ligne droite. C'est un fait, dit Aristoto, que si l'homme est le seul à qui il arrive des illusions nocturnes , c'est parce qu'il n'y a proprement que lui qui se couche sur le dos , c'est-à-dire de manière que l'épine et la cuisse fassent une ligne droite , et que Tune et l'autre avec les bras soient parallèles à l'horizon. Or les animaux ne peuvent pas se coucher ainsi ; quoique leur épine soit parallèle à l'horizon , leurs épaules sont détournées, et forment deux angles. — Lisez Xénophon, Hérodote, Plularque et autres historiens, vous verrez qu'il existe des contrées fabuleuses où les hommes ont une tète de dogue ou de bichon, des pays oii ils n'ont qu'un œil, d'autres où ils n'ont qu'un pied sur lequel ils sautent, de sorte que, quand ils veulent courir, ils sont obligés de se mettre deux et de se tenir par le bras ; d'autres enfin où ils n'ont point de tête', etc.

noir. — L'homme noir qui promet aux pauvres de les faire riches s'ils se veulent donner à lui , n'est autre que le diable. — On lit ce qui suit dans la Légende dorée : — Un chevalier qui jouissait d'une grande fortune et qui la dépensait en libéralités, devint bientôt si pauvre qu'il manquait du nécessaire. Comme il n'avait pas le courage de recourir à ses amis, et que ses amis ne paraissaient pas

* Biographia venerabilis servi Dei Bartholomœi Holzhauser, etc., Bambergœ, 1784, in-8». Accedunt ejusdem in Apocalypsim commentarii plane adrairabiles. — Visiones venerabilis servi Dei Bartholomœi Holzhauser, etc., digna œvi nostri memoria ad ejus Biograpbiam appeudix, Bamberg», 1793, iu-8*.

» M. Saignes, Des Erreurs et des préjugés, 1. 1"-, p. 10.

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